CHINE AFRIQUE

POUR DES RELATIONS RESPECTUEUSES, AMICALES, FRANCHES ET FRATERNELLES

mardi 18 juin 2013

La Chine lance deux nouveaux fonds d'investissement d'un milliard en Afrique

La Chine lance deux nouveaux fonds d'investissement d'un milliard en Afrique
[IMG]/images/stories/Finance/drapeau_chinois_AFP.jpg[/IMG]
Les deux fonds devraient chacun réunir 1 milliard de dollars. ©AFP
Le China-Africa Business Council (CABC) et le Fonds sino-africain pour le développement (CADFund) vont lancer deux nouveaux fonds d'investissements d'un milliard de dollars chacun, pour stimuler les investissements chinois en Afrique.
[B]Lire aussi : [/B][IMG]/images/stories/Finance/drapeau_chinois_AFP.jpg[/IMG]
Les deux fonds devraient chacun réunir 1 milliard de dollars. ©AFP
Le China-Africa Business Council (CABC) et le Fonds sino-africain pour le développement (CADFund) vont lancer deux nouveaux fonds d'investissements d'un milliard de dollars chacun, pour stimuler les investissements chinois en Afrique.
[B]Lire aussi : [/B]
[LINK=/regions/afrique-subsaharienne/16404-les-10-pays-africains-qui-attirent-le-plus-d-investissements-chinois.html]Les 10 pays africains qui attirent le plus d'investissements chinois[/LINK]
[LINK=/regions/afrique-subsaharienne/12260-dossier-chine-afrique-entre-mythes-et-realites.html]Dossier Chine-Afrique : entre mythes et réalités[/LINK]
[LINK=/regions/afrique-subsaharienne/16952-laide-chinoise-au-developpement-decryptee.html]L'aide chinoise au développement décryptée[/LINK]
Premier partenaire commercial de l'Afrique, la Chine ne veut pas s'arrêter là. L'annonce du lancement de deux nouveaux fonds d'investissement par le China-Africa Business Council (CABC) et le Fonds de développement sino-africain (CADFund), relayée jeudi 13 juin par le groupe de médias le DailyChina, en est une nouvelle preuve.
Les deux fonds devraient chacun réunir, au cours de l'année, 1 milliard de dollars auprès d'entreprises chinoises et du CADFund, le plus grand capital-investisseur public chinois spécialisé sur l'Afrique. Leur objectif sera de stimuler les investissements de la Chine en Afrique et ils fourniront spécifiquement des capitaux aux entreprises chinoises actives dans le commerce et le secteur minier sur le continent.
[B]Transformation industrielle[/B]
"La Chine veut investir de façon différente en Afrique, au lieu de se concentrer uniquement sur les projets d'infrastructure tels que les routes, les ponts, les ports et les stades à travers le continent" a expliqué Zheng Yuewen, président du CABC, une ONG qui promeut les intérêts de 550 entreprises chinoises présentes en Afrique.
Celui-ci a annoncé plus de délocalisations d'usines chinoises en Afrique dans les années à venir. "L'Afrique peut connaitre la même transformation industrielle que la Chine il y a trois décennies, et à terme, devenir un grand producteur de marchandises, plutôt que d'être simplement un expéditeur de matières premières vers différentes destinations à l'étranger", a prédit Zheng Yuewen.
[LINK=/regions/afrique-subsaharienne/16404-les-10-pays-africains-qui-attirent-le-plus-d-investissements-chinois.html]Les 10 pays africains qui attirent le plus d'investissements chinois[/LINK]
[LINK=/regions/afrique-subsaharienne/12260-dossier-chine-afrique-entre-mythes-et-realites.html]Dossier Chine-Afrique : entre mythes et réalités[/LINK]
[LINK=/regions/afrique-subsaharienne/16952-laide-chinoise-au-developpement-decryptee.html]L'aide chinoise au développement décryptée[/LINK]
Premier partenaire commercial de l'Afrique, la Chine ne veut pas s'arrêter là. L'annonce du lancement de deux nouveaux fonds d'investissement par le China-Africa Business Council (CABC) et le Fonds de développement sino-africain (CADFund), relayée jeudi 13 juin par le groupe de médias le DailyChina, en est une nouvelle preuve.
Les deux fonds devraient chacun réunir, au cours de l'année, 1 milliard de dollars auprès d'entreprises chinoises et du CADFund, le plus grand capital-investisseur public chinois spécialisé sur l'Afrique. Leur objectif sera de stimuler les investissements de la Chine en Afrique et ils fourniront spécifiquement des capitaux aux entreprises chinoises actives dans le commerce et le secteur minier sur le continent.
[B]Transformation industrielle[/B]
"La Chine veut investir de façon différente en Afrique, au lieu de se concentrer uniquement sur les projets d'infrastructure tels que les routes, les ponts, les ports et les stades à travers le continent" a expliqué Zheng Yuewen, président du CABC, une ONG qui promeut les intérêts de 550 entreprises chinoises présentes en Afrique.
Celui-ci a annoncé plus de délocalisations d'usines chinoises en Afrique dans les années à venir. "L'Afrique peut connaitre la même transformation industrielle que la Chine il y a trois décennies, et à terme, devenir un grand producteur de marchandises, plutôt que d'être simplement un expéditeur de matières premières vers différentes destinations à l'étranger", a prédit Zheng Yuewen.

La Chine pilote-t-elle l'économie mondiale?

La Chine pilote-t-elle l'économie mondiale?
La Chine, désormais deuxième puissance économique mondiale, affirme son poids sur tous les marchés de la planète. Alors que les pays avancés redoutent la compétitivité de ses produits, elle en profite pour réclamer des facilités accordées aux pays en voie de développement. Et Pékin, fort de l'appui des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), manie à merveille la carotte et le bâton, les promesses et les menaces.

lundi 17 juin 2013

Jean-Yves Ollivier: Leçons chinoises en Afrique

Jean-Yves Ollivier: Leçons chinoises en Afrique
L’honorable Younoussi Touré, président de l’Assemblée nationale PI

Le nouveau parti créé par le jeune Amadou Koïta, le Parti Socialiste (PS Yelen Kura) s’est engagé à soutenir le candidat de l’Union pour la République et la Démocratie (URD) Soumaïla Cissé, lors de la présidentielle du 28 juillet prochain.

Les deux partis ont signé une Plate-forme d’alliance, en fin d’après-midi du vendredi 14 juin dans la salle de conférence de DFA Communication. Par la signature de cette alliance, le PS yelen Kura s’engage à soutenir le candidat de l’URD dès le premier tour de la présidentielle de juillet prochain. La Plate-forme précise également que cette alliance peut, à tout moment, se transformer en une fusion entre les deux partis.

Au cours de cette cérémonie de signature, le Président de l’URD, Younoussi Touré, est largement revenu sur le parcours politique du Président du PS Yelen Kura, ancien leaders estudiantin et ancien Président des jeunes du défunt Mouvement citoyen. Il a présenté Amadou Koïta comme un leader de jeunes qui bénéficie d’une forte aura auprès de la jeunesse malienne. Ce qui lui a fait dire qu’avec la signature de cette Plate-forme d’alliance, «en réalité, c’es la jeunesse malienne qui nous a rejoint». C’est pourquoi, il s’est dit heureux pour son parti d’accueillir Koïta et ses compagnons. Car, a-t-il estimé, «c’est la relève qui est assurée». Pour Younoussi Touré, le PS est jeune par son âge, «mais assurément c’est une formation politique avec laquelle il faut compter dans les années à venir».


Dans son intervention, le Président du PS est revenu sur les raisons de son choix de soutenir le candidat de l’URD. Il a précisé que c’est une décision qui a été unanimement prise par son parti. Cette décision a été prise par 15 sections sur 19 de son parti, de préciser l’orateur. Les critères qui ont prévalu au choix de Soumaïla Cissé sont : « l’appartenance au F.D.R, avoir un sens élevé du patriotisme, incarner les vertus de probité et d’intégrité morale, disposer d’un projet de société à la hauteur des défis que doit relever le peuple malien, bonne gouvernance, sécurité, paix, éducation et réservant une place de choix aux jeunes et aux femmes pour leur insertion socioprofessionnelle, avoir de la rigueur, de la compétence, une expérience et une expertise avérées dans la gestion de l’Etat». Concernant l’appartenance au FDR, Koïta a tenu à être on ne plus clair : «le P.S a répondu oui, car le parti a reconnu tout le travail de l’U.R.D au sein du F.D.R et M. Soumaïla Cissé a été l’un des rares candidats, pendant les moments les plus difficiles, a être présents à la Bourse de travail pour défendre la Constitution, la République et la démocratie».


