La Chine développe des solutions durables pour lutter contre la faim en Afrique : PAM
La Chine apporte d'importantes contributions au Programme alimentaire mondial (PAM) dans la mise en oeuvre de solutions durables destinées à lutter contre la faim et la pauvreté en Afrique, ont déclaré mercredi à Beijing des responsables du PAM.
La Chine aide à construire des infrastructures en Afrique et
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Les chiffres du commerce entre la Chine et l’Afrique ont augmenté pour atteindre un pic historique en 2011, selon un rapport publié par l’Institut d’études de l’Asie de l’ouest et de l’Afrique, lundi à Pékin.
Le port d'Alger assure une grande partie de l'import export avec la Chine
Dans le livre jaune sur le développement africain, publié par Pékin, on apprend qu’en 2011, le commerce bilatéral, entre la Chine et l’Afrique a atteint 166 milliards de dollars. Ce chiffre représente une augmentation de 31% chaque année, ce qui est 8,4% plus élevé que le taux de commerce extérieur de la Chine.
Les pays avec lesquels la croissance a évolué le plus rapidement sont principalement ceux du Nord : Egypte, Algérie, Maroc et Tunisie.
Export-import maximal
Les exportations chinoises vers l’Afrique s’élèvent à 73 milliards de dollars, une hausse de 22%. Les importations en provenance d’Afrique, elles, s’élèvent à 93 milliards de dollars. Les importations chinoises en Afrique augmentent de 39% par an, peut-on lire dans le rapport.
L’impact des printemps arabes sur le commerce entre la Chine et le continent africain a été limité. Le rapport fait seulement état d’une baisse des échanges entre la Chine et la Libye de 58% sur la période.
L'importance primordiale pour les entreprises chinoises en Afrique est la manière dont elles opèrent et aussi les politiques qu'elles adoptent dans les pays africains. Ont-elles des politiques d'investissement progressives ? Investissent-elles dans la création d'emplois ? Leurs politiques d'investissement et salaires sont-ils meilleurs que ceux offerts par des sociétés occidentales ? En d'autres termes, nous devrions juger les entreprises chinoises sur la base des avantages matériels qu'elles proposent aux populations locales dans les pays où elles opèrent et la manière dont elles contribuent à la croissance économique, le développement et le progrès des pays africains.
En construisant et en réhabilitant les routes, les infrastructures, les hôpitaux, les cliniques et les systèmes de télécommunication, les entreprises chinoises ont créé des richesses et des emplois pour les populations locales et stimuler les économies nationales et l'amélioration de l'environnement national pour le développement et le progrès des pays africains. Elles ont également contribué à l'intégration des marchés que l'Afrique a acquis lors de leur rôle sur le plan socio-économique.
La Chine, grâce à ses investissements et a ses relations financières et commerciales avec l'Afrique, a également fourni aux pays africains un effet de levier pour négocier de meilleurs investissement et accords commerciaux avec des sociétés occidentales. Grâce aux relations sino-africaines, les sociétés et les gouvernements occidentaux font face à une concurrence accrue. Cela offre aux pays africains une plus grande marge de manœuvre dans leurs relations avec l'Occident. Ils ont maintenant une alternative solide pour accepter le dictat des institutions financières internationales. La Chine est l'allié de l'Afrique dans la promotion d'un système mondial dans lequel les intérêts de l'Afrique ne sont plus pris pour acquis .
Les entreprises chinoises fabriquent des produits disponibles pour les Africains à des prix qui restent relativement bas par rapport aux entreprises nationales et de l'Ouest. Alors que ces entreprises se tournent principalement vers les classes moyennes et supérieures, les entreprises chinoises rendentles produits accesibles à la classe ouvrière et aux plus pauvres. Est-il vrai que cela va contre un futur du développement de l'industrie textile des pays africains ? Est-ce immoral pour les Africains qui sont pauvres d'améliorer leurs conditions matérielles en achetant des biens relativement moins chers ?
La gestion rigoureuse de la Chine quant à l'immigration clandestine ne nuira pas à ses liens avec l'Afrique. Mais la Chine a besoin d'avoir des mesures de politique favorables à une amélioration qualitative dans les relations entre Chinois et Africains. Elle doit faire face à des revendications légitimes des Africains, de leur traitement par les autorités et citoyens chinois. La mise en œuvre de ces mesures permettra à la Chine afin de minimiser l'impact négatif des immigrés clandestins sur ses liens avec l'Afrique.
