CHINE AFRIQUE

POUR DES RELATIONS RESPECTUEUSES, AMICALES, FRANCHES ET FRATERNELLES

lundi 25 mars 2013

Chine - Mes élèves africains

Chine - Mes élèves africains


L'auteur LI ANSHAN, professeur à l'Université de Beijing, partage son expérience de travail au contact des étudiants africains, qui portent un intérêt croissant aux relations diplomatiques entre la Chine et l'Afrique.
L'auteur LI ANSHAN, professeur à l'Université de Beijing, partage son expérience de travail au contact des étudiants africains, qui portent un intérêt croissant aux relations diplomatiques entre la Chine et l'Afrique.
Travaillant en tant que professeur à l'Université de Beijing depuis 18 ans, j'ai eu l'occasion de rencontrer de nombreux étudiants étrangers, et parmi eux, beaucoup d'Africains.

Un jour, une jeune Africaine s'était présentée dans mon bureau. Elle s'appelait Lucy Njeri Manegene et venait du Kenya. Étudiante en politique internationale, elle travaillait d'arrache-pied sur son mémoire intitulé Politique étrangère chinoise envers l'Afrique de l'Est : étude de cas sur le Kenya et la Tanzanie (1963-1990). Elle voulait avoir mon avis sur la question. Je lui ai donc fourni des documents traitant des relations sino-africaines. À mesure que j'apprenais à la connaître, je trouvais cette Lucy gentille, sympathique et très consciencieuse.

De retour dans son pays, Lucy avait décroché un poste au ministère kényan des Affaires étrangères. En 2008, j'avais été invité à participer à une conférence au Kenya, et ce jour-là, je l'avais revue. Lucy n'était alors plus l'étudiante timide que j'avais connue, mais une diplomate expérimentée et sûre d'elle. Par la suite, elle avait été envoyée aux États-Unis pour travailler à l'ambassade du Kenya.

L'Institut des relations internationales de l'Université de Beijing a mis en place un programme nommé « Formation à destination des futurs diplomates du tiers-monde ». La plupart des étudiants sont originaires d'Asie, d'Afrique ou d'Amérique latine, mais les Africains constituent tout de même le groupe majoritaire. Les cours sont dispensés en anglais. Pour ma part, je donne un cours sur les relations sino-africaines, et auparavant, j'étais en outre directeur de thèse auprès des étudiants africains.

Un étudiant malgache m'avait marqué. Un jour, alors que je parlais du soutien qu'apportait la Chine à l'Afrique, il avait rétorqué que cette aide n'était pas toujours adaptée. Par exemple, les voitures offertes par la Chine à Madagascar ne peuvent pas être approvisionnées dans les stations-service, car dans ce pays, seules les personnes très riches ont accès à l'essence. Pour la première fois, je m'étais rendu compte que l'aide chinoise à l'égard de l'Afrique devait prendre en considération les conditions réelles des pays destinataires.

Mapulumo Lisebo Mosisili, une étudiante diplômée de ce programme, est aujourd'hui secrétaire générale au ministère lesothan du Travail et de l'Emploi, tandis que Manitra, sa camarade de classe, travaille au ministère malgache des Affaires étrangères et a été envoyée à l'ambassade de Madagascar en Chine.

En 2008, au semestre de printemps, une fille d'origine arabe était venue me voir dans mon bureau. Elle parlait chinois couramment, ce qui m'avait beaucoup impressionné. Elle s'appelait Imen Belhadj et était originaire de Tunisie. C'est là-bas qu'elle avait appris le chinois et avait même remporté le premier prix au concours « Pont vers le chinois ». Grâce à ce succès, elle avait reçu une bourse de la part du gouvernement chinois pour venir faire ses études de master au département de chinois de l'Université de Beijing.

Après l'obtention de son diplôme, elle avait poursuivi en doctorat à l'Institut des relations internationales, toujours dans cette même université. En marge de ses études, elle participait à toute sorte d'activités sociales. Elle était secrétaire à l'Amicale des étudiants africains à l'Université de Beijing, promouvant l'organisation conjointe de conférences par les étudiants africains et le Centre d'études sur l'Afrique de l'Université de Beijing. Elle enseignait également au département d'arabe dans cette même université. L'année dernière, ce Centre d'études sur l'Afrique a établi des liens de coopération avec le Nordic Africa Institute. En avril 2012, Imen était partie travailler trois mois dans cet institut, dans le cadre de ses études. Sur place, elle avait collecté de nombreux documents, utiles pour sa thèse s'intéressant aux relations entre la Chine et le Maghreb. Elle y avait également tenu une conférence, qui avait été saluée par les chercheurs de l'Institut.

En 2008, Antoine Roger Lokongo m'avait contacté par courriel, et s'était présenté. Né en République démocratique du Congo, il avait été amené à Londres par un prêtre et était resté dans cette ville une dizaine d'années. Il avait, en outre, exercé neuf ans en tant que journaliste.

Lokongo était loin de regretter la décision qu'il avait prise de venir étudier en Chine et avait de l'énergie à revendre. Après des discussions avec des étudiants chinois, il s'était attribué un nom chinois, Longgang (littéralement « Dragon-Congo »), qui exprime la volonté de contribuer à l'amitié entre la Chine et le Congo.

En 2011, Lokongo a commencé son doctorat à l'Institut des relations internationales de l'Université de Beijing. Il avait écrit un article ayant pour titre Pourquoi les élections en Afrique ne sont-elles pas assez libres, égales et transparentes ? – Étude de cas en Afrique du Sud, en Libye et en Côte d'Ivoire, au travers duquel il analysait la situation de la démocratie et du vote en Afrique, en prenant pour exemples ces trois pays. Dans son texte, il avait indiqué que l'Occident, tout en préconisant la démocratie en Afrique, ébranlait celle-ci dans le même temps. Par ailleurs, les gouvernements africains devaient veiller aux intérêts stratégiques recherchés par l'Occident, car ils risqueraient, dans le cas contraire, de perdre leur pouvoir. Cet article rédigé en anglais avait été publié sur le site africain Pambazuka News et avait retenu l'attention des savants chinois.

Un étudiant marocain s'était donné un nom bien chinois : Li Shan. J'avais supervisé la rédaction de son mémoire de master, suite auquel il avait continué en doctorat. Il avait prononcé un discours remarqué lors du Forum des jeunes dirigeants Chine-Afrique, dans lequel il avait fait part de ses opinions sur les relations sino-africaines.

Un jour d'automne 2009, une fille à la peau noire était entrée dans mon bureau. Elle s'appelait Ré Phillips et était américaine d'origine africaine. Étudiante à l'université Stanford, elle voulait que je sois son directeur de mémoire. Elle avait choisi William Edward Burghardt Du Bois (1868-1963) et les relations sino-africaines comme sujet. W.E.B. Du Bois était un Américain d'origine ghanéenne, fervent défenseur des Américains noirs et du panafricanisme. Il avait visité par trois fois la Chine et s'était lié d'amitié avec des dirigeants chinois, notamment Mao Zedong. Au début, Ré Phillips avait demandé à l'ex-secrétaire d'État Condoleezza Rice, qui enseignait à l'université Stanford, d'être son professeur de suivi. Mais celle-ci lui avait conseillé de modifier son sujet pour se pencher sur les relations sino-américaines. Vu que Ré Phillips insistait pour conserver son thème initial, Mme Rice lui avait proposé de traiter la question des droits de l'homme en Chine. Mais Ré Phillips voulait exclusivement faire son mémoire sur les relations sino-africaines. Mme Rice avait alors avoué qu'elle n'avait pas les capacités de guider ces recherches.

Plus tard, Ré Phillips s'était rendue en Chine et avait suivi un cours donné conjointement par Dr Wang Suolao et moi, dont l'intitulé était « Relations Chine–Afrique et Chine–Moyen-Orient ». Elle avait ensuite rédigé son mémoire sur W.E.B. Du Bois et les relations sino-africaines avec succès. Il est intéressant de noter que Ré Phillips, considérant que ce cours lui avait était bénéfique, en avait fait part à l'université Stanford. Notre cours figure désormais dans le programme d'études de cette université.

Ces dernières années, avec l'amélioration permanente des relations sino-africaines, de plus en plus d'étudiants s'intéressent à cette question. La plupart des doctorants étrangers que j'ai suivis avaient choisi les relations sino-africaines comme sujet de thèse. Par exemple, un étudiant norvégien avait comparé les systèmes d'aide à destination de l'Afrique mis en place par la Chine et la Norvège. Un Allemand avait écrit sur les ONG chinoises et les relations sino-africaines. Un Italien s'était penché sur les investissements des petites et moyennes entreprises chinoises en Afrique.

J'ai le profond sentiment qu'avec le renforcement de sa puissance nationale, la Chine joue désormais un rôle de plus en plus important dans les affaires internationales, poussant les jeunes étrangers à s'intéresser davantage à la Chine. Beaucoup d'étudiants africains sont venus en Chine, curieux du développement qu'a connu le pays et portés par l'espoir d'un bel avenir pour l'Afrique. Ils seront les bâtisseurs de l'ordre mondial futur. Ces jeunes avides de connaissances deviendront des forces qui, comprenant bien la Chine, promouvront les relations amicales entre ce pays et le reste du monde dans le futur. Par leur biais, les échanges entre les nations se feront sur un pied d'égalité.