Par conséquent, le Président du PS a déclaré que «les liens qui nous unissent ce soir sont d’abord ceux du cœur et des sentiments partagés, ce qui nous rassemble c’est la foi dans le Mali, un Mali de paix, un Mali réconcilié avec lui-même. Donc rien ne peut et ne doit ébranler cette alliance».
Youssouf Diallo

22septembre

jeudi 13 juin 2013

Barack Obama et le mystère Xi Jinping

Barack Obama et le mystère Xi Jinping
Barack Obama et Xi Jinping, le 8 juin.
Barack Obama et Xi Jinping, le 8 juin. | AFP/JEWEL SAMAD

Que peuvent-ils bien se dire ? Xi Jinping, chemise blanche déboutonnée au col, chevelure noir brillant lissée au cordeau, et Barack Obama, chemise bleu pâle, pantalon sport, arpentent un gazon impeccable. Sous le soleil du Sud californien, le président chinois et son homologue américain discutent de l'avenir de leurs pays : les numéros un et deux de l'économie mondiale se jugent, se jaugent, s'observent – bref, apprennent à se comprendre.
La rencontre a duré deux jours, les vendredi 7 et samedi 8 juin. Elle s'est tenue au sud-est de Los Angeles, à la Fondation Annenberg, du nom d'un des géants de la presse américaine qui fit construire là, en plein désert, dans l'oasis de Palm Springs, une résidence d'hiver à l'allure princière : structure ultramoderne posée sur un tapis de verdure, en bordure de lac artificiel et de forêt de cactus, avec, en toile de fond, la masse brune des montagnes de San Jacinto. Ici, les artères célèbrent les grands noms du show-business. Décisive pour l'avenir du XXIe siècle, la relation sino-américaine se joue dans un paysage de western, entre les boulevards Bob Hope et Frank Sinatra. On ne peut pas faire moins exotique.
M. Xi a volontiers accepté l'invitation, mais a préféré dormir dans un hôtel voisin. Le président chinois a eu peur, suggère la presse, des écoutes téléphoniques... La rencontre est sans équivalent. Les deux hommes ont eu près de huit heures de discussions, entrecoupées de promenades et d'un dîner. Leurs prédécesseurs n'ont jamais passé autant de temps ensembl...

mercredi 12 juin 2013

Jean-Yves Ollivier: Leçons chinoises en Afrique

Jean-Yves Ollivier: Leçons chinoises en Afrique
Concurrence , International , Investissement , Partenariat , Petrole , Relations-Chine-Afrique , Ressources Naturelles , Actualités

AFRIQUE - Toutes les chapelles cherchent aujourd'hui à s'approprier les succès de la Chine en Afrique. Politiques et investisseurs saluent le "pragmatisme" chinois quand les "droits de l'hommistes" vilipendent les méthodes et les intentions de Beijing.
Pourtant, les faits sont têtus. 83ème partenaire commercial du continent en 1996, l'empire du Milieu est désormais numéro deux, derrière les États-Unis, et toujours sur sa lancée d'une croissance fulgurante.
Depuis le début du 21ème siècle, les échanges sino-africains sont passés de 20 à 220 milliards de dollars. Plus de 2.000 entreprises chinoises se sont implantées au sud du Sahara.
LIRE AUSSI:
Alors, y a-t-il une "recette chinoise" que les partenaires traditionnels de l'Afrique auraient intérêt à copier? La réponse est moins tranchée que ne le font accroire aussi bien les thuriféraires que les pourfendeurs de la percée chinoise en Afrique.
Du fait de son succès, la Chine en Afrique est devenue un grand réservoir de "leçons" à tirer -chacun y puisant la sienne, celle qui l'arrange le mieux. Les hommes d'affaires occidentaux redécouvrent ainsi les charmes des grands projets d'infrastructures tandis que les hommes politiques tournent le dos à la bonne gouvernance en Afrique -"une idée moralisatrice et hypocrite, sinon néocoloniale"- pour épouser à nouveau le réalisme, qui était de mise pendant la Guerre froide.
"Faire comme les Chinois" veut alors dire, pour les uns, réinvestir massivement dans le BTP et, pour les autres, redevenir l'ami des gouvernements africains, quitte à les suivre dans de nouvelles folies. Est-ce réellement ce que font "les" Chinois? Pour commencer, n'en déplaise à une vision monolithique du géant asiatique, les pouvoirs publics à Pékin, les grandes compagnies chinoises opérant à l'échelle mondiale et la multitude des individus cherchant à faire fortune en dehors de la Chine, ce sont là trois acteurs bien distincts.
Savoir qui, du gouvernement ou du grand business, orchestre la ruée sur les matières premières en Afrique est loin d'être toujours évident. Quant aux particuliers, ils ont suivi le mot d'ordre officiel lancé en 1995, zou chuqu, "sortez!". Ils sont désormais entre 500.000 et un million à vivre en Afrique, l'immense majorité d'entre eux loin des bases de vie grillagées des méga-projets très en vue.
La vraie "Chinafrique" tisse sa toile dense à l'intérieur des pays africains, souvent au village. Ensuite, si la Chine officielle faisait seulement plaisir au pouvoir du jour, comment expliquer, par exemple, qu'au Soudan divisé en deux elle se trouve en excellente position des deux côtés?
Des Occidentaux en nombre seraient-ils prêts à aller vivre à la dure dans la brousse africaine? Poser la question, c'est y répondre. Or, pas de tissu économique sans présence humaine, du moins pas au niveau des PME, qui sont d'une importance capitale en Afrique. Par la même occasion, finissons-en avec un autre mythe: non, l'industrie occidentale ne damera pas le pion à ses concurrentes chinoises en vendant des casseroles d'émail multicolores et des sandales en plastique dans la poussière des marchés africains. À ce niveau, coûts salariaux obligent, elle n'est pas compétitive.
D'où l'idée du "coup de pouce politique". Tout dépend de ce que l'on entend par là. Si c'est pour rappeler aux gouvernements leur intérêt à faire du lobbying pour l'industrie nationale, on enfonce une porte ouverte -tous les gouvernements le font déjà. En revanche, si c'est pour réclamer des garanties d'État à l'exportation et des montages financiers ponctionnant les surplus en devises des finances publiques, on rêve. L'Occident, surendetté et en panne de croissance, n'en a pas les moyens, sans parler de ses opinions publiques qui dénonceraient avec virulence des "cadeaux" faits aux entreprises au moment où l'État providence fait peau de chagrin. Faut-il pour autant regretter de ne pas vivre sous une dictature industrialisante? La perspective est différente pour un chef d'État africain. Il aura sa route, son stade ou son hôpital qu'il pourra inaugurer avant la prochaine élection, alors que l'Occident videra sa promesse de moult études d'impact et de faisabilité, qui enrichiront l'homme qui a vu l'homme qui attend un début de réalisation.
Le pétrole africain représente à lui seul 71% des importations chinoises du continent noir. En y ajoutant les minerais, le bois tropical et quelques produits agricoles, il n'y a pour ainsi dire rien qui reste. Ce qui revient à dire qu'avec la Chine maintenant, comme avec l'Occident depuis deux siècles, "l'échange inégal" continue: l'Afrique vend ses matières premières non transformées et achète les produits manufacturés des autres. On sait de quel côté se trouve la plus-value. Ce qui devrait suffire à river le clou aux démagogues, qui prétendent que l'Afrique va se développer "grâce à la Chine". Si c'était vrai, le continent serait développé depuis un certain temps déjà, grâce à l'Occident.
N'y aurait-il donc rien à apprendre du succès chinois en Afrique? Bien au contraire. La première leçon, c'est qu'il n'y a pas de miracle. D'abord, les Chinois gagnent des marchés parce qu'ils sont prêts à faire ce à quoi les Occidentaux se refusent, à tort ou à raison. Cela va de la vente de beignets sur le bord de la route à l'aide "liée", qui n'est déboursée qu'au profit d'entreprises chinoises, en passant par la tenue de fastueux sommets sino-africains, sans campagne de presse pour vilipender les hôtes que l'on voudrait gagner comme clients - une spécialité occidentale.
Ensuite, il n'y a pas de miracle non plus au niveau de la percée elle-même. La Chine prend ce qui est à prendre sur le marché pétrolier en Afrique, qui est en expansion. Cependant, les places fortes y sont prises depuis longtemps. Enfin, en 2012, la Chine a réalisé 220 milliards de dollars d'échanges avec l'Afrique. Mais est-ce vraiment miraculeux étant donné que les États-Unis ont réalisé 447 milliards de dollars, et l'Union européenne même 567 milliards, avec quatre fois moins d'habitants?
La seconde leçon est la plus importante. Le succès de la Chine en Afrique repose sur la poursuite d'intérêts clairement affichés et assumés, en l'absence d'une mission civilisatrice. Cette dernière, dont le passé lucratif fut le colonialisme, consiste à prescrire aux autres comment ils doivent vivre -prétendument ou réellement mieux, c'est toute la question. S'il revient toujours aux Occidentaux d'en décider, alors ils pourront continuer de monter des opérations "militaro-humanitaires" pour changer les cours de l'histoire.
En revanche, si l'Afrique est réellement indépendante, et donc responsable de son sort, elle devra apprendre à se passer des urgentistes extérieurs, y compris dans la nuit noire d'une dictature ou en cas de massacres à grande échelle. Et que l'on ne m'objecte pas la "responsabilité à protéger", qui serait universelle.
Nous savons tous que ce droit d'ingérence est plus susceptible de s'appliquer à l'Afrique qu'à... la Chine. La troisième et dernière leçon devrait être une évidence: il faut savoir non seulement ce que l'on veut et ce que l'on peut mais, aussi, qui on est. Quand un Africain s'engage avec un Européen, il voit, par-delà l'individu en face, l'ancien colonisateur, l'éternel donneur de leçon, le "Blanc". En revanche, quand un Africain s'engage avec un Chinois, il voit quelqu'un qui, hier, était tout aussi pauvre et méprisé que lui mais qui, à présent, impose son point de vue aux anciens maîtres du monde. Bref, il voit son propre rêve devenu réalité. En ce sens, la vraie percée de la Chine en Afrique serait la naissance d'un esprit d'émulation. Attendons voir.