Le commerce de la Chine avec l'Afrique, se caractérisant par des produits manufacturés en provenance de Chine vers l'Afrique et des matières premières en l'Afrique vers la Chine, n'est pas du néo-colonialisme. Au lieu de cela, cela reflète un niveau de développement du secteur manufacturier en Afrique. La plupart des pays africains ne bénéficient pas d'une fabrication sérieuse dans ce secteur. Il n'existe aucune preuve montrant que la Chine dans son investissement, ses relations financières et commerciales avec l'Afrique cherche à restreindre le développement et le progrès du secteur de la fabrication du continent.
L'Occident traitant les relations de la Chine avec l'Afrique de néo-colonialisme, au contraire découle de sa propre politique envers l'Afrique, qui résulte de la crainte d'un préjudice de ses intérêts stratégiques suite aux changements structurels dans les pays africains et la présence croissante de la Chine sur le continent. Camouflant l'importance de ces intérêts stratégiques, sous prétexte de préoccupations concernant la sécurité de l'Afrique et le développement et le sort des pauvres. Avec cette perspective, les Africains ne sont pas capables de décider pour eux-mêmes qui sont leurs amis et qui sont leurs ennemis.
En affirmant que la Chine est une nouvelle puissance coloniale en Afrique, l'Occident s'est positionnée en tant que gardien autoproclamé du continent et met en garde l'Afrique de ne pas devenir une extension de la Chine. Qui est hypocrite, cela venant justement des pays qui ont colonisé et exploité l'Afrique dans le passé. L'indépendance de leurs anciennes colonies n'ayant pas mis fin à leur coopération économique, financière, commerciale et de la domination technologique à l'ère post-coloniale, ils ont peur que les relations amicales de la Chine avec l'Afrique constituent une menace pour leurs intérêts.
L'Occident dans ses liens avec l'Afrique a assumé le rôle de gendarme et a également assumé la paternité des Africains soutenant les principes directeurs de sa politique de domination par le biais de «diviser pour mieux régner». Pour devenir dans le processus, la police, le juge, le jury et bourreau des Africains qui dans la théorie et la pratique a engagé une transformation structurelle de leur continent. A tant insister pour jouer le rôle de gendarme du monde, l'Occident ne respectera pas le droit des pays africains à l'autodétermination nationale et à la libre circulation, l'exercice indépendant de leur souveraineté et de leur politique étrangère.
Le rapprochement des relations sino-africaines constitue une occasion historique pour l'Afrique. Il est de la responsabilité des Africains de s'assurer qu'elles contribuent au progrès politique de leur continent vers l'indépendance économique.
L'auteur Sehlare Makgetlaneng est spécialiste et responsable de la recherche et directeur de la gouvernance et du programme de sécurité à Africa Institute of South Africa à Pretoria, en Afrique du Sud.
Richissimes et décomplexés, les enfants de Mao prennent leur revanche. Entreprises, terres, ports, dettes : leur boulimie est sans limites. Et si la Chine devenait la première puissance mondiale d'ici à dix ans ?
Jacob Wood, né à Shanghaï il y a 60 ans, a bâti un petit empire industriel au Nigeria. Pas à pas, la Chine étend son emprise sur l'Afrique. (Paolo Woods)
C'est le dîner où il fallait être. Près de 300 personnalités du monde des affaires et de la finance, dont le ministre de l'Economie Christine Lagarde, se pressaient le 18 janvier au Palais Brongniart, à l'invitation de M. Jiang Jianqing. Pas question de snober l'ouverture de la succursale française de la plus grande banque chinoise et même mondiale, l'Industrial and Commercial Bank of China (ICBC). Dérouler ainsi le tapis rouge alors que les Chinois sont suspectés d'avoir subtilisé la technologie de la voiture électrique de Renault? Impensable il y a dix ans ! Mais aujourd'hui, la Chine mène le monde à la baguette.
Assise sur des réserves de change de plus de 2500 milliards de dollars (l'équivalent de toute la richesse de la France), elle est partie sans complexe à l'assaut du monde. Et rien ni personne ne lui résiste. Cette stratégie a un nom: zouchuqu, ce qui signifie « sortir des frontières », partir à la conquête des marchés internationaux. Depuis 2000, les investissements chinois à l'étranger ont été multipliés par vingt. Une boulimie sans limite géographique ni sectorielle: terres agricoles et minières en Afrique et maintenant en Amérique du Sud, entreprises aux Etats-Unis et en Europe, infrastructures (ports, routes, aéroports...) un peu partout, dettes souveraines... Rien n'échappe à la fringale des héritiers de Mao.