Rédigé par LI ANSHAN, directeur au Centre d'études sur l'Afrique de l'Université de Beijing.
In french.china.org.cn
Vendredi 22 Mars 2013
La Dépêche d'Abidjan

jeudi 14 mars 2013

République Togolaise - La Chine n’a pas de plan de colonisation de l’Afrique

République Togolaise - La Chine n’a pas de plan de colonisation de l’Afrique

La Chine n’a pas de plan de colonisation de l’Afrique


Si la Chine n’est pas un acteur nouveau en Afrique, sa présence s’est beaucoup renforcée au cours des dix dernières années. Cette évolution s’inscrit dans un basculement généralisé du centre de gravité de l’économie mondiale, de l’Occident vers le Pacifique et vers le Sud. L’intérêt croissant de la Chine pour l’Afrique fait l’objet de critiques diverses (sur-spécialisation, ré-endettement des économies africaines, renforcement de la corruption,…).
Pourtant, les données statistiques et issues d’enquêtes de terrain montrent que la situation est plus nuancée : les interventions chinoises en Afrique diffèrent selon les pays et les secteurs. Un document stratégique a été défini, mais aucun plan coordonné de « colonisation » de l’Afrique n’existerait.
Enfin, la coopération chinoise conduit à remettre en question l’efficacité de celle des bailleurs de fonds traditionnels et devrait conduire à la « nécessaire » réforme du système de coopération de ceux-ci, même si une telle réforme ne doit pas faire abandonner ses principes fondamentaux.
Telles sont quelques unes des conclusions d’un forum organisé il y a quelques jours à Paris par l’Agence française de développement (AFD) qui intervient depuis de longues années au Togo. Un colloque qui avait pour thème « Les relations Chine-Afrique, impacts pour le continent africain ».
Le rapport publié à l’issue des débats est intéressant car c’est la première fois que la question est abordée de manière aussi lucide.
L’offensive de la Chine en Afrique date d’il y a une dizaine d’années. Désormais, la présence chinoise dans les grandes villes africaines n’a plus rien de surprenant. Commerçants, supermarchés, concessionnaires automobiles, restaurants et salons de massages coquins côtoient les commerces traditionnels. Sur les marchés, le textile et l’électronique sont presque à 100% Made in China.
Mais le gros de l’investissement se trouve ailleurs ; dans les infrastructures réalisées par des entreprises chinoises et dans l’octroi de financements concessionnels.
Au Togo, des routes, l’extension de l’aéroport de Lomé, la création d’un network de E-gouvernement, notamment, sont assurés sur financement de l’Exim Bank of China. Récemment, c’est une entreprise chinoise qui a pris 50% de la concession de la nouvelle darse au Port de Lomé.
L’engagement chinois au Togo reste cependant modeste comparé à d’autres pays producteurs de matières premières (Gabon, Angola, Nigeria, …), mais il est précieux car sans l’aide de Beijing, les autorités togolaises auraient eu beaucoup plus de difficultés à boucler les prêts permettant de moderniser les infrastructures

mercredi 13 mars 2013

Chinafrique: le coup de gueule du gouverneur de la banque centrale du Nigeria

- Chinafrique: le coup de gueule du gouverneur de la banque centrale du NigeriaLe rendez-vous de l'Afrique sur Internet


Lamido Sanusi s'insurge contre le pouvoir qu'a réussi à prendre la Chine vis à vis des pays africains. Il dénonce des méthodes digne du colonialisme et espère une réaction de la part des décideurs politiques et économiques africains pour mettre un terme à cette dépendance.

Dans une tribune paru le 11 mars dans les colonnes du Financial Times, Lamido Sanusi s'insurge contre le pouvoir qu'a réussi à prendre la Chine vis à vis des pays africains. Il dénonce des méthodes digne du colonialisme et espère une réaction de la part des décideurs politiques et économiques africains pour mettre un terme à cette dépendance.

Un électrochoc. Voilà ce qu'entend provoquer le gouverneur de la banque centrale du Nigeria, Lamido Sanusi, en publiant une tribune intitulée "Africa must get real about Chinese ties" lundi 11 mars 2013 dans les colonnes du Financial Times. Une nouvelle fois, c'est donc du Nigeria que s'élèvent une voix contre la puissance de la Chine sur le continent Africain. Lamido Sanusi écrit : "il est temps pour nous d'ôter les lunettes teintées de rose à travers lesquelles nous voyons la Chine". Une façon pour lui de taper du poing sur la table et de tenter de provoquer un sursaut des acteurs économiques de son pays face à ce qu'il considère comme de l'impérialisme de la part de l'Empire du Milieu.

Il dénonce des relations commerciales qu'il considère inégales entre la puissance commerciale mondiale qu'est devenue la Chine et les pays d'Afrique, prêts à concéder l'exploitation de leurs ressources naturelles contre des devises fraîches et des prêts, et contre des biens manufacturés de faible qualité mais très peu onéreux. "La Chine nous prend des matières premières et nous fournit des biens manufacturés. C'était aussi l'essence du colonialisme" s'insurge-t-il dans les colonnes du journal britannique.

Pour lui, le Nigeria doit exploiter lui-même ses ressources pétrolières et gazières, et doit s'extraire de la vision - naïve, d'après lui - avec laquelle ils ont accueilli les investisseurs chinois depuis une quinzaine d'années. D'autant que concernant sa croissance économique, le Nigeria jouit d'un formidable atout : sa demande intérieure. C'est en effet le pays le plus peuplé du continent africain : il compte plus de 162 millions d'habitants.

Le Nigéria, premier producteur de pétrole d'Afrique

Ce boom de la croissance nigérianne s'explique en grande partie par les ressources naturelles dont dispose le pays, mais également par leur gestion. Aujourd'hui, l'économie nigérianne est dominée par le secteur des hydrocarbures, qui représente en moyenne 36% du PIB et plus de 97% des exportations. C'est le premier producteur de pétrole du continent africain. Pour que cette richesse profite un maximum au pays, le pouvoir nigérian applique une mesure drastique depuis un peu plus de trois ans : le "nigeria's local content ". Cette loi impose qu'une large majorité de l'activité liée à la production de pétrole et de gaz soit assurée par de la main d'oeuvre nigérianne, sur le territoire du Nigeria. Les investissements et les emplois du pays s'en trouvent ainsi dopés.

Mais l'influence de la Chine demeure prédominante. Il faut dire qu'elle a réussi à s'imposer en tant que premier partenaire économique de l'Afrique devant les pays occidentaux, la Banque mondiale et le Fonds monétaire international. Les échanges commerciaux qu'elle entretient avec le continent africain ont été multipliés par 20 entre 2000 et 2012, atteignant un montant total de 200 milliards de dollars. Dès lors, la relation de dépendance qu'elle entretient avec le Nigeria et plus largement avec les pays africains ne s'amoindrira qu'avec une forte réaction de la part des pouvoirs économiques et politiques. C'est ce qu'espère provoquer Lamido Sanusi. Dès 2006, le magazine britannique The Economist, résumait la situation des pays africains face à la Chine ainsi : "La Chine sait ce qu'elle veut de l'Afrique et l'obtiendra probablement. Le contraire n'est pas vrai".

Adeline Raynal





© Copyright Cameroonvoice

lundi 11 mars 2013

La Chine affiche ses nouvelles priorités stratégiques - Le Point

La Chine affiche ses nouvelles priorités stratégiques - Le Point
Pékin marque son intérêt pour les pays émergents et les pays arabes. La relation avec Washington reste conflictuelle et celle avec l'Europe déçoit.
Xi Jinping, le numéro un chinois
Xi Jinping, le numéro un chinois© How Hwee Young / AFP

