Mali-Chine : NOUVELLE RENCONTRE AU SOMMET FRUCTUEUSE| L’ESSOR : Quotidien National d’Information du Mali: "Beijing a annoncé de nouveaux appuis à la faveur d’une rencontre entre les présidents Amadou Toumani Touré et Hu Jintao à Shanghaï
mardi 4 mai 2010, par Salim Togola | 515 lectures | 1 commentaires
Mali-Chine : NOUVELLE RENCONTRE AU SOMMET FRUCTUEUSE
La Chine a donc ouvert à la fin de la semaine dernière l’Exposition universelle de Shanghai, avec fastes mais sans extravagance. Démontrant une fois de plus à la face du monde, qu’elle possède les moyens des ambitions. Mais elle n’a pas oublié qu’elle reste un pays en développement. Le pays s’est donc imposé un devoir de solidarité avec les nations les moins avancées dont elle partageait le sort il y a encore moins d’un demi siècle. Le géant asiatique l’a encore prouvé avec notre pays lors de la rencontre dimanche, du président Hu Jintao avec le chef de l’Etat, Amadou Toumani Touré. En marge de l’Exposition universelle, les deux chefs d’Etat se sont rencontrés à Shanghai. La rencontre qui s’est déroulée dans une résidence d’Etat de la ville s’est rapidement transformée en séance de travail entre Maliens et Chinois. Le chef de l’Etat chinois avait à ses côtés de hauts dirigeants du Parti communiste chinois et des membres du gouvernement. Côté malien, la délégation comprenait notamment les ministres de l’Artisanat et du Tourisme et de l’Industrie, des Investissements et du Commerce, respectivement N’Diaye Ba et Ahmadou Abdoulaye Diallo et des proches collaborateurs du président Touré. Introduisant la séance, le président chinois a remercié le chef de l’Etat pour avoir fait le déplacement à Shanghai en vue de participer à l’ouverture de l’Exposition universelle. Dans le même registre, il a fait part de sa gratitude pour le message de condoléances que lui avait envoyé Amadou Toumani Touré après le séisme qui a frappé une partie de la Chine le mois passé. 'Vous êtes un ami sincère de la Chine', a relevé Hu Jintao, rappelant que le président de la République en est à sa quatrième visite en Chine depuis 2004. Amadou Toumani Touré avait effectué une visite d’Etat historique en Chine en 2004 qui l’avait conduit notamment à Beijing, Shanghai et à Guandzhou, une autre grande métropole du sud de la Chine. Deux ans plus tard, il était à Beijing pour participer au Forum Afrique-Chine. Notre pays a d’ailleurs été l’un des plus grands bénéficiaires des importantes mesures d’aide annoncées alors par le président Hu Jintao en faveur du continent. C’est aussi au cours de ce Forum Afrique-Chine que le président Hu Jintao avait, à l’issue d’une entrevue bilatérale, annoncé la construction d’un troisième pont pour Bamako, en guise de cadeau d’anniversaire de la Chine à notre pays dans le cadre du Cinquantenaire de l’Indépendance. A l’occasion des Jeux olympiques de Beijing en 2008, le président Touré était à nouveau là. Au nom du sport et de l’amitié. Comme l’a donc retenu le président Hu Jintao, le chef de l’Etat était à sa quatrième visite en Chine en se rendant à Shanghai la semaine dernière pour l’ouverture de l’Exposition universelle. En ajoutant la visite d’Etat effectuée en février 2009 dans notre pays par le président Hu Jintao, l’on constate que les deux dirigeants en sont à leur 5è rencontre au sommet. Ce qui dénote d’une grande estime et d’une considération profonde réciproques. Mais les relations sino-maliennes vont évidemment au delà des considérations d’homme d’Etat à homme d’Etat. Elles sont très profondes et solidement imbriquées. C’est ce qu’à relevé le président Touré à l’occasion de la rencontre de dimanche à Shanghai, en soulignant qu’en même temps que le Mali fête son Cinquantenaire, les deux pays célèbrent les 50 ans d’amitié et de coopération qui les lient. Cette coopération est de nouveau revigorée comme en attestent les bonnes nouvelles annoncées par la partie chinoise lors de la rencontre d’avant-hier à Shanghai. Cette rencontre a d’abord permis à Maliens et Chinois de faire le point de l’exécution du portefeuille actuel de la coopération chinoise au Mali. Il s’agit notamment du chantier du 3è pont de Bamako, de la troisième sucrerie, de l’Hôpital du Mali. Tous ces chantiers avancent à un bon rythme. Cet exercice s’est enchaîné avec l’exploration de nouvelles perspectives de coopération. Selon des sources proches de la séance de travail, la Chine a annoncé une nouvelle initiative en faveur de la culture et de l’éducation. Cela se traduira par l’octroi à notre pays de plus d’une centaine de nouvelles bourses d’étude et de stage. La requête soumise par notre pays par rapport au projet d’autoroute Bamako-Ségou a également trouvé une oreille attentive chez les autorités chinoises. La Chine a, par ailleurs, promis qu’elle sera aux côtés de notre pays pour la célébration du Cinquantenaire. Le président Hu Jintao a annoncé à cet effet que dans les jours à venir, une équipe de techniciens chinois se rendra à Bamako pour assister le pays dans les préparatifs des différentes manifestations programmées. En outre, une aide matérielle est annoncée. Nous reviendrons sur ces nouvelles initiatives dans une prochaine parution.
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CHINE AFRIQUE
POUR DES RELATIONS RESPECTUEUSES, AMICALES, FRANCHES ET FRATERNELLES
samedi 25 décembre 2010
Toubabou à Bamako: Le grand bond en avant des Chinois au Mali
Toubabou à Bamako: Le grand bond en avant des Chinois au Mali: "Le Mali se prépare-t-il, accompagné par la Chine, pour le grand bond en avant ? Difficile en effet d’ignorer les marques de passage du président chinois Hu Jintao il y a deux semaines (le 13 février très exactement). Les grandes et nombreuses affiches vantant les réalisations chinoises au Mali depuis son indépendance veulent marquer les esprits et tendent à montrer que l’essentiel des réalisations de ces dernières années vient de la Chine. Depuis les écoles dans les villes de brousse jusqu’à l’industrie pharmaceutique en passant par les textiles, tout est passé en revue. Il est vrai que, sur financement chinois ou sur financements internationaux, les entreprises chinoises interviennent depuis de longues années.
Chine_mali_4 Mon premier contact africain avec une entreprise chinoise date de 1987 sur un projet de réalisation de forages d’eau. Le montant proposé par l'entreprise chinoise pour réaliser les 120 forages était tel que, finalement, nous avons pu en réaliser 170 (sur financement du Fonds Saoudien de Développement). S'il avait fallu se battre à l’époque pour finir les travaux dans les délais avec un minimum de rigueur, il faut reconnaître qu’aujourd’hui la qualité du travail réalisé par les entreprises chinoises est au niveau des standards européens.
Autre intérêt à cette époque, tout à fait personnel, les interprètes étaient de véritables intellectuels avec lesquels nous pouvions discuter de politique et de littérature. Nous admirions leur culture de la littérature française avec des connaissances parfois étonnantes et des formules quelquefois désuètes venant sans doute de Zola ou de Balzac, ce qui pouvait donner des phrases du genre 'Thierry, il y a belle lurette que nous ne nous sommes pas vus, je t’ai téléphoné hier mais, bernique, tu étais absent'. Nous échangions des cassettes de Barbara et de Brel contre des opéras chinois.
Revenons au pont de Sotuba. Il est vrai que les Bamakois attendaient depuis plus d’une dizaine d’années ce troisième pont qui doit leur simplifier la vie. Traverser le fleuve à certaines heures de la journée est un véritable cauchemar. La chaussée de Sotuba, gué naturel sur le Niger, avec une seule voie en circulation alternée offre une route de secours aux véhicules légers lors de l’étiage. Mais la zone industrielle étant en plein centre ville, les gros porteurs sont quand même obligés d’emprunter, avec des contraintes horaires tout de même, des rues non adaptées dans les quartiers bancaires et administratifs causant parfois des embouteillages monstres. La réalisation de ce pont détournerait donc une armada de semi-remorques et de camions citernes.
Combien va coûter ce pont ? Pas moins de 37 milliards de FCFA (soit un peu plus de 56 millions d’euros) d'après la presse malienne, sans doute un des plus gros investissements de la Chine ces dernières années dans la sous-région. Cadeau, en plus, alors que maintenant une partie des pays européens se lancent plutôt vers les prêts, avantageux certes, mais des prêts quand même.
Comment le Bamakois accueille-t-il cette présence chinoise ? D’un côté les optimistes qui voient la Chine réaliser sans états d’âmes ce que les bailleurs de fonds européens acceptent de faire après beaucoup d’interrogations, de conditions et de garde-fous. La Chine est là pour nous aider depuis notre indépendance et les promesses des Chinois ont toujours été suivies de réalisations disent en substances les Bamakois. Pour beaucoup de Maliens les apports de l’Occident ont encore des arrière-pensées colonialistes, il y a forcément un intérêt. Pour Seydou Badian Kouyaté (ministre sous la première république du Mali entre 1960 et 1968) écrivain reconnu et âgé de 83 ans aujourd’hui et considéré par certains comme le plus chinois des Maliens, 'la Chine n’a pas l’ambition d’une puissance mondiale, bien qu’elle en ait les moyens et la force. Les Chinois veulent progresser en toute modestie, sur les deux jambes, par le travail et la rigueur' (casafree actualité, lundi 2 mars 2009). Et ce, même si l’essentiel des travaux du pont de Sotuba sera réalisé par une entreprise chinoise (CGGC) à grand renfort de publicité.
Chine_mali
Moto_3 Pour d’autres, les Chinois représentent quelque chose que l’on peut assimiler non pas à un danger mais une espèce d’invasion. Ils sont présents partout, ils envahissent tous les domaines de la vie publique, de l’industrie et du commerce. Les marchés de chantiers routiers, de constructions d’hôtels sont attribués régulièrement à des entreprises chinoises. On trouve maintenant à Bamako des vendeurs chinois au marché qui prennent presque la place réservée des femmes qui venaient vendre leurs légumes ou les condiments, et ils ont, à l’instar des Maliennes, disposé des points de restauration rapide au bord du trottoir.
Dans certains magasins, difficile de trouver de la papeterie, de la vaisselle, des outils, autres que chinois. Cela continue avec les vêtements et les chaussures, et n’oublions pas les djakartas et les mobylettes-taxis qui commencent à s’implanter. La Chine, qui s’est ouverte à l’économie de marché, cherche à écouler ses produits manufacturés. Un Malien m’a dit, sans complexe, que les hôtels tenus par des Chinois sont plus propres, moins chers, et tu trouves même une télé avec cassette hard quand tu emmènes une copine pour la nuit. Tous les secteurs je vous disais, tous les secteurs.
Depuis des années les Chinois envoient en Afrique des médecins, des agronomes, des architectes… Pourquoi ce succès, sans doute parce que le mode de vie chinois colle mieux avec le système africain. La Chine se considère encore comme un pays en voie de développement et adhère à la réalité malienne, et le Mali le comprend comme ça, qui a envoyé de l’aide en Chine lors du dernier grand séisme, une aide modeste certes, mais une aide au grand frère.
Le dernier point d’intérêt des Chinois au Mali pourrait être l’adduction d’eau de Bamako. Depuis quelques d’années l’actuelle station de pompage ne suffit plus à couvrir les besoins de la ville et le Mali peine à convaincre les bailleurs de fonds étrangers toujours exigeants. Lors de la visite de Hu Jintao, une délégation chinoise est allée visiter le site probable de la future station d'eau potable. Le Mali pourra-t-il convaincre la Chine ? Réponse peut-être quand le chantier du pont sera achevé pour la célébration des 50 ans de l’indépendance du Mali, en septembre 2010.
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Chine_mali_4 Mon premier contact africain avec une entreprise chinoise date de 1987 sur un projet de réalisation de forages d’eau. Le montant proposé par l'entreprise chinoise pour réaliser les 120 forages était tel que, finalement, nous avons pu en réaliser 170 (sur financement du Fonds Saoudien de Développement). S'il avait fallu se battre à l’époque pour finir les travaux dans les délais avec un minimum de rigueur, il faut reconnaître qu’aujourd’hui la qualité du travail réalisé par les entreprises chinoises est au niveau des standards européens.
Autre intérêt à cette époque, tout à fait personnel, les interprètes étaient de véritables intellectuels avec lesquels nous pouvions discuter de politique et de littérature. Nous admirions leur culture de la littérature française avec des connaissances parfois étonnantes et des formules quelquefois désuètes venant sans doute de Zola ou de Balzac, ce qui pouvait donner des phrases du genre 'Thierry, il y a belle lurette que nous ne nous sommes pas vus, je t’ai téléphoné hier mais, bernique, tu étais absent'. Nous échangions des cassettes de Barbara et de Brel contre des opéras chinois.
Revenons au pont de Sotuba. Il est vrai que les Bamakois attendaient depuis plus d’une dizaine d’années ce troisième pont qui doit leur simplifier la vie. Traverser le fleuve à certaines heures de la journée est un véritable cauchemar. La chaussée de Sotuba, gué naturel sur le Niger, avec une seule voie en circulation alternée offre une route de secours aux véhicules légers lors de l’étiage. Mais la zone industrielle étant en plein centre ville, les gros porteurs sont quand même obligés d’emprunter, avec des contraintes horaires tout de même, des rues non adaptées dans les quartiers bancaires et administratifs causant parfois des embouteillages monstres. La réalisation de ce pont détournerait donc une armada de semi-remorques et de camions citernes.
Combien va coûter ce pont ? Pas moins de 37 milliards de FCFA (soit un peu plus de 56 millions d’euros) d'après la presse malienne, sans doute un des plus gros investissements de la Chine ces dernières années dans la sous-région. Cadeau, en plus, alors que maintenant une partie des pays européens se lancent plutôt vers les prêts, avantageux certes, mais des prêts quand même.
Comment le Bamakois accueille-t-il cette présence chinoise ? D’un côté les optimistes qui voient la Chine réaliser sans états d’âmes ce que les bailleurs de fonds européens acceptent de faire après beaucoup d’interrogations, de conditions et de garde-fous. La Chine est là pour nous aider depuis notre indépendance et les promesses des Chinois ont toujours été suivies de réalisations disent en substances les Bamakois. Pour beaucoup de Maliens les apports de l’Occident ont encore des arrière-pensées colonialistes, il y a forcément un intérêt. Pour Seydou Badian Kouyaté (ministre sous la première république du Mali entre 1960 et 1968) écrivain reconnu et âgé de 83 ans aujourd’hui et considéré par certains comme le plus chinois des Maliens, 'la Chine n’a pas l’ambition d’une puissance mondiale, bien qu’elle en ait les moyens et la force. Les Chinois veulent progresser en toute modestie, sur les deux jambes, par le travail et la rigueur' (casafree actualité, lundi 2 mars 2009). Et ce, même si l’essentiel des travaux du pont de Sotuba sera réalisé par une entreprise chinoise (CGGC) à grand renfort de publicité.
Chine_mali
Moto_3 Pour d’autres, les Chinois représentent quelque chose que l’on peut assimiler non pas à un danger mais une espèce d’invasion. Ils sont présents partout, ils envahissent tous les domaines de la vie publique, de l’industrie et du commerce. Les marchés de chantiers routiers, de constructions d’hôtels sont attribués régulièrement à des entreprises chinoises. On trouve maintenant à Bamako des vendeurs chinois au marché qui prennent presque la place réservée des femmes qui venaient vendre leurs légumes ou les condiments, et ils ont, à l’instar des Maliennes, disposé des points de restauration rapide au bord du trottoir.
Dans certains magasins, difficile de trouver de la papeterie, de la vaisselle, des outils, autres que chinois. Cela continue avec les vêtements et les chaussures, et n’oublions pas les djakartas et les mobylettes-taxis qui commencent à s’implanter. La Chine, qui s’est ouverte à l’économie de marché, cherche à écouler ses produits manufacturés. Un Malien m’a dit, sans complexe, que les hôtels tenus par des Chinois sont plus propres, moins chers, et tu trouves même une télé avec cassette hard quand tu emmènes une copine pour la nuit. Tous les secteurs je vous disais, tous les secteurs.
Depuis des années les Chinois envoient en Afrique des médecins, des agronomes, des architectes… Pourquoi ce succès, sans doute parce que le mode de vie chinois colle mieux avec le système africain. La Chine se considère encore comme un pays en voie de développement et adhère à la réalité malienne, et le Mali le comprend comme ça, qui a envoyé de l’aide en Chine lors du dernier grand séisme, une aide modeste certes, mais une aide au grand frère.
Le dernier point d’intérêt des Chinois au Mali pourrait être l’adduction d’eau de Bamako. Depuis quelques d’années l’actuelle station de pompage ne suffit plus à couvrir les besoins de la ville et le Mali peine à convaincre les bailleurs de fonds étrangers toujours exigeants. Lors de la visite de Hu Jintao, une délégation chinoise est allée visiter le site probable de la future station d'eau potable. Le Mali pourra-t-il convaincre la Chine ? Réponse peut-être quand le chantier du pont sera achevé pour la célébration des 50 ans de l’indépendance du Mali, en septembre 2010.
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TROIS QUESTIONS A L'AMBASSADEUR DE CHINE AU MALI
TROIS QUESTIONS A L'AMBASSADEUR DE CHINE AU MALI: "1. Quelles retombées attendez-vous de l'Exposition Universelle de Shanghai qui vient de s'ouvrir ?
L'Exposition universelle de Shanghai constitue, pour le peuple chinois, une des plus grandes rencontres des peuples du monde en Chine, comme le résume le slogan: « Occasion de Chine, Fête du Monde ».
En effet, Son Excellence Monsieur HU Jintao, Président de la République Populaire de Chine, a souhaité, lors de la réception qu'il a offerte aux Chefs d'Etat et de gouvernement à l'ouverture de l'Exposition, qu'elle: « soit une occasion de partager joie et amitié, une passerelle entre la Chine et le reste du monde… ».
La Chine réclame depuis des décennies qu'elle soit acceptée et traitée comme les autres pays membres de la communauté internationale, qu'elle puisse organiser comme d'autres pays du monde les Jeux Olympiques, l'Exposition Universelle, sur son territoire. Grâce aux efforts inlassables du peuple chinois et aux précieux soutiens des pays amis, elle a enfin réussi à réaliser ces deux rêves, respectivement en 2008 et 2010, 37 ans et 39 ans après le rétablissement de la République Populaire de Chine dans son siège légitime au sein de l' ONU en 1971. Donc, c'est l'universalité humanitaire qui l'emporte.
En organisant l'Exposition Universelle de Shanghaï, la Chine souhaite que le monde connaisse mieux ce pays riche de 5 000 ans d'histoire et qui se développe et change rapidement à travers réforme et ouverture. La Chine voudrait en profiter pour s'inspirer des expériences réussies des autres pays, pour renforcer ses échanges et sa coopération avec le reste du monde.
2. Après le troisième pont de l'amitié de Bamako, l'hôpital du Mali de Missabougou, la Chine a encore manifesté conséquemment sa solidarité au Mali en finançant des projets d'envergure comme l'autoroute de Ségou, le barrage de Taoussa et la fête du Cinquantenaire. En retour qu'attend la Chine du Mali ?
La Chine aide le Mali, en respectant le principe de non ingérence dans ses affaires intérieures et celui de respect mutuel. C'est un accompagnement basé sur une concertation amicale,une coopération gagnant-gagnant et développement concerté. La Chine obtient des soutiens fort précieux et constants de la part du Mali, du peuple et du gouvernement maliens, dans sa lutte pour sauvegarder son indépendance, sa souveraineté nationale et son intégrité territoriale, en particulier dans les affaires concernant TAIWAN, TIBET, XINJIANG, ces parties inaliénables de la Chine. La Chine reste encore un pays en développement, malgré les grands progrès enregistrés ces dernières décennies, elle a encore besoin du soutien des pays amis, ce qui, comme toujours, ne lui a jamais fait défaut. Quand nous disons que la Chine reste encore un pays en voie de développement, ne riez pas, car c'est la réalité. Selon « Les Indicateurs du Développement dans le Monde 2010» de la Banque Mondiale, le PIB par habitant de la Chine est de 2,940 dollars américains, la Chine est ainsi classée à la 130ème place du monde, dans le rang des pays à revenu moyen inférieur. Nous devons faire face à de nombreux et graves défis du développement économique et social. Permettez-moi de vous en préciser seulement deux: chaque année, 20 millions de paysans arrivent en ville pour chercher du travail, 5 millions de nouveaux diplômés des universités chinoises arrivent en même temps sur le marché de travail. Croyez-moi, le gouvernement central chinois a commencé à subventionner directement des diplômés des universités qui acceptent d'aller travailler à la campagne comme chef de village ! C'est presque unique au monde !
C'est pourquoi Son Excellence Monsieur WEN Jiabao, Premier Ministre chinois a proclamé dans son discours à la session plénière de l'Assemblée nationale de Chine : « Nous devons travailler dur encore au moins cinquante, même cent ans, pour achever enfin la construction d'un pays modernisé. Nous avons de lourdes, même très lourdes tâches devant nous. Nous avons besoin de nous inspirer des expériences des autres pays pour trouver le bon chemin du développement dans la nouvelle et prochaine étape. Nous espérons que le peuple et le gouvernement maliens fourniront ,comme par le passé, de précieux soutiens à la Chine, pour permettre un développement partagé.
3. Après les jeux olympiques de Beijing, le sommet Chine-Afrique, l'exposition Universelle de Shanghai, à quand l'organisation de la Coupe du Monde de football dans votre pays ?