Après les premiers rachats du début des années 2000 (notamment la division PC d'IBM, acquise en 2004 par Lenovo), le mouvement s'accélère après la crise financière de 2008. Les chiffres donnent le vertige: 26 milliards de dollars d'investissements directs hors des frontières en 2008, 43,3 milliards en 2009 et environ 60 milliards l'an dernier ! Les Chinois volent au secours des grandes banques américaines comme Morgan Stanley, dont ils possèdent aujourd'hui près de 10 %, et font leur marché dans les pays occidentaux, profitant de l'anémie des économies et de la faiblesse des valorisations boursières des entreprises.
Parallèlement, la Chine s'est lancée dans une politique à marche forcée d'acquisition de terres agricoles et minières partout dans le monde. Elle posséderait plus de 30 millions d'hectares arables hors de ses frontières (soit plus que la surface exploitée en France), essentiellement en Afrique. Objectif: assurer l'autosuffisance de ses approvisionnements alimentaires. Avec 10 % des surfaces agricoles mondiales, comment pourrait-elle nourrir 1,4 milliard d'habitants, soit 22 % de la population mondiale? «C'est un enjeu capital pour la stabilité du pays car les famines sont susceptibles de provoquer des rebellions qui menaceraient le pouvoir», souligne Axel de Martene, consultant agricole. Les investissements chinois en Afrique sont devenus d'une telle ampleur qu'on parle désormais de «Chinafrique»... Il ne s'agit pas seulement de rizières au Cameroun, au Mozambique ou à Madagascar. Pékin a mis la main sur le riche sous-sol minier de la République démocratique du Congo, où ses investissements se montent à 25 milliards de dollars !
Car il faut sans cesse alimenter le moteur en surchauffe de l'économie chinoise en sécurisant ses réserves de matières premières, notamment en pétrole et en gaz, ainsi qu'en minerais rares. Alors, la Chine multiplie les achats, les joint-ventures et les accords de coopération pour exploiter les richesses du sous-sol au Brésil, en Russie, au Kazakhstan. Avec en moyenne 10 % de croissance annuelle depuis dix ans, elle est devenue le moteur de l'économie mondiale. «L'an dernier, sa contribution à la croissance mondiale a été de 27%», rappelle Valérie Plagnol, directrice de la recherche au Crédit Suisse France.
Plus question de faire la fine bouche devant l'expansionnisme chinois. D'autant que les finances publiques des pays occidentaux sont exsangues, et leurs besoins, immenses. «Nous vivons un moment historique, avec un rééquilibrage profond de l'activité économique mondiale», assure Françoise Nicolas, chercheuse à l'Ifri. Cette nouvelle donne saute aux yeux lorsque Pékin vole au secours des Etats européens les plus endettés.
D'Athènes à Dublin en passant par Lisbonne et Madrid, le gouvernement chinois fait ses emplettes, obtenant des taux particulièrement avantageux (de 5 à 8 %). Ces placements juteux lui permettent aussi de diversifier ses réserves de change, jusqu'alors massivement investies en dollars. Selon Bei Xu, économiste chez Natixis, Pékin posséderait déjà plus de 7 % de la dette publique européenne, soit 630 milliards d'euros ! Paris et Berlin seraient, selon certains experts, en bonne place dans la liste de ses débiteurs. Mais, chut... ! A Bercy, le sujet est tabou.
Pourquoi la Chine a-t-elle choisi de donner cette fois-ci le maximum de publicité à ces opérations de sauvetage des économies du sud de l'Europe? Qu'a-t-elle exigé en échange? «Pékin tire de ces opérations un bénéfice politique maximal et peut s'attendre à ce que ces pays adoptent des positions diplomatiques conformes à ce que veut la Chine», analyse l'universitaire François Godement, grand spécialiste de l'empire du Milieu. Des contreparties non écrites mais bien réelles. Pour ce spécialiste, toutefois, l'Europe n'est pas forcément perdante car «elle s'immisce entre Pékin et Washington». Seul bémol: «Une offre unie de dette permettrait à l'Europe de négocier de meilleurs taux d'intérêt avec Pékin.» Et de résister à la pression politique. Le poids des Chinois dans la dette américaine n'a pas empêché la semaine dernière le président Barack Obama de parler des droits de l'homme à Hu Jintao, qu'il recevait à la Maison-Blanche.
Il y a toutefois peu de chance que ces remontrances perturbent le grand bond en avant de l'économie chinoise. Pour Pékin, l'essentiel est ailleurs, dans ce que Hakim el-Karoui, au fil d'un brillant essai sur le déclin de l'Occident *, appelle «l'invention de sa modernité». «La Chine veut redevenir la première puissance mondiale, écrit-il, elle le fera par l'industrialisation de son appareil productif et elle imposera les termes de l'échange au reste du monde.» La démocratie attendra.