Suivre Jean-Yves Ollivier sur Twitter: www.twitter.com/JeanY_Ollivier

Denis Sassou N’Guesso: L'Afrique n'a pas peur de la Chine

Denis Sassou N’Guesso: L'Afrique n'a pas peur de la Chine
La visite ce weekend du président chinois Xi Jinping à Brazzaville, à l'occasion de sa première tournée à l'étranger, est un immense honneur pour le Congo et la concrétisation d'un partenariat exceptionnel entre nos deux pays.
Je suis fier d'avoir accueilli symboliquement le quart de l'humanité pour une visite historique qui illustre la qualité de la relation sino-africaine. N'en déplaise à certains, l'Afrique est engagée dans une relation gagnant-gagnant de long-terme avec la Chine.
L'Afrique n'a pas peur de la Chine
Il ne faut pas croire les discours amers de certains commentateurs. L'Afrique n'a pas peur de la Chine et n'a aucune raison de redouter ce partenariat égalitaire et pragmatique basé sur nos intérêts communs, et libéré des considérations morales et de la condescendance qui constituent parfois encore les plaies visibles de l'héritage colonial.
A l'échelle du continent, les chiffres parlent d'eux-mêmes. Le volume des relations commerciales avec la Chine est passé de 10 milliards à 160 milliards de dollars entre 2000 et 2011, et la Chine représente aujourd'hui le deuxième partenaire commercial de l'Afrique après les Etats-Unis. La ruée sur les matières premières, promise par les "spécialistes" ne demeure qu'un fantasme et selon les derniers chiffres du FMI, les exportations africaines vers la Chine sont sensiblement similaires à celles réalisées par les Etats-Unis ou l'Union européenne.
Le partenariat entre l'Afrique et la Chine s'inscrit pleinement dans cette logique et se base sur le pragmatisme et le respect mutuel. Quand nous, Africains, travaillons avec nos amis Chinois, c'est une promesse d'avenir meilleur que nous avons sous les yeux : un peuple qui à force de travail et d'obstination a pris en l'espace d'une génération la voie de l'émergence et qui fait aujourd'hui entendre sa voix au même titre que les Européens ou les Américains.
En ce qui concerne la République du Congo, nos deux pays avancent depuis un demi-siècle (nous célèbrerons en 2014 cinquante ans d'amitié sino-congolaise) sur la voie d'un partenariat exemplaire qui a notamment permis à notre pays de se doter d'infrastructures que nous n'aurions pas pu financer autrement. La Chine nous a notamment accompagné dans la construction de l'aéroport international Maya Maya, la route lourde Pointe-Noire Brazzaville, le barrage hydroélectrique d'Imboulou, réalisations vitales pour notre développement économique.
Ce partenariat s'approfondit encore et toujours entre nos deux pays. Nous comptons lancer dans les mois à venir divers nouveaux projets tels que la construction d'un port minéralier à Pointe-Noire ainsi que plusieurs barrages hydroélectriques à travers le pays.
L'Afrique, la Chine et les BRICS : des convergences naturelles
Au-delà de notre relation avec la Chine, et comme l'a démontré le récent sommet des BRICS de Durban, l'Afrique doit continuer à se rapprocher des économies émergentes. Notre continent a besoin de leurs investissements et de leur savoir-faire et les BRICS ont besoin de l'Afrique pour développer leurs économies et étendre leurs marchés.
Ces intérêts convergents bien compris font des partenariats Sud-Sud l'une des clés de voute de la croissance mondiale de l'avenir. Et la Chine, par son poids économique et géopolitique, est la locomotive naturelle de cette nouvelle donne économique.
Une nouvelle donne qui a pris de la consistance avec l'annonce cette semaine en Afrique du Sud de la création d'une banque des BRICS et de l'Afrique, plus à même que le FMI ou la Banque Mondiale de comprendre les intérêts des économies à fortes croissances et de les soutenir efficacement.
C'est dans ce contexte de coopération accrue entre les BRICS et l'Afrique que j'ai reçu le président Xi Jinping. C'est un grand honneur pour moi et les 4,3 millions de Congolais d'avoir été les hôtes de la première visite officielle au Congo d'un président de la République populaire de Chine.
Une visite historique pour nos deux pays

Les Chinois à la conquête de l'Afrique

Les Chinois à la conquête de l'Afrique
Le Ghana Et La Chine





INTERNATIONAL - Ce n'est pas une nouveauté, la Chine a investi énormément sur le continent africain. Depuis 2000, elle y a consacré plus de 75 milliards de dollars, ce qui la place juste derrière les Etats-Unis (qui atteignent 90 milliards de dollars). Le Ghana a été le principal bénéficiaire de l'argent chinois.
Mais cette présence chinoise -que certains n'hésitent pas à qualifier de puissance coloniale- engendre des débordements. De nombreux Chinois se rendent dans des pays africains afin d'exploiter clandestinement leurs richesses, or en tête.
Les efforts du Ghana pour stopper la ruée vers l'or
Le Ghana, deuxième exportateur d'or du continent derrière l'Afrique du Sud et pôle de stabilité en Afrique de l'Ouest, est le plus touché par cette vague.
A coups d'arrestations et d'expulsions, le pays cible désormais les Chinois qui viennent exploiter clandestinement ses mines d'or. Mais cette ruée illégale vers le métal précieux semble d'autant plus difficile à arrêter que les frontières sont poreuses et les fonctionnaires corruptibles.
168 étrangers ont été arrêtés mercredi 5 juin dans différentes régions, un mois après le lancement par le président John Dramani Mahama d'une vaste opération contre les exploitations minières illégales, notamment dans la région d'Ashanti (au centre du pays).
Les Chinois formaient l'essentiel des étrangers interpellés, mais on comptait aussi six Russes parmi eux, a précisé le porte-parole des services d'immigration du Ghana, Francis Palmdeti.
Le mois dernier, des agents d'une force conjointe spéciale -formée par la police, les services de l'immigration et de la sécurité nationale- avaient effectué une descente dans les mines d'or pour en chasser les clandestins auxquels les autorités reprochent notamment de polluer les rivières et de dégrader l'environnement.
La Chine condamne ses ressortissants clandestins
L'ambassade de Chine a annoncé qu'elle facilitait le rapatriement des Chinois impliqués dans ces activités minières et plus de 200 d'entre eux se sont présentés volontairement, selon Francis Palmdeti.
Un cadre de l'ambassade de Chine à Accra, Yu Jie, a assuré que les ressortissants chinois quittaient les zones d'exploitation de l'or de l'intérieur du pays. Quant au nombre total de Chinois impliqués dans ces activités, il s'est dit incapable de l'évaluer.
Mais l'analyste financier Sydney Casely-Hayford l'assure: la répression n'arrêtera pas cette exploitation minière dont sont complices aussi bien les dirigeants traditionnels ghanéens que les hommes d'affaires. "C'est de l'argent facile, vite gagné", dit Casely-Hayford. "Il n'y a rien à faire parce que les autorités traditionnelles veulent l'argent, les exploitants veulent l'argent, les Chinois veulent l'argent: ils veulent l'or."
Le Ghana et la Chine multiplient les accords
Les Chinois ont commencé à affluer vers le Ghana, un pays de 27 millions d'habitants, ces dernières années. Le contexte semble d'autant plus favorable qu'une importante activité commerciale lie les deux pays et que Pékin ne cesse de développer ses investissements sur tout le continent africain pour ouvrir de nouveaux marchés et accéder aux ressources naturelles pétrolières, minières, etc.
Grand producteur d'or, le Ghana dispose aussi d'une industrie pétrolière naissante, qui a commencé à produire en 2010. Le géant chinois des hydrocarbures Sinopec est actuellement chargé d'y réaliser un grand projet de construction d'infrastructures gazières.
En 2011, le gouvernement ghanéen avait cité des chiffres fournis par la Chine selon lesquels 500 hommes d'affaires chinois développaient des activités au Ghana, dans le secteur de l'énergie ou encore pour la construction de routes.