De notre correspondante à Pékin,


Or, son protocole a affiché de nouvelles priorités stratégiques ! Depuis le début des années 1990, les journalistes se voyaient attribuer les questions dans un ordre qui paraissait immuable. La parole était d'abord donnée au représentant d'un média officiel chinois - l'agence Chine nouvelle, Le Quotidien du peuple ou CCTV la télévision nationale -, puis à un américain, s'exprimaient de nouveau un média officiel chinois, puis un européen, un média officiel chinois, puis un japonais, un média officiel chinois, puis un russe... Les correspondants de plusieurs pays européens pouvaient poser une question. Enfin, loin derrière, venaient les représentants du "monde en développement" : les pays arabes, l'Afrique, l'Amérique latine et le reste de l'Asie-Pacifique. Cette orchestration, longuement étudiée pour respecter les rapports de force, traduisait assez bien la vision du monde des dirigeants chinois.
L'émergence de nouveaux pays
Samedi matin, la conférence a paru commencer dans cette tradition avec une première question - préparée et soumise à l'avance - accordée à CCTV. Mais dès sa première réponse, le ministre a planté le décor : "Du point de vue des dirigeants chinois, ces cinq dernières années ont vu les plus importants changements dans le paysage international depuis la fin de la guerre froide. [...] Dans les cinq à dix prochaines années, des changements internationaux très importants vont encore se produire. Ils nécessiteront une lecture correcte et une vision stratégique..."
Aussitôt après, un journaliste russe a été choisi pour poser sa question. Le ministre en a profité pour annoncer que les premiers voyages du nouveau président seraient réservés à deux pays émergents, la Russie, puis l'Afrique du Sud, qui accueillera en avril le prochain sommet des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud). Bien que très éloignés géographiquement, culturellement et économiquement, ces cinq pays représentent près de la moitié de la population et de la croissance mondiale. Yang Jiechi a souligné le désir de Pékin de développer des partenariats avec eux, tout en encourageant le processus d'intégration de ce groupe des émergents encore relativement informel et peu solidaire. Comme la Chine, les quatre autres pays Brics ont "émergé" à l'occasion de la crise mondiale qui leur a fourni des occasions de développement, alors qu'au même moment la récession tirait vers le bas les économies occidentales qui dirigeaient la planète depuis près de cinq siècles. "Le système multilatéral du XXIe siècle devrait être plus représentatif et équitable en traduisant ces évolutions", a insisté Yang Jiechi.
Une relation problématique avec Washington
Donnant enfin la parole à un Américain, le ministre a insisté sur son espoir de voir s'établir un nouveau type de relations entre Pékin et Washington. Ces dernières années ont été marquées par une rivalité croissante sur le plan économique, un grand retour des États-Unis dans la région Asie-Pacifique et une suspicion mutuelle sur fond de guerre cybernétique et de modernisation militaire dans le domaine spatial et naval.
"Voilà quarante ans, l'ancienne génération de leaders avait ouvert la voie dans un contexte de relations bien plus difficiles", a rappelé Yang Jiechi, faisant allusion au voyage de Henry Kissinger, alors secrétaire d'État aux Affaires étrangères, dans une Chine plongée dans la Révolution culturelle et la propagande "anti-impérialiste". La rencontre de Kissinger avec le Premier ministre Zhou Enlai, au coeur de la guerre froide et de la guerre du Vietnam, permit la visite, l'année suivante, du président Nixon, sa rencontre avec le président Mao et, progressivement, l'établissement de relations diplomatiques. "Les États-Unis sont les bienvenus dans le Pacifique, zone de grands intérêts croisés, mais ils doivent respecter les intérêts et les préoccupations de la Chine. [...] Nous devons coopérer pour la stabilité et la paix dans cette région", a déclaré Yang, traduisant à quel point la relation avec Washington est devenue problématique pour Pékin. Pour autant, elle reste essentielle.
Rejetant la responsabilité de la crise des îles Diaoyu sur le Japon et condamnant l'essai nucléaire nord-coréen du 12 février, tout en appelant au calme, au dialogue et à la négociation avec le régime de Pyongyang, le ministre a insisté sur l'importance que la Chine donnait désormais à l'Asie, avec qui elle entretient plus de la moitié de ses échanges commerciaux. "Je ne pensais pas que l'Asie pourrait un jour dépasser l'Europe et les États-Unis [dans la balance commerciale de la Chine, NDLR] [...] Chaque pays doit voir où sont ses intérêts", a fait savoir Yang en soulignant l'importance de la vaste zone de libre-échange que la Chine a créée en 2010 avec ses voisins de l'Asean et Taïwan. "Les Asiatiques sont intelligents et pas moins doués que les habitants d'autres régions", a étrangement ajouté le ministre, se voulant sans doute aimable pour ses voisins, mais traduisant malgré lui le sentiment de supériorité souvent reproché aux Chinois dans cette région qui fut leur fief pendant des siècles.
La Chine se tourne vers d'autres horizons
Insistant ensuite sur l'importance du continent africain avec lequel la Chine a le plus développé ses relations au cours de la crise, Pékin s'est montré ouvert à l'idée d'une coopération internationale en faveur de la paix et du développement dans le continent africain et en Amérique du Sud. "Si tu veux aller vite, va seul, si tu veux aller loin, va avec les autres !" a lâché Yang, citant un proverbe africain. Le chef de la diplomatie chinoise a également appelé les pays arabes au dialogue, à la paix et à la stabilité, spécifiant que Pékin respecterait les choix politiques de ces pays, notamment en Syrie.
Ce n'est vraiment qu'à la fin de cette conférence de deux heures que Yang Jiechi a considéré la relation avec l'Europe, au lendemain de la crise dans la zone euro (répondant à une question du Point.fr). Rappelant qu'elle était l'une des plus importantes pour la Chine, affirmant sa confiance dans l'avenir et son souhait que les Européens transforment la crise en opportunité, il s'est opposé au protectionnisme ou aux mesures anti-dumping. Une manière polie d'exprimer la mauvaise image qu'a aujourd'hui la Chine de l'Europe, qu'elle voit empêtrée dans ses plans d'austérité, sa spirale de récession et de chômage et où elle a le plus grand mal à investir, l'opinion publique ne lui étant pas favorable. Pourtant, la Chine a cru longtemps en l'Europe, souhaitant la voir se structurer politiquement pour jouer un rôle de balancier dans la relation plus conflictuelle avec les États-Unis.
Déçue par ce partenaire qui reste à ses yeux trop lent à se réformer et par lequel elle se sent rejetée, la Chine a commencé à tourner ses yeux vers d'autres horizons. Déjà, Pékin amorce son repli vers l'énorme zone de libre-échange qu'il est en train de créer en Asie-Pacifique, ambitionnant de l'élargir aux Brics et aux partenaires africains et sud-américains qui seront attirés par sa nouvelle influence. Pour ne pas se retrouver rapidement au ban de la nouvelle mondialisation post-récession, l'Europe ferait bien d'en prendre vite conscience et à son tour de se réveiller...

mardi 19 février 2013

Afficher les éléments par tag : cooperation chine afrique

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lundi, 18 février 2013 16:46

Xi Jinping s'engage à soutenir le développement africain

Xi Jinping s'engage à soutenir le développement africain
Xi Jinping, le secrétaire général du Comité central du Parti communiste chinois (PCC), a rencontré dimanche Nkosazana Dlamini-Zuma, la présidente de la Commission de l'Union africaine (UA) et s'est engagé à apporter un soutien constant au développement africain.

"L'Afrique est un continent d'espoir", a indiqué M. Xi lors de sa rencontre avec Mme Dlamini-Zuma au Grand Palais du Peuple à Beijing.

M. Xi a affirmé que le développement africain correspondait à la tendance de l'époque et contribuait à sauvegarder la paix et la stabilité dans le monde.

"Nous sommes restés confiants dans les perspectives de développement de l'Afrique", a-t-il indiqué, ajoutant que la Chine soutenait le développement auto-déterminé et la solidarité des pays africains ainsi que leur recherche des voies de développement adaptées à leurs propres conditions nationales.

"Le développement africain crée des opportunités pour la Chine tandis que le développement chinois crée des opportunités pour l'Afrique", a poursuivi M. Xi. Il a ajouté que le développement commun de la Chine et de l'Afrique était important pour la croissance de tous les pays en voie de développement et contribuait à rendre les relations internationales plus démocratiques.

Quelle que soit l'évolution de la situation, la Chine attachera une grande importance aux relations avec l'Afrique, restera un ami fiable et un partenaire fidèle des pays africains et considérera l'UA comme un partenaire stratégique fiable", a souligné le dirigeant chinois.

La Chine est prête à déployer des efforts conjoints avec les pays africains pour mettre en oeuvre les résultats de la 5e Conférence ministérielle du Forum sur la coopération sino-africaine, et pour promouvoir la coopération politique, économique et culturelle ainsi que la coordination sur la sécurité régionale et les questions internationales majeures, afin de porter les relations à un niveau supérieur.

Mme Dlamini-Zuma a pour sa part remercié la partie chinoise pour son soutien à la paix et au développement de l'Afrique.

La Chine est un important partenaire stratégique dans la recherche de la modernisation et du développement durable de l'Afrique, a-t-elle affirmé.

Elle a indiqué que les pays africains espéraient apprendre de la Chine et élargir la coopération avec ce pays dans les domaines de la planification du développement, de l'agriculture, de la fabrication, des sciences et des technologies, des infrastructures et des ressources humaines, ainsi qu'améliorer la coordination sur les questions régionales et internationales majeures.

L'UA est prête à renforcer sa coopération avec la Chine afin de promouvoir les relations sino-africaines, a-t-elle ajouté.

Mme Dlamini-Zuma est arrivée jeudi à Beijing pour participer au 5e Dialogue stratégique Chine-UA.
Source : Xinhua

lundi 4 février 2013

Faut-il diaboliser la relation Chine-Afrique ? - Jean-Bernard Véron

Faut-il diaboliser la relation Chine-Afrique ? - Jean-Bernard Véron
Nombre de discours sur cette question stigmatise les comportements de la Chine vis-à-vis du continent africain. Ils insistent sur le « pillage » des ressources naturelles africaines auquel se livrerait une Chine avide d’hydrocarbures, de bois, de cuivre afin de nourrir son développement économique, ainsi que sur le soutien qu’elle apporte à des régimes peu fréquentables, comme celui d’Omar el-Béchir au Soudan. Qu’en est-il ?
Un premier élément de réponse est que cette relation ne date pas d’hier. On se souvient en effet que l’amiral commandant la flotte impériale chinoise, Zheng He, conduisit sa sixième expédition jusqu’aux côtes du Mozambique en 1421-1422. Et, mon Dieu, à la même époque, les Français, les Anglais, les Portugais, les Espagnols menaient semblables expéditions extra-européennes, expéditions qui débouchèrent sur l’implantation de colonies sur trois autres continents, Afrique comprise. Ce qui ne fut pas le cas de la Chine.
A une époque plus récente, lorsque la Chine était dirigée par Mao Zé-Dong, elle a noué des relations diplomatiques avec ceux des pays africains qui s’affichaient comme « socialistes », tels que la Guinée, le Mali ou la Tanzanie. Dans le temps même où le Portugal menait une guerre coloniale au Mozambique, en Angola et en Guinée Bissau. Et, là non plus, pas de Chine belligène.
Aujourd’hui la Chine est devenue ce que l’on appelle un pays émergent, de fait une grande puissance à l’échelle mondiale. Et, tout comme les autres grandes puissances, au premier rang desquelles les Etats-Unis, la Chine tend à « déborder » politiquement et économiquement hors de ses frontières. L’Afrique n’y fait pas exception.
S’agissant de cette dernière, ce débordement chinois prend notamment la forme de relations mariant intérêts commerciaux, les fameuses matières premières africaines, et coopération pour le développement. Un double mot d’ordre cimente ces relations. Le premier est celui des intérêts partagés ou, pour le tourner autrement, il faut que les deux partenaires y trouvent leur avantage. Le second est que la Chine n’entend pas se mêler des affaires politiques de ses partenaires africains ni brandir ces injonctions de démocratie ou de bonne gouvernance, dont sont friands les pays développés occidentaux. Une façon comme une autre de s’attirer les faveurs des autorités africaines.
S’il fallait donc résumer ce que sont aujourd’hui les relations entre la Chine et l’Afrique, je dirai qu’elles ne diffèrent pas sensiblement de celles qu’entretiennent les autres grandes puissances avec ce continent. Soit des relations motivées par des ambitions politiques et des intérêts économiques, mais enrobées dans des discours idéologiques différents.
L'auteur
Jean-Bernard Véron est reponsable de la Cellule Prévention des crises et sortie de conflit de l'Agence Française de Développement

jeudi 31 janvier 2013

Le pétrole et la Chine-Afrique | Blog | INS Global Consulting

Le pétrole et la Chine-Afrique | Blog | INS Global Consulting

Le pétrole et la Chine-Afrique



Dans la relation Chine-Afrique une place prépondérante est accordée au commerce de matières premières. Alors que la Chine se présente comme un pays du Sud et que les autorités chinoises affirment jouer d’égal à égal avec les pays africains, la structure des échanges commerciaux sino-africains a une caractéristique Nord-Sud : la Chine importe des matières premières (au deux tiers du pétrole, mais aussi du bois, des minerais et du coton) et exporte des produits manufacturés.
Selon la Banque mondiale, 85 % des exportations africaines vers la Chine proviennent des cinq principaux pays producteurs de pétrole : Angola, Guinée équatoriale, Nigeria, République démocratique du Congo et Soudan.