Le consommateur chinois, moteur de la croissance de demain
L'année 2010 a marqué un tournant. Jusqu'ici, la Chine arrosait le monde de ses produits à bas prix et accueillait les investissements des entreprises du monde entier, fascinées par ce gigantesque marché autant que par la perspective de produire à faible coût. En 2009, plus de la moitié des exportations de la Chine étaient réalisées par des entreprises étrangères ou des joint-ventures.
Mais cette stratégie, qui a permis aux Chinois d'engranger de gigantesques excédents commerciaux et financiers, montre aujourd'hui ses limites. «Les Chinois se sont rendu compte des dangers d'une trop grande dépendance à l'égard des marchés étrangers, remarque l'économiste Patrick Artus, directeur des études à la banque Natixis. Depuis 2008, ils estiment qu'il ne faut plus compter sur l'Europe et les Etats-Unis pour tirer leur croissance.» Fait nouveau, ils ne cachent plus leur mépris pour les Occidentaux. De hauts fonctionnaires européens sont encore héberlués d'avoir entendu, récemment, des officiels chinois venus négocier à Bruxelles, leur déclarer: « Vous, les Européens, vous croyez vivre dans une grande Suisse, mais vous vivez dans une grande Grèce.»
Pour Pékin, le consommateur chinois doit devenir le moteur de l'économie. Le développement de la Chine passera par l'enrichissement de la population et l'émergence d'une classe moyenne pléthorique. En 2010, le salaire minimal chinois a connu une progression de 24 %. Pas étonnant que la consommation intérieure ait grimpé de 19 % !
Les autorités ont désormais une obsession : se mettre au plus vite au diapason des standards internationaux et procéder à une montée en gamme industrielle. Leur objectif reste de sortir dès que possible de l'exportation à bas prix, car elles savent que la montée des coûts salariaux mais aussi celle du yuan, pour laquelle les Etats-Unis militent avec force, diminueront tôt ou tard leur compétitivité extérieure. Mieux vaut vendre des produits à forte valeur ajoutée, des voitures et des trains à grande vitesse, plutôt que des survêtements et des baskets !
Comment acquérir en un temps record des technologies que l'on ne maîtrise pas? Pendant des années, les Chinois ont fait l'éponge, apprenant au contact des entreprises internationales auxquelles ils ouvraient progressivement - mais jamais totalement - leurs marchés. «Les Chinois tolèrent les étrangers là où leur technologie est insuffisante, mais avec l'idée de s'en passer dès qu'ils le pourront, remarque Patrick Artus. Nous leur vendons des Airbus mais leur objectif, à terme, est de produire, voire d'exporter leurs propres avions!»
L'autre moyen, plus rapide, est de « croquer » purement et simplement ses concurrents. Il semblerait que la Chine ait choisi de privilégier cette stratégie. Les acquisitions d'entreprises occidentales sont de plus en plus nombreuses, de Volvo aux Choco BN en passant par NFM Technologies ou les Moteurs Baudouin, pour citer deux exemples français récents. L'argent n'est pas un problème, les Chinois pourraient s'offrir tout le CAC 40 s'ils se lâchaient ! «La plupart du temps, il s'agit d'acquérir des technologies étrangères, des réseaux de distribution ou des marques, observe Françoise Lemoine, spécialiste de la Chine au Centre d'études prospectives et d'informations internationales (Cepii). Le mouvement est lancé, et nous n'en sommes encore qu'au début».
A quelle sauce serons-nous mangés?
Partout, les Chinois sont accueillis en sauveurs. A Châteauroux, où une base militaire désaffectée devrait accueillir une cinquantaine d'entreprises chinoises d'ici à 2017, les élus locaux sont allés eux-mêmes les chercher. «Même à Châteauroux, on a compris que la Chine était en train de devenir la première puissance mondiale», glisse le sénateur-maire UMP Jean-François Mayet. Un aéroport (ancienne base aérienne de l'Otan), 500 hectares de terrains viabilisés et une situation géographique centrale en Europe («Châteauroux est à égale distance de Gibraltar et de la Pologne», rappelle M. le maire) ont séduit la première fédération d'entreprises chinoises. Quelque 4 000 emplois directs seront créés, dont 80 % pour la main-d'œuvre locale, soit plus que le bassin d'emploi de Châteauroux peut en fournir. Ce sont 1 500 salariés nouveaux et leurs familles qui devraient débarquer dans la préfecture de l'Indre. Comment résister ? Et tant pis si les industries chinoises qui viendront s'installer seront «essentiellement des usines de montage» - de l'aveu même des promoteurs du projet - et qu'à terme, l'emploi industriel en France et en Europe risque d'en pâtir.