L'or ghanéen attise les convoitises
Mais les Chinois ne sont pas les seuls à se ruer sur l'or ghanéen: 57 ressortissants de pays ouest-africains ont également été récemment arrêtés pour leur implication dans l'exploitation illégale des mines. Parmi eux, on comptait 51 Nigériens, deux Togolais, un Nigérian et trois hommes se disant Ghanéens.
Selon Francis Palmdeti, d'autres arrestations auront lieu. "Nous continuerons jusqu'au moment où nous estimerons que ce secteur de l'économie a été assaini", assure-t-il.
Mais de l'avis de Vladimir Antwi-Danso, directeur du Centre Legon des Affaires internationales et de la diplomatie, la répression n'est pas suffisante pour stopper cette extraction illégale. Le véritable problème, dit-il, c'est la corruption des fonctionnaires locaux qui a permis aux mines clandestines de proliférer dans l'intérieur du Ghana. "Nous avons des lois et des réglementations dans ce pays. Pourquoi avons-nous besoin d'une force opérationnelle spéciale?", interroge-t-il.
Le Ghana est victime de son développement qui attire sur son sol de nombreux étrangers venus exploiter clandestinement ses richesses. Si la Chine investit beaucoup, officiellement pour régler les dettes des pays africains et les aider au développement, les Ghanéens commencent à voir d'un mauvais oeil cette implantation qui s'attaque désormais aux petits commerces.
LIRE AUSSI» Leçons chinoises en Afrique
» L'Afrique n'a pas peur de la Chine

Les Chinois à la conquête de l'Afrique

Les Chinois à la conquête de l'Afrique
Le Ghana Et La Chine





INTERNATIONAL - Ce n'est pas une nouveauté, la Chine a investi énormément sur le continent africain. Depuis 2000, elle y a consacré plus de 75 milliards de dollars, ce qui la place juste derrière les Etats-Unis (qui atteignent 90 milliards de dollars). Le Ghana a été le principal bénéficiaire de l'argent chinois.
Mais cette présence chinoise -que certains n'hésitent pas à qualifier de puissance coloniale- engendre des débordements. De nombreux Chinois se rendent dans des pays africains afin d'exploiter clandestinement leurs richesses, or en tête.
Les efforts du Ghana pour stopper la ruée vers l'or
Le Ghana, deuxième exportateur d'or du continent derrière l'Afrique du Sud et pôle de stabilité en Afrique de l'Ouest, est le plus touché par cette vague.
A coups d'arrestations et d'expulsions, le pays cible désormais les Chinois qui viennent exploiter clandestinement ses mines d'or. Mais cette ruée illégale vers le métal précieux semble d'autant plus difficile à arrêter que les frontières sont poreuses et les fonctionnaires corruptibles.
168 étrangers ont été arrêtés mercredi 5 juin dans différentes régions, un mois après le lancement par le président John Dramani Mahama d'une vaste opération contre les exploitations minières illégales, notamment dans la région d'Ashanti (au centre du pays).
Les Chinois formaient l'essentiel des étrangers interpellés, mais on comptait aussi six Russes parmi eux, a précisé le porte-parole des services d'immigration du Ghana, Francis Palmdeti.
Le mois dernier, des agents d'une force conjointe spéciale -formée par la police, les services de l'immigration et de la sécurité nationale- avaient effectué une descente dans les mines d'or pour en chasser les clandestins auxquels les autorités reprochent notamment de polluer les rivières et de dégrader l'environnement.
La Chine condamne ses ressortissants clandestins
L'ambassade de Chine a annoncé qu'elle facilitait le rapatriement des Chinois impliqués dans ces activités minières et plus de 200 d'entre eux se sont présentés volontairement, selon Francis Palmdeti.
Un cadre de l'ambassade de Chine à Accra, Yu Jie, a assuré que les ressortissants chinois quittaient les zones d'exploitation de l'or de l'intérieur du pays. Quant au nombre total de Chinois impliqués dans ces activités, il s'est dit incapable de l'évaluer.
Mais l'analyste financier Sydney Casely-Hayford l'assure: la répression n'arrêtera pas cette exploitation minière dont sont complices aussi bien les dirigeants traditionnels ghanéens que les hommes d'affaires. "C'est de l'argent facile, vite gagné", dit Casely-Hayford. "Il n'y a rien à faire parce que les autorités traditionnelles veulent l'argent, les exploitants veulent l'argent, les Chinois veulent l'argent: ils veulent l'or."
Le Ghana et la Chine multiplient les accords
Les Chinois ont commencé à affluer vers le Ghana, un pays de 27 millions d'habitants, ces dernières années. Le contexte semble d'autant plus favorable qu'une importante activité commerciale lie les deux pays et que Pékin ne cesse de développer ses investissements sur tout le continent africain pour ouvrir de nouveaux marchés et accéder aux ressources naturelles pétrolières, minières, etc.
Grand producteur d'or, le Ghana dispose aussi d'une industrie pétrolière naissante, qui a commencé à produire en 2010. Le géant chinois des hydrocarbures Sinopec est actuellement chargé d'y réaliser un grand projet de construction d'infrastructures gazières.
En 2011, le gouvernement ghanéen avait cité des chiffres fournis par la Chine selon lesquels 500 hommes d'affaires chinois développaient des activités au Ghana, dans le secteur de l'énergie ou encore pour la construction de routes.

L'or ghanéen attise les convoitises
Mais les Chinois ne sont pas les seuls à se ruer sur l'or ghanéen: 57 ressortissants de pays ouest-africains ont également été récemment arrêtés pour leur implication dans l'exploitation illégale des mines. Parmi eux, on comptait 51 Nigériens, deux Togolais, un Nigérian et trois hommes se disant Ghanéens.
Selon Francis Palmdeti, d'autres arrestations auront lieu. "Nous continuerons jusqu'au moment où nous estimerons que ce secteur de l'économie a été assaini", assure-t-il.
Mais de l'avis de Vladimir Antwi-Danso, directeur du Centre Legon des Affaires internationales et de la diplomatie, la répression n'est pas suffisante pour stopper cette extraction illégale. Le véritable problème, dit-il, c'est la corruption des fonctionnaires locaux qui a permis aux mines clandestines de proliférer dans l'intérieur du Ghana. "Nous avons des lois et des réglementations dans ce pays. Pourquoi avons-nous besoin d'une force opérationnelle spéciale?", interroge-t-il.
Le Ghana est victime de son développement qui attire sur son sol de nombreux étrangers venus exploiter clandestinement ses richesses. Si la Chine investit beaucoup, officiellement pour régler les dettes des pays africains et les aider au développement, les Ghanéens commencent à voir d'un mauvais oeil cette implantation qui s'attaque désormais aux petits commerces.
LIRE AUSSI» Leçons chinoises en Afrique
» L'Afrique n'a pas peur de la Chine

mardi 11 juin 2013

Afrique : l’obstacle français (Par Sanou MBAYE)

Afrique : l’obstacle français (Par Sanou MBAYE)
Ces dernières années, la Chine et l’Afrique ont formé l’un des partenariats économiques et commerciaux les plus florissants de l’ère moderne. La Chine bénéficie du pétrole, des ressources minérales et des marchés africains, tandis que les échanges commerciaux et les investissements chinois en matière d’infrastructures, de santé, d’éducation, de Pme et de faibles et moyennes technologies profitent à l’Afrique.