Malheureusement, les équipes chinoises de football sont très faibles, que ce soit au plan régional ou au plan mondial. Nous avons essayé de réformer notre système de fonctionnement sportif en suivant une voie disons professionnalisée, mais nous n'avons pas réussi à former de footballeurs de haut niveau. Hélas, je ne vois plus de possibilité de nous offrir l'occasion d'organiser dans les12 ans à venir les matches de la Coupe du Monde, puisque parmi les 11 pays candidats à la Coupe du Monde 2018 et 2022 ne figure pas la Chine. Les associations membres de la FIFA qui ont confirmé leur intérêt pour l'organisation sont : l'Australie, l'Angleterre, la Belgique et les Pays-Bas, l'Espagne et le Portugal, les Etats-Unis, l'Indonésie, le Japon, le Mexique, le Qatar, la Corée du Sud et la Russie.
L'hôte final sera annoncé en décembre 2010.
Je vous remercie.
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L'Exposition universelle de Shanghai constitue, pour le peuple chinois, une des plus grandes rencontres des peuples du monde en Chine, comme le résume le slogan: « Occasion de Chine, Fête du Monde ».
En effet, Son Excellence Monsieur HU Jintao, Président de la République Populaire de Chine, a souhaité, lors de la réception qu'il a offerte aux Chefs d'Etat et de gouvernement à l'ouverture de l'Exposition, qu'elle: « soit une occasion de partager joie et amitié, une passerelle entre la Chine et le reste du monde… ».
La Chine réclame depuis des décennies qu'elle soit acceptée et traitée comme les autres pays membres de la communauté internationale, qu'elle puisse organiser comme d'autres pays du monde les Jeux Olympiques, l'Exposition Universelle, sur son territoire. Grâce aux efforts inlassables du peuple chinois et aux précieux soutiens des pays amis, elle a enfin réussi à réaliser ces deux rêves, respectivement en 2008 et 2010, 37 ans et 39 ans après le rétablissement de la République Populaire de Chine dans son siège légitime au sein de l' ONU en 1971. Donc, c'est l'universalité humanitaire qui l'emporte.
En organisant l'Exposition Universelle de Shanghaï, la Chine souhaite que le monde connaisse mieux ce pays riche de 5 000 ans d'histoire et qui se développe et change rapidement à travers réforme et ouverture. La Chine voudrait en profiter pour s'inspirer des expériences réussies des autres pays, pour renforcer ses échanges et sa coopération avec le reste du monde.
2. Après le troisième pont de l'amitié de Bamako, l'hôpital du Mali de Missabougou, la Chine a encore manifesté conséquemment sa solidarité au Mali en finançant des projets d'envergure comme l'autoroute de Ségou, le barrage de Taoussa et la fête du Cinquantenaire. En retour qu'attend la Chine du Mali ?
La Chine aide le Mali, en respectant le principe de non ingérence dans ses affaires intérieures et celui de respect mutuel. C'est un accompagnement basé sur une concertation amicale,une coopération gagnant-gagnant et développement concerté. La Chine obtient des soutiens fort précieux et constants de la part du Mali, du peuple et du gouvernement maliens, dans sa lutte pour sauvegarder son indépendance, sa souveraineté nationale et son intégrité territoriale, en particulier dans les affaires concernant TAIWAN, TIBET, XINJIANG, ces parties inaliénables de la Chine. La Chine reste encore un pays en développement, malgré les grands progrès enregistrés ces dernières décennies, elle a encore besoin du soutien des pays amis, ce qui, comme toujours, ne lui a jamais fait défaut. Quand nous disons que la Chine reste encore un pays en voie de développement, ne riez pas, car c'est la réalité. Selon « Les Indicateurs du Développement dans le Monde 2010» de la Banque Mondiale, le PIB par habitant de la Chine est de 2,940 dollars américains, la Chine est ainsi classée à la 130ème place du monde, dans le rang des pays à revenu moyen inférieur. Nous devons faire face à de nombreux et graves défis du développement économique et social. Permettez-moi de vous en préciser seulement deux: chaque année, 20 millions de paysans arrivent en ville pour chercher du travail, 5 millions de nouveaux diplômés des universités chinoises arrivent en même temps sur le marché de travail. Croyez-moi, le gouvernement central chinois a commencé à subventionner directement des diplômés des universités qui acceptent d'aller travailler à la campagne comme chef de village ! C'est presque unique au monde !
C'est pourquoi Son Excellence Monsieur WEN Jiabao, Premier Ministre chinois a proclamé dans son discours à la session plénière de l'Assemblée nationale de Chine : « Nous devons travailler dur encore au moins cinquante, même cent ans, pour achever enfin la construction d'un pays modernisé. Nous avons de lourdes, même très lourdes tâches devant nous. Nous avons besoin de nous inspirer des expériences des autres pays pour trouver le bon chemin du développement dans la nouvelle et prochaine étape. Nous espérons que le peuple et le gouvernement maliens fourniront ,comme par le passé, de précieux soutiens à la Chine, pour permettre un développement partagé.
3. Après les jeux olympiques de Beijing, le sommet Chine-Afrique, l'exposition Universelle de Shanghai, à quand l'organisation de la Coupe du Monde de football dans votre pays ?
Malheureusement, les équipes chinoises de football sont très faibles, que ce soit au plan régional ou au plan mondial. Nous avons essayé de réformer notre système de fonctionnement sportif en suivant une voie disons professionnalisée, mais nous n'avons pas réussi à former de footballeurs de haut niveau. Hélas, je ne vois plus de possibilité de nous offrir l'occasion d'organiser dans les12 ans à venir les matches de la Coupe du Monde, puisque parmi les 11 pays candidats à la Coupe du Monde 2018 et 2022 ne figure pas la Chine. Les associations membres de la FIFA qui ont confirmé leur intérêt pour l'organisation sont : l'Australie, l'Angleterre, la Belgique et les Pays-Bas, l'Espagne et le Portugal, les Etats-Unis, l'Indonésie, le Japon, le Mexique, le Qatar, la Corée du Sud et la Russie.
L'hôte final sera annoncé en décembre 2010.
Je vous remercie.
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maliweb.net :: Mali-Chine : Une coopération exemplaire !
maliweb.net :: Mali-Chine : Une coopération exemplaire !: "Au plan politique, le Mali et la République Populaire de Chine ont établi leurs relations diplomatiques le 25 Octobre 1960, soit un mois après l’indépendance du Mali. Depuis lors, ces relations n’ont cessé de s’accroître et de s’améliorer, en dépit des changements politiques et économiques dans les deux pays respectifs.
Au fil des années, ces relations entre les deux pays se sont consolidés davantage, en passant du domaine politique au domaine économique, grâce à la politique malienne de soutien constant à la République Populaire de Chine sur la question de Taiwan, et aux échanges et visites réciproques des dirigeants successifs des deux pays.
De Modibo Keïta à ATT
Aussi relève-t-on la visite du défunt Premier ministre chinois, Zhou En Lai, au Mali en Janvier 1964, et celle de l’ancien Président malien, Modibo Keïta, à Beijing, la même année. Ces deux visites ont raffermi les liens politiques entre les deux pays, surtout avec la signature du “Traité d’amitié” qui constitue un cadre juridique de coopération entre les deux pays.
En effectuant une visite en Chine en 1986 (c’était sous la deuxième république), le Président Moussa Traoré a contribué à renforcer ces relations tissées avec la Chine, au début de l’indépendance malienne.
On retiendra également la visite effectuée en Chine, en 1994, par le Président de la troisième république, Alpha Oumar Konaré. C’est dire que tous les Chefs d’Etat malien ont souscrit à la traditionnelle visite en Chine. Pour sa part, le Président Amadou Toumani Touré s’est rendu en Chine à trois reprises.
En effet, du 15 au 20 Juillet 2004, ATT a effectué une visite de travail et d’amitié en République Populaire de Chine. Pour la circonstance, il y avait conduit une importante délégation composée de trois ministres et d’une cinquantaine d’hommes d’affaires maliens.
Le Chef de l’Etat a également pris part aux travaux du Sommet Sino-africain qui s’est tenu à Beijing du 4 au 6 Novembre 2006. En marge de ce Sommet, ATT avait eu des entretiens fructueux avec son homologue chinois, Hu Jintao. Pour les deux pays, cette visite a été l’occasion de se rencontrer, une fois de plus, au plus haut niveau et de consolider leurs liens d’amitié et de coopération.
La visite d’ATT en Chine avait été couronnée non seulement par des échanges porteurs sur le plan politique, mais aussi par la signature de cinq Accords, dont deux de coopération économique et technique portant respectivement sur un prêt sans intérêt de 20 millions de yuans, soit 1,5 milliard de F CFA, et un don de 40 millions de yuans, soit 3 milliards de F CFA.
Enfin, du 8 au 24 Août 2008, le Chef de l’Etat malien a pris part à la cérémonie d’ouverture des XXIX èmes Jeux Olympiques de Beijing. En plus des Chefs d’Etat et de gouvernement, de nombreux ministres maliens et chinois ont effectué des visites de part et d’autre, dans le cadre de la consolidation des relations de coopération entre les deux pays.
Infrastructures, accords de prêts et de dons...
Au plan économique, après l’annulation d’environ 37 milliards de F CFA dont le Mali a bénéficié le 4 Décembre 2001, la dette bilatérale malienne vis-à-vis de la Chine se chiffre à environ 20 milliards de F CFA.
Les prêts des entreprises créées dans le cadre de la coopération chinoise ont évolué, allant de l’assistance technique à la cogestion, puis à la cession de ces unités à des entreprises chinoises. L’aide financière accordée par la République Populaire de Chine a également permis la réalisation d’infrastructures plus récentes.
Entre autres infrastructures : le Centre International de Conférence de Bamako (CICB, ex Palais des Congrès) ; le Stade du 26 Mars ; le Mémorial Modibo Keïta, le Cinéma Babemba ; le Centre Islamique de Hamdallaye ; les sucreries de Séribala ; l’extension des Bureaux de la Présidence ; la construction de trois stades (à San, Koutiala et Bougouni), des Maisons de la Femme et de l’Enfant à Bamako et dans les huit régions du Mali ; la construction de deux écoles rurales à Sévaré et M’Pessoba. ; la construction d’un Centre de prévention et de traitement du paludisme à l’hôpital de Kati...
Durant ces deux dernières années, le Mali a signé, avec la Chine, des accords de dons et prêts, au titre de la coopération financière : Entre autres, l’Accord du 29 Mars 2007 : 30 millions de RMB, soit 2 milliards 318 millions de FCFA environ ; l’Accord du 5 Juillet 2007 : 20 millions de RMB, soit 1 milliard 545 millions de F CFA environ ; l’Accord du 13 Décembre 2007 : 10 millions de RMB, soit 772 millions de F CFA environ.
Signalons que deux de ces accords de prêts sont sans intérêt : l’Accord du 12 Décembre 2007 (30 millions de RMB, soit 2 milliards 318 millions de FCFA environ) ; et l’Accord du 31 Décembre 2007 (10 millions de RMB, soit 772 millions de F CFA environ).
D’autres accords de dons et prêts ont suivi en 2008 : l’Accord du 5 Décembre 2008 : 40 millions de RMB, soit 3 milliards 635 millions de F CFA environ ; et l’Accord de prêts sans intérêt tel que celui du 5 Décembre 2008, d’un montant de 30 millions de RMB, soit 2 milliards 318 millions de F CFA environ. Des prêts concessionnels ont été consentis par EXIM BANK CHINA pour 500 millions de RMB, soit 33 milliards 797 millions de FCFA environ, pour le financement de la 3ème sucrerie de N-Sukala.
Une coopération multiforme
Jusqu’à un passé récent, le volume des échanges commerciaux entre les eux pays est demeuré limité depuis l’établissement des relations diplomatiques entre les deux pays en 1960. Mais ces dernières années, lesdits échanges ont connu un accroissement rapide, sinon un boum prodigieux.
En 2004, le volume des échanges bilatéraux a atteint 166 millions de dollars US, soit environ 83 milliards de F CFA. En 2007, le montant de ces échanges s’est élevé à 161 millions de dollars US, soit 80 milliards 500 millions de F CFA environ. D’où un léger fléchissement des exportations chinoises (125 millions de dollars US, soit 62 millions 5000 millions de FCFA environ ) et des importations chinoises ( 36 millions de USD (18 milliards de FCFA environ).
De Janvier à Octobre 2008, le montant des échanges bilatéraux a atteint 202 millions de dollars US, soit 101 milliards de F CFA environ). D’où une augmentation de 58, 8% par rapport à la même période de l’année dernière. Ledit montant est constitué de 140 milliards de dollars US (soit 170 milliards de F CFA environ) au titre des exportations chinoises, et de 62 millions de dollars US (environ 31 milliards de FCFA )au titre des importations chinoises.
Les principaux produits exportés par la Chine vers le Mali sont (par ordre d’importance) les produits électro-mécaniques, le thé vert, les produits d’industrie légère et textiles. En retour, le pays importe essentiellement du coton malien. Ainsi, en 2007, la Chine a importé, en provenance du Mali, 23 000 tonnes de coton pour un montant de 31, 83 millions de dollars US (15 milliards 915 millions de FCFA) représentant ainsi 89% du total des importations chinoises en provenance du Mali.
En Mars 2007, les deux parties ont signé un échange de notes octroyant au Mali le droit de douane préférentiel spécial chinois à certains produits maliens. Ainsi, plusieurs projets entre les deux pays sont en cours de réalisation. Il s’agit notamment du projet d’assistance dans le domaine de la broderie ; la construction de dix Maisons de la Femme et de l’Enfant dans le district de Bamako et dans chacune des capitales régionales du pays.
D’autres réalisations chinoises (déjà entreprises ou à entreprendre) constituent des signes avant-coureurs du renforcement de la coopération entre le Mali et la Chine : entre autres, la construction du 3ème Pont de Bamako dont les travaux prendront fin en 2010 le Projet d’une 3ème sucrerie de Sukala dont le coût est estimé à quelques 1,1000 milliard de Yuans (environ 85 milliards de FCFA ) ; le projet de Maison des Arts d’Ansongo ; et la construction de deux écoles rurales à Sévaré (Mopti) et à M’pessoba (Sikasso).
Régie par un accord signé le 15 Juillet 2004, la coopération culturelle sino-malienne s’articule autour de la formation des formateurs, l’enseignement, l’organisation des stages de formation, et d’autres types d’échanges culturels. Ainsi, en 2004-2005, 53 cadres et techniciens maliens ont participé à des stages de formation en République Populaire de Chine.
De brillantes perspectives
Lors de sa visite au Mali du 11 au 14 Décembre 2007, le vice-ministre chinois de la Culture a informé les autorités nationales de l’appui de son pays, à hauteur de 200 000 RMB, soit plus de 15 millions de FCFA, pour la fourniture de matériels didactiques à l’Institut des Arts et Métiers Multimédia “Balla Fasséké Kouyaté”, toujours dans le cadre du renforcement de la coopération entre les deux pays.
Quant à la coopération sanitaire, elle se manifeste à travers l’envoi d’une mission médicale chinoise, aux termes des dispositions du protocole d’accord signé le 16 Juillet 2001 entre les gouvernements malien et chinois. Une mission qui était composée d’une trentaine de spécialistes chinois qui, tous les deux ans, séjournent au Mali dans les hôpitaux de Kati, Markala et Sikasso.
Dans ce domaine, la Chine fournit également des médicaments au Mali. Le Mali bénéfice ainsi régulièrement, de la part du partenaire chinois, de dons en équipements sanitaires et d’autres financements d’urgence.
Enfin, tout dernièrement, les deux pays ont signé d’autres accords relatifs à la construction d’un Centre anti-paludisme à l’hôpital de Kati (dont les travaux sont à terme), et à la construction d’un hôpital national sur la Rive droite du fleuve : un hôpital moderne de 150 lits avec un plateau technique performant.
D’un coût de 3,4 milliards de FCFA environ, la construction de cet hôpital a été confiée à la société chinoise QUILU avec laquelle le contrat d’exécution des travaux a été signé le 27 Décembre 2008.
Le 15 Juillet 2004, les deux pays ont signé un accord de coopération à Beijing, dans le domaine du tourisme et de l’artisanat. Cet accord favorisera la compréhension mutuelle et le rapprochement des peuples chinois et malien, en plus de l’impact positif qu’il aura sur le développement économique et social du pays.
Depuis Octobre 20006, le gouvernement chinois a doublé le nombre des bourses de formation qu’il accorde aux pays africains. Ainsi, cette année, le Mali compte 102 stagiaires et étudiants en Chine. La coopération sino-malienne est tout simplement mutuellement avantageuse et offre de brillantes perspectives.
Oumar DIAWARA
– Envoyé à l'aide de la barre d'outils Google"
Au fil des années, ces relations entre les deux pays se sont consolidés davantage, en passant du domaine politique au domaine économique, grâce à la politique malienne de soutien constant à la République Populaire de Chine sur la question de Taiwan, et aux échanges et visites réciproques des dirigeants successifs des deux pays.
De Modibo Keïta à ATT
Aussi relève-t-on la visite du défunt Premier ministre chinois, Zhou En Lai, au Mali en Janvier 1964, et celle de l’ancien Président malien, Modibo Keïta, à Beijing, la même année. Ces deux visites ont raffermi les liens politiques entre les deux pays, surtout avec la signature du “Traité d’amitié” qui constitue un cadre juridique de coopération entre les deux pays.
En effectuant une visite en Chine en 1986 (c’était sous la deuxième république), le Président Moussa Traoré a contribué à renforcer ces relations tissées avec la Chine, au début de l’indépendance malienne.
On retiendra également la visite effectuée en Chine, en 1994, par le Président de la troisième république, Alpha Oumar Konaré. C’est dire que tous les Chefs d’Etat malien ont souscrit à la traditionnelle visite en Chine. Pour sa part, le Président Amadou Toumani Touré s’est rendu en Chine à trois reprises.
En effet, du 15 au 20 Juillet 2004, ATT a effectué une visite de travail et d’amitié en République Populaire de Chine. Pour la circonstance, il y avait conduit une importante délégation composée de trois ministres et d’une cinquantaine d’hommes d’affaires maliens.
Le Chef de l’Etat a également pris part aux travaux du Sommet Sino-africain qui s’est tenu à Beijing du 4 au 6 Novembre 2006. En marge de ce Sommet, ATT avait eu des entretiens fructueux avec son homologue chinois, Hu Jintao. Pour les deux pays, cette visite a été l’occasion de se rencontrer, une fois de plus, au plus haut niveau et de consolider leurs liens d’amitié et de coopération.
La visite d’ATT en Chine avait été couronnée non seulement par des échanges porteurs sur le plan politique, mais aussi par la signature de cinq Accords, dont deux de coopération économique et technique portant respectivement sur un prêt sans intérêt de 20 millions de yuans, soit 1,5 milliard de F CFA, et un don de 40 millions de yuans, soit 3 milliards de F CFA.
Enfin, du 8 au 24 Août 2008, le Chef de l’Etat malien a pris part à la cérémonie d’ouverture des XXIX èmes Jeux Olympiques de Beijing. En plus des Chefs d’Etat et de gouvernement, de nombreux ministres maliens et chinois ont effectué des visites de part et d’autre, dans le cadre de la consolidation des relations de coopération entre les deux pays.
Infrastructures, accords de prêts et de dons...
Au plan économique, après l’annulation d’environ 37 milliards de F CFA dont le Mali a bénéficié le 4 Décembre 2001, la dette bilatérale malienne vis-à-vis de la Chine se chiffre à environ 20 milliards de F CFA.
Les prêts des entreprises créées dans le cadre de la coopération chinoise ont évolué, allant de l’assistance technique à la cogestion, puis à la cession de ces unités à des entreprises chinoises. L’aide financière accordée par la République Populaire de Chine a également permis la réalisation d’infrastructures plus récentes.
Entre autres infrastructures : le Centre International de Conférence de Bamako (CICB, ex Palais des Congrès) ; le Stade du 26 Mars ; le Mémorial Modibo Keïta, le Cinéma Babemba ; le Centre Islamique de Hamdallaye ; les sucreries de Séribala ; l’extension des Bureaux de la Présidence ; la construction de trois stades (à San, Koutiala et Bougouni), des Maisons de la Femme et de l’Enfant à Bamako et dans les huit régions du Mali ; la construction de deux écoles rurales à Sévaré et M’Pessoba. ; la construction d’un Centre de prévention et de traitement du paludisme à l’hôpital de Kati...
Durant ces deux dernières années, le Mali a signé, avec la Chine, des accords de dons et prêts, au titre de la coopération financière : Entre autres, l’Accord du 29 Mars 2007 : 30 millions de RMB, soit 2 milliards 318 millions de FCFA environ ; l’Accord du 5 Juillet 2007 : 20 millions de RMB, soit 1 milliard 545 millions de F CFA environ ; l’Accord du 13 Décembre 2007 : 10 millions de RMB, soit 772 millions de F CFA environ.
Signalons que deux de ces accords de prêts sont sans intérêt : l’Accord du 12 Décembre 2007 (30 millions de RMB, soit 2 milliards 318 millions de FCFA environ) ; et l’Accord du 31 Décembre 2007 (10 millions de RMB, soit 772 millions de F CFA environ).
D’autres accords de dons et prêts ont suivi en 2008 : l’Accord du 5 Décembre 2008 : 40 millions de RMB, soit 3 milliards 635 millions de F CFA environ ; et l’Accord de prêts sans intérêt tel que celui du 5 Décembre 2008, d’un montant de 30 millions de RMB, soit 2 milliards 318 millions de F CFA environ. Des prêts concessionnels ont été consentis par EXIM BANK CHINA pour 500 millions de RMB, soit 33 milliards 797 millions de FCFA environ, pour le financement de la 3ème sucrerie de N-Sukala.