Gare au retour de bâton ! Le Cabanon était le premier transformateur de tomates françaises, une PME installée «au cœur de la Provence depuis 1947». Passée sous pavillon chinois en 2004, la société se contente aujourd'hui de mettre en boîtes du concentré de tomates importé de Chine.
Parfois, l'affaire tourne aussi au vinaigre pour les investisseurs chinois. TCL n'a jamais réussi à faire tourner la division téléviseurs de Thomson, rachetée en 2004 et fermée définitivement en 2009. Trop pressé, sans expérience internationale, le management de TCL a épuisé six patrons, tous envoyés de Chine, avant de jeter l'éponge.
Difficile de redresser les canards boiteux de l'industrie européenne avec des préceptes du genre «le poisson pourrit par la tête» et des réunions convoquées le dimanche matin. C'est pour éviter ce genre de désastre que Xuefei Lu, responsable du département Asie du cabinet Inter cultural management associates (ICM), organise des séminaires à destination de Chinois ayant des affaires en Europe et des cadres européens travaillant avec la Chine. La demande est croissante, note-t-elle. Les principales difficultés ? Faire comprendre aux Chinois qu'en Europe, «il y a un droit, des lois, tandis qu'en Chine, les lois varient selon les provinces et peuvent être interprétées». Le style de management, aussi, est aux antipodes. «Beaucoup d'entrepreneurs chinois sont des autodidactes, autoritaires, décidant de tout. Ils se comportent comme des empereurs, explique Mme Lu. Les salariés se sentent flattés qu'on leur demande de venir travailler le week-end car cela veut dire qu'ils ont été remarqués par la direction.» On imagine le choc des cultures à la première réunion du comité d'entreprise !
Comment faire face à la déferlante chinoise ? La question commence à titiller les pouvoirs publics en Europe. S'inspirant de ce qui se fait déjà aux Etats-Unis, Bruxelles veut dé-sormais contrôler les investissements chinois en Europe, multipliés par 5,2 au cours des neuf premiers mois de l'année 2010 ! Tirant la sonnette d'alarme, Antonio Tajani, commissaire européen à l'Industrie, propose de créer une autorité chargée de contrôler les rachats d'entreprises européennes par des capitaux étrangers, notamment chinois. Au risque de voir l'Europe accusée de protectionnisme par la Chine, très chatouilleuse sur le sujet.
En France aussi, l'inquiétude est palpable. Il y a un an, le Premier ministre François Fillon a confié à Valérie Plagnol, Patrick Artus et Jacques Mistral, tous trois membres du Conseil d'analyse économique (CAE), la rédaction d'un rapport encore confidentiel à ce jour. Objectif: définir une position française, voire européenne, à l'égard de la Chine. «Outre notre préconisation d'opter pour une position autonome vis-à-vis du Congrès américain sur la question de la réévaluation du yuan, nous recommandons d'être plus stricts avec les Chinois et d'exiger davantage de réciprocité, confie Patrick Artus. Osons leur dire que s'ils veulent continuer de capter nos technologies et d'acheter nos entreprises, ils devront ouvrir davantage leurs marchés.» La Chine s'est réveillée. Et le monde n'a pas fini de trembler. A l'Occident de sortir de sa léthargie. LIRE AUSSI : » Bienvenue en Chinafrique » Les «nombreux défis» de la Chine pour 2011
Le nouveau siège offert par la Chine à l'Union africaine, au cœur d'Addis-Abeba.Crédits photo : JENNY VAUGHAN/AFP
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En offrant à l'Union africaine (UA) son nouveau siège, la Chine marque spectaculairement sa montée en puissance sur le continent africain.Chine marque spectaculairement sa montée en puissance sur le continent africain. Édifié au cœur d'Addis-Abeba, le bâtiment est entré en fonction dimanche, pour le lancement du 18e sommet de l'organisation africaine. Le cadeau chinois à l'Afrique n'est pas mesquin. Avec ses trente étages, culminant à une centaine de mètres, le nouveau siège de l'UA a coûté plus de 150 millions d'euros. Il aligne trois centres de conférences, des bureaux pour 700 envoyés des 54 États membres, un héliport. Dans sa générosité, Pékin a financé jusqu'au mobilier.
En offrant à l'Union africaine (UA) son nouveau siège, la
Lors de l'inauguration, Jia Qinglin, n°4 du régime chinois, a souligné que la Chine était désormais le premier partenaire commercial de l'Afrique. Avec des échanges qui se sont élevés à 150 milliards de dollars l'en 2011, contre à peine 20 milliards dix ans plus tôt. Selon le ministère du Commerce, les investissements chinois en Afrique ont augmenté de 58,9% en 2011, s'élevant à 1,7 milliard de dollars.