Certains observateurs occidentaux – et africains, aussi – ont dénoncé les participations de la Chine sur le continent comme une nouvelle forme de colonialisme. Mais une telle critique est parfaitement déplacée. Le modèle de développement que la Chine facilite, et qui associe des investissements et des échanges commerciaux productifs à des prêts et à de l’aide, permet de rompre le cycle de sous-développement en Afrique – un objectif auquel les stratégies de développement occidentales ne sont pas parvenues.
De plus, les pays africains s’appuient sur leurs relations avec la Chine pour développer leur coopération avec d’autres marchés émergents, dont l’Inde, la Corée du Sud, la Turquie, le Brésil et la Malaisie. De tels efforts ont renforcé la demande globale pour les matières premières, tout en permettant une diversification des économies africaines et une relance de la capacité productive des fournisseurs locaux. Aujourd’hui, le taux de croissance de l’Afrique se place en deuxième position après celui de l’Asie.
Il se peut que ce ne soit que le début. Le marché africain compte aujourd’hui un milliard d’individus, et il devrait exploser à trois milliards en 2045 – dont 1,1 milliard d’individus en âge de travailler (plus que la Chine ou l’Inde) ; ses perspectives économiques et commerciales à long terme rappellent donc celles de la Chine à l’époque où elle s’ouvrait au monde il y a plus de trente ans.
Ces développements incitent les investisseurs américains et européens à revoir leurs stratégies en Afrique pour une redéfinition des termes d’échanges avec un intérêt renouvelé pour les marchés régionaux en expansion de ce continent.
Le progrès, cependant, n’a pas été distribué de manière équitable dans toute l’Afrique. Certains pays, comme par exemple le Ghana, le Nigeria, le Kenya, l’Ethiopie, l’Afri­que du Sud, le Rwanda, l’Ouganda, l’Angola, le Mozam­bique, et le Zimbabwe – ont bénéficié de ma­nière substantielle des participations chinoises, et sont parmi les économies dont la croissance est la plus rapide au monde. Mais d’autres, dont les quatorze pays réunis en zone Franc (dont 12 sont des anciennes colonies françaises) – ne profitent pas des importants investissements chinois, et passent à côté du boum économique africain.
Aux difficultés de la zone Franc s’ajoutent des politiques monétaires et économiques tronquées et dysfonctionnelles. La croissance du Pib de la Communauté financière africaine (Cfa) était largement supérieure à celle du reste de l’Afrique dans les années 90, mais elle est depuis en recul. De plus, la zone Franc doit encore établir un régime tarifaire extérieur commun fonctionnel, et les échanges commerciaux internes de cette zone Franc ne se montent qu’à 12% des importations et exportations totales de ses membres.
Dans ce contexte, la décision de préserver le franc Cfa, une monnaie commune librement convertible étalonnée à l’euro à un taux de change substantiellement surévalué, est douteuse. Le système actuel engendre des déficits budgétaires structurels, une dépendance excessive sur les importations, une corruption endémique, du blanchiment d’argent, des trafics de drogues, et une évasion massive des capitaux.
Ce qui pose problème en particulier sont les réserves de change de 17,7 milliards de dollars que la France préserve sur un compte spécial du Trésor à un taux d’intérêt de seulement 1,5%, assurant ainsi la convertibilité du franc Cfa qu’elle garantit. En d’autres termes, la France utilise les réserves africaines pour financer une partie de son déficit budgétaire à un taux d’intérêt concessionnel.
Dans le même temps, les ban­ques françaises appliquent des taux de 5 à 6 % sur les prêts qu’elles accordent aux gouvernements africains afin de financer leurs déficits budgétaires. Avec un taux appliqué aux prêts commerciaux de 18%, les crédits bancaires accordés au secteur privé de la zone Franc ne représentent plus que 12,7% du Pib ; ils sont à 36,5% du Pib en Afrique sub-saharienne et à 78,9% en Afrique du Sud, première économie de la région.
Le Premier ministre sénégalais, Abdoul Mbaye, a déclaré que les taux d’intérêt élevés constituent un frein majeur à la croissance du Pib. Et en novembre dernier, lors de la conférence organisée à l’occasion du cinquantième anniversaire de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest, le Président sénégalais Macky Sall a plaidé pour une baisse des taux d’intérêt.
Mais ni le quasi contrôle de l’argent et du crédit par la France ni sa forte influence sur la politique et la sécurité ne peuvent être tenus pour uniquement responsables de la situation de pauvreté et d’instabilité dans laquelle se retrouvent les pays de la zone Franc. En s’appropriant à tort les fonds publics pour leur usage personnel, les dirigeants de la zone Franc sont aussi complices de l’exploitation institutionnalisée par la France des pays Cfa et de leurs citoyens.
La Côte d’Ivoire, première économie de cette zone Franc, était un exportateur net de riz au début des années 70, jusqu’à ce que l’élite du pays suive les conseils des expatriés français d’importer du riz plutôt que de le produire. Grâce aux licences d’importation, le ministre des Finances de l’époque, Konan Bédié, a gagné son premier mil­liard de francs Cfa en moins d’un an. A la même époque, Félix Houphouët-Boigny, ancien Prési­dent ivoirien et figure de proue des mouvements d’indépendance africains, avertissait publiquement les Africains des risques de préserver leur fortune en Afrique.
Plus récemment, Karim Wade, fils de l’ancien Président sénégalais Abdoulaye Wade, a été arrêté pour présomptions d’enrichissement personnel pour un montant d’environ 1,5 milliard de dollars accumulés au cours de la Prési­dence de son père, alors qu’il occupait différents postes ministériels.
Il est temps pour les dirigeants de la zone Franc de rompre ce cycle, et de définir des stratégies nationales efficaces de développement pour leur pays. Ils devraient commencer par s’émanciper totalement de la France, abandonner le franc Cfa, et développer des relations avec la Chine, et d’autres pays, désireux d’établir des relations commerciales mutuellement bénéfiques avec l’Afrique.


Sanou MBAYE
Economiste et écrivain sénégalais,
auteur de L’Afrique au secours
de l’Afrique,
Editions de Atelier, Ivry, 2009.
Copyright : Project Syndicate, 2013.
www.project-syndicate.org
Traduit de l’anglais par Frédérique Destribats

Marchés agricoles La Chine en pole position - Leconomiste.com

Marchés agricoles La Chine en pole position - Leconomiste.com
Elle va rester auto-suffisante en cultures vivrières
Les pays en développement vont assurer 80% de la croissance

Marchés agricoles La Chine en pole position
Après la flambée enregistrée en 2008, l’accalmie sur les prix des produits agricoles s’est poursuivie en 2011 et 2012
La Chine va exercer une grande influence sur les marchés mondiaux. D’après le rapport sur les perspectives agricoles de l’OCDE et de la FAO 2013-2022, publié le 6 juin dernier, «l’Empire du Milieu», devrait rester auto-suffisant en matière de cultures vivrières. Ceci, en dépit du ralentissement que devrait enregistrer la production dans les dix ans à venir, faute de ressources suffisantes en sols, en eau et en main-d’œuvre rurale. Le nouveau rapport présente les dernières tendances par pays. Ainsi, la proportion de la production mondiale assurée par les pays en développement va continuer de s’accroître. Ceci à mesure que les investissements dans leurs secteurs agricoles réduisent l’écart de productivité qui prévaut actuellement avec les économies développées. Les économistes s’attendent notamment à ce que les pays en développement représentent 80% de la progression de la production mondiale de viande dans les dix ans à venir et à ce que l’accroissement des échanges leur soit en grande partie imputable. D’ici 2022, ils assureront ainsi la majeure partie des exportations mondiales des céréales secondaires, de riz, de graines oléagineuses, d’huiles végétales, de sucre, de viande bovine, de volaille et de produits halieutiques et aquacoles.
Stimulée par la croissance démographique, la hausse des revenus, l’urbanisation et l’évolution des habitudes alimentaires, la consommation des principaux produits agricoles de base devrait augmenter plus rapidement en Europe orientale et en Asie centrale, suivies de l’Amérique latine et d’autres économies asiatiques.
Globalement, la production agricole mondiale devrait s’accroître de 1,5% par an en moyenne sur la décennie à venir contre 2,1% entre 2003 et 2012. Cette tendance s’explique par l’aggravation des contraintes de ressources et des pressions exercées sur l’environnement, le manque de superficies agricoles supplémentaires et la hausse des coûts de production. Néanmoins, le rapport OCDE/FAO indique que l’approvisionnement en matières premières agricoles devrait suivre le rythme de la demande mondiale.

Fatim-Zahra TOHRY

samedi 8 juin 2013

Penser global – La fin des grands récits. Un diagnostic occidentalo-centré

Penser global – La fin des grands récits. Un diagnostic occidentalo-centré
Jean-Pierre Dozon, directeur de recherche à l’IRD, EHESS, directeur scientifique de la FMSH
Nombre d’auteurs, pour caractériser la fin de la modernité et ainsi, l’entrée dans la postmodernité, ont mis en exergue la fin des grands récits, en particulier la fin de ceux qui, orchestrés par les Lumières européennes, ont durablement narré l’avancée de la civilisation et du progrès.
Cette intervention s’efforcera de montrer que ce diagnostic de la fin des grands récits est une forme de discours qui ne parvient pas à renoncer à un certain « occidentalo-centrisme ». Car, hors du monde occidental, d’autres grands récits sont proposés, souvent en lien et en tension avec ceux qu’a précisément produits la modernité européenne. C’est ainsi que l’Afrique, depuis les années 1950, a mis en œuvre des discours panafricains ancrés sur une volonté d’élaborer une conscience historique propre et d’accoucher de socialismes qui n’auraient rien à envier aux socialismes d’autres régions du monde. Ces discours ont été, par la suite, relayés par des récits plus délibérément afrocentristes suivant lesquels l’Afrique, à rebours de ceux produits par l’Occident qui en firent un continent sans consistance historique, était au départ, via l’Egypte, de la civilisation et de l’écriture. Quand d’autres s’appuyèrent sur les récentes découvertes paléontologiques pour montrer qu’en plus d’être au départ de la civilisation, elle était le berceau même de l’humanité.
Mais c’est ainsi également que la Chine, forte de sa propre histoire millénaire et de l’actuel développement de ses liens avec l’Afrique, propose elle-même un grand récit de ses relations avec ce continent. Inscrites dans la longue durée, alors même que la Chine concourt aussi au statut de berceau de l’humanité, ces relations, mises entre parenthèses pendant cinq siècles par l’imperium occidental, auraient toujours été équilibrées et seraient susceptibles d’œuvrer, en même temps qu’à la Renaissance chinoise, à une Renaissance africaine.