Une coopération multiforme
Jusqu’à un passé récent, le volume des échanges commerciaux entre les eux pays est demeuré limité depuis l’établissement des relations diplomatiques entre les deux pays en 1960. Mais ces dernières années, lesdits échanges ont connu un accroissement rapide, sinon un boum prodigieux.
En 2004, le volume des échanges bilatéraux a atteint 166 millions de dollars US, soit environ 83 milliards de F CFA. En 2007, le montant de ces échanges s’est élevé à 161 millions de dollars US, soit 80 milliards 500 millions de F CFA environ. D’où un léger fléchissement des exportations chinoises (125 millions de dollars US, soit 62 millions 5000 millions de FCFA environ ) et des importations chinoises ( 36 millions de USD (18 milliards de FCFA environ).
De Janvier à Octobre 2008, le montant des échanges bilatéraux a atteint 202 millions de dollars US, soit 101 milliards de F CFA environ). D’où une augmentation de 58, 8% par rapport à la même période de l’année dernière. Ledit montant est constitué de 140 milliards de dollars US (soit 170 milliards de F CFA environ) au titre des exportations chinoises, et de 62 millions de dollars US (environ 31 milliards de FCFA )au titre des importations chinoises.
Les principaux produits exportés par la Chine vers le Mali sont (par ordre d’importance) les produits électro-mécaniques, le thé vert, les produits d’industrie légère et textiles. En retour, le pays importe essentiellement du coton malien. Ainsi, en 2007, la Chine a importé, en provenance du Mali, 23 000 tonnes de coton pour un montant de 31, 83 millions de dollars US (15 milliards 915 millions de FCFA) représentant ainsi 89% du total des importations chinoises en provenance du Mali.
En Mars 2007, les deux parties ont signé un échange de notes octroyant au Mali le droit de douane préférentiel spécial chinois à certains produits maliens. Ainsi, plusieurs projets entre les deux pays sont en cours de réalisation. Il s’agit notamment du projet d’assistance dans le domaine de la broderie ; la construction de dix Maisons de la Femme et de l’Enfant dans le district de Bamako et dans chacune des capitales régionales du pays.
D’autres réalisations chinoises (déjà entreprises ou à entreprendre) constituent des signes avant-coureurs du renforcement de la coopération entre le Mali et la Chine : entre autres, la construction du 3ème Pont de Bamako dont les travaux prendront fin en 2010 le Projet d’une 3ème sucrerie de Sukala dont le coût est estimé à quelques 1,1000 milliard de Yuans (environ 85 milliards de FCFA ) ; le projet de Maison des Arts d’Ansongo ; et la construction de deux écoles rurales à Sévaré (Mopti) et à M’pessoba (Sikasso).
Régie par un accord signé le 15 Juillet 2004, la coopération culturelle sino-malienne s’articule autour de la formation des formateurs, l’enseignement, l’organisation des stages de formation, et d’autres types d’échanges culturels. Ainsi, en 2004-2005, 53 cadres et techniciens maliens ont participé à des stages de formation en République Populaire de Chine.
De brillantes perspectives
Lors de sa visite au Mali du 11 au 14 Décembre 2007, le vice-ministre chinois de la Culture a informé les autorités nationales de l’appui de son pays, à hauteur de 200 000 RMB, soit plus de 15 millions de FCFA, pour la fourniture de matériels didactiques à l’Institut des Arts et Métiers Multimédia “Balla Fasséké Kouyaté”, toujours dans le cadre du renforcement de la coopération entre les deux pays.
Quant à la coopération sanitaire, elle se manifeste à travers l’envoi d’une mission médicale chinoise, aux termes des dispositions du protocole d’accord signé le 16 Juillet 2001 entre les gouvernements malien et chinois. Une mission qui était composée d’une trentaine de spécialistes chinois qui, tous les deux ans, séjournent au Mali dans les hôpitaux de Kati, Markala et Sikasso.
Dans ce domaine, la Chine fournit également des médicaments au Mali. Le Mali bénéfice ainsi régulièrement, de la part du partenaire chinois, de dons en équipements sanitaires et d’autres financements d’urgence.
Enfin, tout dernièrement, les deux pays ont signé d’autres accords relatifs à la construction d’un Centre anti-paludisme à l’hôpital de Kati (dont les travaux sont à terme), et à la construction d’un hôpital national sur la Rive droite du fleuve : un hôpital moderne de 150 lits avec un plateau technique performant.
D’un coût de 3,4 milliards de FCFA environ, la construction de cet hôpital a été confiée à la société chinoise QUILU avec laquelle le contrat d’exécution des travaux a été signé le 27 Décembre 2008.
Le 15 Juillet 2004, les deux pays ont signé un accord de coopération à Beijing, dans le domaine du tourisme et de l’artisanat. Cet accord favorisera la compréhension mutuelle et le rapprochement des peuples chinois et malien, en plus de l’impact positif qu’il aura sur le développement économique et social du pays.
Depuis Octobre 20006, le gouvernement chinois a doublé le nombre des bourses de formation qu’il accorde aux pays africains. Ainsi, cette année, le Mali compte 102 stagiaires et étudiants en Chine. La coopération sino-malienne est tout simplement mutuellement avantageuse et offre de brillantes perspectives.
Oumar DIAWARA
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L'Afrique chinoise - Education, Emploi et Carrière en Afrique et ailleurs, étudiant africain, étudiants africains, bourses d'études, bourse d'étude, formations en Afrique, formations au Canada, formations en France
L'Afrique chinoise - Education, Emploi et Carrière en Afrique et ailleurs, étudiant africain, étudiants africains, bourses d'études, bourse d'étude, formations en Afrique, formations au Canada, formations en France: "Les limites de la coopération Chine-Afrique en question
Par cqfd, samedi 19 mai 2007
http://econoclaste.lejdd.fr
Nous observons qu'il y a un intérêt grandissant de la Chine pour les ressources africaines', a indiqué le ministre allemand des finances Peer Steinbrück lors du G8, qui s'est tenu le 19 mai à Potsdam. Ceci amène la puissance asiatique 'à recommencer ce à quoi précisément nous voulions mettre un terme avec notre programme d'allègement de la dette, à savoir un surendettement des pays africains', a-t-il indiqué, ajoutznt que 'cela ne correspond pas du tout aux critères que nous avons édictés'.
'Nous ne voulons pas exporter nos propres valeurs et notre modèle de développement', déclarait un an auparavant, le 22 juin 2006, le premier ministre chinois Wen Jiabao, en visite au Cap. Depuis la fin des années 1990, la présence chinoise en Afrique n'a cessé de prendre des proportions grandissantes. Le bénéfice est incontestable pour le pays, qui abreuve le continent de produits estampillés Made in China. Depuis 2005, la puissance asiatique est le troisième partenaire commercial de l'Arfique, derrière les Etats-Unis et la France; tandis qu'en dix ans, le commerce bilatéral entre la Chine et les pays africains a été multiplié par quatre, atteignant dix milliards de dollars. Pekin importe du coton, du pétrole, et une flopée d'autres matières premières. La Chine, qui n'est plus autosuffisante en pétrole depuis 1993, dépend de ressources africaines pour 25 % de ses fournitures en pétrole. Un autre point qui inquiète la France et les Etats-Unis concerne les conditions de ce commerce bilatéral. Car, pour aider l'Afrique dans un but lucratif, la Chine ferme les yeux quant au caractère peu démocratique de certains régimes. Le principe de 'non-ingérence dans les affaires intérieures' est mis en avant par les autorités chinoises. Le Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique, proposé en 2001 par une coalition de pays africains (Afrique du Sud, Algérie, Egypte, Nigéria), ne risque-t-il pas d'être remis en cause par l'irruption chinoise? Dans le cadre de ce contrat, l'aide publique au développement peut être confiée aux autorités publiques lorsqu'elles apportent la preuve de la bonne gouvernance de leur Etat. Une série de critères rentre en ligne de compte, au premier rang desquels l'existence d'un régime démocratique.
L'enjeu du développement de l'Afrique est importantpour la Chine, au vu des investissements progressivement engagés sur le continent. La mise en place d'infrastructures puissantes et la relance de l'économie dans les Etats d'Afrique subsaharienne se révèlent être des combats de longue haleine qui ne seront pas achevés dans l'immédiat, mais Pekin n'a pour l'instant pas lâché le morceau. Les caractéristiques du développement des nouveaux pays d'industrialisés d'Asie, telle la Corée du Sud et Singapour, semblent difficiles à se reproduire sur un continent aussi hétéroclite que l'Afrique: un rythme de croissance économique rapide, une part importante du secteur manufacturier dans le PNB, et de forts excédents commerciaux. L'importance du développement de cultures d'exportation dans une logique de produiction accrue apparaît aujourd'hui comme une évidence.
Aujourd'hui, la Chine semble prête à poursuivre ses investissements en Afrique, mais n'inquiète pas les gouvernements répressifs et corrompus. Alors que la Banque Mondiale et le FMI incitent les Etats aidés à mettre en place des politiques d'austérité et de régulation des ressources, notamment pétrolières, Pékin ferme les yeux sur ces critères, ce qui satisfait bon nombre de dirigeants. Mais qui en sortira vainqueur? Seulement les intérêts économiques de la Chine, ou aussi les africains par le biais des investissements? Car, au-delà des purs intérêts financiers, une opération d'image serait un atout pour Pékin. Mais l'épineuse question du respect des droits de l'Homme n'a jamais été réglée par les dirigeants occidentaux, étant donnée la peur de ces gouvernants à se couper d'un acteur incontournable sur la scène économique mondiale.
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Par cqfd, samedi 19 mai 2007
http://econoclaste.lejdd.fr
Nous observons qu'il y a un intérêt grandissant de la Chine pour les ressources africaines', a indiqué le ministre allemand des finances Peer Steinbrück lors du G8, qui s'est tenu le 19 mai à Potsdam. Ceci amène la puissance asiatique 'à recommencer ce à quoi précisément nous voulions mettre un terme avec notre programme d'allègement de la dette, à savoir un surendettement des pays africains', a-t-il indiqué, ajoutznt que 'cela ne correspond pas du tout aux critères que nous avons édictés'.
'Nous ne voulons pas exporter nos propres valeurs et notre modèle de développement', déclarait un an auparavant, le 22 juin 2006, le premier ministre chinois Wen Jiabao, en visite au Cap. Depuis la fin des années 1990, la présence chinoise en Afrique n'a cessé de prendre des proportions grandissantes. Le bénéfice est incontestable pour le pays, qui abreuve le continent de produits estampillés Made in China. Depuis 2005, la puissance asiatique est le troisième partenaire commercial de l'Arfique, derrière les Etats-Unis et la France; tandis qu'en dix ans, le commerce bilatéral entre la Chine et les pays africains a été multiplié par quatre, atteignant dix milliards de dollars. Pekin importe du coton, du pétrole, et une flopée d'autres matières premières. La Chine, qui n'est plus autosuffisante en pétrole depuis 1993, dépend de ressources africaines pour 25 % de ses fournitures en pétrole. Un autre point qui inquiète la France et les Etats-Unis concerne les conditions de ce commerce bilatéral. Car, pour aider l'Afrique dans un but lucratif, la Chine ferme les yeux quant au caractère peu démocratique de certains régimes. Le principe de 'non-ingérence dans les affaires intérieures' est mis en avant par les autorités chinoises. Le Nouveau partenariat pour le développement de l'Afrique, proposé en 2001 par une coalition de pays africains (Afrique du Sud, Algérie, Egypte, Nigéria), ne risque-t-il pas d'être remis en cause par l'irruption chinoise? Dans le cadre de ce contrat, l'aide publique au développement peut être confiée aux autorités publiques lorsqu'elles apportent la preuve de la bonne gouvernance de leur Etat. Une série de critères rentre en ligne de compte, au premier rang desquels l'existence d'un régime démocratique.
L'enjeu du développement de l'Afrique est importantpour la Chine, au vu des investissements progressivement engagés sur le continent. La mise en place d'infrastructures puissantes et la relance de l'économie dans les Etats d'Afrique subsaharienne se révèlent être des combats de longue haleine qui ne seront pas achevés dans l'immédiat, mais Pekin n'a pour l'instant pas lâché le morceau. Les caractéristiques du développement des nouveaux pays d'industrialisés d'Asie, telle la Corée du Sud et Singapour, semblent difficiles à se reproduire sur un continent aussi hétéroclite que l'Afrique: un rythme de croissance économique rapide, une part importante du secteur manufacturier dans le PNB, et de forts excédents commerciaux. L'importance du développement de cultures d'exportation dans une logique de produiction accrue apparaît aujourd'hui comme une évidence.
Aujourd'hui, la Chine semble prête à poursuivre ses investissements en Afrique, mais n'inquiète pas les gouvernements répressifs et corrompus. Alors que la Banque Mondiale et le FMI incitent les Etats aidés à mettre en place des politiques d'austérité et de régulation des ressources, notamment pétrolières, Pékin ferme les yeux sur ces critères, ce qui satisfait bon nombre de dirigeants. Mais qui en sortira vainqueur? Seulement les intérêts économiques de la Chine, ou aussi les africains par le biais des investissements? Car, au-delà des purs intérêts financiers, une opération d'image serait un atout pour Pékin. Mais l'épineuse question du respect des droits de l'Homme n'a jamais été réglée par les dirigeants occidentaux, étant donnée la peur de ces gouvernants à se couper d'un acteur incontournable sur la scène économique mondiale.
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Forum sur la coopération Chine-Afrique
Forum sur la coopération Chine-Afrique: "Un véritable acte de foi dans les relations sino-africaines - Le Mali et la République populaire de Chine célèbrent, depuis hier, le 10e anniversaire du Forum sur la coopération Chine-Afrique. Une célébration qui constitue un acte de foi dans la coopération exemplaire sino-malienne puisqu’elle coïncide avec le cinquantenaire de l’établissement des relations diplomatiques entre les deux pays.
La cérémonie de lancement des festivités commémoratives du 10e anniversaire du Forum sur la coopération Chine-Afrique a eu lieu hier mardi 12 octobre au Centre international des conférences de Bamako (CICB). Elle a été présidée par le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Moctar Ouane, en présence de l’Ambassadeur de la Chine au Mali, SEM. Zhang Guoquig, des membres du gouvernement et l’ex- Ambassadeur de la Chine au Mali, SE Liu Lide.
L’Ambassadeur de Chine au Mali a, dans son allocution, affirmé qu’il y a dix ans, l’Afrique et la Chine ont décidé de conjuguer leurs efforts en vue de promouvoir un partenariat stratégique de type nouveau fondé sur l’égalité, le respect mutuel, la solidarité ainsi que les relations économiques réciproquement avantageuses, à travers la mise en place du Forum de coopération Afrique-Chine.
Depuis, ce forum n’a cessé de s’affirmer sur la scène internationale comme un mécanisme efficace de dialogue, de concertation et de coopération dans les domaines politique, économique, commercial, culturel, scientifique et social. Profitant de l’occasion, SE Zhang Guoquig, a rappelé que le Mali est le premier pays à pendre cette initiative de célébrer les 10 ans de coopération Sino-africaine.
L’ex- Ambassadeur de Chine au Mali, SE Liu Lide a, quant à lui, déclaré que de Beijing à Sharm El-Sheikh, en passant par Addis-Abeba, le Forum de coopération Afrique-Chine n’a cessé d’enregistrer des résultats positifs avec, notamment, la mise en œuvre effective des engagements du Plan d’action d’Addis-Abeba (2004-2006) et de la Déclaration et du Plan d’action de Beijing (2007-2009).
Ainsi, de 2007 à 2010, le volume des échanges économiques entre la Chine et l’Afrique, qui était de l’ordre de 50 milliards de dollars américains, a dépassé les 100 milliards de dollars. 'De même, l’aide chinoise aux pays africains s’est accrue considérablement.
Les investissements chinois en Afrique ont enregistré une augmentation appréciable. Les Pays pauvres très endettés (PPTE) et les Pays les moins avancés (PMA) d’Afrique ont bénéficié de l’annulation d’une partie de leur dette ainsi que de l’exemption de droits de douane pour certains produits d’exportation vers la Chine' a ajouté l’ex- Ambassadeur de la Chine au Mali, SE Liu Lide.
Il a également souligné que la Chine a assuré également la formation de milliers d’étudiants et de cadres africains dans différents domaines, réalisé des infrastructures notamment des centres pilotes de techniques agricoles, des hôpitaux et des écoles rurales.
Pour sa part, le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Moctar Ouane, a rappelé que la coopération féconde, dynamique et exemplaire qu’entretiennent la Chine et le Mali s’est renforcée au fil des ans par, entre autres, la réalisation de nombreuses infrastructures socio-économiques, dont les plus récentes sont constituées par la construction du 3e pont de Bamako, de l’hôpital du Mali, l’attribution de prêts préférentiels pour la réalisation de projets prioritaires tels que l’autoroute Bamako-Ségou, l’annulation de dettes pour un montant d’environ 23 milliards de CFA, le bénéfice du tarif zéro pour 442 types de produits d’exportation vers la Chine, la construction d’écoles rurales et de stades.
Au cours de ce lancement, la projection d’un film documentaire a été faite sur les grandes réalisations de la République populaire de Chine en Afrique depuis la session du Forum de coopération. Et aussi une exposition photos sur les différentes sessions du Forum de coopération Chine-Afrique.
Une conférence-débat sur le Forum ' historique, justification, enjeux et perspectives' a été animée par SEM. Zhang Guoqing, le Directeur de la Coopération internationale, Sambou Wagué, une équipe d’experts de la République populaire de Chine, un ancien boursier malien en Chine et un représentant du Club Conficius.
Bandiougou DIABATE
L’Indépendant du 13 octobre 2010
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La cérémonie de lancement des festivités commémoratives du 10e anniversaire du Forum sur la coopération Chine-Afrique a eu lieu hier mardi 12 octobre au Centre international des conférences de Bamako (CICB). Elle a été présidée par le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Moctar Ouane, en présence de l’Ambassadeur de la Chine au Mali, SEM. Zhang Guoquig, des membres du gouvernement et l’ex- Ambassadeur de la Chine au Mali, SE Liu Lide.
L’Ambassadeur de Chine au Mali a, dans son allocution, affirmé qu’il y a dix ans, l’Afrique et la Chine ont décidé de conjuguer leurs efforts en vue de promouvoir un partenariat stratégique de type nouveau fondé sur l’égalité, le respect mutuel, la solidarité ainsi que les relations économiques réciproquement avantageuses, à travers la mise en place du Forum de coopération Afrique-Chine.
Depuis, ce forum n’a cessé de s’affirmer sur la scène internationale comme un mécanisme efficace de dialogue, de concertation et de coopération dans les domaines politique, économique, commercial, culturel, scientifique et social. Profitant de l’occasion, SE Zhang Guoquig, a rappelé que le Mali est le premier pays à pendre cette initiative de célébrer les 10 ans de coopération Sino-africaine.
L’ex- Ambassadeur de Chine au Mali, SE Liu Lide a, quant à lui, déclaré que de Beijing à Sharm El-Sheikh, en passant par Addis-Abeba, le Forum de coopération Afrique-Chine n’a cessé d’enregistrer des résultats positifs avec, notamment, la mise en œuvre effective des engagements du Plan d’action d’Addis-Abeba (2004-2006) et de la Déclaration et du Plan d’action de Beijing (2007-2009).
Ainsi, de 2007 à 2010, le volume des échanges économiques entre la Chine et l’Afrique, qui était de l’ordre de 50 milliards de dollars américains, a dépassé les 100 milliards de dollars. 'De même, l’aide chinoise aux pays africains s’est accrue considérablement.
Les investissements chinois en Afrique ont enregistré une augmentation appréciable. Les Pays pauvres très endettés (PPTE) et les Pays les moins avancés (PMA) d’Afrique ont bénéficié de l’annulation d’une partie de leur dette ainsi que de l’exemption de droits de douane pour certains produits d’exportation vers la Chine' a ajouté l’ex- Ambassadeur de la Chine au Mali, SE Liu Lide.
Il a également souligné que la Chine a assuré également la formation de milliers d’étudiants et de cadres africains dans différents domaines, réalisé des infrastructures notamment des centres pilotes de techniques agricoles, des hôpitaux et des écoles rurales.
Pour sa part, le ministre des Affaires étrangères et de la coopération internationale, Moctar Ouane, a rappelé que la coopération féconde, dynamique et exemplaire qu’entretiennent la Chine et le Mali s’est renforcée au fil des ans par, entre autres, la réalisation de nombreuses infrastructures socio-économiques, dont les plus récentes sont constituées par la construction du 3e pont de Bamako, de l’hôpital du Mali, l’attribution de prêts préférentiels pour la réalisation de projets prioritaires tels que l’autoroute Bamako-Ségou, l’annulation de dettes pour un montant d’environ 23 milliards de CFA, le bénéfice du tarif zéro pour 442 types de produits d’exportation vers la Chine, la construction d’écoles rurales et de stades.
Au cours de ce lancement, la projection d’un film documentaire a été faite sur les grandes réalisations de la République populaire de Chine en Afrique depuis la session du Forum de coopération. Et aussi une exposition photos sur les différentes sessions du Forum de coopération Chine-Afrique.
Une conférence-débat sur le Forum ' historique, justification, enjeux et perspectives' a été animée par SEM. Zhang Guoqing, le Directeur de la Coopération internationale, Sambou Wagué, une équipe d’experts de la République populaire de Chine, un ancien boursier malien en Chine et un représentant du Club Conficius.