Début janvier, le ministre des Affaires étrangères, Yang Jiechi, a comparé l'Afrique à une «mine d'or» pour les investissements étrangers. Les dirigeants chinois s'évertuent à dire qu'ils ne viennent pas uniquement «pomper» les matières premières - pétrole, surtout, et minerais-, mais qu'ils veulent être un partenaire global et équilibré de l'Afrique. Les dons et crédits accordés au continent aident à huiler le discours. «La relation entre la Chine et l'Afrique devient plus multiforme, plus compliquée, commente Jean-Pierre Cabestan, de la Baptist University de Hongkong. Elle est d'ailleurs moins gérée exclusivement par l'État, avec de grosses sociétés chinoises ou des petits entrepreneurs qui jouent leur propre jeu.» Cette poussée chinoise suscite des réactions contrastées. Certains saluent une manne financière presque inespérée. Un rapport de la Banque mondiale, en 2008, a d'ailleurs reconnu l'apport chinois dans le développement des infrastructures en Afrique, surtout dans des régions où les Occidentaux se sont désinvestis.
Rapt de 29 Chinois au Soudan
Mais d'autres reprochent aux Chinois de vivre en autarcie, en faisant venir plusieurs milliers de nationaux pour leurs chantiers attirant ainsi des cohortes de commerçants chinois qui fragilisent ou tuent l'économie locale, notamment le secteur du textile.
Le Tchad offre une illustration de ces rapports parfois difficiles entre le géant chinois et les petits États africains. Il y a dix jours, un différend sur les prix du carburant entre les autorités tchadiennes et la compagnie pétrolière chinoise CNPCI a entraîné la fermeture de la raffinerie construite par cette dernière il y a six mois. Ce qui est nouveau, c'est l'implication politique à laquelle les Chinois se trouvent de plus en plus contraints, souvent bien malgré eux. On vient de voir, chose impensable il y a encore peu, Pékin s'impliquer dans une médiation entre les deux Soudan, qui s'affrontent autour de la rente pétrolière.
En engrangeant les bénéfices de l'internationalisation, la Chine découvre aussi ses dangers. Elle a annoncé dimanche que 29 employés chinois travaillant à la construction d'une route avaient été enlevés par une faction du Mouvement populaire de libération du Soudan (SPLM), dans le Sud-Kordofan. Avant cela, en Libye, Pékin avait dû procéder à l'évacuation de plus de 30.000 ressortissants et passer sur ses principes diplomatiques pour prendre langue avec des rebelles.
Pour améliorer son image en Afrique, la Chine vient de lancer un décrochage africain de sa télévision officielle CCTV-News. Ce centre de production d'une centaine de personnes, installé à Nairobi, est symboliquement le premier du genre hors de Chine.
Le président sud-africain Jacob Zuma et son homologue chinois Hu Jintao, lors de la cérémonie d'ouverture de la 5e édition du Forum de coopération Chine-Afrique.Crédits photo : ANDY WONG/AFP
La Chine double ses crédits au continent africain à 20 milliards de dollars. L'annonce a été faite ce jeudi, par le président Hu Jintao, à l'ouverture du cinquième forum de coopération Chine-Afrique, à Pékin.
De notre correspondant à Pékin
En Afrique, la Chine double la mise. Pékin a annoncé ce jeudi un doublement de ses crédits au continent noir, à 20 milliards de dollars. L'annonce a été faite par le président Hu Jintao, à l'ouverture de la 5e édition du Forum de coopération Chine-Afrique (Focac) qui se tient à Pékin.
En 2009, lors du précédent sommet, la Chine avait accordé 10 milliards de crédits. Le président chinois a précisé que ces prêts serviraient à soutenir les infrastructures, l'agriculture, l'industrie manufacturière et les PME.
La Chine entend spectaculairement montrer l'importance croissante de l'Afrique sur son radar. Elle y multiplie les investissements, notamment dans les matières premières, hydrocarbures en tête. Depuis 2009, la deuxième économie mondiale est devenue le premier partenaire commercial de l'Afrique.
Les échanges ont atteint l'an dernier un record, à 166 milliards de dollars, en hausse de 83% par rapport à 2009. Les investissements directs chinois en Afrique ont aussi bondi de 60% sur deux ans, pour atteindre 14,7 milliards de dollars à la fin 2011. Selon le ministère du Commerce, 2000 sociétés chinoises seraient déjà présentes sur le continent.