Photo : BBC 18/10/10

vendredi 7 juin 2013

Pour Richard Attias, l’Afrique sera la Chine de demain | Ekonomico

Pour Richard Attias, l’Afrique sera la Chine de demain | Ekonomico
Dans une tribune parue sur le Huffington Post et intitulée « Émergents: quand les BRICA remplacent les BRICS », le fondateur du New York Forum, Richard Attias, considère que l’Afrique figure à part entière parmi les pays émergents.
L’homme d’affaire estime d’ailleurs qu’il n’y a plus lieu de parler des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) car le continent africain dans sa globalité connait une croissance suffisamment importante pour figurer dans cette liste de pays dynamique. Il propose ainsi la nouvelle appellation BRICA, ou BRIC-Afrique.
« Il faut désormais compter sur l’ensemble du continent africain et sur son taux de croissance supérieur en moyenne à 5% pour redéfinir le panorama des économies émergentes », précise-t-il.
Richard Attias se base sur les chiffres des revenus en Afrique pour insister sur l’importance économique que le continent africain est emmené à prendre dans les prochaines années. « Les revenus médians des foyers africains ont progressé de 19% en 2011 et la classe moyenne africaine devrait croître de 25% d’ici 2020 selon une étude du Crédit Suisse, qui précise que seules l’Inde et l’Amérique Latine ont obtenu de meilleures performances au cours de la même période », écrit-il.
« Une réalité que les Occidentaux peinent à percevoir, mais dont les émergents saisissent toute la portée : l’Afrique de 2013 ressemble beaucoup à la Chine ou à l’Inde des années 1980 et 1990″, conclue l’homme d’affaire.

Le Japon se pose en concurrent de la Chine en Afrique | L'Opinion

Le Japon se pose en concurrent de la Chine en Afrique | L'Opinion
Le Japon se pose en concurrent de la Chine en Afrique
Le sommet nippo-africain sur le dévelopement de l'Afrique à Yokohama Reuters

Les faits - Le Japon s'est engagé samedi à verser une aide de 25 milliards d'euros aux gouvernements africains et aux acteurs privés sur le continent, à l'occasion d'un sommet nippo-africain qui a réuni 39 chefs d'Etat et de gouvernement autour du Premier ministre Shinzo Abe à Yokohama. Sur le continent noir, le Japon se heurte aux prétentions de la Chine, elle aussi très présente, mais aussi de plus en plus à l'Inde et à la Corée du sud.
«Les Chinois ne s'intéressent pas aux populations locales. Ils ne visent que les personnes au pouvoir et qui sont en mesure de servir leurs intérêts». Pour ce diplomate japonais qui souhaite conserver l'anonymat, il faut désormais contester la présence chinoise en Afrique et le Japon est en mesure de s'imposer comme une alternative. En inaugurant, le 1er juin, la cinquième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l'Afrique (TICAD V) qui se déroule à Yokohama, le Premier ministre Shinzo Abe a d'abord rappelé l'un des points forts du Japon, notamment en matière de formation. Trente mille jeunes Africains devraient ainsi en bénéficier dans les années à venir, a-t-il déclaré.
Lancée en 1993, la TICAD accueille jusqu'au 3 juin les représentants de 51 Etats africains dont 39 chefs d'Etat et de gouvernement. Devant une telle assemblée, Shinzo Abe ne pouvait pas jouer les petits bras et a annoncé que «dans les cinq ans à venir, le Japon soutiendra la croissance africaine via des aides publiques et privées de 3 200 milliards de yens (24,2 milliards d’euros)». Le Premier ministre a précisé que ce montant comprendrait notamment 11 milliards d'euros d'aide au développement et 5 milliards d'euros destinés à financer les infrastructures, insistant sur l’importance des «couloirs internationaux» de transports au sein du continent. Des chiffres imposants qui traduisent la volonté de son pays d'occuper une place plus importante sur le continent.
En insistant sur le développement des infrastructures, le Premier ministre japonais a voulu rappeler à ses interlocuteurs africains que le Japon était lui aussi en mesure de répondre à leurs besoins. Dans ce domaine, la Chine devance les Japonais, car elle est capable de fournir une aide «low cost». «Quand les Japonais construisent quelques kilomètres de route, les Chinois en proposent 50 pour la même somme», poursuit notre diplomate japonais. Evidemment la qualité n'est pas la même, mais pour les gouvernements locaux, cela n'a, semble-t-il, guère d'importance. A Djibouti ou encore en Angola, la Chine est en première ligne parce qu'elle n'hésite pas à se concentrer sur les projets qui plaisent avant tout au pouvoir en place. Mais cela ne suffit pas à expliquer le retard japonais.La présence nippone est faible. Il y a 820 000 ressortissants chinois en Afrique contre 8 000 Japonais et Tokyo ne compte que 32 représentations diplomatiques sur le continent contre 49 pour Pékin. Dans ces conditions, il ne faut pas s'étonner si les échanges entre la Chine et l'Afrique avoisinent les 130 milliards de dollars contre à peine 25 milliards pour le commerce nippo-africain.
Toutefois, les Japonais ne baissent pas les bras. Le Japon s'intéresse particulièrement aux ressources africaines depuis que sa dépendance aux importations d'hydrocarbures a été accrue par la fermeture de presque tous ses réacteurs nucléaires, suite à la catastrophe de Fukushima en mars 2011. Les Japonais sont également bien conscients du poids grandissant de l'Afrique dans l'économie mondiale et de l'émergence progressive d'une classe moyenne plus exigeante sur la qualité. Les produits made in Japan bénéficient auprès des populations locales d'une aura bien supérieure à ceux fabriqués en Chine. «Cela fait des années que le Japon concentre ses efforts pour apporter une aide ciblée qui répond directement aux besoins concrets de la population, que ce soit au niveau de la santé ou de l'éducation», explique Makoto Ito, ambassadeur pour la TICAD V, justifiant ainsi la bonne image du Japon.
Depuis plus de 60 ans, la marque Geisha est synonyme pour des millions d'Africains de délicieuses conserves de maquereau à la tomate. Après avoir subi une forte baisse de ses ventes après l'arrivée de concurrents chinois, Kawasho Foods, créateur de la marque, a décidé de s'implanter localement, au Ghana, afin de fournir l'Afrique de l'ouest à moindre coût. De son côté, Nissin, le principal producteur de nouilles instantanées, va construire une usine au Kenya d'ici 2014 pour servir les principaux pays de la région, tandis qu'Ajinomoto, le leader de l'agroalimentaire nippon, a choisi la Côte d'Ivoire comme base de production. «En l'espace de cinq ans, le nombre d'entreprises japonaises installées en Afrique est passé de 227 à 333», relève Shoei Utsuda, PDG de Mistui & Co, entreprise présente en Algérie. Les grands groupes industriels de Honda à Toyota, en passant par Japan Tobacco, redoublent d'efforts pour gagner du terrain.
Le problème, c'est que la concurrence ne se limite plus à la Chine. Depuis peu, l'Inde ou encore la Corée du Sud jouent dans la même catégorie puisque leurs échanges respectifs avec l'Afrique s'élèvent aujourd'hui à 34 milliards de dollars et 14 milliards. On comprend pourquoi Shinzo Abe a sorti son chéquier, en s'adressant aux représentants africains venus l'écouter à Yokohama.

mardi 4 juin 2013

Le Japon veut se faire une place au soleil africain | Slate Afrique

Le Japon veut se faire une place au soleil africain | Slate Afrique

Le Japon veut se faire une place au soleil africain

A coup de milliards de yen, il tente de gagner un marché déjà fortement occupé par la Chine et la Malaisie.

Après la conférence internationale pour le développement de l'Afrique (Ticad) tenue du 1er au 3 juin, à Yokohama, le Japon a décidé d'octroyer à plusieurs pays africains un peu plus de 24,2 milliards d'euros sur 5 ans —dont 10,6 milliards en provenance de l’aide publique— qui sera répartie notamment sur les «infrastructures lourdes», notamment dans le domaine de l’énergie, des transports et de l’eau.
Une enveloppe supplémentaire de 750 millions d’euros est accordée spécifiquement à la stabilisation de la région du Sahel, suite à la prise d’otages du site gazier d’In Amenas, en janvier 2013, où dix citoyens japonais avaient perdu la vie.
Ce vaste plan de soutien s’inscrit dans une volonté de relancer les relations économiques entre le Japon et l’Afrique pour parer la concurrence omniprésente de la Chine. La présence nippone en Afrique est déjà bien implantée. Plus de 300 entreprises japonaises sont installées dans 24 pays du continent et emploient 200.000 personnes. C'est par ailleurs le Japon qui est à l'origine de la Ticad, en 1993. Cependant, l’Afrique ne représente que 1,8% des échanges extérieurs japonais et le pays du Soleil levant n'est plus l'interlocuteur privilégié du continent.