Les investissements chinois en Afrique stabilisent l’accès au pétrole

Les investissements directs étrangers (IDE) chinois en Afrique se multiplient. Les acquisitions chinoises s’accompagnent parfois de concessions commerciales ou diplomatiques importantes. La Chine est aujourd’hui la première cliente du Soudan pour le pétrole mais aussi la plus importante contributrice à la construction de l’industrie pétrolière soudanaise, de l’exploration au raffinage et au transport. La CNPC (société chinoise) détient 40 % de la Greater Nile Petroleum Operational Company qui est une société d’État soudanaise. ...
Mais les liens commerciaux de la Chine avec le Soudan sont aussi source d’inquiétudes pour la diplomatie chinoise. Les relations de la Chine avec le président soudanais Al-Bashir nuisent à l’image de « puissance responsable » que l’Empire du Milieu essaie de cultiver.

Quel futur pour la Chine-Afrique ?


Malgré l’actuelle frénésie d’investissements, dans le pétrole mais aussi dans l’exploitation d’autres ressources naturelles certaines tendances amènent à penser que la mainmise chinoise sur le pétrole africain pourrait être remis en cause.
En Afrique, la Chine offre une aide au développement indépendante de toute considération d’ordre politique. Ceci sape la stratégie de la Banque mondiale et de l’Union européenne visant à lier les financements à l’évolution des régimes africains vers des régimes plus respectueux des droits de l’homme. Mais même si les intérêts énergétiques sont d’une importance vitale pour Pékin, la diplomatie chinoise œuvre aussi veiller à ne pas nuire à d’autres intérêts tels que la relation avec les Etats-Unis et le maintient de son image de puissance émergente pacifique et responsable sur la scène internationale.
La Chine risque ainsi de découvrir les limites de la non-ingérence pourtant aujourd’hui au cœur de sa rhétorique diplomatique. Si les autorités chinoises aiment à souligner que la relation Chine-Afrique est « gagnante-gagnante » avec un impact positif sur la croissance économique africaine. ; toutefois, certaines critiques sont faites par les Africains eux-mêmes : les bénéfices du pétrole ne seraient pas réinvestis sur place et le coût environnemental de l’exploitation serait élevé.

D’autre part il est certain que la focalisation sur les matières premières risque de limiter le développement des exportations de produits manufacturées « Made in Africa ». Dans secteur textile, les pays africains ne sont pas en mesure de rivaliser avec les produits chinois en terme de compétitivité prix. L’activité chinoise contribuerait donc peu à l’emploi local avec une main-d’œuvre majoritairement chinoise. Certains se plaignet que les marchés africains soient inondés de biens de produits chinois peu chers et qui font concurrence aux producteurs locaux. La Chine aurait également des pratiques illégales dans l’extraction pétrolière.
Ces critiques obligeront peut être Pékin à se contenter de jouer à terme un rôle de partenaire responsable, mais pas de véritable champion.

lundi 7 janvier 2013

Géopolitique africaine-Chine- Afrique le siècle de l'Afrique est en marche

Géopolitique africaine-Chine- Afrique le siècle de l'Afrique est en marche
« La RCA futur eldorado pétrolière et minière dont le dirigeant François Bozizé a fait le choix de la Chine, comme bon nombre de ses pairs africains, connaît la déstabilisation de son pouvoir par des gangsters politique centrafricains montés en sous main depuis l'extérieur pour faire tomber le signataire des contrats et ramener celui-ci sur la table de négociation française et américaine qui disent être neutre et pourtant ! Après la Centrafrique à travers son dirigeant, qui a délaissé la France de Hollande et les USA de Obama, pour le cap de la Chine dans l'émergence de son pays comme d'autres en Afrique et qui se voit déstabilisé aujourd'hui en sous-main par des puissances concurrentes, à qui le tour demain en Afrique de connaître le même sort que la Centrafrique? Et si le Cameroun de Paul Biya était dans l'œil du viseur de déstabilisation par les gangsters politiques sous le vernis de démocratie électorale ? Ne pas voir et comprendre ce qui se passe en ce moment en RCA relève tout simplement de la pure myopie géopolitique dans le contexte géostratégique. En matière de sécurité sous régionale, quand le feu d'une origine extérieure ou intérieur suspecte brule la maison du voisin, pouvant consumer la vôtre, il est stratégique par mimétisme de venir en aide à l'extinction de ce feu qui peut surprendre votre maison. Incendie en RCA qui justifie aujourd'hui l'envoie de 760 soldats de la force d'interposition déployée sur le terrain par les pays de la Communauté Économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC) qui regroupe aussi la RCA, l'Angola, le Burundi, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale, la République démocratique du Congo (RDC), Sao Tomé & Principe, le Tchad et le Cameroun. Le dirigeant camerounais à lui tout seul a fourni 120 supers commandos des forces spéciales de l'armée camerounaise au sein du contingent de la force militaire de l'Afrique centrale (FOMAC) de réplique contre les incendies de déstabilisations des pays par des gangsters politiques rebelles soutenus en sous-mains par les puissances extérieures qui mettent à mal la construction sous régionale vers les États-Unis d'Afrique. Se mettre en alerte permanente sera le prix politique de l'émergence à payer pour le choix du renforcement de la coopération entre les pays africains et la Chine qui a du pognon pour faire les affaires avec l'Afrique mais qui fait jaser les puissances occidentales concurrentes.»
L'Occident court dernière l'Afrique depuis 600 ans. L'Afrique est l'avenir du monde à travers ses fils et fille, pour ce siècle. Car elle imprimera son empreinte sur la géopolitique de la marche du monde par sa posture géostratégique de première puissance mondiale des matières premières et ressources naturelles inépuisables.
Le continent africain, avec ses ressources naturelles et ses matières premières est le catalyseur du fonctionnement de l'économie mondiale. Comme quoi, l'Afrique est la clef. Pour dire que, la délocalisation des entreprises industrielles de l'Occident vers l'Afrique sera inéluctable et créera de facto la plus-value en transfert de technologie. La Chine l'a déjà compris et a pris le devant de la conquête du marché du milliard de consommateurs en s'installant de plus en plus sur le continent africain. Pendant que l'occident délocalise pour la Chine, la Chine lui abandonne le chez-elle pour se délocaliser au berceau de l'humanité afin de transformer la matière première sur place jusqu'au produit fini pour l'écouler sur le continent du milliard de consommateurs et dans l'Union Européenne et partout ailleurs dans le monde et engranger ainsi plus de devises.
Les États-Unis d'Afrique c'est la réalisation de ce grand projet d'unité mal vu par l'occident qui est avare et égoïste mais bien vu par la Chine qui a la caisse pleine en réserve pour faire le bizness avec l'Afrique. Car uni, l'Afrique sera forte et dictera son offre au bon payeur et non au moins-disant. Et rien ne l'arrêtera. Le mouvement dynamique de la jeune élite intellectuelle africaine qui impacte sous la gouvernance des États africains sous la pression de l'opinion publique est en marche dans ce noble objectif.Pour le compte des multinationales pétrolières et minières qui portent l'économie américaine, Madame Hillary Clinton ex-secrétaire d'état a voyagé partout de gauche à droite en Afrique sous le phare du voyeurisme démocratique au visage caché de la conquête des parts de marché minier et d'exploration pétrolière. Le mur d'endettement du gouvernement Obama qui porte vers l'asphyxie, et qui à besoin des portes de sorti des difficultés ne serait-il pas entre autres l'une des conséquences de la bagarre politico-géostratégique sur le sol Africain entre les USA et la Chine ? Cette bagarre pétrolière s'est observée au Soudan. La RDC riche en ressources minières dans la partie nord du territoire, le Kivu, serait l'appétit Anglo-saxons de la déstabilisation du pays sous le visage entretenu de communication internationale de guerre tribale ou ethnique à dessein des médias à la solde des multinationales.La RCA futur eldorado pétrolière et minière dont le dirigeant François Bozizé a fait le choix de la Chine, comme bon nombre de ses pairs africains, connaît la déstabilisation de son pouvoir par des gangsters politique centrafricains montés en sous main depuis l'extérieur pour faire tomber le signataire des contrats et ramener celui-ci sur la table de négociation française et américaine qui disent être neutre et pourtant !