Bandiougou DIABATE
L’Indépendant du 13 octobre 2010
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La Chine en Afrique de l'Ouest - Chinafrique 中国非洲: Pour une idée générale et schématisée: la conclusion
La Chine en Afrique de l'Ouest - Chinafrique 中国非洲: Pour une idée générale et schématisée: la conclusion: "La Chinafrique est un thème qui provoque depuis le sommet de Beijing en 2006 bien des passions. Doutes, défiances, méfiances, suspicions voire jalousies d’un côté, espoirs, convictions et attentes de l’autre. Les représentations crées médiatiquement ou localement amènent déjà à une conclusion inattaquable et indubitable : la Chinafrique est hétérogène, complexe, et non simple et homogène comme certains esprits voudraient la présenter .
L’Afrique devient pour la Chine populaire, un accélérateur et un catalyseur des critiques et remontrances adressées par l’U.E. et les États-Unis. La Chine, acteur géopolitique et économique du XXIe siècle, est un de ces États ayant fait exploser et rendu caduque les théories du Nord, du Sud, des pays en voie de développement. Il existe donc des Suds, comme il existe des Nords. La Chine a surtout - et largement - contribué à ramener l’Afrique subsaharienne au centre de la géopolitique mondiale. L’Afrique a de la valeur se diront les Européens en voyant les promesses de dons, contrats et financements de Hu Jintao au discours de clôture du troisième sommet Chine-Afrique de 2006. Hu Jintao, Deng Xiaoping et Zhou Enlai auront été les trois principaux acteurs de ce retour fracassant et médiatisé sur sol africain. Le second indirectement, en incitant ses compatriotes à s’enrichir, le premier en redéfinissant la politique africaine. Le troisième enfin, grand amoureux du continent, aura été le premier à effectuer les devenues célèbres, tournées ou « périples » africains.
Historiquement, la Chine « communiste » et non-alignée n’a effectivement plus de conseils à apporter. Parlant de relation win-win, elle a conscience que la réalité économique dépasse l’idéologie prônée dans les années 1960. Les cinq principes évoqués dans ce partenariat sino-africain sont ardus à appliquer, dès lors que les enjeux géopolitiques et géostratégiques interviennent et pèsent dans la balance. La diversification énergétique et son approvisionnement étant la priorité non-déclarée du PCC, Pékin se distingue encore par ses nombreux dons et prêts sans intérêts aux caractères socio-économique indéniables et bénéfiques à la partie africaine. Les chemins de fer, les ports, les raffineries, les centrales thermiques, les ponts et barrages, sans oublier les hôpitaux et missions médicales, stades, réseaux téléphoniques ou Internet, sont et seront des infrastructures permettant le développement de ce continent marginalisé – et pourtant mondialisé. Paradoxalement, ces infrastructures chinoises aujourd’hui décriées, seront en partie les moyens dont se serviront les pays occidentaux pour placer leurs capitaux. L’Afrique n’est pas rentable, comment et pourquoi investir sur des territoires dépourvus de tout réseau routier et ferré… ? Ils sont « grâce » à la Chine présents ou en en construction, alors quelle excuse maintenant pour refuser l’engagement financier ?
Les flux financiers chinois sont parfois la seule solution trouvée par certains chefs d’États pour percevoir les investissements refusés par Washington, Paris, Londres et consoeurs. Les deux mille milliards de réserves dont dispose Pékin est l’un des facteurs déterminants de cette implantation. Ceci nous amène à des données improbables encore quelques années auparavant : le BTP en Algérie est à 80 % l’œuvre de la Chine ; 30 % du pétrole chinois provient du continent africain ; en une décennie, la Chine est devenue le troisième partenaire de l’Afrique, de peu derrière la France ; de 10 milliards en 2000, les échanges sino-africains atteindront les 100 milliards en 2010, etc.
Mais plus que globalement, c’est localement que se trouvent les éléments de réponse. Les sociétés chinoises sont dorénavant les meilleures entreprises selon le rapport qualité-prix. Cette réalité et réussite économique est possible par la main d’œuvre bon marché, les économies d’échelle et aides liées. Il faut là aussi éviter les amalgames entre les sociétés d’État, et sociétés privées, les premières recevant certaines aides étatiques, les secondes ayant plus une stratégie personnelle, propre, qu’une volonté d’ « envahir » le continent noir.
Contrairement aux relations franco-africaines, la relation s’est construite autant par le bas que par le haut. Cette spécificité peut d’ailleurs paraître incompréhensible, mais la Chinafrique est bien une création humaine, autant que politique. Le facteur politique justement n’est intervenu qu’après une longue pause. Les deux temps clés étant la conférence de Bandung et le premier sommet sino-africain de 2000.
Les acteurs de la Chinafrique, une spécificité inhérente à ce mémoire. Plus urbains que ruraux, et ceci est logique sur un continent encore sous-développé, ils sont présents dans l’ensemble des domaines économiques et/ou sociaux : habillement, médecine, alimentaire, agriculture, industrie, commerce, transports, télécommunications, pêche, génie civil bien entendu… Là encore, les contextes locaux et leurs particularités influencent les migrations chinoises, qui elles-mêmes influencent le contexte local. Le développement des communications par satellites et Internet jouent ici un rôle non-négligeable, les détaillants et commerçants chinois pouvant acheter de Dakar les marchandises que l’on retrouvera à Bamako, sur les bana-bana de la presqu’île du Cap-Vert, jusqu’aux villages reculés maliens, sénégalais ou mauritaniens.
Justement, ces détaillants implantés à Dakar et Bamako, sont distincts, par de nombreux éléments. À Bamako, ils ne sont pas majoritairement originaires du Henan – contrairement à Dakar – ne vivent pas dans ces échoppes ayant l’aspects de garages réhabilités, ne sont pas encore regroupés en un Chinamarket, n’amenant de fait que peu de représentations desservant la communauté chinoise malienne. Cependant, plus qu’à Dakar et à Nouakchott où d’ailleurs les ressortissants chinois sont essentiellement ou presque, des employés des grandes sociétés publiques et privées (BTP, pêche, télécommunications, énergie), les Chinois insérés dans la vie socio-économique malienne sont accusés (à raison) de beaucoup de maux inhérents à toute capitale : prostitution, trafic de drogue et corruption. Plus largement, les autochtones accusent les migrants asiatiques de non-adaptation au conditions locales (cultures, mode de vie, coutumes…), de ne jamais sous-traiter les projets aux entreprises locales, d’amener les ouvriers directement de Chine et donc de ne pas recruter sur place… J’ai par ailleurs décrit les représentations patronales quant à la présence des commerçants et chefs d’entreprises chinois. Vexés, perdant par cette concurrence une part non-négligeable de leur chiffre d’affaires, ils instrumentalisent certains groupes sociaux pour in fine les envoyer battre le pavé dakarois (et camerounais). D’autres manifestations revendiquant une augmentation du pouvoir d’achat (Mali) dégénèrent en saccages de boutiques chinoises : s’agit-il d’un sentiment xénophobe refoulé explosant avec la pression populaire ou une réelle représentation, un non-dit ? Un non-sens, ce sont ces vendeurs qui ont baissé par leur arrivée, le prix des produits non-alimentaires de consommation courante, pourquoi donc les attaquer et piller ? Ou simplement, une manifestation ayant dégénéré ?
Au Sénégal, la réponse est simple, la grève des commerçants sénégalo-libanais et sénégalais étant exclusivement une politique de rejet, destinée à faire remonter jusqu’à la présidence leurs revendications. Un patriotisme économique créant une dyssimétrie avec la fameuse teranga sénégalaise…
Une perspective amenant bien des interrogations : si des Chinatowns et Chinamarkets se créent dans toutes les capitales africaines, quelles seront les réactions ? Localement, elles seront bien entendu différentes, plus ou moins agressives. Quelles solutions pour des gouvernements parfois dépassés, ne maîtrisant pas les entrées et sorties territoriales ? Devront-ils imposer des postes de police comme au marché Congo de Douala au Cameroun ? Le regard international porté sur les relations sino-africaines n’en deviendra qu’autrement plus pesant… pour les deux parties.
Un de ces deux acteurs commence par ailleurs à faire remonter certaines critiques, certains désaccords. Une « relation inégale » selon Thabo Mbeki, des déceptions chinoises en Zambie, en Angola… Il est essentiel de comprendre ceci : les États africains doivent choisir et manoeuvrer la relation avec la Chine, plutôt que d’en subir les conséquences . Ils n’auront en définitive, que la relation qu’ils méritent. Ce besoin d’Afrique et de ses ressources ne doit pas recréer les ambivalences franco-africaines, ces rapports déséquilibrés voire de sujétion.
Si les deux mondes, chinois et « africains », ne sont pas si éloignés, les intérêts ne coïncident pas toujours ! La Chine aura besoin de ce continent pour assurer son développement effréné. L’Afrique elle, doit globalement prendre ses responsabilités : les universitaires et étudiants, souvent formés dans les meilleurs universités étasuniennes et européennes, doivent prendre à leur compte ces enjeux afin d’imposer cette constante dans toutes les présidences subsahariennes : exiger de tout partenaire des échanges de savoir-faire et techniques, ceci pour à moyen terme, investir massivement dans les secteurs publics, seuls secteurs à somme positive qui pourront réellement poser les bases d’un développement souhaité par la quasi-totalité, capitalistique… ou non.
À l’échelle nationale, soit, du Mali, de la Mauritanie et du Sénégal, les enjeux sont foncièrement les mêmes. Économiquement, politiquement, diplomatiquement, les relations avec la RPC ne sont pas les mêmes selon les États.
Le Mali a été l’un des premiers États africains à reconnaître Pékin et le régime maoïste. C’est aussi le cas dans l’autre sens, Pékin ayant rapidement reconnu Bamako après son indépendance. De cette relation privilégiée car basée sur des rapports de socialistes à socialistes, une coopération riche et nombreuse en projets est encore de nos jours en vigueur, malgré les virages politiques pris par les deux États. Les cogestions, représentation type de l’économie socialiste, aidèrent le Mali à amorcer une tentative d’industrialisation – impossible par le manque de personnel qualifié et de financements internes comme externes.
Les privatisations imposées par le « consensus de Washington » et les PAS auront déstructuré ces cogestions, en remerciant une dizaine de milliers de travailleurs et leurs familles, fixés sur des territoires à faible densité de population . N’idéalisant aucunement ces sociétés mixtes, les conditions de travail étant difficiles et précaires, ce furent tout de même des milliers d’emplois sacrifiés au nom de la libéralisation occidentale et de cette institution mondiale qui, finalement, annula une grande partie des dettes contactées – dont le but était pourtant de désendetter le Mali et d’encourager l’investissement étranger (les IDE)…
En Mauritanie aussi, la Chine s’est rapidement implantée . Seules cinq années auront suffit, après l’indépendance, pour trouver ce partenaire qui deviendra plus de quarante ans plus tard, son premier partenaire commercial, devant l’acteur régional historique qu’est la France. Le nombre de réalisations, l’hétérogénéité des secteurs économiques investis (ce qui est relatif pour un pays comme la RIM – la pêche ayant pérennisé l’implantation chinoise) et des domaines de coopération prouvent l’importance de l’implantation chinoise dans ce désert, à la frontière historico-culturelle de l’Afrique Noire et de l’Afrique Blanche. Si les ressortissants chinois sont aussi nombreux qu’au Sénégal (plus d’un millier), les commerçants se font rares et discrets. Trois raisons à ce phénomène exclusif dans les trois États étudiés, un contrôle strict par les Maures du commerce et un marché, faible en pouvoir d’achat et en nombre (3 millions d’habitants) n’incitant pas ou peu les Chinois à s’établir à Nouakchott ou à Nouadhibou. Enfin, les prêts ou ventes à crédits accordés aux compatriotes ne sont pas l’apanage des Chinois qui eux n’avancent pas ou presque.
Les sociétés chinoises, privées comme publiques, sont les réelles représentations locales de Pékin. Pour le PCC, la Mauritanie est avant tout le pays des grands projets, des grandes infrastructures. L’aéroport international, la présidence, une voie ferrée de 430 km, le port de l’Amitié… Étrangement, la majorité de ces projets sont en voie de réalisation chez le voisin du Sud, au Sénégal. Mais ce dernier, ayant publié les appels d’offres respectifs, a choisi des « sociétés arabes », de Dubaï ou Saoudiennes principalement, pour effectuer ces prestigieux complexes.
Au Sénégal donc, si les sociétés chinoises sont plus concurrencées qu’en Mauritanie ou au Mali, elles sont très implantées dans les deux secteurs clés, la pêche et le BTP. Depuis trois ans et le rétablissement des relations, la Chine populaire dépasse l’un après l’autre les partenaires commerciaux. Mais les échanges ne se sont pour autant pas arrêtés durant la parenthèse taiwanaise, la diplomatie est une chose, le commerce une autre. La France, de loin le partenaire le plus influent, s’inquiète de cette montée en puissance, en témoigne les études - impossibles à obtenir - sur le sujet. L’enjeu pour cet État sera de contrôler, plus ou moins officiellement, son Chinamarket. Source de tensions, conflits d’intérêts et de représentations exacerbées par certains acteurs économiques voire politiques, le boulevard du général Charles de Gaulle et son prolongement par le Sud, est maintenant connu jusque dans les villages maliens.
Le Mali et le Sénégal, pourtant extérieur au grand jeu inhérent aux matières premières, sont toutefois affiliés à cette relation globale Chine-Afrique. Les nombreuses comparaisons que possèdent ces trois États par rapport à la Chine (constructions d’infrastructures essentielles au développement, de bâtiments officiels et emblématiques, symboliques tels les Assemblées Nationales, les Centres Internationaux, les Stades, les Palais présidentiels…) seraient identiques au Cameroun, en Guinée…
Une chance pour l’Afrique subsaharienne qu’il ne faudra pas gâcher ? Un nouvel eldorado pour les investisseurs chinois, indiens, arabes et sud-américains ? Les présidences ont les cartes en main, et ne devront pas se laisser aveugler par les mannes distribuées. D’ailleurs, cette implantation chinoise reste encore fragile et récente. Ce « renouveau » chinois en Afrique doit être pris pour ce qu’il est : une relation politico-économique d’une décennie, après un relatif vide de trente années En réalité, une évolution de la coopération où les enjeux économiques prédominent. Les positions chinoises pourraient autrement se durcir, après plusieurs attentats et enlèvements, ou sérieux revers comme il en existe déjà.
La multiplicité des dynamiques et des acteurs, engendrés par la croissance économique nationale, crée une variété de réseaux et de stratégies. Dès lors, proposer une prospective est hasardeuse dans ces régions souffrant d’un déficit démocratique et de transparence.
Ce bailleur non-conventionné du continent fait évoluer sa politique africaine au rythme de son économie et de son développement, rapidement donc, mais surtout selon ses propres besoins internes.
Publié par La Chinafrique - Chine-Afrique à l'adresse 09:49
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L’Afrique devient pour la Chine populaire, un accélérateur et un catalyseur des critiques et remontrances adressées par l’U.E. et les États-Unis. La Chine, acteur géopolitique et économique du XXIe siècle, est un de ces États ayant fait exploser et rendu caduque les théories du Nord, du Sud, des pays en voie de développement. Il existe donc des Suds, comme il existe des Nords. La Chine a surtout - et largement - contribué à ramener l’Afrique subsaharienne au centre de la géopolitique mondiale. L’Afrique a de la valeur se diront les Européens en voyant les promesses de dons, contrats et financements de Hu Jintao au discours de clôture du troisième sommet Chine-Afrique de 2006. Hu Jintao, Deng Xiaoping et Zhou Enlai auront été les trois principaux acteurs de ce retour fracassant et médiatisé sur sol africain. Le second indirectement, en incitant ses compatriotes à s’enrichir, le premier en redéfinissant la politique africaine. Le troisième enfin, grand amoureux du continent, aura été le premier à effectuer les devenues célèbres, tournées ou « périples » africains.
Historiquement, la Chine « communiste » et non-alignée n’a effectivement plus de conseils à apporter. Parlant de relation win-win, elle a conscience que la réalité économique dépasse l’idéologie prônée dans les années 1960. Les cinq principes évoqués dans ce partenariat sino-africain sont ardus à appliquer, dès lors que les enjeux géopolitiques et géostratégiques interviennent et pèsent dans la balance. La diversification énergétique et son approvisionnement étant la priorité non-déclarée du PCC, Pékin se distingue encore par ses nombreux dons et prêts sans intérêts aux caractères socio-économique indéniables et bénéfiques à la partie africaine. Les chemins de fer, les ports, les raffineries, les centrales thermiques, les ponts et barrages, sans oublier les hôpitaux et missions médicales, stades, réseaux téléphoniques ou Internet, sont et seront des infrastructures permettant le développement de ce continent marginalisé – et pourtant mondialisé. Paradoxalement, ces infrastructures chinoises aujourd’hui décriées, seront en partie les moyens dont se serviront les pays occidentaux pour placer leurs capitaux. L’Afrique n’est pas rentable, comment et pourquoi investir sur des territoires dépourvus de tout réseau routier et ferré… ? Ils sont « grâce » à la Chine présents ou en en construction, alors quelle excuse maintenant pour refuser l’engagement financier ?
Les flux financiers chinois sont parfois la seule solution trouvée par certains chefs d’États pour percevoir les investissements refusés par Washington, Paris, Londres et consoeurs. Les deux mille milliards de réserves dont dispose Pékin est l’un des facteurs déterminants de cette implantation. Ceci nous amène à des données improbables encore quelques années auparavant : le BTP en Algérie est à 80 % l’œuvre de la Chine ; 30 % du pétrole chinois provient du continent africain ; en une décennie, la Chine est devenue le troisième partenaire de l’Afrique, de peu derrière la France ; de 10 milliards en 2000, les échanges sino-africains atteindront les 100 milliards en 2010, etc.
Mais plus que globalement, c’est localement que se trouvent les éléments de réponse. Les sociétés chinoises sont dorénavant les meilleures entreprises selon le rapport qualité-prix. Cette réalité et réussite économique est possible par la main d’œuvre bon marché, les économies d’échelle et aides liées. Il faut là aussi éviter les amalgames entre les sociétés d’État, et sociétés privées, les premières recevant certaines aides étatiques, les secondes ayant plus une stratégie personnelle, propre, qu’une volonté d’ « envahir » le continent noir.
Contrairement aux relations franco-africaines, la relation s’est construite autant par le bas que par le haut. Cette spécificité peut d’ailleurs paraître incompréhensible, mais la Chinafrique est bien une création humaine, autant que politique. Le facteur politique justement n’est intervenu qu’après une longue pause. Les deux temps clés étant la conférence de Bandung et le premier sommet sino-africain de 2000.
Les acteurs de la Chinafrique, une spécificité inhérente à ce mémoire. Plus urbains que ruraux, et ceci est logique sur un continent encore sous-développé, ils sont présents dans l’ensemble des domaines économiques et/ou sociaux : habillement, médecine, alimentaire, agriculture, industrie, commerce, transports, télécommunications, pêche, génie civil bien entendu… Là encore, les contextes locaux et leurs particularités influencent les migrations chinoises, qui elles-mêmes influencent le contexte local. Le développement des communications par satellites et Internet jouent ici un rôle non-négligeable, les détaillants et commerçants chinois pouvant acheter de Dakar les marchandises que l’on retrouvera à Bamako, sur les bana-bana de la presqu’île du Cap-Vert, jusqu’aux villages reculés maliens, sénégalais ou mauritaniens.
Justement, ces détaillants implantés à Dakar et Bamako, sont distincts, par de nombreux éléments. À Bamako, ils ne sont pas majoritairement originaires du Henan – contrairement à Dakar – ne vivent pas dans ces échoppes ayant l’aspects de garages réhabilités, ne sont pas encore regroupés en un Chinamarket, n’amenant de fait que peu de représentations desservant la communauté chinoise malienne. Cependant, plus qu’à Dakar et à Nouakchott où d’ailleurs les ressortissants chinois sont essentiellement ou presque, des employés des grandes sociétés publiques et privées (BTP, pêche, télécommunications, énergie), les Chinois insérés dans la vie socio-économique malienne sont accusés (à raison) de beaucoup de maux inhérents à toute capitale : prostitution, trafic de drogue et corruption. Plus largement, les autochtones accusent les migrants asiatiques de non-adaptation au conditions locales (cultures, mode de vie, coutumes…), de ne jamais sous-traiter les projets aux entreprises locales, d’amener les ouvriers directement de Chine et donc de ne pas recruter sur place… J’ai par ailleurs décrit les représentations patronales quant à la présence des commerçants et chefs d’entreprises chinois. Vexés, perdant par cette concurrence une part non-négligeable de leur chiffre d’affaires, ils instrumentalisent certains groupes sociaux pour in fine les envoyer battre le pavé dakarois (et camerounais). D’autres manifestations revendiquant une augmentation du pouvoir d’achat (Mali) dégénèrent en saccages de boutiques chinoises : s’agit-il d’un sentiment xénophobe refoulé explosant avec la pression populaire ou une réelle représentation, un non-dit ? Un non-sens, ce sont ces vendeurs qui ont baissé par leur arrivée, le prix des produits non-alimentaires de consommation courante, pourquoi donc les attaquer et piller ? Ou simplement, une manifestation ayant dégénéré ?
Au Sénégal, la réponse est simple, la grève des commerçants sénégalo-libanais et sénégalais étant exclusivement une politique de rejet, destinée à faire remonter jusqu’à la présidence leurs revendications. Un patriotisme économique créant une dyssimétrie avec la fameuse teranga sénégalaise…
Une perspective amenant bien des interrogations : si des Chinatowns et Chinamarkets se créent dans toutes les capitales africaines, quelles seront les réactions ? Localement, elles seront bien entendu différentes, plus ou moins agressives. Quelles solutions pour des gouvernements parfois dépassés, ne maîtrisant pas les entrées et sorties territoriales ? Devront-ils imposer des postes de police comme au marché Congo de Douala au Cameroun ? Le regard international porté sur les relations sino-africaines n’en deviendra qu’autrement plus pesant… pour les deux parties.