«Pomper» les ressources naturelles
Présent au raout sino-africain de Pékin, le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-Moon a salué l'engagement chinois, qui «crée des opportunités pour les pays africains de diversifier leurs économies, de créer des emplois et d'améliorer la santé et l'éducation». En dévoilant la semaine dernière sa stratégie pour l'Afrique, Barack Obama a lui aussi reconnu que la Chine apportait un capital dont l'économie africaine a un «besoin vital».
Toutefois, de nombreuses voix mettent en garde contre une tentation chinoise de venir «pomper» les ressources naturelles de l'Afrique, sans réels autres centres d'intérêt. À Pékin, tout en se félicitant de la coopération avec la Chine, le président sud-africain Jacob Zuma a mis en garde contre cette relation déséquilibrée. «Ce modèle de commerce n'est pas viable sur le long terme», a-t-il averti.
Sur le terrain, les entreprises chinoises se voient aussi reprocher de ne pas respecter les lois locales ou de faire venir en masse leurs propres ouvriers. Pour répondre à ces critiques montantes, le ministre des Affaires étrangères Yang Jiechi a assuré que Pékin veillerait à ce que ses entreprises respectent les pays où elles s'implantent. LIRE AUSSI: » EN IMAGES - En Angola, la ville fantôme bâtie par la Chine » Pékin peaufine son image en Afrique » Bienvenue en Chinafrique
Le président chinois Hu Jintao a annoncé jeudi que son pays allait doubler ses crédits au continent africain, pour un total de 20 milliards de dollars. Pékin veut ainsi soutenir les infrastructures, l'agriculture, l'industrie manufacturière et le développement des PME.
Le président chinois n'a pas précisé sur quelle durée ces prêts s'étendaient. Ils traduisent la présence grandissante de la Chine en Afrique où elle multiplie les investissements, notamment dans les matières premières nécessaires à la poursuite de la croissance de la deuxième économie mondiale.
Pékin avait annoncé des prêts au continent noir de 10 milliards de dollars lors de la dernière conférence Chine-Afrique, à Charm el-Cheikh en Egypte en 2009. La capitale chinoise accueille jusqu'à vendredi la 5e conférence ministérielle Chine-Afrique.
Le président Hu a ouvert la conférence en présence du chef de l'Etat sud-africain Jacob Zuma, du président du Bénin et de l'Union africaine Boni Yayi ainsi que du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon.
Bourses et formations
Les échanges commerciaux entre la Chine et le continent africain ont atteint l'an dernier 166,3 milliards de dollars, en hausse de 83% par rapport à 2009, d'après le ministère chinois du Commerce. Selon lui, la Chine est devenue le premier partenaire commercial de l'Afrique.
Hu Jintao a également annoncé que son pays allait continuer d'augmenter son aide à l'Afrique en assurant la formation de 30'000 personnes, en offrant des bourses à 18'000 étudiants et en envoyant 1500 personnels médicaux sur place.
L'aide chinoise à l'Afrique a augmenté de 60% depuis 2009, avait indiqué mardi le porte-parole du ministère du Commerce Shen Danyang, mais sans fournir de montant.
Les investissements directs chinois en Afrique ont également progressé de 60% depuis 2009 pour atteindre 14,7 milliards de dollars à la fin 2011, selon la même source, qui a précisé que plus de 2000 sociétés chinoises avaient des investissements sur le continent.
La Chine a annoncé jeudi un doublement à 20 milliards de dollars de ses crédits à l'Afrique à l'occasion d'une conférence ministérielle à Pékin, un geste qui reflète l'engagement croissant de la deuxième économie mondiale sur le continent noir.
L'annonce a été faite par le président chinois Hu Jintao en présence de son homologue sud-africain Jacob Zuma, du président du Bénin et de l'Union africaine Boni Yayi ainsi que du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, à l'ouverture de la cinquième conférence ministérielle du Forum de coopération Chine-Afrique (FOCAC).
M. Hu a précisé que les prêts, dont la durée n'a pas été indiquée, serviraient à soutenir les infrastructures, l'agriculture, l'industrie manufacturière et le développement des PME.
Deux fois plus importants que les 10 milliards de dollars annoncés en 2009 lors de la précédente édition de cette conférence trisannuelle à Charm el-Cheikh, en Egypte, ils traduisent la présence grandissante de la Chine en Afrique où elle multiplie les investissements, notamment dans les matières premières nécessaires à la poursuite de sa croissance.
"Les destinées de la Chine et de l'Afrique sont étroitement liées, et leur amitié est profondément ancrée dans les peuples chinois et africains", a assuré le président chinois dans son discours d'ouverture.
"La Chine soutient avec sincérité les pays africains engagés sur une voie de développement qui leur est propre et (...) leur capacité à se développer de façon indépendante", a poursuivi M. Hu.