Voici le pourquoi du non recevoir de l'appel en détresse du président Bozizé en direction de la France et des USA: je cite le président Bozizé : « Avant de donner le pétrole aux Chinois, j'ai rencontré à Paris la multinationale pétrolière française Total et leur ai dit de prendre le pétrole, rien, j'ai donné aux Chinois et c'est devenu un problème.» FIN. C'est ça qui est la vérité peuple africain. En réaction sournoise française et américaine pour la perte de la manne, c'est la déstabilisation de la Centrafrique. Le président français François Hollande a affirmé être neutre, déclarant : « Si nous sommes présents, ce n'est pas pour protéger un régime, c'est pour protéger nos ressortissants et nos intérêts et en aucune façon pour intervenir dans les affaires intérieures d'un pays, en l'occurrence la Centrafrique. Ce temps-là est terminé ». Je rétorque que c'est faux. Alors question: mais que dit le document annexe non révélé des accords de défense entre les pays africains du pré-carré français et la France ? Hollande à peur de le rendre publique car c'est un dol, une véritable escroquerie et banditisme d'État qui souleva les peuples entier à la connaissance des accords de prédations de leur richesse. La vraie tromperie sur la marchandise qui est à dénoncer avec la dernière énergie. J'ai mis cette partie dans un livre de « géopolitique africaine » que je publierai cette année 2013.

A en croire le site électronique www. mondialisation.ca, les USA profiterait de la crise Centrafricaine pour consolider davantage ses opérations militaires en Afrique. Le déploiement en RCA qui a eu lieu quelques jours à peine après l'annonce de l'armée américaine qu'une brigade armée spéciale forte de quelques milliers soldats allait mener des activités continues partout sur le continent. La brigade nouvellement créée fait partie intégrante de la décision de Barack Hussein Obama d'étendre les Forces américaines en Afrique (Africom) d'abord créées en 2007. Une nouvelle ruée sur l'Afrique est en cours.La poursuite agressive par l'impérialisme américain de ses objectifs pétroliers et visant les ressources naturelles des pays africains fait partie de la décision du gouvernement Obama de contrecarrer l'influence stratégique grandissante de la Chine dans le Pacifique et internationalement. Beijing a noué ces dernières années d'étroits liens diplomatiques et économiques avec plusieurs États africains. Washington exerce de plus en plus souvent des représailles en faisant usage de la force militaire. Pour rappel, la déstabilisation de la Libye en 2012 qui a essuyé120 missiles Cruise américaine en une seule nuit sur sa capitale: Tripoli. La réponse, le jour commémoratif de la date symbole du 11 septembre en mémoire de l'attentat du Wold Trade Center, a été l'assassinat de son ambassadeur Christopher John Stevens à Benghazi et 4 autres personnels d'ambassade en signe de représailles de l'assassinat du guide Mouammar Kadhafi.
Après la Centrafrique de Bozizé qui a délaissé la France de Hollande et les USA de Obama, pour le cap de la Chine dans l'émergence de son pays comme d'autres en Afrique et qui se voit déstabilisé aujourd'hui en sous-main par des puissances concurrentes, à qui le tour demain en Afrique de connaître le même sort que la Centrafrique ?

Et si le Cameroun de Paul Biya était dans l'œil du viseur de déstabilisation par les gangsters politiques sous le vernis de démocratie électorale ? Ne pas percevoir et comprendre ce qui se passe en ce moment en RCA relève tout simplement à de la pure myopie géopolitique dans le contexte géostratégique pour paraphraser le président camerounais dans son message de fin d'année 2012 et vœux de nouvel an 2013.
En matière de sécurité sous régionale, quand le feu d'une origine extérieure ou intérieur suspecte brule la maison du voisin, pouvant consumer le vôtre, il est stratégique par mimétisme de venir en aide à l'extinction de ce feu qui peut surprendre votre maison. Incendie en RCA qui justifie aujourd'hui l'envoie de 760 soldats de la force d'interposition déployée sur le terrain par les pays de la Communauté Économique des États de l'Afrique centrale (CEEAC) qui regroupe aussi la RCA, l'Angola, le Burundi, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale, la République démocratique du Congo (RDC), Sao Tomé & Principe, le Tchad et le Cameroun. Le dirigeant camerounais à lui tout seul a fourni 120 supers commandos des forces spéciales de l'armée camerounaise au sein du contingent de la force militaire de l'Afrique centrale (FOMAC) de réplique contre les incendies de déstabilisations des pays par des gangsters politiques rebelles soutenus en sous-mains par les puissances extérieures qui mettent à mal la construction sous régionale vers les États-Unis d'Afrique. Se mettre en alerte permanente sera le prix politique de l'émergence à payer pour le choix du renforcement de la coopération entre les pays africains et la Chine qui a du pognon pour faire les affaires avec l'Afrique mais qui fait jaser les puissances occidentales concurrentes.
N'est ce pas la diplomatie américaine par la bouche de l'ex-secrétaire d'état à même franchi la ligne rouge en manipulant la jeunesse africaine à travers son élite et opinion publique intellectuelle qui impacte sur chacun des pays à se méfier de l'embrassement ou du mariage aveugle des pays africains avec la Chine qui pour les USA, est une nouvelle colonisation de l'Afrique ? Cette conspiration de haine contre la Chine en Afrique par la puissance mondiale serait le fait que, la nouvelle génération d'élite intellectuelle pensante de plus en plus nombreuse, issue de chaque pays et contestataire du schéma de l'ordre ancien de soumission, semblerait avoir validé le choix de la Chine faite par leurs dirigeants comme coopération gagnante/gagnante qui a pour conséquence les fruits visibles du renforcement de cette coopération.
De ce point de vue, s'il découle que la construction des États-Unis d'Afrique deviendra pour l'avenir le cauchemar de l'Occident à cause de la crise culturelle, religieuse et économique latente qui couve là-bas, parce que ne pouvant pas faire concurrence le moment venu sur le marché des ressources minières et pétrolières que regorge l'Afrique face aux concurrents de taille, dont la Chine nouvelle idylle, alors, la déstabilisation des pays africains par des rebellions entretenues dans les différents pays pour freiner l'accélération de cette construction serait le faite de l'encouragement de l'Occident. Sur le chantier de cette construction des États-Unis d'Afrique, le feu guide Mouammar Kadhafi a fait un travail extraordinaire. Le dernier sommet Afrique-Europe avorté en Libye était lourd de conséquences. À savoir que l'Afrique parlera d'une même voix pour ses ressources naturelles et matières premières dont elle fixera elle-même les prix et non plus les prédateurs. À prendre ou à laisser. Et le sommet de Syrte en Libye a avorté pour aboutir purement et simplement à l'élimination physique de son promoteur : le guide Mouammar Kadhafisous la complicité occidentale des USA, de la France et du Royaume-Uni. C'est ça qui est la vérité jeunesse africaine. Car l'assassinat de Kadhafi confirme tout. Le chemin de la construction des États-Unis d'Afrique est difficile certes, mais rien n'y fera car l'Afrique vendra sa marchandise au plus-disant selon sa mercuriale de prix vénale fixé sur le continent que prendra en compte les ACP. Voilà la courageuse réalité de demain sortie du sommet de Syrte qui évanouit l'Occident.
Que les gangsters d'un autre genre politique sous la casquette de rebelles dans les pays africains qui pactisent avec la mafia occidentale contrôlée par les multinationales qui en retour dans les ordres mystiques leurs garantissent le contrôle du pouvoir, n'ont qu'à bien se tenir. Car maintenant, les rebelles auront en face d'eux, l'arme fatale. Celui du répondant idéologique qui est porté par une catégorie d'élite intellectuelle non frater des cercles mystiques et qui perçoit le fonctionnement du système mafieux et de ce faite, réveillera le peuple patriotique de prendre conscience et humer le parfum des contrats contre-natures et de dol du pillage de leurs richesses.
Les peuples piégés de la RDC et de la RCA en Afrique Centrale, du Mali en Afrique de l'Ouest sont dans cette situation d'éveil par ceux de leurs frères et sœurs africains qui ont des yeux doubles pour voir et dénoncés la mafia du banditisme organisé par les multinationales sous le couvert des puissances occidentales demanderesse des matières premières et ressources naturelles.
Douala, le 05 janvier 2013
Youssouf Bamen Calixte,Consultant politique de terrain/stratège

Les allégations de "faux médicaments chinois" en Afrique sont infondées et remplies de préjugés (COMMENTAIRE)

Les allégations de "faux médicaments chinois" en Afrique sont infondées et remplies de préjugés (COMMENTAIRE)

Certains médias occidentaux ont récemment fabriqué une multitude de reportages
surmédiatisés, accusant la Chine d'avoir vendu de faux médicaments en
Afrique.

Cette vague d'attaques a débuté quand le journal britannique The
Guardian a insinué dans un reportage ayant fait la Une en décembre dernier que
la Chine exportait une grande quantité de médicaments anti-malaria contrefaits
ou de piètre qualité en Ouganda et en Tanzanie.

Il n'existe probablement
pas d'autres mots que "suspicion" pour résumer correctement ce reportage, alors
qu'il n'a pas présenté de statistiques pour soutenir l'accusation, à l'exception
de citations de plusieurs personnes.

Les paroles d'un interviewé
semblaient avoir fait la lumière sur l'origine de cette accusation sans
fondement. Un officiel de l'Administration ougandaise de contrôle des
médicaments a indiqué à The Guardian qu'il était convaincu que ces faux
médicaments "venaient de Chine", parce que "la Chine entre dans le marché
africain avec tout... Pour introduire le plus possible de leurs propres produits
de tous les niveaux de qualité."

Selon cette logique, quand un scandale
de poisson-frites intoxiqué éclate en Afrique, on sait sûrement qui doit être
tenu responsable, car les Britanniques sont traditionnellement reconnus pour
leur manque d'imagination dans la cuisine, utilisant ce plat comme alimentation
de base.