Un de ces deux acteurs commence par ailleurs à faire remonter certaines critiques, certains désaccords. Une « relation inégale » selon Thabo Mbeki, des déceptions chinoises en Zambie, en Angola… Il est essentiel de comprendre ceci : les États africains doivent choisir et manoeuvrer la relation avec la Chine, plutôt que d’en subir les conséquences . Ils n’auront en définitive, que la relation qu’ils méritent. Ce besoin d’Afrique et de ses ressources ne doit pas recréer les ambivalences franco-africaines, ces rapports déséquilibrés voire de sujétion.
Si les deux mondes, chinois et « africains », ne sont pas si éloignés, les intérêts ne coïncident pas toujours ! La Chine aura besoin de ce continent pour assurer son développement effréné. L’Afrique elle, doit globalement prendre ses responsabilités : les universitaires et étudiants, souvent formés dans les meilleurs universités étasuniennes et européennes, doivent prendre à leur compte ces enjeux afin d’imposer cette constante dans toutes les présidences subsahariennes : exiger de tout partenaire des échanges de savoir-faire et techniques, ceci pour à moyen terme, investir massivement dans les secteurs publics, seuls secteurs à somme positive qui pourront réellement poser les bases d’un développement souhaité par la quasi-totalité, capitalistique… ou non.
À l’échelle nationale, soit, du Mali, de la Mauritanie et du Sénégal, les enjeux sont foncièrement les mêmes. Économiquement, politiquement, diplomatiquement, les relations avec la RPC ne sont pas les mêmes selon les États.
Le Mali a été l’un des premiers États africains à reconnaître Pékin et le régime maoïste. C’est aussi le cas dans l’autre sens, Pékin ayant rapidement reconnu Bamako après son indépendance. De cette relation privilégiée car basée sur des rapports de socialistes à socialistes, une coopération riche et nombreuse en projets est encore de nos jours en vigueur, malgré les virages politiques pris par les deux États. Les cogestions, représentation type de l’économie socialiste, aidèrent le Mali à amorcer une tentative d’industrialisation – impossible par le manque de personnel qualifié et de financements internes comme externes.
Les privatisations imposées par le « consensus de Washington » et les PAS auront déstructuré ces cogestions, en remerciant une dizaine de milliers de travailleurs et leurs familles, fixés sur des territoires à faible densité de population . N’idéalisant aucunement ces sociétés mixtes, les conditions de travail étant difficiles et précaires, ce furent tout de même des milliers d’emplois sacrifiés au nom de la libéralisation occidentale et de cette institution mondiale qui, finalement, annula une grande partie des dettes contactées – dont le but était pourtant de désendetter le Mali et d’encourager l’investissement étranger (les IDE)…
En Mauritanie aussi, la Chine s’est rapidement implantée . Seules cinq années auront suffit, après l’indépendance, pour trouver ce partenaire qui deviendra plus de quarante ans plus tard, son premier partenaire commercial, devant l’acteur régional historique qu’est la France. Le nombre de réalisations, l’hétérogénéité des secteurs économiques investis (ce qui est relatif pour un pays comme la RIM – la pêche ayant pérennisé l’implantation chinoise) et des domaines de coopération prouvent l’importance de l’implantation chinoise dans ce désert, à la frontière historico-culturelle de l’Afrique Noire et de l’Afrique Blanche. Si les ressortissants chinois sont aussi nombreux qu’au Sénégal (plus d’un millier), les commerçants se font rares et discrets. Trois raisons à ce phénomène exclusif dans les trois États étudiés, un contrôle strict par les Maures du commerce et un marché, faible en pouvoir d’achat et en nombre (3 millions d’habitants) n’incitant pas ou peu les Chinois à s’établir à Nouakchott ou à Nouadhibou. Enfin, les prêts ou ventes à crédits accordés aux compatriotes ne sont pas l’apanage des Chinois qui eux n’avancent pas ou presque.
Les sociétés chinoises, privées comme publiques, sont les réelles représentations locales de Pékin. Pour le PCC, la Mauritanie est avant tout le pays des grands projets, des grandes infrastructures. L’aéroport international, la présidence, une voie ferrée de 430 km, le port de l’Amitié… Étrangement, la majorité de ces projets sont en voie de réalisation chez le voisin du Sud, au Sénégal. Mais ce dernier, ayant publié les appels d’offres respectifs, a choisi des « sociétés arabes », de Dubaï ou Saoudiennes principalement, pour effectuer ces prestigieux complexes.
Au Sénégal donc, si les sociétés chinoises sont plus concurrencées qu’en Mauritanie ou au Mali, elles sont très implantées dans les deux secteurs clés, la pêche et le BTP. Depuis trois ans et le rétablissement des relations, la Chine populaire dépasse l’un après l’autre les partenaires commerciaux. Mais les échanges ne se sont pour autant pas arrêtés durant la parenthèse taiwanaise, la diplomatie est une chose, le commerce une autre. La France, de loin le partenaire le plus influent, s’inquiète de cette montée en puissance, en témoigne les études - impossibles à obtenir - sur le sujet. L’enjeu pour cet État sera de contrôler, plus ou moins officiellement, son Chinamarket. Source de tensions, conflits d’intérêts et de représentations exacerbées par certains acteurs économiques voire politiques, le boulevard du général Charles de Gaulle et son prolongement par le Sud, est maintenant connu jusque dans les villages maliens.
Le Mali et le Sénégal, pourtant extérieur au grand jeu inhérent aux matières premières, sont toutefois affiliés à cette relation globale Chine-Afrique. Les nombreuses comparaisons que possèdent ces trois États par rapport à la Chine (constructions d’infrastructures essentielles au développement, de bâtiments officiels et emblématiques, symboliques tels les Assemblées Nationales, les Centres Internationaux, les Stades, les Palais présidentiels…) seraient identiques au Cameroun, en Guinée…
Une chance pour l’Afrique subsaharienne qu’il ne faudra pas gâcher ? Un nouvel eldorado pour les investisseurs chinois, indiens, arabes et sud-américains ? Les présidences ont les cartes en main, et ne devront pas se laisser aveugler par les mannes distribuées. D’ailleurs, cette implantation chinoise reste encore fragile et récente. Ce « renouveau » chinois en Afrique doit être pris pour ce qu’il est : une relation politico-économique d’une décennie, après un relatif vide de trente années En réalité, une évolution de la coopération où les enjeux économiques prédominent. Les positions chinoises pourraient autrement se durcir, après plusieurs attentats et enlèvements, ou sérieux revers comme il en existe déjà.
La multiplicité des dynamiques et des acteurs, engendrés par la croissance économique nationale, crée une variété de réseaux et de stratégies. Dès lors, proposer une prospective est hasardeuse dans ces régions souffrant d’un déficit démocratique et de transparence.
Ce bailleur non-conventionné du continent fait évoluer sa politique africaine au rythme de son économie et de son développement, rapidement donc, mais surtout selon ses propres besoins internes.
Publié par La Chinafrique - Chine-Afrique à l'adresse 09:49
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Entretien avec l’Ambassadeur de la République Populaire de Chine près le Bénin: « La Chine ne vient pas dépouiller l’Afrique de ses ressources »
Entretien avec l’Ambassadeur de la République Populaire de Chine près le Bénin: « La Chine ne vient pas dépouiller l’Afrique de ses ressources »: "A la veille de la célébration de la fête de l’indépendance de la République populaire de Chine, notre confrère, le Quotidien ‘’24 Heures au Bénin’’ a échangé avec son Excellence Geng Wenbing, Ambassadeur de la République Populaire de Chine près le Bénin. Dans l’interview qu’il lui a accordée, le diplomate chinois n’a pas tenu la langue du bois. Il a fait le point de la coopération Sino-Béninoise, les relations entre son pays et les Etats-Africains, ainsi que les raisons profondes qui justifient le développement spectaculaire de sa nation etc…Lecture.
‘’24 Heures au Bénin’’ : Il y a soixante et un ans, après l’indépendance de la Chine, votre pays s’est éveillé et le monde est en train de trembler. Quels sont les fondements de cette puissance Excellence Monsieur l’Ambassadeur ?
Geng Wenbing : Nous n’apprécions pas cette expression. Mais l’image que vous êtes en train de donner remonte au XIXème siècle quand la Chine était confrontée à la domination des puissances européennes. Pendant cette époque, la Chine a été attaquée et soumise à l’ouverture vers l’Europe. La Nation chinoise a subi toutes sortes d’épreuves telles que les invasions et pillages. Après la guerre de libération et l’indépendance, la Chine a commencé son développement par lequel elle contribue énormément à l’humanité. Par exemple, la contribution de la Chine à l’économie mondiale l’année dernière est de 23% et cette année elle tire vers 30%. Il ne faut donc pas voir le développement de la Chine comme une menace. Ce n’est pas par la colonisation ni par la pression que la Chine se développe. Bien au contraire, le développement de la Chine se fait de façon pacifique. D’ailleurs, la Chine n’a jamais agressé qui que ce soit. Bien au contraire, elle a été plusieurs fois attaquée par des forces étrangères. Parce qu’elle a été faible plusieurs décennies durant. Donc, l’expression doit être quand la Chine s’éveillera, le monde s’émerveillera et non tremblera comme le laisse entendre un adage bien connu. A partir de ce moment, la Chine a beaucoup plus de responsabilités. Déjà, elle apporte beaucoup au pays en voie de développement.
Excellence, à partir des explications que vous venez de donner, la Chine est-elle une puissance en devenir ou déjà une puissance mondiale ?
La Chine reste toujours un pays en développement. Nous détenons actuellement la plus grande réserve en devises étrangères. Nous sommes également la 2e économie mondiale. Mais au même moment, nous avons aussi la plus grande population dont le niveau de vie n’est pas encore satisfaisant. La population chinoise est estimée à 1 milliard 400 millions d’habitants dont il faut assurer les conditions de vie. Nourrir, loger, éduquer soigner… une telle population n’est pas chose aisée. Il faut donc voir autrement la Chine qui a un long chemin à parcourir pour devenir un pays puissant.
Contrairement aux autres puissances, la Chine a développé un partenariat appelé « gagnant-gagnant ». Expliquez nous Excellence, les contours de cette approche diplomatique.
La Chine se développe de façon différente des autres pays. Nous suivons la voie du développement pacifique et sur cette base nous proposons une perspective de coopération afin que les pays africains qui sont en relation avec nous trouvent leurs comptes. Cette option a été prise depuis la période des indépendances des pays africains, malgré que la Chine fût un pays économiquement faible. Depuis cette période, la Chine faisait de son mieux pour aider les pays africains sans rien demander en retour. Maintenant, avec le développement que la Chine a connu ses dernières années, elle a plus de moyens pour venir en aide à l’Afrique et surtout discuter avec ses amis de leur développement endogène. Alors la politique chinoise consiste à trouver des solutions d’aide au développement. C’est pourquoi, nous parlons de partenariat gagnant-gagnant. La Chine ne vient pas dépouiller l’Afrique de ses ressources. Prenons le cas du Bénin, où on se demande pourquoi la Chine est partout ? Il faut plutôt chercher à savoir ce que la Chine apporte au Bénin depuis 1972. Quand on parle du Palais des congrès, du stade de l’amitié, des hôpitaux, des écoles etc… vous voyez la Chine. Je crois vraiment que c’est un partenariat « gagnant-gagnant » puisque c’est une coopération de développement avec le respect mutuel des engagements. S’il n’y a pas d’accords préalables, on ne s’engage pas. La Chine ne vient pas pour imposer ses points de vue. En tant qu’ambassadeur, nous n’avons jamais dit on va faire quoi que se soit en posant des conditions.
Excellence, si on vous suit, la coopération sino béninoise doit-être fructueuse. Pouvez-vous nous faire le point de cette coopération ?
Nous pouvons déjà vous dire qu’il n’y a pas de domaine où la Chine ne coopère pas avec le Bénin. Sur le plan politique, nous avons de très bonnes relations, la confiance y est. Sur le plan économique, la Chine est la première exportatrice vers le Bénin en matière de produits commerciaux. Sur le plan infrastructurel, nous avons beaucoup de projets. La construction d’un échangeur est en cours, nous avons construit des écoles sans oublier l’hôpital de Parakou et le Centre de Pilote Agricole qui sont achevés. Mais cela n’a pas fonctionné comme on le souhaitait. Il manque des équipements. Nous avons entamé des discussions pour équiper ces hôpitaux. Souvent, les équipements sont mal exploités. Mais nous allons continuer à fournir d’équipements, ensuite former les médecins à l’usage de ces équipements. Sur d’autres plans, la Chine n’est pas en reste. Les étudiants béninois en médecine qui sont en formation en Chine dès leur retour pourront travailler dans ces hôpitaux. Quant à la construction du lycée, nous avons rencontré le ministre de l’Enseignement secondaire pour qu’on nous donne un domaine. Nous allons construire le meilleur lycée moderne du Bénin. Nous discuterons également avec le ministre de l’Agriculture, pour créer une compagnie mixte dans le domaine de l’agriculture afin d’échanger et de former les agriculteurs. La formation est très importante. Le problème au Bénin est que le rendement de la production est trop bas. C’est le cas par exemple du maïs. Il faut donc former les paysans pour que le rendement soit plus important. Tout cela nous tient à cœur.
Tous ces secteurs d’activités sont-ils prioritaires Excellence où il y en a qui se démarquent ?
Franchement parlant, nous ne négligeons aucun secteur. Mais nous mettons un accent particulier sur certains domaines comme l’agriculture, la santé à travers les hôpitaux. C’est pour dire que notre priorité reste l’amélioration du niveau de vie de la population béninoise. Mais cela ne nous empêche pas d’intervenir dans les autres secteurs.
Malgré la qualité de la coopération, Excellence, n’y a-t-il pas des sujets à polémique, des sujets qui fâchent entre les deux pays ?
C’est vrai, il y a beaucoup de choses à faire. Et quand on travaille beaucoup comme dans le cadre de la coopération sino-béninoise, il y a toujours des problèmes. Des Béninois n’ont souvent pas bien compris les raisons de notre présence, Pour cela, ils posent souvent des conditions avant d’accueillir les investissements étrangers. Il y a souvent des gens qui ont peur et qui ne veulent pas coopérer. Ils se posent la question : « Pourquoi la Chine vient investir chez nous ? » Ce sont des questions un peu bizarres. Pour nous, l’objectif est le développement. Le monde entier doit aider les pays Africains. Dès qu’il y a un projet d’investissement, on pose des conditions ridicules. Les hommes d’affaires chinois attendent et souvent n’ont pas de suite. Dans ces conditions, ils sont obligés de repartir.
Excellence est-ce que votre orientation politique qui diffère de la nôtre ne constitue pas pour vous un handicap ?
Nous, nous ne sommes pas là pour critiquer la démocratie béninoise. D’une façon ou d’une autre, notre système politique est différent. Quand on descend dans les rues, ce n’est pas cela la démocratie. Il faut comprendre, ce qu’on met dans la démocratie. Le Bénin a évolué avec son système politique. C’est à apprécier. Chez nous en Chine, il y a aussi la démocratie, mais différente, c’est une démocratie dans l’ordre. Nous en sommes fiers. C’est avec ce système que nous avons engagé les réformes économiques. Et les résultats de la Chine sur tous les plans sont là.
Vous avez quelques griefs contre la presse béninoise qui a mis en doute la qualité des médicaments que vous nous avez offerts. Qu’en est-il exactement Excellence ?
Ce n’est pas tout à fait cela. Mais il s’agit des articles qui ont été écrits à propos des centres de médecine traditionnelle chinoise. Où on a parlé de faux médicaments chinois. Le gouvernement chinois avait décidé de fournir chaque année près de 225 millions de F CFA de médicaments au Bénin. Au début, les dons ont été acceptés, mais on nous dit après que ces médicaments ne sont pas connus mondialement. Au même moment, il y a des laboratoires au Bénin qui reprennent les médicaments chinois. Il y a des Béninois qui ont appris la médecine traditionnelle chinoise et qui la pratiquent. Donc il y a eu une mauvaise information à ce niveau. Voilà la substance de l’information. Nous ne sommes pas fâchés, car Il y a des journaux qui font bien leur travail contrairement à d’autres. Pour cela, il n’est pas normal qu’après des fausses informations de certains journaux, qu’on accable tout le monde surtout ceux qui font bien le travail.
A propos de ce dossier, d’après nos investigations, la Chine aurait suspendu les dons de médicaments au Bénin.
Nous n’avons pas cessé les dons de médicaments, mais nous sommes en train de revoir comment faire pour améliorer. Ce n’est pas que le Bénin qui reçoit les médicaments chinois. Nous envisageons prochainement de faire venir les experts chinois pour former les médecins sur l’usage des médicaments chinois. Pour que les Béninois acceptent les médicaments chinois.
Donc l’avenir de la coopération sino-béninoise est reluisant ?
Nous sommes confiants pour la coopération sino-béninoise. Le Bénin va se développer tôt ou tard. Et la coopération sino-béninoise va s’améliorer.
Propos recueillis par Titus Folly et Judicaël ZOHOUN
Lundi 18 Octobre 2010 - 17:04
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‘’24 Heures au Bénin’’ : Il y a soixante et un ans, après l’indépendance de la Chine, votre pays s’est éveillé et le monde est en train de trembler. Quels sont les fondements de cette puissance Excellence Monsieur l’Ambassadeur ?
Geng Wenbing : Nous n’apprécions pas cette expression. Mais l’image que vous êtes en train de donner remonte au XIXème siècle quand la Chine était confrontée à la domination des puissances européennes. Pendant cette époque, la Chine a été attaquée et soumise à l’ouverture vers l’Europe. La Nation chinoise a subi toutes sortes d’épreuves telles que les invasions et pillages. Après la guerre de libération et l’indépendance, la Chine a commencé son développement par lequel elle contribue énormément à l’humanité. Par exemple, la contribution de la Chine à l’économie mondiale l’année dernière est de 23% et cette année elle tire vers 30%. Il ne faut donc pas voir le développement de la Chine comme une menace. Ce n’est pas par la colonisation ni par la pression que la Chine se développe. Bien au contraire, le développement de la Chine se fait de façon pacifique. D’ailleurs, la Chine n’a jamais agressé qui que ce soit. Bien au contraire, elle a été plusieurs fois attaquée par des forces étrangères. Parce qu’elle a été faible plusieurs décennies durant. Donc, l’expression doit être quand la Chine s’éveillera, le monde s’émerveillera et non tremblera comme le laisse entendre un adage bien connu. A partir de ce moment, la Chine a beaucoup plus de responsabilités. Déjà, elle apporte beaucoup au pays en voie de développement.
Excellence, à partir des explications que vous venez de donner, la Chine est-elle une puissance en devenir ou déjà une puissance mondiale ?
La Chine reste toujours un pays en développement. Nous détenons actuellement la plus grande réserve en devises étrangères. Nous sommes également la 2e économie mondiale. Mais au même moment, nous avons aussi la plus grande population dont le niveau de vie n’est pas encore satisfaisant. La population chinoise est estimée à 1 milliard 400 millions d’habitants dont il faut assurer les conditions de vie. Nourrir, loger, éduquer soigner… une telle population n’est pas chose aisée. Il faut donc voir autrement la Chine qui a un long chemin à parcourir pour devenir un pays puissant.
Contrairement aux autres puissances, la Chine a développé un partenariat appelé « gagnant-gagnant ». Expliquez nous Excellence, les contours de cette approche diplomatique.
La Chine se développe de façon différente des autres pays. Nous suivons la voie du développement pacifique et sur cette base nous proposons une perspective de coopération afin que les pays africains qui sont en relation avec nous trouvent leurs comptes. Cette option a été prise depuis la période des indépendances des pays africains, malgré que la Chine fût un pays économiquement faible. Depuis cette période, la Chine faisait de son mieux pour aider les pays africains sans rien demander en retour. Maintenant, avec le développement que la Chine a connu ses dernières années, elle a plus de moyens pour venir en aide à l’Afrique et surtout discuter avec ses amis de leur développement endogène. Alors la politique chinoise consiste à trouver des solutions d’aide au développement. C’est pourquoi, nous parlons de partenariat gagnant-gagnant. La Chine ne vient pas dépouiller l’Afrique de ses ressources. Prenons le cas du Bénin, où on se demande pourquoi la Chine est partout ? Il faut plutôt chercher à savoir ce que la Chine apporte au Bénin depuis 1972. Quand on parle du Palais des congrès, du stade de l’amitié, des hôpitaux, des écoles etc… vous voyez la Chine. Je crois vraiment que c’est un partenariat « gagnant-gagnant » puisque c’est une coopération de développement avec le respect mutuel des engagements. S’il n’y a pas d’accords préalables, on ne s’engage pas. La Chine ne vient pas pour imposer ses points de vue. En tant qu’ambassadeur, nous n’avons jamais dit on va faire quoi que se soit en posant des conditions.
Excellence, si on vous suit, la coopération sino béninoise doit-être fructueuse. Pouvez-vous nous faire le point de cette coopération ?