Rude concurrence asiatique

Depuis 2009, c'est la Chine qui figure parmi les premiers partenaires de l'Afrique. Les investissements directs chinois atteignent 16 milliards de dollars en 2011, alors que sur la période 2006-2010, on compte une moyenne annuelle de 5,2 milliards de dollars pour Tokyo.
En 2009, les échanges sino-africains représentent 13,5% du commerce extérieur de l’Afrique alors que les échanges avec le Japon ne dépassent pas 2,7%, d’après l’OCDE (Organisation de coopération et de développement économique).
Le marché africain est également très convoité par d’autres puissances asiatiques. Le commerce entre Inde et Afrique mobilise aujourd’hui 40 milliards de dollars.
La Corée du Sud tente de tisser des nouveaux liens avec le continent, depuis «l’initiative pour le développement de l’Afrique» par le président coréen en 2006. Le premier investisseur sur le continent n’est d’ailleurs aucune de ces puissances: il s’agit de la Malaisie, dont les investissements atteignent 19,3 milliards de dollars.
Slate Afrique

lundi 3 juin 2013

Ministère des Affaires étrangères : la Chine est contente que le Japon prenne de nouvelles mesures pour coopérer avec les pays africains - china radio international

Ministère des Affaires étrangères : la Chine est contente que le Japon prenne de nouvelles mesures pour coopérer avec les pays africains - china radio international
Lors de la conférence de presse du 3 juin, le porte-parole du Ministère des Affaires étrangères, Hong Lei, a dit que la Chine était contente du fait que le Japon prenne de nouvelles mesures pour coopérer avec les pays africains, et souhaitait que le Japon puisse tenir sa promesse.
En répondant aux questions sur ce sujet, Hong Lei a dit que le développement de l'Afrique avait besoin du soutien et de l'aide de la communauté internationale. La Chine est heureuse du fait que le Japon mette en oeuvre des mesures pour la coopération avec l'Afrique, et espère que ces mesures seront favorable au développement pacifique de l'Afrique et que le Japon réalisera sa promesse le plus vite que possible au bénéfice du peuple africain. D'après Hong Lei, depuis une longue période, la Chine offre une aide sincère à l'Afrique. La Chine continue de renforcer la coopération avec l'Afrique, d'inciter la communauté internationale à attacher une plus grande importance à l'Afrique, et à aider davantage l'Afrique, comme par le passé.

dimanche 2 juin 2013

La PM trinitéenne loue les vertus du Rêve chinois - china radio international

La PM trinitéenne loue les vertus du Rêve chinois - china radio international
La Première ministre de Trinité-et-Tobago, Kamla Persad-Bissessar, a déclaré samedi que la Chine pourrait devenir un modèle mondial en réalisant le Rêve chinois.
"Nous voyons dans votre Rêve chinois une magnifique opportunité pour que la Chine devienne un modèle pour le monde", a déclaré Mme Bissessar lors d'un déjeuner de bienvenue en l'honneur du président chinois Xi Jinping, en visite dans son pays. Selon la Première ministre, la région des Caraïbe considère la Chine comme "une puissance économique et géopolitique", et son pays attend avec impatience d'approfondir sa collaboration avec la Chine pour en tirer des bénéfice partagés et un développement mutuel.  Elle a ajouté que Trinité-et-Tobago a toujours démontré un soutien sans faille à la politique d'une seule Chine. "Aujourd'hui, nous avons signé une série d'accords avec la Chine. A cet égard, nous cherchons à approfondir la coopération bilatérale dans les domaines du commerce et de l'investissement, de l'énergie, de la coopération technique et des échanges culturels", a déclaré Mme Bissessar. La Première ministre a indiqué que Trinité-et-Tobago envisageait une relation plus stratégique et globale avec la Chine dans plusieurs domaines, notamment dans les industries maritime et énergétique et les secteurs créatifs, ainsi que la sécurité alimentaire, le tourisme et les services financiers. Trinité-et-Tobago cherchera à renforcer les relations entre la Chine et l'Amérique latine ainsi que les relations entre la Chine et la région des Caraïbes, selon la Première ministre. "Nous considérons cette visite comme une occasion de renforcer cette collaboration", a-t-elle ajouté. M. Xi est arrivé vendredi à Trinité-et-Tobago pour une visite d'Etat de trois jours, la première d'un chef d'Etat chinois depuis l'établissement des relations diplomatiques entre les deux pays en 1974. Plus tôt dans la journée, M. Xi a eu des entretiens avec Mme Bissessar sur l'élargissement de la coopération bilatérale. Après la rencontre, les représentants des deux parties ont signé une série d'accords de coopération. Trinité-et-Tobago est une partenaire de coopération important pour la Chine parmi les pays anglophones de la région, et les deux pays ont élargi la coopération politique, économique, commerciale et culturelle ces dernières années. A Port d'Espagne, M. Xi aura également des rencontres bilatérales avec les dirigeants d'Antigua-et-Barbuda, de la Barbade, des Bahamas, de la Dominique, de la Grenade, du Guyana, du Suriname et de la Jamaïque, des pays de la région qui ont tous des liens diplomatiques avec la Chine. Dans un communiqué publié à son arrivée, M. Xi a indiqué qu'il avait hâte de discuter des relations bilatérales avec les dirigeants des pays de la région et d'explorer ensemble des moyens permettant de renforcer la coopération. "J'estime qu'avec les efforts conjugués de tous les participants, ces réunions seront un succès et feront franchir un nouveau niveau aux relations amicales et coopératives entre la Chine et les pays de la région des Caraïbes", a indiqué M. Xi.   Après Port d'Espagne, le président chinois se rendra au Costa Rica et au Mexique pour des visites d'Etat. Il s'envolera ensuite pour la Californie pour une réunion au sommet avec son homologue américain Barack Obama les 7 et 8 juin.

Barack Obama et Xi Jinping veulent-ils faire la paix? - leJDD.fr

Barack Obama et Xi Jinping veulent-ils faire la paix? - leJDD.fr
AUTOUR DU MONDE - Vendredi, en Californie, Barack Obama rencontra le président chinois, Xi Jinping, à l'occasion d'un sommet.
Xi Jinping et Barack Obama Paru dans leJDD
Xi Jinping et Barack Obama en février 2012. (Reuters)
Avec son enfance hawaïenne et son tropisme pacifique, du nom de l’océan qui sépare l’Amérique de la Chine, Barack Obama a choisi de recevoir à la fin de la semaine le nouveau président chinois à Sunnylands, cette immense propriété en périphérie de Palm Springs en Californie. Le domaine appartient à la fondation créée par Walter Annenberg, milliardaire philanthrope, ancien ambassadeur à Londres sous Richard Nixon, l’homme de la normalisation entre les États-Unis et la Chine en 1972. Le monde est parfois tout petit. La première épouse de Xi Jinping était l’héritière de l’ambassadeur chinois en Grande-Bretagne et la fille unique issue de son deuxième mariage étudie à Harvard. Mais les symboles ne font pas tout. Car les contentieux s’accumulent entre les deux grandes puissances.
Première et deuxième économies du monde, les deux nations ont vu leurs échanges commerciaux multipliés par soixante depuis 1985 et par six depuis le début du nouveau siècle. Cela n’a pas empêché samedi le secrétaire à la Défense Chuck Hagel d’évoquer les attaques chinoises contre l’Amérique lors du forum Shangri-La de Singapour, qui réunit chaque année responsables militaires occidentaux et asiatiques. Le Pentagone a admis cette semaine que de nombreux programmes d’armement américains avaient été piratés par des hackers. Hagel a pointé du doigt le chef d’état-major adjoint chinois présent dans la salle, le général Qi Jianguo, en parlant de "menace grandissante des attaques informatiques, dont une partie semble liée à l’armée et au gouvernement chinois".
La Maison-Blanche en veut également beaucoup à la Chine pour son duo bloquant avec la Russie aux Nations unies afin de saboter toute résolution contraignante contre la Syrie. Pour sa passivité face aux provocations nucléaires de la Corée du Nord, pour son intransigeance sur les questions de protectionnisme, de propriété intellectuelle sur les brevets et de réchauffement climatique.

"S’ouvrir à la Chine telle qu’elle est"

Faut-il pour autant se fâcher et muscler sa posture? Sur les droits de l’homme notamment, comme samedi lorsque le Département d’État fustigeait le "harcèlement"des autorités de Pékin contre ceux qui ont participé aux manifestations de la place Tian’anmen. Les services de John Kerry ont demandé hier que le gouvernement chinois rende enfin publique la liste des militants « tués, arrêtés ou disparus » en juin 1989. "L’Amérique doit traiter la Chine et sa montée en puissance avec l’attention qu’elle mérite", écrivait samedi Jon Huntsman, l’ancien ambassadeur américain en Chine, un républicain mormon que Barack Obama a nommé à ce poste pour l’écarter des primaires républicaines de 2012. Fidèle à la ligne Nixon- Kissinger, Huntsman prétend qu’il est impératif pour les deux pays d’améliorer leurs relations. "S’ils ne le font pas, l’occasion ne se représentera pas avant des années", ajoute-t-il. Il en irait de l’avenir pacifique de ce nouveau monde de croissance qui s’étend de Los Angeles jusqu’à Shanghai. La priorité étant non plus de "négocier avec la Chine telle qu’on la rêverait, mais de s’ouvrir à la Chine telle qu’elle est".
François Clemenceau - Le Journal du Dimanche
dimanche 02 juin 2013