Sur l'efficacité des médicaments anti-malaria, il faut noter que
c'est l'artémisinine, une plante découverte en Chine et utilisée en combinaison
avec d'autres antipaludéens, qui est devenue aujourd'hui le remède de premier
choix contre le paludisme.

Grâce à la signature en 2001 d'un accord entre
l'OMS, la compagnie Novartis et les industries pharmaceutiques chinoises pour
faire parvenir ce type de médicaments antipaludiques en Afrique et dans le reste
du monde, les prix de ces remèdes ont considérablement baissé. Plusieurs pays
africains ont pu distribuer gratuitement des médicaments anti-malaria à leurs
citoyens.

A l'issue d'une enquête, des journalistes de Xinhua ont
découvert que des hommes d'affaires locaux avaient fabriqué et vendu de faux
médicaments anti-malaria au nom de la Chine, car les médicaments anti-malaria de
qualité "fabriqué en Chine" jouissent d'une bonne réputation et sauvent des
vies.

Par exemeple, en Ouganda, les médicaments anti-malaria fabriqués
par des usines chinoises ont été rigoureusement examinés par des agences locales
de régulation des médicaments.

L'Organisation mondiale de santé a averti
que plus de 10% des médicaments vendus dans des pays en développement sont
probablement contrefaits. La situation est pire dans certaines parties de l'Asie
et de l'Afrique.

Cependant, prétendre que jusqu'à un tiers des
médicaments en Ouganda et en Tanzanie sont contrefaits ou de piètre qualité,
dont "la plupart sont soupçonnés de provenir de Chine", est une accusation très
floue et infondée utilisant la Chine comme bouc émissaire pour tous les facteurs
qui peuvent affecter l'approvisionnement en médicaments.

Une telle
description du rôle de la Chine en Afrique correspond à une perception populaire
mais imprécise en Occident, selon laquelle la Chine offre du soutien généreux à
l'Afrique avec des "intentions cachées."

Cette conclusion arrêtée,
motivée par des intérêts reflète le malaise de l'Occident face à la prouesse
économique chinoise, son statut élevé sur la scène internationale, et ses liens
plus étroits avec des pays africains.

Malgré son statut de pays en
développement, la Chine se joint aux efforts mondiaux pour guérir des maladies
infectieuses en Afrique, en donnant des médicaments gratuits, en envoyant des
équipes et équipements médicaux, et en construisant des hôpitaux afin de sauver
le plus de personnes possible à travers le continent.

La Chine a envoyé
un personnel médical comportant 17 000 membres en Afrique et a guéri plus de 200
millions d'Africains depuis 1963, jouant un rôle vital dans l'amélioration des
soins médicaux et services de santé publique de l'Afrique.

Pour lutter
contre la contrefaçon de médicaments, les pays doivent entre autres renforcer
les contrôles aux frontières, aborder le problème des crimes internationaux
organisés, fortifier la régulation nationale des médicaments, afin d'assurer la
distribution de médicaments anti-malaria efficaces.

Plutôt que de tenter
d'entacher l'image de la Chine en Afrique, les pays occidentaux doivent
participer à la lutte globale contre le commerce de faux médicaments afin de
s'assurer que des médicaments sains et efficaces soient distribués aux patients
atteints de malaria en Afrique.

Jean-Joseph Boillot: Le triangle Chine-Inde-Afrique, nouvel horizon du "soft power" européen

Jean-Joseph Boillot: Le triangle Chine-Inde-Afrique, nouvel horizon du "soft power" européen
En ce début d'année, les Chinois n'ont toujours pas vu le dernier James Bond, déjà un énorme succès dans le monde entier. La sortie de Skyfall, avec l'inoxydable Daniel Craig, a été repoussée pour ne pas faire d'ombre à des superproductions nationales sur lesquelles Pékin mise beaucoup. On pourrait y voir là un énième exemple du contrôle d'un marché en plein boom mais difficile à pénétrer pour les Occidentaux. Cela témoigne surtout de la soif de films étrangers des Chinois, malgré une politique de quotas: protectionnisme ou pas, 007 est bien parti pour réaliser des dizaines de millions de dollars de recettes dans l'Empire du Milieu, comme Avatar ou Batman.
Que fait l'Europe face à ces nouveaux horizons culturels à conquérir? Pas forcément assez. Car si James Bond est un espion britannique, il s'appuie d'abord sur la politique d'intense lobbying des grands studios d'Hollywood qui coproduisent et distribuent les films de la saga et ont obtenu de pouvoir vendre en Chine des blockbusters en plus grand nombre, après un accord signé par le vice-président américain en personne, Joe Biden.
Pourtant, le vieux continent, autant que les Etats-Unis, a une formidable carte à jouer dans la bataille mondiale des contenus culturels et du soft power en général, cette capacité d'influence du comportement des autres et cette force de persuasion par des outils comme la culture, les idées, les médias, ou le dialogue politique et diplomatique. Par opposition aux instruments plus directs et évidents du hard power, notamment les armées ou le pouvoir financier.
Il n'y a plus de temps à perdre. A l'horizon 2030, autant dire demain, plus de la moitié de l'humanité sera chinoise, indienne ou africaine. La Chine, l'Inde mais aussi l'Afrique, on l'oublie souvent, pèseront chacune près d'un milliard et demi d'habitants, avides d'être mieux éduqués, de rattraper leur retard et de s'insérer pleinement dans la mondialisation. Ils forment déjà un nouveau triangle dans la dynamique mondiale de développement et d'influence, la « Chindiafrique », avec ses interactions fortes dans tous les domaines : capital humain, migrations, échanges économiques, matières premières, politique internationale ou écologie.
Les Chinois et les Indiens ont notamment bien compris que l'Afrique était le nouveau terrain de conquête privilégié en matière d'influence et de soft power au sein de ce triangle. Pékin ouvre régulièrement sur ce continent des Instituts Confucius. Dans ces bras armés culturels, on distribue notamment de plus en plus de bourses d'études aux étudiants africains et on défend aussi la conception d'un modèle chinois de développement fondé sur l'exportation, des zones économiques spéciales et un régime politique qui ne serait pas "imposé de l'extérieur". Autant d'outils et d'idées de marketing du "modèle de Pékin" derrière lesquelles se glissent de gigantesques accords de fournitures d'infrastructures chinoises, en échange des ressources naturelles africaines très convoitées.
Les Indiens ne sont pas en reste. Ils exportent avec succès leurs films de Bollywood un peu partout en Afrique : Shahrukh Khan, l'immense star indienne, est presque aussi connu en Afrique du Sud que Daniel Craig. Mais New Delhi peut surtout s'appuyer sur un fantastique réseau d'Organisations non gouvernementales (ONG) et de conglomérats familiaux petits et grands, autant d'outils du soft power indien, moins étatique et plus décentralisé que celui de Pékin. Les ONG indiennes ont notamment tissé des liens forts avec leurs homologues africaines et diffusent leur savoir-faire en matière d'éducation des femmes, de micro-finance, d'énergies renouvelables ou d'inclusion des plus pauvres dans les circuits économiques. Là encore, la conquête des idées et des esprits ouvre la porte à celle des marchés: la promotion de la gestion de son compte en banque via un téléphone portable dans un village africain reculé est une bénédiction pour les exportateurs indiens de logiciels, qui ont déjà testé des solutions semblables chez eux. Les entrepreneurs indiens figurent ainsi parmi les premiers en nombre sur le continent, dans tous les domaines, de la production de riz basmati à l'industrie lourde, en passant par le mobile dont Bharti (Airtel) est le numéro 2 sur le continent africain.
Las, préoccupés par la crise économique, par les peurs de délocalisation en Asie ou d'immigration africaine massive, certains Européens - dont les Français par opposition à l'Allemagne ou aux pays nordiques - adoptent trop souvent une attitude frileuse à l'égard de cette Chindiafrique. Or ils ont un modèle culturel de dialogue et de diversité à défendre et à exporter, bien au-delà de la production cinématographique, plus universelle et appréciée qu'on ne le pense. En témoigne par exemple les 10 millions de Chinois qui ont vu le Papillon (2002), avec Michel Serrault, succès inattendu comme en témoigne son piratage massif, et dont le réalisateur Philippe Muyl vient lui-même de tourner la version chinoise à Guilin.
L'Union européenne a beau accoucher dans la douleur d'une nouvelle politique budgétaire et financière commune, sa capacité à aboutir in fine à un compromis est déjà un exemple en soi pour des ensembles continentaux comme l'Inde ou l'Afrique dont la cohésion n'est pas une mince affaire. La culture du dialogue de l'Union Européenne est certes laborieuse, mais elle intéresse hautement l'Union Africaine qui s'en inspire ouvertement pour régler des conflits comme en Côte d'Ivoire. De même, l'Inde démocratique, qualifiée parfois d'Etat faible, est aussi sensible au soft power européen, à sa capacité de promouvoir son point de vue en douceur, en cherchant des alliances multiples, dont Delhi est friande, dans des instances comme les Nations Unies, ou sur des sujets internationaux comme les négociations commerciales sur les services. Les 54 Etats africains sont d'ailleurs là des alliés aussi précieux.
Face à une Chine souvent accusée de développer avec l'Inde ou l'Afrique des relations reposant sur le rapport de force, l'Europe peut être perçue comme une alliée, pour rééquilibrer les relations et élargir le triangle Chindiafrique à d'autres partenaires. A Pékin même, la méthode européenne peut inspirer les tenants d'une vision d'une Chine bien insérée dans la mondialisation et renonçant à une vision impériale, pour se concentrer sur son propre épanouissement, loin d'être évident. Mais la culture européenne du dialogue et du compromis n'est vendable que si le soft power se double du hard power. Et pour cela l'Europe doit sortir de sa crise économique. Et elle ne peut le faire qu'en trouvant un nouveau consensus sur une réponse commune au défi Chindiafrique, au lieu que chacun ne fasse cavalier seul comme on le voit depuis quelques années.
Aux Français notamment de comprendre que la démondialisation n'est pas une solution. Aux Allemands de comprendre que le "tout exportation" n'en est pas une non plus. Une chance, la Chine, l'Inde et l'Afrique sont plutôt partisanes d'une mondialisation modérée. Une Europe unie peut dès lors imposer une plus grande symétrie dans les échanges économiques internationaux, au lieu de s'ouvrir à tout vent et d'y perdre ses emplois ... et son âme.