Nous pouvons déjà vous dire qu’il n’y a pas de domaine où la Chine ne coopère pas avec le Bénin. Sur le plan politique, nous avons de très bonnes relations, la confiance y est. Sur le plan économique, la Chine est la première exportatrice vers le Bénin en matière de produits commerciaux. Sur le plan infrastructurel, nous avons beaucoup de projets. La construction d’un échangeur est en cours, nous avons construit des écoles sans oublier l’hôpital de Parakou et le Centre de Pilote Agricole qui sont achevés. Mais cela n’a pas fonctionné comme on le souhaitait. Il manque des équipements. Nous avons entamé des discussions pour équiper ces hôpitaux. Souvent, les équipements sont mal exploités. Mais nous allons continuer à fournir d’équipements, ensuite former les médecins à l’usage de ces équipements. Sur d’autres plans, la Chine n’est pas en reste. Les étudiants béninois en médecine qui sont en formation en Chine dès leur retour pourront travailler dans ces hôpitaux. Quant à la construction du lycée, nous avons rencontré le ministre de l’Enseignement secondaire pour qu’on nous donne un domaine. Nous allons construire le meilleur lycée moderne du Bénin. Nous discuterons également avec le ministre de l’Agriculture, pour créer une compagnie mixte dans le domaine de l’agriculture afin d’échanger et de former les agriculteurs. La formation est très importante. Le problème au Bénin est que le rendement de la production est trop bas. C’est le cas par exemple du maïs. Il faut donc former les paysans pour que le rendement soit plus important. Tout cela nous tient à cœur.
Tous ces secteurs d’activités sont-ils prioritaires Excellence où il y en a qui se démarquent ?
Franchement parlant, nous ne négligeons aucun secteur. Mais nous mettons un accent particulier sur certains domaines comme l’agriculture, la santé à travers les hôpitaux. C’est pour dire que notre priorité reste l’amélioration du niveau de vie de la population béninoise. Mais cela ne nous empêche pas d’intervenir dans les autres secteurs.
Malgré la qualité de la coopération, Excellence, n’y a-t-il pas des sujets à polémique, des sujets qui fâchent entre les deux pays ?
C’est vrai, il y a beaucoup de choses à faire. Et quand on travaille beaucoup comme dans le cadre de la coopération sino-béninoise, il y a toujours des problèmes. Des Béninois n’ont souvent pas bien compris les raisons de notre présence, Pour cela, ils posent souvent des conditions avant d’accueillir les investissements étrangers. Il y a souvent des gens qui ont peur et qui ne veulent pas coopérer. Ils se posent la question : « Pourquoi la Chine vient investir chez nous ? » Ce sont des questions un peu bizarres. Pour nous, l’objectif est le développement. Le monde entier doit aider les pays Africains. Dès qu’il y a un projet d’investissement, on pose des conditions ridicules. Les hommes d’affaires chinois attendent et souvent n’ont pas de suite. Dans ces conditions, ils sont obligés de repartir.
Excellence est-ce que votre orientation politique qui diffère de la nôtre ne constitue pas pour vous un handicap ?
Nous, nous ne sommes pas là pour critiquer la démocratie béninoise. D’une façon ou d’une autre, notre système politique est différent. Quand on descend dans les rues, ce n’est pas cela la démocratie. Il faut comprendre, ce qu’on met dans la démocratie. Le Bénin a évolué avec son système politique. C’est à apprécier. Chez nous en Chine, il y a aussi la démocratie, mais différente, c’est une démocratie dans l’ordre. Nous en sommes fiers. C’est avec ce système que nous avons engagé les réformes économiques. Et les résultats de la Chine sur tous les plans sont là.
Vous avez quelques griefs contre la presse béninoise qui a mis en doute la qualité des médicaments que vous nous avez offerts. Qu’en est-il exactement Excellence ?
Ce n’est pas tout à fait cela. Mais il s’agit des articles qui ont été écrits à propos des centres de médecine traditionnelle chinoise. Où on a parlé de faux médicaments chinois. Le gouvernement chinois avait décidé de fournir chaque année près de 225 millions de F CFA de médicaments au Bénin. Au début, les dons ont été acceptés, mais on nous dit après que ces médicaments ne sont pas connus mondialement. Au même moment, il y a des laboratoires au Bénin qui reprennent les médicaments chinois. Il y a des Béninois qui ont appris la médecine traditionnelle chinoise et qui la pratiquent. Donc il y a eu une mauvaise information à ce niveau. Voilà la substance de l’information. Nous ne sommes pas fâchés, car Il y a des journaux qui font bien leur travail contrairement à d’autres. Pour cela, il n’est pas normal qu’après des fausses informations de certains journaux, qu’on accable tout le monde surtout ceux qui font bien le travail.
A propos de ce dossier, d’après nos investigations, la Chine aurait suspendu les dons de médicaments au Bénin.
Nous n’avons pas cessé les dons de médicaments, mais nous sommes en train de revoir comment faire pour améliorer. Ce n’est pas que le Bénin qui reçoit les médicaments chinois. Nous envisageons prochainement de faire venir les experts chinois pour former les médecins sur l’usage des médicaments chinois. Pour que les Béninois acceptent les médicaments chinois.
Donc l’avenir de la coopération sino-béninoise est reluisant ?
Nous sommes confiants pour la coopération sino-béninoise. Le Bénin va se développer tôt ou tard. Et la coopération sino-béninoise va s’améliorer.
Propos recueillis par Titus Folly et Judicaël ZOHOUN
Lundi 18 Octobre 2010 - 17:04
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L'Indépendant - Editorial - L’Asie conquiert l’Afrique
L'Indépendant - Editorial - L’Asie conquiert l’Afrique: "Les Européens ont colonisé l’Afrique grâce au fer et au feu. Ils ont fait couler le sang, les larmes et la sueur des populations africaines. Aujourd’hui, la République populaire de Chine se lance à la conquête du continent noir. La différence avec l’Europe, c’est que la Chine use de sa diplomatie, de sa coopération et des échanges mutuellement avantageux. Il n’y a pas de doute que l’Asie, c’est-à-dire la Chine, l’Inde et le Japon va supplanter l’Europe en Afrique. Ce n’est pas dans l’intérêt de l’Afrique de dédaigner ses relations avec ce continent qui totalise à lui seul plus de la moitié des habitants de la planète pour s’acoquiner avec l’Europe, un continent en déclin sur de nombreux plans. C’est une politique de courte vue que de négliger la Chine au profit d’un autre pays. De la période de l’Esclavage ou Commerce triangulaire qui est un crime que contre l’humanité, en passant par la colonisation, les Européens ont soumis les Africains par le fusil, le couteau et la cravache. La Chine qui sort à peine du sous-développement vient à l’Afrique les mains chargées des principes de la coopération et non des mains portant le sabre, l’arquebuse et le goupillon. Elle vient pour instaurer une coopération d’égal à égal, mais non avec des fers pour assujettir. La querelle née en 1949 entre la Chine et sa province rebelle Taiwan ne doit pas préoccuper outre mesure les Africains. Car que feront-ils le jour où Taiwan rejoindra le giron maternel ? Qu’on pense à l’exemple de la République Fédérale d’Allemagne (RFA) et de la République démocratique allemande (RDA). Le régime communiste qui est installé à Pékin actuellement n’est en aucun cas un obstacle à la réunification des deux entités. Le cas de Hong Kong est là pour le prouver. Là où les héritiers de Konrad Adeneaur et Henric Honeker ont réussi, ceux de Mao Zedoung et Tankei Tchek peuvent aussi réussir. C’est une question de temps. Qui pouvait, il y a vingt ans prévoir que l’Union des Républiques Socialistes Soviétiques allait disparaître ? L’avenir aujourd’hui appartient à la République populaire de Chine. Le président de la République populaire de Chine, M. Hu Jintao a entrepris depuis le 23 avril une tournée en Afrique. Le dirigeant du pays le plus peuplé du monde, 1,309 milliard d’habitants a visité le Maroc, le Nigeria et le Kenya. Il faut rappeler qu’à la fin du mois dernier, M. Hu Jintao avait effectué une visite officielle en Algérie. C’est le deuxième voyage de Hu Jintao en Afrique. Qu’est-ce qui attire la Chine populaire en Afrique ? Qu’attend Pékin de cette offensive diplomatique sur le continent noir ? Que veut la Chine populaire ? La République populaire de Chine est un pays émergeant. Par sa vitalité et son dynamisme, l’économie chinoise occupe aujourd’hui le quatrième rang mondial. La croissance annuelle de son PIB est à deux chiffres. Cette économie est gourmande de matières premières de toutes sortes, d’or noir surtout. Il y a aussi d’autres produits de base comme le bois dont la Chine a besoin pour son industrie. Au Nigeria où le président chinois est arrivé le 26 avril, il a été essentiellement question de pétrole, comme en Algérie il y a un mois. Avec 35 milliards de barils de réserve avérée et plus de 100 000 milliards de mètres cubes de gaz, la Fédération du Nigeria, qui compte 36 Etats est une puissance pétrolière. Voilà de quoi attirer la Chine qui voudrait diversifier ses approvisionnements en hydrocarbures. Le dirigeant chinois va négocier avec ses hôtes nigérians des contrats d’approvisionnement, des permis pour des sites d’exploration. Les échanges commerciaux entre les deux pays seront au menu des discussions. L’industrie chinoise, celle des pays asiatiques d’une manière générale inonde l’Afrique de produits manufacturés bon marché. C’est particulièrement vrai dans le domaine des cycles et des cyclomoteurs. Pour ces diverses raisons, un voyage des responsables chinois est toujours nécessaire pour se mettre à l’écoute des consommateurs africains. Il n’est pas inutile également de penser qu’au moment où il est question d’admettre un ou deux pays africains comme membres permanents au Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations Unies, cette visite se présente comme une opportunité pour le Nigeria, un séreux prétendant à ce siège de négocier la voix de Chine qui y dispose d’un droit de veto. Si la Chine est le pays le plus peuplé de la terre, le Nigeria est le pays le plus peuplé d’Afrique avec 130 millions d’habitants. Au Kenya où il a achevé sa visite sur le continent comme au Maroc où il l’avait entreprise, il a été question de coopération tous azimuts. « Quand la Chine s’éveillera » est le titre d’un livre publié par le Français Alain Peyrefitte au début des années 70. Eh bien ! la Chine s’est aujourd’hui réveillée. Elle doit être un exemple pour le Tiers-Monde. Si pendant la guerre froide, les relations entre la Chine et les pays africains s’analysaient à travers le prisme idéologique, ce n’est pas le cas maintenant. D’ici la fin de cette année, un sommet sino-africain se réunira à Pékin. l’on comprend le reproche fait aux autorités de Pékin d’accorder leurs soutiens aux régimes africains peu regardants sur le respect des droits humains. Mais ce sera trop demander à ce pays qui n’observe pas ces droits chez lui. Il faut se rappeler les massacres de Tien-Amen pour savoir le peu de cas que Pékin fait de ce droit. A l’heure qu’il est, la République populaire de Chine est le pays qui a dans ses geôles le plus grand nombre de journalistes. Il est donc facile de comprendre que ses relations soient plus cordiales avec des pays comme le Soudan, le Tchad, le Zimbabwe, le Maroc et le Kenya, etc. dont les gouvernements ne s’embarrassent pas de considérations comme le respect des droits de l’homme. Les Européens érigent aujourd’hui des barricades de toutes sortes pour empêcher l’accès de leurs pays aux Africains. Ceux-ci se tournent vers les pays asiatiques et les pays du Golfe. Munis seulement d’un passeport, ils parcourent des distances à la recherche de marchandises pour alimenter les marchés nationaux. A l’heure où les Français parlent « d’émigration subie », ce qui suppose des victimes et des coupables, la Chine reçoit chaque année un nombre plus important d’étudiants et de spécialistes venus se former dans ses universités et ses instituts. Les traces des pas du président de la République populaire de Chine sont à peine effacées que le Premier ministre japonais est arrivé en Afrique. Comme la Chine, la seconde puissance économique du monde, le Japon est venu faire son marché des matières premières et débouchés en Afrique. Saura-t-elle tirer le meilleur profit de cette cour assidue que lui fait l’Asie ? Talato Sîîd Saya
Talato Sîîd Saya
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L’atlas Web de l’intégration régionale en Afrique de l’Ouest
L’atlas Web de l’intégration régionale en Afrique de l’Ouest: "Au début des années 1950, la République populaire de Chine ambitionne de soutenir le processus de décolonisation qui s’annonce et aspire même à former un « front uni » avec les peuples africains, asiatiques et sud-américains pour lutter contre l’impérialisme.
Les enjeux géopolitiques
La conférence de Bandoeng [1] lui offre l’occasion de tisser des liens avec le continent africain, tout au moins avec les États indépendants. Les premiers contacts officiels bilatéraux sont pris aussitôt après. D’abord avec l’Égypte en 1956, puis avec quatre autres pays nouvellement indépendants : Algérie, Maroc, Soudan et Guinée.
Si jusqu’alors, la Chine et l’Union soviétique ont coopéré pour « mener l’Afrique à la révolution », leurs ambitions divergent désormais. L’URSS se lance dans la « coexistence pacifique », plaçant la paix et le désarmement au premier plan de sa stratégie extérieure. La politique de la Chine prend la voix du soutien militaire et financier de mouvements de libération [2]. A la fin des années 60, sur 41 pays africains indépendants, 19 entretiennent des relations officielles avec Pékin, contre 5 dix ans auparavant. Néanmoins, les ambitions africaines de la Chine sont limitées par sa posture systématique à l’encontre des intérêts de l’URSS et des pays occidentaux ; elle s’éloigne de pays proches des Soviétiques ou des Américains : Tunisie, Kenya, République centrafricaine, Dahomey.
Le continent africain est également le théâtre où se joue en partie la rivalité entre la République populaire de Chine et Taiwan [3]. Si en 1971, Pékin accède à l’un des cinq sièges permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU au détriment de Taipeh, c’est en particulier grâce à l’appui des pays africains. Sur les 76 votes obtenus à l’assemblée générale, 26 émanent de ces pays. Mao Zedong dira : Si maintenant nous sommes entrés à l’ONU, c’est que les frères pauvres d’Asie et d’Afrique nous ont épaulés. Cette victoire conforte Pékin dans sa politique africaine et de nouveaux États bénéficient de l’aide chinoise au cours des années 1970 : Bénin, Maurice, Madagascar, Nigeria, Rwanda, Togo, Tunisie, Zaïre, Sénégal, Haute Volta et Cameroun. A l’orée des années 80, 44 États africains ont des relations diplomatiques avec Pékin. La décennie 80 marque le fléchissement de cet activisme du fait du réchauffement des relations Est / Ouest. Puis, de nombreux pays (Liberia, Lesotho, Guinée Bissau, Centrafrique, Niger, Burkina Faso, Gambie, Sénégal, São Tomé-et-Principe, Tchad) rétablissent leurs relations avec Taipeh au début des années 90. Toutefois, certains d’entre eux renoueront peu de temps après avec Pékin : le Lesotho en 1994, le Niger en 1996, la Centrafrique et la Guinée Bissau en 1998. Cette même année, Taipeh perd aussi son principal soutien, l’Afrique du Sud dont le jeu était de convaincre la République populaire de Chine à l’idée d’une double reconnaissance. Suite au retournement récent du Sénégal (2005) puis du Tchad (2006), seuls cinq États reconnaissent aujourd’hui l’île de Formose (Burkina Faso, Gambie, Malawi, Swaziland et São Tomé-et-Principe). L’isolement diplomatique de l’île est aujourd’hui indéniable. Le développement des relations politiques entre la Chine populaire et le continent africain est au contraire en forte croissance.
L’aide
Entre les années 1960 et le début des années 1980, la République populaire de Chine est déjà présente dans le monde de l’aide au développement (de l’ordre de 100 millions de dollars par an). Au cours de cette même période, 150 000 assistants techniques chinois sont envoyés en Afrique pour mettre en œuvre des projets dans le domaine de l’agriculture, le développement des infrastructures de transport (routes et chemin de fer [4]), la construction de bâtiments officiels (stades de football), le développement industriel (près de la moitié de l’industrialisation du Mali pendant les années 1960 a été facilitée par l’aide de la Chine). Cette aide est cependant modeste comparée à celles des autres partenaires bilatéraux : entre 1971 et 1981, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et la France ont déboursé respectivement 250, 800 et 1 300 millions de dollars chaque année .
Le premier forum sino-africain (mécanisme consultatif lancé à Pékin en 2000) ouvre une nouvelle ère. En l’espace de six ans, plusieurs centaines d’accords de coopération en matière d’assistance économique (coopération technique, aide projet et aide budgétaire) avec des pays africains sont approuvés ; depuis 2000, de nombreux protocoles d’accord d’annulation totale ou partielle de la dette ont été signés pour un montant de 10 milliards de dollars [5]. Le cadre de coopération s’est davantage renforcé, comme le démontre le succès du troisième forum sino-africain en novembre 2006, où 48 pays du continent étaient au rendez-vous. Devançant les autres pays asiatiques émergents (Inde, Singapour, Thaïlande, etc.) et rivalisant avec les pays de l’OCDE, la Chine s’est engagée en 2005 à octroyer 10 milliards de dollars de prêts concessionnels à l’Afrique pour la période 2006-2008. Les engagements récents du G8 au profit de l’Afrique ont-ils à voir avec l’intérêt croissant de la Chine pour ce continent ? Cette situation préfigure sans doute un nouvel équilibre au sein duquel l’Afrique sera plus en mesure de négocier avec les forces extérieures de développement.
[1] Organisée en avril 1955 sur l’île de Java (Indonésie), la conférence de Bandoeng consacre la naissance du mouvement des « non-alignés ». L’Afrique sub-saharienne, encore sous le joug colonial, y est peu présente (hormis la Côte de l’Or – ex-Ghana – le Liberia et l’Éthiopie).
[2] A l’ouverture du 8ème congrès du Parti Communiste Chinois (PCC) en 1956, Mao affirme : « We must give active support to the national independence and liberation movements in Asia, Africa, and Latin America, as well as to the peace movement and righteous struggle in all countries throughout the world » (W.A.C. Adie (1964) : Chinese Policy toward Africa.)
[3] Cette rivalité date de la guerre civile en Chine (1946) poussant les nationalistes dans leurs retranchements sur l’île de Formose. Depuis lors, la réunification de Taiwan avec la Chine continentale est devenue une question centrale pour Pékin.
[4] Parmi ces projets, la construction du chemin de fer Tam-Zam est celui qui symbolise le plus l’implication de la Chine en Afrique à cette époque. En pleine révolution culturelle, le Ministre chargé de l’aide et de la coopération chinoise signe en 1967 un engagement formel pour construire et financer la ligne reliant la Zambie aux côtes de l’Océan indien en Tanzanie. En 1970, la Zambie et la Tanzanie reçoivent un prêt sans intérêt de 400 millions de dollars et les ingénieurs chinois commencent à poser les premiers jalons du chemin de fer. Pendant cinq ans, près de 25 000 techniciens viendront aider à la construction de près de 300 ponts, 10 kilomètres de tunnels, 93 gares ferroviaires, etc.
[5] A titre de comparaison, l’initiative en faveur des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE) a approuvé à ce jour des allègements de dette en faveur de 29 pays dont 25 africains pour un montant total de 35 milliards de dollars. En outre, le G8 a proposé en juin 2005 que trois institutions multilatérales — FMI, Association internationale de développement (IDA) de la Banque mondiale et Fonds africain de développement (FAfD) — annulent la totalité de leurs créances sur les pays qui ont atteint ou vont atteindre le point d’achèvement au titre de l’initiative PPTE, dans le but de les faire progresser vers les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD).
* Les échanges commerciaux
* Les investissements
* Les migrations
* Les enjeux d’aujourd’hui : le pétrole...
* ...et le coton
* Les questions d’avenir
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Les enjeux géopolitiques
La conférence de Bandoeng [1] lui offre l’occasion de tisser des liens avec le continent africain, tout au moins avec les États indépendants. Les premiers contacts officiels bilatéraux sont pris aussitôt après. D’abord avec l’Égypte en 1956, puis avec quatre autres pays nouvellement indépendants : Algérie, Maroc, Soudan et Guinée.
Si jusqu’alors, la Chine et l’Union soviétique ont coopéré pour « mener l’Afrique à la révolution », leurs ambitions divergent désormais. L’URSS se lance dans la « coexistence pacifique », plaçant la paix et le désarmement au premier plan de sa stratégie extérieure. La politique de la Chine prend la voix du soutien militaire et financier de mouvements de libération [2]. A la fin des années 60, sur 41 pays africains indépendants, 19 entretiennent des relations officielles avec Pékin, contre 5 dix ans auparavant. Néanmoins, les ambitions africaines de la Chine sont limitées par sa posture systématique à l’encontre des intérêts de l’URSS et des pays occidentaux ; elle s’éloigne de pays proches des Soviétiques ou des Américains : Tunisie, Kenya, République centrafricaine, Dahomey.
Le continent africain est également le théâtre où se joue en partie la rivalité entre la République populaire de Chine et Taiwan [3]. Si en 1971, Pékin accède à l’un des cinq sièges permanents du Conseil de Sécurité de l’ONU au détriment de Taipeh, c’est en particulier grâce à l’appui des pays africains. Sur les 76 votes obtenus à l’assemblée générale, 26 émanent de ces pays. Mao Zedong dira : Si maintenant nous sommes entrés à l’ONU, c’est que les frères pauvres d’Asie et d’Afrique nous ont épaulés. Cette victoire conforte Pékin dans sa politique africaine et de nouveaux États bénéficient de l’aide chinoise au cours des années 1970 : Bénin, Maurice, Madagascar, Nigeria, Rwanda, Togo, Tunisie, Zaïre, Sénégal, Haute Volta et Cameroun. A l’orée des années 80, 44 États africains ont des relations diplomatiques avec Pékin. La décennie 80 marque le fléchissement de cet activisme du fait du réchauffement des relations Est / Ouest. Puis, de nombreux pays (Liberia, Lesotho, Guinée Bissau, Centrafrique, Niger, Burkina Faso, Gambie, Sénégal, São Tomé-et-Principe, Tchad) rétablissent leurs relations avec Taipeh au début des années 90. Toutefois, certains d’entre eux renoueront peu de temps après avec Pékin : le Lesotho en 1994, le Niger en 1996, la Centrafrique et la Guinée Bissau en 1998. Cette même année, Taipeh perd aussi son principal soutien, l’Afrique du Sud dont le jeu était de convaincre la République populaire de Chine à l’idée d’une double reconnaissance. Suite au retournement récent du Sénégal (2005) puis du Tchad (2006), seuls cinq États reconnaissent aujourd’hui l’île de Formose (Burkina Faso, Gambie, Malawi, Swaziland et São Tomé-et-Principe). L’isolement diplomatique de l’île est aujourd’hui indéniable. Le développement des relations politiques entre la Chine populaire et le continent africain est au contraire en forte croissance.