Les Etats-Unis ridiculisés par les hackers chinois — Actualités Tunisie Focus

Les Etats-Unis ridiculisés par les hackers chinois — Actualités Tunisie Focus

Par Ridha Ben Kacem
Le chef du Pentagone, Chuck Hagel, ne décolère pas. C’est qu’il en veut aux chinois. Oh oui, il leur en veut beaucoup. C’est simple, il ne dort plus, la nuit. Depuis quelques années, en effet, les hackers chinois, depuis leur douillet siège, un bel immeuble, de la banlieue de Shanghai, ne ratent aucune occasion de faire, gratuitement, leurs emplettes, en matière de secrets d’armes sophistiquées américaines, directement, dans les bases de données du pentagone. Chuck Hagel n’apprécie pas. Mais alors, pas du tout. Habitué à ridiculiser et à manipuler les « bougnouls » arabes, Chuck Hageln ne comprend pas qu’il puisse être ridiculisé, et derrière lui, la Grande et puissante Amérique, par des hackers chinois.
Promis, Chuck Hagel en touchera un mot à Obama qui reçoit, la semaine prochaine, le président chinois Xi Jinping qui se rendra, les 7 et 8 juin, aux Etats-Unis. Obama le rencontrera, en Californie. Mais Obama est, de plus en plus, inefficace, et effacé. Celui qui n’a pas pu fermer la prison américaine, de Guantanamo, réussira-t-il à fermer un certain immeuble, à Shanghai ? Le doute est permis.
En attendant, le chef du Pentagone, Chuck Hagel, toujours en colère et qui ne décolère pas, a accusé le gouvernement et les militaires chinois, de cyber-espionnage contre les Etats Unis. Tiens donc ? Chuck Hagel a proféré ces accusations, lors d’une conférence sur la sécurité, qui s’est tenue, cette semaine, à Singapour et où on notait la présence de délégués chinois. Ceux-ci sont restés de marbre, devant le coléreux et pathétique, Chuck Hagel, à qui les médecins prédisent une fin tragique, s’il continue à broyer du noir, car les chinois, sont jaunes, sous tous les rapports.
Selon des informations du Washington Post, confirmées par des responsables du Pentagone, des hackers chinois ont réussi à pénétrer des systèmes informatiques, dans lesquels étaient stockés les plans de plusieurs armes américaines, dont des avions et des missiles. Brrr, j’ai, partout, des frissons, rien que d’y penser. Secret défense est-il devenu, secret défonce, d’un coup ?
Selon le Washington Post, les hackers chinois ont, entre autres, eu accès aux plans du système de missiles Patriot, du système de radar, ultramoderne, Aegis, du chasseur F-18 ou de l’hélicoptère Black Hawk. Le programme de développement du chasseur F-35, le plus coûteux de l’histoire du Pentagone, a, également, été consulté et bien évidemment, rapatrié, en Chine, comme il se doit. Ce chasseur furtif, de cinquième génération, qui décolle et atterrit, conne un hélicoptère, n’est pas encore, en dotation, dans les forces aériennes des Etas Unis. Parions qu’il équipera l’armée de l’air chinoise, avant celle des USA.
Le Pentagone, qui « prend la menace de l’espionnage et la sécurité informatiques, très au sérieux », précise que ces intrusions n’ont, toutefois, entraîné aucune « érosion des capacités »militaires américaines. « Nous maintenons une confiance totale, dans nos systèmes d’armes », a réagi son porte-parole, George Little en attendant que Chuck Hagel, en personne, nous livre son point de vue. Mon œil, oui. Comprenez qu’il faut bien sauver la face, en attendant de trouver mieux. De toute façon, y a-t-il mayen de faire autrement ?
Un rapport interne du « Defense Science Board »,un organisme de conseil, regroupant des experts de la société civile et de l’administration américaine, a, cependant, confirmé que les systèmes qui ont été piratés, par les hackers chinois, contenaient, notamment, les plans de dizaines de systèmes d’armement militaires cruciaux. Pardon ? Des dizaines ? Le document n’accuse, pourtant pas, ouvertement la Chine. Peur de l’Ogre chinois ? Le rapport se contente de rappeler les récentes mises en garde, adressées par Washington, à Pékin, dans le cadre de ce dossier délicat. Mais, plusieurs hauts responsables militaires américains, interrogés par le Washington Post, ont confirmé que cette attaque était une conséquence d’une vaste campagne d’espionnage chinois, lancée contre des industries de la défense et des agences du gouvernement américain. Oui, la Chine fait peur, aux américains. Et pour une fois, les américains ne savent pas quoi faire, ce n’est pas malin, ça ?
Cela fait un bout de temps, que Washington a pris conscience de ce danger, d’un type nouveau. Washington veut éviter un « cyber-Pearl Harbor »,mais, ne trouve pas la réponse adéquate, du moins, pour le moment. Le président Barack Obama, lui-même, avait affirmé que les Etats-Unis avaient été « très clairs avec les Chinois, en leur expliquant que les USA attendait d’eux, qu’ils respectent les conventions et les lois internationales ».Comme si les américains les respectaient ! Mais, il est vrai que le ridicule tue, rarement, de nos jours. D’ailleurs, il n’a jamais tué un chinois. Mais il commencera, bientôt, à faire des ravages, parmi les américains, à commencer par Chuck Hagel, le très coléreux.
Le 20 février 2013, l’administration américaine avait, déjà, promis une réaction « vigoureuse », aux vols de secrets industriels et militaires, par des entreprises ou des pays étrangers, dans un document cadre, qui mentionnait de nombreux exemples de telles activités au profit d’entités chinoises. La réaction «vigoureuse »tarde, cependant, à venir. La Puissante Amérique est en perte de vitesse, je vous dis. Elle n’a plus la « vigueur » ni la « rigidité » de ses « 20 ans ».
En mars dernier, des hauts responsables, des services de renseignement américains, avaient multiplié, devant le Sénat US, les avertissements sur la vulnérabilité, du pays, au cyber espionnage, au cyber crime et à la destruction des réseaux informatiques, qu’ils soient le fait d’attaques menées par des Etats, comme la Chine ou la Russie, ou par des cyber terroristes ou des groupes de hackers criminels.
Les américains découvrent, avec consternation, après les français, qu’ils sont les« bougnouls » des chinois. Tout comme les français étaient, il y a quelque temps, les « bougnouls » des Allemands. Le monde bascule sur ses axes d’acier. Aujourd’hui, nous, Arabes, sommes les« bougnouls »,des français. Mais, demain, qui seront les « bougnouls »,des Arabes ? En fait, je propose de recycler le terme « bougnouls »,à notre profit, comme l’ont fait les français, il y a quelques décennies. Ah, vous ne saviez pas ? Et bien tenez-vous bien, car lorsque les français disent « bougnouls »,dans leur tête, ils font, tout de suite, référence, aux arabes, n’est-ce pas? Oui, bon, maintenant, je suis sûr que vous changerez votre façon de penser, en apprenant, qu’à l’origine, le mot « bougnouls » était utilisé, par les allemands, pendant la seconde guerre mondiale, pour désigner les français !
Par Ridha Ben Kacem le 1è mai 2013

Tokyo défie Pékin en Afrique

Tokyo défie Pékin en Afrique
Le premier ministre japonais a annoncé une aide globale de 24 milliards d'euros pour le continent africain sur cinq ans. Une façon de se placer comme partenaire incontournable des Africains, alors que la Chine prend de plus en plus de poids dans l'économie africaine.
Le Japon lance à son tour une offensive vers l'Afrique pour contrer l'influence chinoise. Dans une conférence qui s'est tenue ce samedi à Yokohama, le premier ministre nippon Shinzo Abe a ainsi promis 3.200 milliards de yens (24,2 milliards d'euros environ) pour « soutenir la croissance africaine dans les 5 ans à venir. » Le gouvernement de Tokyo lui-même attribuera une aide publique au développement de près de 1.400 milliards de yens (environ 10,6 milliards de yens).

Les infrastructures en première ligne

L'effort de Tokyo portera notamment sur les infrastructures de transport. Certains experts ont estimé que l'Afrique perdait chaque année 2 points de croissance uniquement en raison de ce problème. Shinzo Abe a indiqué que 5 milliards d'euros d'aide japonaise viendront améliorer le réseau africain de transport.

Diversification de l'économie

« Durant la dernière décennie, l'Afrique a connu un taux de croissance moyen de 5% », a rappelé le premier ministre éthiopien, également président de l'Union africaine (UA), Hailemariam Desalegn. Ce dernier a cependant regretté que cette croissance soit principalement liée aux matières premières et il a réclamé que le continent « diversifie son économie. » Il compte beaucoup sur les investissements internationaux pour relever ce défi.

Concurrence avec Pékin

Du point de vue du Japon, l'enjeu est de prendre pied sur un continent qui est un enjeu clé pour le voisin et rival chinois. Avide de matières premières, la Chine est devenue en 2009 le premier partenaire commercial de l'Afrique. Le nouveau président chinois Xi Jinping s'est rendu une semaine après sa prise de pouvoir sur le continent africain. En conflit avec Pékin sur la question des îles de la mer de Chine, mais aussi sur le plan économique avec sa politique de dévaluation du yen très agressive, Tokyo entend profiter dans l'avenir du potentiel africain. En passant, Shinzo Abe en a profité pour demander l'appui des pays africains pour la candidature de Tokyo à l'organisation des Jeux Olympiques de 2020