Jean-Joseph Boillot et Stanislas Dembinski sont les auteurs du livre Chindiafrique, ou comment la Chine, l'Inde et l'Afrique feront le monde de demain, paru le 3 janvier 2013 aux éditions Odile Jacob.

vendredi 4 janvier 2013

Sujet inédit : le tourisme chinois en Afrique

Sujet inédit : le tourisme chinois en Afrique
En 2011, plus d’un million de touristes chinois auraient été enregistré en Afrique. Mais quelle réalité se cache derrière ces chiffres?
On connaît l’appétit de la Chine pour l’Afrique — au point que deux politologues bien connus, Michel Beuret et Serge Michel, ont pu écrire un livre intitulé « la Chinafrique » — mais il est tout de même étonnant qu’à l’occasion d’une réception de fin d’année à Bruxelles l’ambassade de Chine diffuse une plaquette sur « les relations économiques et commerciales sino-africaine » comportant un chapitre sur les investissements dans les transports (notamment aériens) ainsi que dans le tourisme…lequel connaîtrait une extension phénoménale sur le continent noir…
En 2011, nous révèle ce document, plus d’un million d’entrées de touristes chinois (1,012 million exactement) auraient été enregistré en Afrique. Rappelons que la population totale de la Chine est, selon les dernières statistiques officielles, de 1.364 millions d’individus.
Une croissance de près de 40 p.c., vraiment ?
Ce chiffre particulièrement élevé de plus d’un million d’entrées (impliquant nécessairement de très nombreuses entrées multiples…ce qui est assez bizarre pour un continent qui est le moins développé de tous en matière de tourisme réceptif) est en augmentation de 39,8 pc par rapport à 2010, soit une croissance très supérieure à la moyenne de celles des touristes chinois dans l’ensemble des pays étrangers (22, 4 pc).
Parallèlement, au cours de la même année, la Chine aurait enregistré 489.000 entrées de touristes africains en Chine, chiffre vraisemblable, même s’il semble, lui aussi, nettement exagéré. Ce dernier chiffre serait en hausse de 5,4 pc, avec une localisation assez précise des pays concernés : Afrique du sud, Egypte, Nigéria et Algérie. De ces quatre pays, un seul est véritablement émetteur de touristes internationaux et c’est l’Afrique du sud. Les trois autres sont des Etats très islamisés (pour ne pas dire pro-islamistes) où, du reste, la grande majorité de la population n’a pas les moyens – et souvent aussi pas le droit – de quitter le pays.
Ce détail est révélateur du caractère faussement attribué aux flux touristiques des mouvements d’entrées et de sorties de citoyens de et vers la Chine. Apparemment, Pékin comptabilise comme « entrée de touriste » tout passage douanier d’un Chinois vers un pays d’Afrique ou d’un Africain vers la Chine.
Un visa « touristique » qui sert à tout
Autrement dit, ces centaines de milliers de « touristes » chinois sont seulement des citoyens possédant un passeport avec…un visa touristique, mais qui ne sert bien sûr pas, pour leurs porteurs, à faire du tourisme en Afrique. Et l’inverse est vrai, bien que dans une proportion infiniment moindre.
On sait qu’il existe un très grave problème de chômage en Chine. Chaque année des millions de jeûnes diplômés chinois (nous parlons de ceux qui sont sortis d’universités chinoises, non de ceux qui ont eu la chance – ou plutôt le piston – d’aller étudier à l’étranger) se retrouvent, par millions, au chômage ou deviennent alors titulaires de petits boulots ne répondant pas à leurs qualifications (théoriques). C’est même au point qu’on a vu des affiches, à la devanture des grands magasins de Pékin, libellées comme suit : « On cherche vendeurs pour le rayon chaussures. La priorité sera accordée aux titulaires d’un diplôme universitaire ».
Alors, une grande partie de ceux qui ont une petite spécialisation complémentaire en langue anglaise ou française se rendent plusieurs fois par an, voire par mois, en Afrique pour tâter le terrain en vue d’y faire des affaires, de créer une petites entreprises ou d’obtenir des missions d’expatriés à durée limitée au service d’investisseurs chinois qui envahissent, parfois massivement, des pays comme l’Angola, le Soudan ou l’Egypte.
… et moins cher
Et soit parce que, tout simplement le visa de tourisme est moins cher, soit parce qu’ils ne sont pas sûrs de rester sur place pour une durée significative, ces jeunes arrivent en Afrique avec une casquette (made in China, of course) de touriste. Par ailleurs le visa de tourisme permet une beaucoup plus grande flexibilité (du moins dans le sens Chine-Afrique, l’inverse n’étant pas vrai, on s’en doute pour les Africains qui, eux, sont nombreux à explorer le marché des « gadgets chinois bon marché » importables en Afrique. Ce sont des « touristes » chinois d’un genre très particulier, amateurs apparents de safaris coûteux, qui viennent en Afrique, eux, pour prospecter les marchés interdits (ivoire, cornes de rhinocéros, viandes de singe, de serpents ou de tortues) ou « spéciaux » (bois exotiques, métaux rares, pierres précieuses ou semi-précieuses).
Une classe moyenne plus importante que dans toute Europe
En d’autres termes, les « flux touristiques » évoqués par la Chine sont en grande partie – mais pas intégralement – factices. Car les pays africains ont compris qu’il existe désormais une classe moyenne chinoise qui, en nombre, est plus importante que la classe moyenne de l’ensemble du continent européen et qui est réellement susceptible de faire du tourisme.
Ainsi la deuxième plus grande exposition touristique internationale d’Afrique, qui est celle de Harare (Zimbabwe), a attiré fin 2011 plus de 500 exposants chinois et a présenté la reconstitution d’une « rue ancienne » chinoise tout entière. De son côté, l’administration du tourisme de Namibie a ouvert une grande campagne de promotion axée sur la Chine.
En Afrique subtropicale, cela se passe souvent assez bien. Mais en Afrique du nord et sahélienne, les incidents sont nombreux. Il n’y a pas longtemps les petits commerçants musulmans d’Algérie se sont regroupés pour manifester contre une présence « insupportable » des touristes chinois : non pas qu’ils étaient trop nombreux ou qu’ils dépensaient trop peu, non, mais parce qu’ils adoptaient des comportements incompatibles avec les règles locales de la « bienséance » : les filles s’habillent de manière jugée provocante, les garçons consomment ostensiblement de grandes quantités d’alcool et, bien entendu, ils ne respectent en rien les consignes d’austérité applicables pendant les périodes du ramadan.
Des investissements massifs
Face à ces critiques, les Chinois rétorquent qu’ils investissent massivement dans l’immobilier touristique et hôtelier ainsi que dans les transports aériens, autorisant, par exemple, de nombreuses compagnies africaines interdites de survol en Europe (liste noire de l’UE, imposée au non du manque de sécurité) à se rendre en Chine et aidant même, dans certains cas, des compagnies africaines à améliorer leurs normes et conditions de transport.
Ils viennent d’achever un hôtel 4 étoile à Lilongwe (capitale du Malawi) après en avoir construits (avec financements très larges et parfois dons à la clé) dans d’autres pays comme la Côte d’Ivoire, le Mali, le Sénégal, l’Algérie, la Libye ou Madagascar.
23 pays africains ont signé des accords sur le transport aérien avec la Chine. Selon le rapport diffusé à Bruxelles, 44 vols réguliers hebdomadaires relient désormais en direct des aéroports africains et chinois. Et les Chinois ont annoncé à la tribune de l’OACI (Organisation de l’aviation civile internationale) qu’ils allaient contribuer à mettre en œuvre un plan régional pour aider le continent africain à améliorer le niveau de sécurité de son aviation civile. A ce jour, ils ont effectivement fait un don de… 370.000 dollars à divers pays africains. Une aumône.
Au fait, où est le tourisme véritable là-dedans ?
Camille Vermont

lundi 31 décembre 2012

Un nouveau départ pour la coopération sino-africaine

Un nouveau départ pour la coopération sino-africaine

28.12.2012 à 16h09

HE WENPING*

Les échanges entre la Chine et l'Afrique ne cessent d'augmenter ces dernières années. Ces liens amicaux sont un exemple dans le cadre de la coopération Sud-Sud.

Depuis une dizaine d'années, de plus en plus de Chinois partent travailler en Afrique et leur nombre atteint aujourd'hui près d'un million. Plus de 2 000 sociétés chinoises entreprennent des activités économiques et commerciales en Afrique. Dans le même temps, Guangzhou, la capitale de la province du Guangdong, accueille près de 200 000 Africains et ce chiffre augmente à un rythme annuel de 30 à 40 %.

Au cours de la dernière décennie, le commerce extérieur entre la Chine et l'Afrique a crû en moyenne de 35 % par an. Le volume des échanges commerciaux est passé de 10 milliards en 2000 à 160 milliards de dollars en 2011. En 2009, la Chine est devenue le premier partenaire commercial de l'Afrique, dépassant les États-Unis. L'Afrique est devenue le deuxième marché de travaux sous contrat et la quatrième destination des investissements chinois. L'ancien vice-ministre chinois du Commerce, Sun Guangxiang, a indiqué lors de la troisième conférence de la table ronde sur la coopération sino-africaine que le volume du commerce extérieur entre la Chine et l'Afrique dépassera les 200 milliards de dollars américains en 2012.