L’aide
Entre les années 1960 et le début des années 1980, la République populaire de Chine est déjà présente dans le monde de l’aide au développement (de l’ordre de 100 millions de dollars par an). Au cours de cette même période, 150 000 assistants techniques chinois sont envoyés en Afrique pour mettre en œuvre des projets dans le domaine de l’agriculture, le développement des infrastructures de transport (routes et chemin de fer [4]), la construction de bâtiments officiels (stades de football), le développement industriel (près de la moitié de l’industrialisation du Mali pendant les années 1960 a été facilitée par l’aide de la Chine). Cette aide est cependant modeste comparée à celles des autres partenaires bilatéraux : entre 1971 et 1981, la Grande-Bretagne, les Etats-Unis et la France ont déboursé respectivement 250, 800 et 1 300 millions de dollars chaque année .
Le premier forum sino-africain (mécanisme consultatif lancé à Pékin en 2000) ouvre une nouvelle ère. En l’espace de six ans, plusieurs centaines d’accords de coopération en matière d’assistance économique (coopération technique, aide projet et aide budgétaire) avec des pays africains sont approuvés ; depuis 2000, de nombreux protocoles d’accord d’annulation totale ou partielle de la dette ont été signés pour un montant de 10 milliards de dollars [5]. Le cadre de coopération s’est davantage renforcé, comme le démontre le succès du troisième forum sino-africain en novembre 2006, où 48 pays du continent étaient au rendez-vous. Devançant les autres pays asiatiques émergents (Inde, Singapour, Thaïlande, etc.) et rivalisant avec les pays de l’OCDE, la Chine s’est engagée en 2005 à octroyer 10 milliards de dollars de prêts concessionnels à l’Afrique pour la période 2006-2008. Les engagements récents du G8 au profit de l’Afrique ont-ils à voir avec l’intérêt croissant de la Chine pour ce continent ? Cette situation préfigure sans doute un nouvel équilibre au sein duquel l’Afrique sera plus en mesure de négocier avec les forces extérieures de développement.
[1] Organisée en avril 1955 sur l’île de Java (Indonésie), la conférence de Bandoeng consacre la naissance du mouvement des « non-alignés ». L’Afrique sub-saharienne, encore sous le joug colonial, y est peu présente (hormis la Côte de l’Or – ex-Ghana – le Liberia et l’Éthiopie).
[2] A l’ouverture du 8ème congrès du Parti Communiste Chinois (PCC) en 1956, Mao affirme : « We must give active support to the national independence and liberation movements in Asia, Africa, and Latin America, as well as to the peace movement and righteous struggle in all countries throughout the world » (W.A.C. Adie (1964) : Chinese Policy toward Africa.)
[3] Cette rivalité date de la guerre civile en Chine (1946) poussant les nationalistes dans leurs retranchements sur l’île de Formose. Depuis lors, la réunification de Taiwan avec la Chine continentale est devenue une question centrale pour Pékin.
[4] Parmi ces projets, la construction du chemin de fer Tam-Zam est celui qui symbolise le plus l’implication de la Chine en Afrique à cette époque. En pleine révolution culturelle, le Ministre chargé de l’aide et de la coopération chinoise signe en 1967 un engagement formel pour construire et financer la ligne reliant la Zambie aux côtes de l’Océan indien en Tanzanie. En 1970, la Zambie et la Tanzanie reçoivent un prêt sans intérêt de 400 millions de dollars et les ingénieurs chinois commencent à poser les premiers jalons du chemin de fer. Pendant cinq ans, près de 25 000 techniciens viendront aider à la construction de près de 300 ponts, 10 kilomètres de tunnels, 93 gares ferroviaires, etc.
[5] A titre de comparaison, l’initiative en faveur des Pays Pauvres Très Endettés (PPTE) a approuvé à ce jour des allègements de dette en faveur de 29 pays dont 25 africains pour un montant total de 35 milliards de dollars. En outre, le G8 a proposé en juin 2005 que trois institutions multilatérales — FMI, Association internationale de développement (IDA) de la Banque mondiale et Fonds africain de développement (FAfD) — annulent la totalité de leurs créances sur les pays qui ont atteint ou vont atteindre le point d’achèvement au titre de l’initiative PPTE, dans le but de les faire progresser vers les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD).
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La médecine traditionnelle chinoise est populaire en Afrique du Sud, Tshabalala y croit aussi-Le Quotidien du Peuple en ligne
La médecine traditionnelle chinoise est populaire en Afrique du Sud, Tshabalala y croit aussi-Le Quotidien du Peuple en ligne: "Après avoir essayé un traitement à la médecine traditionnelle chinoise en Chine, Chris Coyne, le joueur australien de l'équipe chinoise du Liaoning a révélé que s'il était choisi par l'équipe nationale d'Australie pour participer à la Coupe du monde, il amènerait un médecin de l'équipe du Liaoning en Afrique du Sud. Cependant, n'ayant pas réussi à rejoindre l'équipe nationale d'Australie, son souhait est tombé à l'eau.
Siphiwe Tshabalala, qui a contribué au premier but pour l'Afrique du Sud lors du premier match de son équipe en Coupe du monde, avait fait appel à la médecine traditionnelle chinoise pour soigner ses blessures lorsqu'il jouait au Kaizer Chiefs. De plus, pas mal de joueurs de l'équipe nationale du Cameroun croient à la médecine traditionnelle chinoise et ils ont même pris l'avion pour aller faire soigner leurs blessures à Johannesbourg.
Les joueurs blessés choisissent la médecine traditionnelle chinoise
Le couple chinoise Xu Youqiang et Sun Qingpei sont les personnages représentatifs du milieu de médecine traditionnelle chinoise en Afrique du Sud. La clinique qu'ils ont ouverte à Johannesbourg est très célèbre en Afrique du Sud. Pas mal de gens ont même pris l'avion depuis Durban ou le Cap pour aller chercher le couple. La médecine chinoise est même devenue le premier choix des sportifs sud-africains pour soigner leurs blessures. Nombre de joueurs des clubs de football de Johannesburg sont des habitués des cliniques de médecine traditionnelle chinoise, dont Siphiwe Tshabalala, qui a contribué au premier but pour l'Afrique du Sud lors de la Coupe du monde 2010. De plus, des joueurs de football, pas mal de joueurs de rugby et de hockey croient à la médecine traditionnelle chinoise.
L'acupuncture et les mystérieux moxas sont les plus appréciés
Selon Sun Qingpei, l'acupuncture et les moxas sont les plus appréciés parmi tous les traitements de la médecine traditionnelle chinoise. « Mystère » est le qualificatif commun des noirs et des blancs à propos de la médecine traditionnelle chinoise.
Lorsque le journaliste est arrivé à la clinique de Sun, des blancs, une mère et sa fille, étaient venues voir le médecin. Elles avaient toutes les deux mal aux lombaires. Sun leur a présenté le processus de diagnostic de médecine traditionnelle chinoise: « Normalement, on examine d'abord la langue, ensuite c'est le massage et après, l'acupuncture ou l'acupuncture avec « Aizhun », un type d'herbe médicamenteuse, et enfin, c'est la pose de ventouses. » La mère et sa fille sont sans doute des habituées de cette clinique. Après avoir reçu un massage et de l'acupuncture, elles sont parties en remerciant plusieurs fois les médecins.
Selon des données, incomplètes, la clinique accueille environ une trentaine ou quarantaine de clients chaque jour. Parmi les habitants locaux, ceux qui viennent pour l'acupuncture et les moxas représentent 70% ou 80%.
Source: le Quotidien du Peuple en ligne
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Siphiwe Tshabalala, qui a contribué au premier but pour l'Afrique du Sud lors du premier match de son équipe en Coupe du monde, avait fait appel à la médecine traditionnelle chinoise pour soigner ses blessures lorsqu'il jouait au Kaizer Chiefs. De plus, pas mal de joueurs de l'équipe nationale du Cameroun croient à la médecine traditionnelle chinoise et ils ont même pris l'avion pour aller faire soigner leurs blessures à Johannesbourg.
Les joueurs blessés choisissent la médecine traditionnelle chinoise
Le couple chinoise Xu Youqiang et Sun Qingpei sont les personnages représentatifs du milieu de médecine traditionnelle chinoise en Afrique du Sud. La clinique qu'ils ont ouverte à Johannesbourg est très célèbre en Afrique du Sud. Pas mal de gens ont même pris l'avion depuis Durban ou le Cap pour aller chercher le couple. La médecine chinoise est même devenue le premier choix des sportifs sud-africains pour soigner leurs blessures. Nombre de joueurs des clubs de football de Johannesburg sont des habitués des cliniques de médecine traditionnelle chinoise, dont Siphiwe Tshabalala, qui a contribué au premier but pour l'Afrique du Sud lors de la Coupe du monde 2010. De plus, des joueurs de football, pas mal de joueurs de rugby et de hockey croient à la médecine traditionnelle chinoise.
L'acupuncture et les mystérieux moxas sont les plus appréciés
Selon Sun Qingpei, l'acupuncture et les moxas sont les plus appréciés parmi tous les traitements de la médecine traditionnelle chinoise. « Mystère » est le qualificatif commun des noirs et des blancs à propos de la médecine traditionnelle chinoise.
Lorsque le journaliste est arrivé à la clinique de Sun, des blancs, une mère et sa fille, étaient venues voir le médecin. Elles avaient toutes les deux mal aux lombaires. Sun leur a présenté le processus de diagnostic de médecine traditionnelle chinoise: « Normalement, on examine d'abord la langue, ensuite c'est le massage et après, l'acupuncture ou l'acupuncture avec « Aizhun », un type d'herbe médicamenteuse, et enfin, c'est la pose de ventouses. » La mère et sa fille sont sans doute des habituées de cette clinique. Après avoir reçu un massage et de l'acupuncture, elles sont parties en remerciant plusieurs fois les médecins.
Selon des données, incomplètes, la clinique accueille environ une trentaine ou quarantaine de clients chaque jour. Parmi les habitants locaux, ceux qui viennent pour l'acupuncture et les moxas représentent 70% ou 80%.
Source: le Quotidien du Peuple en ligne
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Beijing (République Populaire de Chine) : aspects positifs d'une politique africaine
Beijing (République Populaire de Chine) : aspects positifs d'une politique africaine: "La République Populaire de Chine, grand pays d'Asie de par sa population (1,3 milliard) et son économie (la 3ème du monde), est aussi un grand ami de l'Afrique. Notre séjour à Beijing nous a permis effectivement de comprendre davantage que la Chine accorde du prix et beaucoup de considération aux populations africaines.
En effet, toute la politique chinoise, en ce début du 21ème siècle consiste à agir pour consolider et développer ses relations d'amitié et de coopération avec les pays africains et les autres pays en développement à travers le monde. Ainsi, le 12 janvier 2006, le gouvernement chinois avait publié un document de la Politique de la Chine à l'égard de l'Afrique, dans lequel il a défini les objectifs de sa politique à l'égard de ce continent ainsi que les mesures à prendre. Une programmation a été faite dans tous les domaines pour la période à venir. Les principes directeurs de cette politique africaine de la Chine peuvent se résumer de la façon suivante, selon un exposé du représentant du Ministère chinois des Affaires Etrangères : de part et d'autre, entretenir une amitié sincère et se traiter d'égal à égal ; adhérer inébranlablement aux cinq principes de la coexistence pacifique; respecter le libre choix des pays africains quant à leur voie de développement ; les soutenir dans leurs efforts d'union afin d'accroître leur puissance. Mieux, il s'agit pour la Chine, d'assurer les avantages réciproques en vue d'un développement partagé, sans oublier, dit-on, les autres aspects liés aux soutiens divers à apporter aux pays africains dans leur développement économique et leur construction nationale. Il s'agit, entre autres, de développer avec eux une coopération multiforme dans les domaines économique, commercial et du progrès social, et de promouvoir un développement partagé. Cette politique africaine de la Chine est fondée sur les intérêts stratégiques communs et à long terme des deux parties. Elle ne saurait changer avec l'évolution du contexte international et de la situation intérieure de chacune des deux parties, nous a-t-on affirmé. Pour tout dire, l'amitié sino-africaine correspond aux intérêts fondamentaux des peuples chinois et africain. Dans ce nouveau siècle, la Chine entend renforcer davantage ses relations politiques, sa coopération et ses échanges tous azimuts avec les pays africains et travailler de concert avec ceux-ci pour explorer de nouveaux champs, de nouvelles modalités et de nouvelles voies de coopération. Dans cette perspective, le forum sur la coopération sino-africaine et ses actions de suivi a posé un certain nombre d'axes à même de relever certains défis qu'apporte la mondialisation économique, et d'assurer un développement partagé. En octobre 2000, la 1ère Conférence ministérielle du Forum s'est tenue à Beijing, annonçant ainsi la création officielle du Forum. C'est au cours de cette Conférence qu'avaient été adoptés les deux documents importants que sont la Déclaration de Beijing et le Programme de coopération sino-africaine sur le développement économique et social. La Chine et l'Afrique se sont mis d'accord pour oeuvrer au développement d'un partenariat sino-africain de type nouveau, caractérisé par la stabilité dans la durée, l'égalité et les avantages réciproques. Aussi, plusieurs actions ont été posées comme l'adoption du Plan d'Action d'Addis-Abéba (2004-2006) et la planification de la coopération sino-africaine dans les domaines politique, économique et social pour les trois années suivantes. Aujourd'hui, le Forum sur la coopération sino-africaine est devenu une plate-forme importante pour renforcer le dialogue collectif entre la Chine et l'Afrique et un mécanisme efficace pour développer leur coopération pragmatique. Le sommet a adopté deux documents finaux : la Déclaration du Sommet de Beijing du FCSA et le Plan d'Action de Beijing (2007-2009) du FCSA qui a proclamé l'établissement, entre la Chine et l'Afrique, d'un partenariat stratégique de type nouveau, et planifié, de façon globale, la coopération sino-africaine dans les trois ans à venir. Sur le Sommet, le Président Hu Jintao avait annoncé les huit mesures que la Chine envisage de prendre pour renforcer la coopération pragmatique avec les pays africains et soutenir le développement en Afrique. Il s'agit d'augmenter l'aide chinoise aux pays africains et la doubler en 2009 par rapport à 2006 ; d'accorder des prêts préférentiels de 3 milliards de dollars US et des crédits acheteurs préférentiels à l'exportation de 2 milliards de dollars US aux pays africains ; de créer un fonds de développement sino-africain dont le capital s'élèvera progressivement à 5 milliards de dollars US pour soutenir les entreprises chinoises et les encourager à investir en Afrique ; de construire le Centre de conférences de l'Union africaine pour soutenir le renforcement de la solidarité et le processus de l'intégration des pays africains ; d'annuler les dettes gouvernementales liées aux prêts sans intérêt arrivant à échéance à la fin de 2005 des pays pauvres très endettés et des pays les moins avancés africains ayant des relations diplomatiques avec la Chine, entre autres.
Coopération économique et commerciale en nette progression
En 2008, la Chine a pris en charge quelque 800 projets et activé 100 autres bénéficiant de prêts préférentiels pour les pays africains. Parmi les projets réalisés avec l'assistance chinoise, le chemin de fer Tanzanie-Zambie long de 1 860 km est un témoin éloquent de l'amitié sino-africaine. Aussi, les échanges commerciaux entre la Chine et l'Afrique augmentent rapidement. Au début des années 1950, le volume commercial n'était que de 12 millions de dollars américains. En 2000, il a franchi pour la première fois le cap des 10 milliards de dollars, et en 2007, il a atteint 73.31 milliards de dollars, soit une croissance de 32,2% par rapport à l'année 2006. En 2008, le volume a atteint 106.84 milliards de dollars, soit une croissance de 45,1% par rapport à l'année 2007. Jusqu'à la fin de l'année 2007, les investissements directs chinois en Afrique ont totalisé 14.6 milliards de dollars, couvrant 48 pays africains et des domaines aussi variés que l'agriculture, l'élevage, la pêche, le textile, l'énergie, les infrastructures, l'hydraulique et l'électricité, et elles ont joué un rôle actif dans la promotion du développement socio-économique, la création d'emplois et l'élévation du niveau de vie de la population en Afrique. En fin 2007 aussi, la Chine a signé avec des pays africains 66 accords de coopération culturelle et réalisé 164 projets culturels. Elle a créé des centres culturels chinois respectivement au Bénin, à l'Ile Maurice et en Egypte. En 2008, le gouvernement chinois a accordé plus de 20 000 bourses aux étudiants africains. La Chine et l'Afrique possèdent des positions identiques sur de nombreux problèmes internationaux ou régionaux d'importance majeure. Pour l'histoire, la Chine n'oubliera jamais par exemple le fait qu'en 1971, c'est avec l'appui des pays africains et de nombreux autres pays en développement qu'elle a recouvré son siège légitime au sein de l'ONU. Comme quoi, entre la Chine et l'Afrique, l'histoire est pleine d'aspects importants qui méritent d'être portés à la connaissance des peuples, au nom du désir d'ouverture tous azimuts de cette puissance asiatique sur le monde.
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En effet, toute la politique chinoise, en ce début du 21ème siècle consiste à agir pour consolider et développer ses relations d'amitié et de coopération avec les pays africains et les autres pays en développement à travers le monde. Ainsi, le 12 janvier 2006, le gouvernement chinois avait publié un document de la Politique de la Chine à l'égard de l'Afrique, dans lequel il a défini les objectifs de sa politique à l'égard de ce continent ainsi que les mesures à prendre. Une programmation a été faite dans tous les domaines pour la période à venir. Les principes directeurs de cette politique africaine de la Chine peuvent se résumer de la façon suivante, selon un exposé du représentant du Ministère chinois des Affaires Etrangères : de part et d'autre, entretenir une amitié sincère et se traiter d'égal à égal ; adhérer inébranlablement aux cinq principes de la coexistence pacifique; respecter le libre choix des pays africains quant à leur voie de développement ; les soutenir dans leurs efforts d'union afin d'accroître leur puissance. Mieux, il s'agit pour la Chine, d'assurer les avantages réciproques en vue d'un développement partagé, sans oublier, dit-on, les autres aspects liés aux soutiens divers à apporter aux pays africains dans leur développement économique et leur construction nationale. Il s'agit, entre autres, de développer avec eux une coopération multiforme dans les domaines économique, commercial et du progrès social, et de promouvoir un développement partagé. Cette politique africaine de la Chine est fondée sur les intérêts stratégiques communs et à long terme des deux parties. Elle ne saurait changer avec l'évolution du contexte international et de la situation intérieure de chacune des deux parties, nous a-t-on affirmé. Pour tout dire, l'amitié sino-africaine correspond aux intérêts fondamentaux des peuples chinois et africain. Dans ce nouveau siècle, la Chine entend renforcer davantage ses relations politiques, sa coopération et ses échanges tous azimuts avec les pays africains et travailler de concert avec ceux-ci pour explorer de nouveaux champs, de nouvelles modalités et de nouvelles voies de coopération. Dans cette perspective, le forum sur la coopération sino-africaine et ses actions de suivi a posé un certain nombre d'axes à même de relever certains défis qu'apporte la mondialisation économique, et d'assurer un développement partagé. En octobre 2000, la 1ère Conférence ministérielle du Forum s'est tenue à Beijing, annonçant ainsi la création officielle du Forum. C'est au cours de cette Conférence qu'avaient été adoptés les deux documents importants que sont la Déclaration de Beijing et le Programme de coopération sino-africaine sur le développement économique et social. La Chine et l'Afrique se sont mis d'accord pour oeuvrer au développement d'un partenariat sino-africain de type nouveau, caractérisé par la stabilité dans la durée, l'égalité et les avantages réciproques. Aussi, plusieurs actions ont été posées comme l'adoption du Plan d'Action d'Addis-Abéba (2004-2006) et la planification de la coopération sino-africaine dans les domaines politique, économique et social pour les trois années suivantes. Aujourd'hui, le Forum sur la coopération sino-africaine est devenu une plate-forme importante pour renforcer le dialogue collectif entre la Chine et l'Afrique et un mécanisme efficace pour développer leur coopération pragmatique. Le sommet a adopté deux documents finaux : la Déclaration du Sommet de Beijing du FCSA et le Plan d'Action de Beijing (2007-2009) du FCSA qui a proclamé l'établissement, entre la Chine et l'Afrique, d'un partenariat stratégique de type nouveau, et planifié, de façon globale, la coopération sino-africaine dans les trois ans à venir. Sur le Sommet, le Président Hu Jintao avait annoncé les huit mesures que la Chine envisage de prendre pour renforcer la coopération pragmatique avec les pays africains et soutenir le développement en Afrique. Il s'agit d'augmenter l'aide chinoise aux pays africains et la doubler en 2009 par rapport à 2006 ; d'accorder des prêts préférentiels de 3 milliards de dollars US et des crédits acheteurs préférentiels à l'exportation de 2 milliards de dollars US aux pays africains ; de créer un fonds de développement sino-africain dont le capital s'élèvera progressivement à 5 milliards de dollars US pour soutenir les entreprises chinoises et les encourager à investir en Afrique ; de construire le Centre de conférences de l'Union africaine pour soutenir le renforcement de la solidarité et le processus de l'intégration des pays africains ; d'annuler les dettes gouvernementales liées aux prêts sans intérêt arrivant à échéance à la fin de 2005 des pays pauvres très endettés et des pays les moins avancés africains ayant des relations diplomatiques avec la Chine, entre autres.