La Chine est depuis 2009 le premier partenaire commercial de l'Afrique. Les échanges ont atteint l'an dernier un record à 166,3 milliards de dollars, en hausse de 83% par rapport à 2009, d'après le ministère chinois du Commerce.
Hu Jintao a encore annoncé que son pays allait augmenter son aide à l'Afrique, assurer la formation de 30.000 personnes, offrir des bourses à 18.000 étudiants et envoyer 1.500 personnels médicaux sur le continent.
L'aide chinoise à l'Afrique a augmenté de 60% depuis 2009, avait indiqué mardi le porte-parole du ministère du Commerce Shen Danyang, sans fournir de montant.
Les investissements directs chinois en Afrique ont également progressé de 60% depuis 2009 pour atteindre 14,7 milliards de dollars à la fin 2011, selon la même source, qui a précisé que plus de 2.000 sociétés chinoises y ont des investissements.
La coopération avec la Chine "crée des opportunités pour les pays africains de diversifier leurs économies, de créer des emplois et d'améliorer la santé et l'éducation", a assuré de son côté Ban Ki-moon.
Le président sud-africain a quant à lui remercié la Chine de traiter les pays africains en "égaux", tout en mettant en garde contre la persistance d'une relation commerciale déséquilibrée dans laquelle l'Afrique fournit avant tout des matières premières.
"Ce modèle de commerce n'est pas viable sur le long terme", a averti M. Zuma. "L'expérience économique de l'Afrique avec l'Europe dans le passé appelle à la prudence avant d'engager des partenariats avec d'autres économies".
La présence chinoise en Afrique provoque parfois des frictions, voire un vif sentiment antichinois, notamment lorsque les entreprises font venir sur place leurs propres ouvriers, ne respectent pas le droit du travail du pays d'accueil ou maltraitent leurs employés locaux.
Après avoir fortement critiqué la présence des Chinois durant sa campagne électorale l'an dernier, le président zambien Michael Sata les a toutefois déclaré bienvenus dans son pays, où ils ont investi plus de 6 milliards de dollars depuis 2007.
En Namibie cette année, le ministre chinois des Affaires étrangères Yang Jiechi a reconnu l'existence de problèmes.
"Je ne dis pas que chaque société chinoise ait un comportement irréprochable", a-t-il dit, ajoutant: "nous avons dit à nos sociétés de respecter les lois ici".
Les échanges commerciaux entre la Chine et le continent ont atteint l'an dernier 166,3 milliards de dollars, en hausse de 83 % par rapport à 2009, d'après le ministère chinois du commerce. | AFP/FREDERIC J. BROWN
Le président chinois, Hu Jintao, a annoncé, jeudi 19 juillet, que son pays allait doubler ses crédits au continent africain, pour un total de 20 milliards de dollars (16,3 milliards d'euros), afin de soutenir les infrastructures, l'agriculture, l'industrie manufacturière et le développement des PME.
Ces prêts, dont le président chinois n'a pas précisé sur quelle durée ils s'étendaient, traduisent la présence grandissante de la Chine, avide de matières premières nécessaires à la poursuite de sa croissance, sur le continent.
Pékin, qui accueille jusqu'à vendredi 20 juillet la 5e conférence ministérielle Chine-Afrique, avait annoncé des prêts au continent noir de 10 milliards de dollars lors de la dernière conférence, en Egypte en 2009. Le président Hu a ouvert la conférence en présence du chef de l'Etat sud-africain, Jacob Zuma, du président du Bénin et de l'Union africaine, Boni Yayi, ainsi que du secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon. PREMIER PARTENAIRE COMMERCIAL DE L'AFRIQUE
Les échanges commerciaux entre la Chine et le continent africain ont atteint l'an dernier 166,3 milliards de dollars (135,4 milliards d'euros), en hausse de 83 % par rapport à 2009, d'après le ministère chinois du commerce, selon lequel la Chine est devenue le premier partenaire commercial de l'Afrique. Hu Jintao a également annoncé que son pays allait continuer à augmenter son aide à l'Afrique en assurant la formation de 30 000 personnes, en offrant des bourses à 18 000 étudiants et en envoyant 1 500 personnels médicaux sur place.
L'aide chinoise à l'Afrique a augmenté de 60 % depuis 2009, avait indiqué mardi le ministère du commerce, Shen Danyang, sans fournir de montant. Les investissements directs chinois en Afrique ont également progressé de 60 % depuis 2009 pour atteindre 14,7 milliards de dollars (12 milliards d'euros) à la fin 2011, selon la même source, qui a précisé que plus de 2 000 sociétés chinoises avaient des investissements sur le continent