Cette année-là, les relations sino-africaines ont été marquées par deux événements. Le premier a eu lieu au début de l'année, lorsque Jia Qinglin, président du Comité national (CN) de la Conférence consultative politique du peuple chinois (CCPPC) a effectué une visite en Éthiopie. Lors de ce voyage, il a officiellement remis à l'Union africaine les clefs du Centre de conférences, construit avec l'aide chinoise. Le second événement correspond à la 5e Conférence ministérielle du Forum sur la coopération sino-africaine, qui s'est déroulée avec succès du 19 au 20 juillet 2012 à Beijing. Cette conférence a permis d'élaborer un plan d'orientation relatif à la coopération sino-africaine pour les trois ans à venir. La coopération sino-africaine connaîtra alors un nouvel essor.

lundi 24 décembre 2012

China Exim Bank : des yuans pour l'Afrique

China Exim Bank : des yuans pour l'Afrique
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Le bailleur de fonds chinois serait aussi l'un des tout premiers actionnaires internationaux de la banque d'import-export africaine Afreximbank. DR
Entre aide au développement et diplomatie du carnet de chèques, la banque chinoise d'import-export fait de plus en plus parler d'elle. Sur le continent, elle est même plus active que la Banque mondiale.
Alors que la transition politique à la tête de la Chine s'annonce tendue, il est un poste stratégique que se disputent quelques dizaines de prétendants de haut rang : celui de directeur de la banque d'import-export China Exim Bank. Le poste, occupé depuis 2005 par Li Ruogu, ancien économiste du Fonds monétaire international (FMI) et vice-gouverneur de la Banque centrale de Pékin, pourrait échoir à  un patron plus « politique ». Signe que China Exim Bank est désormais bien plus que le robinet à  crédits de l'empire du Milieu.
Selon le quotidien britannique [I]Financial Times[/I], China Exim Bank et China Development Bank (CDB, l'autre responsable des actions de financement de la Chine à  l'étranger) ont ainsi accordé plus de 110 milliards de dollars (plus de 83 milliards d'euros) de prêts entre 2009 et 2010. Vraisemblablement à  parts égales entre les deux établissements. Dans un rapport, l'agence de notation Fitch Ratings estime à 67,2 milliards de dollars les prêts accordés par China Exim Bank à  l'Afrique entre 2001 et 2010. Davantage que la Banque mondiale et ses 54,7 milliards de dollars !
Fitch Ratings estime à 67,2 milliards de dollars les prêts accordés par China Exim Bank à  l'Afrique entre 2001 et 2010, davantage que la Banque mondiale.
[B]Bras financier[/B]
Sur le continent, China Exim Bank est devenue incontournable. L'institution créée en 1994 y réaliserait entre un tiers et la moitié de son activité. Pour la seule année 2012, elle a accordé 500 millions de dollars pour la réhabilitation d'un quartier de Brazzaville détruit par l'explosion d'un dépôt d'armes, 465 millions de dollars pour la construction d'une autoroute au Cameroun, ou encore quelque 130 millions de dollars destinés à  des projets d'électrification au Tchad. Et ce ne sont là  que les prêts rendus publics par une institution connue pour sa relative opacité. China Exim Bank a refusé de répondre à  nos questions. Son rapport annuel ne contient quant à  lui que quelques chiffres très généraux.
Placée sous la double tutelle du ministère du Commerce et de celui des Affaires étrangères, la banque profite des quelque 3 200 milliards de dollars de réserves de change du pays (un tiers des liquidités de la planète) et se positionne comme le bras financier de la diplomatie chinoise. Son objectif officiel ? « Promouvoir les relations économiques et commerciales et développer les relations entre les pays en développement et la Chine. » Son arme ? Des financements distribués très largement aux pays du Sud. L'Afrique profiterait de 45 % des prêts concessionnels accordés par China Exim Bank à  travers le monde, selon Fitch Ratings. « La Chine a une pratique concessionnelle de l'aide au développement, précise le professeur Li Wai, de l'université de Hong Kong. Le cas de China Exim Bank est à  ce titre très révélateur des pratiques de l'État, qui mêle diplomatie, développement et commerce. Ainsi, tous les pays qui entretiennent de bonnes relations diplomatiques avec la Chine se voient offrir une aide et des prêts à  taux zéro. Même ceux qui ont un niveau de richesse par habitant supérieur à  celui de la Chine profitent de cette aide. » En Afrique, China Exim Bank accorde ainsi des prêts concessionnels à  des pays pourtant bien notés, comme la Namibie ou Maurice.
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[/LINK]« Autant les prêts à  taux zéro sont comptabilisés comme faisant partie de l'aide au développement, autant les crédits de China Exim Bank ne le sont pas, souligne le professeur Li. Ce sont pourtant des prêts dont les taux d'intérêt sont généralement très bas \[autour de 2,85 %, NDLR] et qui sont aidés par le ministère des Finances. C'est lui qui prend à  sa charge la différence entre le taux fixe proposé par la banque et le coût réel qu'elle supporte. »
Selon un rapport publié par l'agence Standard & Poor's, les prêts aux entreprises chinoises exportatrices s'élèvent à  97 % du total des crédits de la banque. Des chiffres que celle-ci ne confirme pas mais qui illustrent parfaitement sa philosophie : aider les intérêts chinois en Afrique. En cette période de crise économique mondiale, o๠le crédit s'assèche notamment en Europe, la généreuse politique de China Exim Bank est généralement la bienvenue.
Comme principale contrepartie à  ses prêts, Pékin espère un accès aux ressources naturelles de ses débiteurs pour assouvir sa boulimie en matières premières. Venezuela, Russie, Brésil, Angola ou Nigeria comptent parmi les plus importantes réserves de la planète et sont parmi les plus gros clients de China Exim Bank. La Chine, usine du monde, a besoin de gaz et de pétrole pour faire tourner son économie. En finançant des raffineries, des routes et des ports en eau profonde pour ses supertankers, elle s'assure un accès aux ressources dont elle a besoin.
L'aide de la Chine s'accompagne également souvent du recours à  sa propre technologie et à  l'arrivée de sa propre main-d’œuvre. Les ouvriers chinois débarquent dans la foulée des lignes de crédit pour construire voies ferrées, autoroutes, aéroports, bâtiments administratifs... On estime ainsi que la plupart des crédits consentis par Pékin comportent une clause prévoyant qu'au moins la moitié des travaux soit effectuée par des entreprises chinoises.
Enfin, les financements de China Exim Bank - tout comme ceux de CDB - participent à  l'internationalisation du yuan voulue par le Parti communiste. La monnaie chinoise, qui n'est toujours pas convertible sur les marchés internationaux - à  quelques exceptions près -, se taille ainsi une place aux côtés du dollar et de l'euro. Quelque 20 % du prêt de 20 milliards de dollars récemment consenti au Venezuela ont ainsi été libellés en yuans, le reste étant financé par les réserves de Pékin en devises étrangères. Objectif : faire acheter des produits et des équipements chinois.
Les prêts de l'institution ne comportent pas, contrairement à  ceux des banques de développement occidentales, des clauses et des conditions multiples.
[B]Influence[/B]
Pour les pays africains en quête de financements, la solution China Exim Bank est d'autant plus pratique que les prêts de l'institution ne comportent pas, contrairement à  ceux des banques de développement occidentales, des clauses et des conditions multiples : pas de consultant externe, pas d'ingérence occidentale, peu d'études préparatoires, et des fonds débloqués rapidement. Aucune étude enfin sur l'impact environnemental des projets. En d'autres termes, une « diplomatie du carnet de chèques » qui séduit : plus de 90 pays dans le monde bénéficient déjà  des prêts chinois.
En Afrique, China Exim Bank cultive aussi son influence par d'autres biais. Elle serait ainsi l'un des tout premiers actionnaires internationaux de la banque d'import-export africaine Afreximbank, qui a symboliquement tenu en 2012 son assemblée générale des actionnaires à  Pékin. Des liens que d'autres banques de développement opérant sur le continent aimeraient avoir : « Il est clair que nous aimerions travailler davantage avec les grandes banques chinoises actives en Afrique, souligne le président de l'une des grandes institutions financières de développement occidentales. Le souci, c'est qu'elles fonctionnent dans des rapports d'État à  État et qu'elles ne font jamais de cofinancement. »
Pour les Occidentaux, se rapprocher de China Exim Bank aurait un double intérêt : d'une part, muscler le montant de leurs interventions financières en Afrique ; d'autre part, regarder de plus près les méthodes d'une institution qui fait de plus en plus parler d'elle. Pas certain que le futur patron de China Exim Bank soit prêt à cela

La Chine ouvre des usines sur le continent africain

La Chine ouvre des usines sur le continent africain

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A Dukem, en Ethiopie, le fabricant de chaussures chinois Huajian emploie la main-d'oeuvre locale. | JENNY VAUGHAN/AFP

En Afrique, la Chine s'était focalisée sur l'extraction des ressources naturelles, la construction d'infrastructures et les télécommunications. Janvier 2012 semble avoir marqué une nouvelle phase dans la présence chinoise sur le continent noir : l'implantation d'usines fonctionnant avec de la main-d'oeuvre locale. Une fabrique de chaussures du groupe Huajian a vu le jour dans la ville de Dukem, à 30 kilomètres d'Addis-Abeba (Ethiopie). L'entreprise, qui compte Calvin Klein parmi ses cli ...