Coopération économique et commerciale en nette progression
En 2008, la Chine a pris en charge quelque 800 projets et activé 100 autres bénéficiant de prêts préférentiels pour les pays africains. Parmi les projets réalisés avec l'assistance chinoise, le chemin de fer Tanzanie-Zambie long de 1 860 km est un témoin éloquent de l'amitié sino-africaine. Aussi, les échanges commerciaux entre la Chine et l'Afrique augmentent rapidement. Au début des années 1950, le volume commercial n'était que de 12 millions de dollars américains. En 2000, il a franchi pour la première fois le cap des 10 milliards de dollars, et en 2007, il a atteint 73.31 milliards de dollars, soit une croissance de 32,2% par rapport à l'année 2006. En 2008, le volume a atteint 106.84 milliards de dollars, soit une croissance de 45,1% par rapport à l'année 2007. Jusqu'à la fin de l'année 2007, les investissements directs chinois en Afrique ont totalisé 14.6 milliards de dollars, couvrant 48 pays africains et des domaines aussi variés que l'agriculture, l'élevage, la pêche, le textile, l'énergie, les infrastructures, l'hydraulique et l'électricité, et elles ont joué un rôle actif dans la promotion du développement socio-économique, la création d'emplois et l'élévation du niveau de vie de la population en Afrique. En fin 2007 aussi, la Chine a signé avec des pays africains 66 accords de coopération culturelle et réalisé 164 projets culturels. Elle a créé des centres culturels chinois respectivement au Bénin, à l'Ile Maurice et en Egypte. En 2008, le gouvernement chinois a accordé plus de 20 000 bourses aux étudiants africains. La Chine et l'Afrique possèdent des positions identiques sur de nombreux problèmes internationaux ou régionaux d'importance majeure. Pour l'histoire, la Chine n'oubliera jamais par exemple le fait qu'en 1971, c'est avec l'appui des pays africains et de nombreux autres pays en développement qu'elle a recouvré son siège légitime au sein de l'ONU. Comme quoi, entre la Chine et l'Afrique, l'histoire est pleine d'aspects importants qui méritent d'être portés à la connaissance des peuples, au nom du désir d'ouverture tous azimuts de cette puissance asiatique sur le monde.
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La Chine populaire entre à l'ONU
La Chine populaire entre à l'ONU: "Le 25 octobre 1971, l'Assemblée générale des Nations unies adoptait une résolution décidant « le rétablissement de la République populaire de Chine dans tous ses droits et la reconnaissance des représentants de son gouvernement comme les seuls représentants légitimes de la Chine à l'Organisation des Nations unies, ainsi que l'expulsion immédiate des représentants de Tchang Kaï-chek du siège qu'ils occupent illégalement à l'Organisation des Nations unies et dans tous les organismes qui s'y rattachent ».
Cette résolution avait été présentée, une fois de plus, par l'Albanie communiste avec l'appui de vingt-deux autres pays. Elle fut adoptée à l'issue d'un débat de six jours, par 76 voix contre 35 et 17 abstentions. Était rejetée du même coup une autre résolution présentée par les États-Unis et appuyée par dix-huit pays, qui demandait le maintien de la représentation de la République de Chine, celle de Tchang Kaï-chek (qu'on écrit aujourd'hui Jiang-Jieshi), autrement dit Taïwan.
De tous les continents, l'Afrique fut celui qui émit le plus de votes favorables à l'admission de la Chine populaire (26 voix), suivi par l'Europe (24 voix). Quatorze États africains et seulement un pays européen, Malte, votèrent contre la résolution albanaise. La France, qui avait reconnu la République populaire de Chine dès janvier 1964, vota pour.
Comment en est-on arrivé là ?
Non seulement la Chine de Tchang Kaï-chek faisait partie des cinquante États qui avaient signé, le 26 juin 1945 à San Francisco, la Charte des Nations unies fondatrice de l'ONU, mais elle était l'un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité. Bien qu'il eût créé en 1931 une « République soviétique chinoise », Mao Zedong était à l'époque encore loin de détenir le pouvoir qui lui permettrait, le 1er octobre 1949, de proclamer à Pékin la République populaire de Chine et de contraindre, en décembre, Tchang Kaï-chek à se réfugier à Taiwan.
Les folies du Grand Bond en avant, de 1958 à 1961, qui provoquèrent l'une des plus grandes famines de l'Histoire et 20 millions de morts, ne furent pas corrigées, de 1966 à 1969, par les aberrations de la Révolution culturelle. À l'extérieur, la guerre de Corée (1950-1953), puis l'intervention des États-Unis au Vietnam, à partir de 1965, n'étaient pas faites non plus pour faciliter les relations de la Chine de Mao avec l'Amérique. Pis, les liens qui paraissaient aller de soi entre Pékin et Moscou dégénérèrent très vite. Après le traité d'amitié signé avec l'URSS en 1950, le voyage de Nikita Khrouchtchev à Pékin, en 1959, est un échec. Dans les années 1960, et en particulier en 1969 sur l'Oussouri, les incidents se multiplient et s'aggravent à la frontière sino-soviétique - au point que les Américains craignent un « conflit militaire » qui les contraindrait à des « choix cauchemardesques », écrira Henry Kissinger. Ce fut là, en réalité, le facteur décisif du changement de cap.
Kissinger est alors l'assistant du président Richard Nixon pour les affaires de sécurité nationale (il ne sera secrétaire d'État qu'en 1973). En Union soviétique, la troïka Brejnev-Kossyguine-Podgorny a remplacé Khrouchtchev. La guerre froide est désormais un peu moins crispée, comme en témoignent les négociations sur la limitation des armes stratégiques (SALT). Nixon et Kissinger, pour leur part, cherchent à se sortir du guêpier vietnamien. À l'insu du secrétaire d'État William Rogers et persuadés que la Chine a besoin des États-Unis en Asie pour faire contrepoids à l'URSS, ils mettent au point une « diplomatie triangulaire ». Après plusieurs mois de contacts secrets passant par la France, la Roumanie et le Pakistan, et des épisodes spectaculaires comme les matchs de ping-pong entre joueurs chinois et américains, elle aboutira au voyage de Kissinger à Pékin, les 9 et 11 juillet 1971, puis à celui, historique, du président Nixon en février 1972.
Dans ce contexte, malgré les efforts déployés à l'ONU par un ambassadeur américain « jeune et plein d'allant » (Jeune Afrique dixit : il s'appelait George Herbert Bush...), le sort de Tchang Kaï-chek n'avait plus qu'une importance secondaire. La bataille des deux Chines était perdue d'avance. Il fallait seulement la mener pour des raisons de politique intérieure américaine.
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Cette résolution avait été présentée, une fois de plus, par l'Albanie communiste avec l'appui de vingt-deux autres pays. Elle fut adoptée à l'issue d'un débat de six jours, par 76 voix contre 35 et 17 abstentions. Était rejetée du même coup une autre résolution présentée par les États-Unis et appuyée par dix-huit pays, qui demandait le maintien de la représentation de la République de Chine, celle de Tchang Kaï-chek (qu'on écrit aujourd'hui Jiang-Jieshi), autrement dit Taïwan.
De tous les continents, l'Afrique fut celui qui émit le plus de votes favorables à l'admission de la Chine populaire (26 voix), suivi par l'Europe (24 voix). Quatorze États africains et seulement un pays européen, Malte, votèrent contre la résolution albanaise. La France, qui avait reconnu la République populaire de Chine dès janvier 1964, vota pour.
Comment en est-on arrivé là ?
Non seulement la Chine de Tchang Kaï-chek faisait partie des cinquante États qui avaient signé, le 26 juin 1945 à San Francisco, la Charte des Nations unies fondatrice de l'ONU, mais elle était l'un des cinq membres permanents du Conseil de sécurité. Bien qu'il eût créé en 1931 une « République soviétique chinoise », Mao Zedong était à l'époque encore loin de détenir le pouvoir qui lui permettrait, le 1er octobre 1949, de proclamer à Pékin la République populaire de Chine et de contraindre, en décembre, Tchang Kaï-chek à se réfugier à Taiwan.
Les folies du Grand Bond en avant, de 1958 à 1961, qui provoquèrent l'une des plus grandes famines de l'Histoire et 20 millions de morts, ne furent pas corrigées, de 1966 à 1969, par les aberrations de la Révolution culturelle. À l'extérieur, la guerre de Corée (1950-1953), puis l'intervention des États-Unis au Vietnam, à partir de 1965, n'étaient pas faites non plus pour faciliter les relations de la Chine de Mao avec l'Amérique. Pis, les liens qui paraissaient aller de soi entre Pékin et Moscou dégénérèrent très vite. Après le traité d'amitié signé avec l'URSS en 1950, le voyage de Nikita Khrouchtchev à Pékin, en 1959, est un échec. Dans les années 1960, et en particulier en 1969 sur l'Oussouri, les incidents se multiplient et s'aggravent à la frontière sino-soviétique - au point que les Américains craignent un « conflit militaire » qui les contraindrait à des « choix cauchemardesques », écrira Henry Kissinger. Ce fut là, en réalité, le facteur décisif du changement de cap.
Kissinger est alors l'assistant du président Richard Nixon pour les affaires de sécurité nationale (il ne sera secrétaire d'État qu'en 1973). En Union soviétique, la troïka Brejnev-Kossyguine-Podgorny a remplacé Khrouchtchev. La guerre froide est désormais un peu moins crispée, comme en témoignent les négociations sur la limitation des armes stratégiques (SALT). Nixon et Kissinger, pour leur part, cherchent à se sortir du guêpier vietnamien. À l'insu du secrétaire d'État William Rogers et persuadés que la Chine a besoin des États-Unis en Asie pour faire contrepoids à l'URSS, ils mettent au point une « diplomatie triangulaire ». Après plusieurs mois de contacts secrets passant par la France, la Roumanie et le Pakistan, et des épisodes spectaculaires comme les matchs de ping-pong entre joueurs chinois et américains, elle aboutira au voyage de Kissinger à Pékin, les 9 et 11 juillet 1971, puis à celui, historique, du président Nixon en février 1972.
Dans ce contexte, malgré les efforts déployés à l'ONU par un ambassadeur américain « jeune et plein d'allant » (Jeune Afrique dixit : il s'appelait George Herbert Bush...), le sort de Tchang Kaï-chek n'avait plus qu'une importance secondaire. La bataille des deux Chines était perdue d'avance. Il fallait seulement la mener pour des raisons de politique intérieure américaine.
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La Chine, populaire auprès des étudiants africains | Radio Nederland Wereldomroep
La Chine, populaire auprès des étudiants africains | Radio Nederland Wereldomroep: "'Vous dormez dans des arbres ?'
Par Karen Meirik
Grâce à la politique généreuse des autorités chinoises en matière de bourse, le nombre d’étudiants africains en Chine a doublé cette dernière année. Ils sont en Chine, quittes à endurer la discrimination.
L’éducation est l’un des principaux points qui figurent sur l’agenda du Forum économique mondial sur l’Afrique, du 10 au 12 juin au Cap, en Afrique du Sud. Pour les Africains qui veulent faire des études techniques, il n’existe pas de meilleur pays que la Chine. Mais ils y font face aussi inévitablement à la discrimination.
Pour le Kényan Erick Mokua (22 ans), étudiant en aéronautique, le point culminant de ses trois années passées à Pékin aura été indubitablement la cérémonie de clôture des Jeux olympiques : 'En tant qu’unique participant africain à l’organisation, j’avais l’impression à ce moment-là de représenter tous les Noirs sur Terre. Je n’oublierai jamais.'
Erick Mokua regarde comme s’il revivait ce moment. Au stade olympique, il avait oublié un moment que les Chinois ne l’avaient pas toujours traité avec égards. Mais il n’avait pas été surpris par ce manque d’égards. Avant d’aller à Pékin, il avait déjà entendu à Nairobi les récits de compatriotes qui avaient étudié une quinzaine d’années auparavant en Chine.
Niaiseries
'Ils m’avaient raconté que les rapports entre étudiants chinois et étrangers, en particuliers africains, étaient mauvais.' Ce n’est plus le cas actuellement, selon lui, mais l’ignorance des étudiants chinois peut parfois l’irriter. 'On me demande parfois si on dort en Afrique, comme les singes, dans des arbres. Parfois ces niaiseries m’énervent tant que je réponds : Oui, on dort dans des arbres. Le nouvel ambassadeur habite dans l’arbre à côté de chez moi.'
En général, Mokua garde son calme, dit-il, car les questions ne sont pas toujours
mal intentionnées. 'Leur intérêt m’offre une plate-forme pour parler de l’Afrique. La plupart d’entre eux ne savent rien, c’est ce qui explique leurs questions.'
Racisme
Néanmoins le racisme joue un rôle, pense-t-il. Lorsqu’il a voulu se faire un peu d’argent en enseignant l’anglais dans un institut, la direction a donné la préférence à deux Russes. 'Alors que l’anglais est ma seconde langue maternelle, je le parle depuis mon plus jeune âge.'
Grâce à la politique généreuse des autorités chinoises, Mokua et des milliers d’autres Africains peuvent étudier en Chine, quittes à endurer la discrimination. 'J’avais réglé ma bourse en deux semaines, dit Mokua, et ça a été le facteur décisif pour aller étudier en Chine.'
Mao
La politique africaine de Pékin a subi ces dernières décennies des changements radicaux. A l’origine elle consistait à propager le communisme selon Mao Tsé Toung. Mais la Chine n’a pas réussi à obtenir un rôle idéologique d’importance dans l’Afrique post-coloniale, où les Etats-Unis, l’Union soviétique et dans une moindre mesure la France et la Grande-Bretagne se battaient pour obtenir la première place.
Il ne s’agit plus aujourd’hui d’idéologie, mais de sciences exactes. En 2007, le président et chef du parti chinois Hu Jintao annonçait vouloir doubler le nombre d’étudiants africains dans les universités chinoises. Pour les études techniques, la Chine est la destination numéro 1 pour les étudiants africains. 'Cela exerce une grande influence sur l’Afrique, dit Mokua, aussi bien au niveau économique qu’intellectuel. C’est pour cette raison que les autorités kényanes concluent de nombreux contrats avec les Chinois.'
Chorale africaine
De même les contacts internationaux qu’il a établis ces dernières années revêtent une grande valeur, estime Erick Mokua. Néanmoins il fréquente surtout d’autres Africains. 'On rencontre surtout les étudiants chinois durant les cours. Les Africains, on les rencontre en allant à l’église. Le vendredi et le dimanche. Et sur le campus on a tous les mercredis un groupe qui étudie la Bible. On chante et on s’encourage mutuellement. Le samedi, on a une chorale africaine. Comme ça, c’est plus facile pour moi de vivre à Pékin.'
Les Africains étudient déjà depuis 50 ans en Chine
Depuis les années cinquante déjà les dirigeants communistes comme le Premier ministre Chou En-Lai (1998-1976) nient qu’il y ait du racisme en Chine.
La pratique nous apprend le contraire. Pékin octroie les premières bourses aux Africains dans les années soixante. La plupart d’entre eux ne tiennent le coup qu’un ou deux ans. Le racisme, les dures conditions de vie, les pressions politiques et la vie sociale étouffante en sont les principales causes.
Après l’ouverture de la Chine, en 1978, les Africains sont peu à peu plus nombreux à aller en Chine. Il y a régulièrement des accrochages, les plus violents ayant lieu vers la fin de l’année 1988 à Nanjing. Scandant 'Mort aux diables noirs', des milliers d’étudiants chinois descendent dans la rue. A l’origine de cette manifestation : la fausse rumeur selon laquelle un étudiant chinois aurait été frappé à mort lors d’une bagarre sur le campus. Les manifestations ont lieu pendant plusieurs jours.
Les manifestations étaient un mélange explosif de racisme, nationalisme et d’une
aspiration sincère aux réformes. En un certain sens, elles forment le prélude à un mouvement pro-démocratique qui est né au printemps 1988 dans plusieurs villes de Chine et qui s’est terminé avec la violence répression de la révolte estudiantine sur la place Tiananmen à Pékin, le 4 juin 1988.
Par Karen Meirik
Grâce à la politique généreuse des autorités chinoises en matière de bourse, le nombre d’étudiants africains en Chine a doublé cette dernière année. Ils sont en Chine, quittes à endurer la discrimination.
L’éducation est l’un des principaux points qui figurent sur l’agenda du Forum économique mondial sur l’Afrique, du 10 au 12 juin au Cap, en Afrique du Sud. Pour les Africains qui veulent faire des études techniques, il n’existe pas de meilleur pays que la Chine. Mais ils y font face aussi inévitablement à la discrimination.
Pour le Kényan Erick Mokua (22 ans), étudiant en aéronautique, le point culminant de ses trois années passées à Pékin aura été indubitablement la cérémonie de clôture des Jeux olympiques : 'En tant qu’unique participant africain à l’organisation, j’avais l’impression à ce moment-là de représenter tous les Noirs sur Terre. Je n’oublierai jamais.'
Erick Mokua regarde comme s’il revivait ce moment. Au stade olympique, il avait oublié un moment que les Chinois ne l’avaient pas toujours traité avec égards. Mais il n’avait pas été surpris par ce manque d’égards. Avant d’aller à Pékin, il avait déjà entendu à Nairobi les récits de compatriotes qui avaient étudié une quinzaine d’années auparavant en Chine.
Niaiseries
'Ils m’avaient raconté que les rapports entre étudiants chinois et étrangers, en particuliers africains, étaient mauvais.' Ce n’est plus le cas actuellement, selon lui, mais l’ignorance des étudiants chinois peut parfois l’irriter. 'On me demande parfois si on dort en Afrique, comme les singes, dans des arbres. Parfois ces niaiseries m’énervent tant que je réponds : Oui, on dort dans des arbres. Le nouvel ambassadeur habite dans l’arbre à côté de chez moi.'
En général, Mokua garde son calme, dit-il, car les questions ne sont pas toujours
mal intentionnées. 'Leur intérêt m’offre une plate-forme pour parler de l’Afrique. La plupart d’entre eux ne savent rien, c’est ce qui explique leurs questions.'
Racisme
Néanmoins le racisme joue un rôle, pense-t-il. Lorsqu’il a voulu se faire un peu d’argent en enseignant l’anglais dans un institut, la direction a donné la préférence à deux Russes. 'Alors que l’anglais est ma seconde langue maternelle, je le parle depuis mon plus jeune âge.'
Grâce à la politique généreuse des autorités chinoises, Mokua et des milliers d’autres Africains peuvent étudier en Chine, quittes à endurer la discrimination. 'J’avais réglé ma bourse en deux semaines, dit Mokua, et ça a été le facteur décisif pour aller étudier en Chine.'
Mao
La politique africaine de Pékin a subi ces dernières décennies des changements radicaux. A l’origine elle consistait à propager le communisme selon Mao Tsé Toung. Mais la Chine n’a pas réussi à obtenir un rôle idéologique d’importance dans l’Afrique post-coloniale, où les Etats-Unis, l’Union soviétique et dans une moindre mesure la France et la Grande-Bretagne se battaient pour obtenir la première place.
Il ne s’agit plus aujourd’hui d’idéologie, mais de sciences exactes. En 2007, le président et chef du parti chinois Hu Jintao annonçait vouloir doubler le nombre d’étudiants africains dans les universités chinoises. Pour les études techniques, la Chine est la destination numéro 1 pour les étudiants africains. 'Cela exerce une grande influence sur l’Afrique, dit Mokua, aussi bien au niveau économique qu’intellectuel. C’est pour cette raison que les autorités kényanes concluent de nombreux contrats avec les Chinois.'
Chorale africaine
De même les contacts internationaux qu’il a établis ces dernières années revêtent une grande valeur, estime Erick Mokua. Néanmoins il fréquente surtout d’autres Africains. 'On rencontre surtout les étudiants chinois durant les cours. Les Africains, on les rencontre en allant à l’église. Le vendredi et le dimanche. Et sur le campus on a tous les mercredis un groupe qui étudie la Bible. On chante et on s’encourage mutuellement. Le samedi, on a une chorale africaine. Comme ça, c’est plus facile pour moi de vivre à Pékin.'
Les Africains étudient déjà depuis 50 ans en Chine
Depuis les années cinquante déjà les dirigeants communistes comme le Premier ministre Chou En-Lai (1998-1976) nient qu’il y ait du racisme en Chine.
La pratique nous apprend le contraire. Pékin octroie les premières bourses aux Africains dans les années soixante. La plupart d’entre eux ne tiennent le coup qu’un ou deux ans. Le racisme, les dures conditions de vie, les pressions politiques et la vie sociale étouffante en sont les principales causes.
Après l’ouverture de la Chine, en 1978, les Africains sont peu à peu plus nombreux à aller en Chine. Il y a régulièrement des accrochages, les plus violents ayant lieu vers la fin de l’année 1988 à Nanjing. Scandant 'Mort aux diables noirs', des milliers d’étudiants chinois descendent dans la rue. A l’origine de cette manifestation : la fausse rumeur selon laquelle un étudiant chinois aurait été frappé à mort lors d’une bagarre sur le campus. Les manifestations ont lieu pendant plusieurs jours.
Les manifestations étaient un mélange explosif de racisme, nationalisme et d’une
aspiration sincère aux réformes. En un certain sens, elles forment le prélude à un mouvement pro-démocratique qui est né au printemps 1988 dans plusieurs villes de Chine et qui s’est terminé avec la violence répression de la révolte estudiantine sur la place Tiananmen à Pékin, le 4 juin 1988.
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