CHINE AFRIQUE

POUR DES RELATIONS RESPECTUEUSES, AMICALES, FRANCHES ET FRATERNELLES

lundi 23 juillet 2012

Dr. Stéphane Ngwanza : « L’Afrique doit s’unir pour mieux profiter de la Chine »

Dr. Stéphane Ngwanza : « L’Afrique doit s’unir pour mieux profiter de la Chine »

Dr. Stéphane Ngwanza : « L’Afrique doit s’unir pour mieux profiter de la Chine »

Les explications du docteur en sciences politiques, géostratège et enseignant à l’Iric.
Quel regard portez-vous sur les relations entre la Chine et l'Afrique aujourd'hui?
A travers une ouverture plus grande en direction des autres acteurs du système international, la Chine assure sa modernisation depuis près de deux décennies en s’appuyant sur une croissance économique très forte. Pour faire face aux besoins inhérents à cette croissance, Pékin a formaté son outil diplomatique à la dimension des opportunités offertes par la fin de la guerre froide parmi lesquelles l’ouverture des marchés consécutive à la globalisation des échanges. C’est dans ce contexte que la Chine et l'Afrique ont inauguré une nouvelle ère dans leurs relations et se sont engagés dans un type nouveau de partenariat stratégique. Sans passé colonial en Afrique et après d'âpres luttes pour organiser son autodétermination, s'étant engagée dans une expérience singulière et réussie de développement, la Chine marque de plus en plus sur tous les plans sa présence sur le continent africain. Se démarquant alors des modèles colonialistes, la Chine a érigé l’Afrique en acteur de premier plan dans la construction d’un nouvel ordre mondial dans lequel la relation sino-africaine serait synonyme de progrès mutuel.
On a souvent reproché à l'Occident le manque d'équité dans les relations avec l'Afrique. Pour ce qui est de la coopération chinoise, est-elle une médaille sans revers?
La coopération s’entend d’une situation dans laquelle deux ou plusieurs acteurs dialoguent, échangent et construisent une œuvre commune qui leur profite. La Chine a dit vouloir fonder son partenariat avec l’Afrique sur « l'égalité et la confiance réciproque sur le plan politique, la coopération conduite dans l'esprit gagnant-gagnant sur le plan économique et le renforcement des échanges sur le plan culturel ». Naturellement cette déclaration de bonnes intentions a suscité des interrogations dans plusieurs milieux africains. Si certains cercles ont d’emblée affiché leur optimisme en présentant le nouveau partenariat sino-africain comme la dernière chance de l’Afrique pour sortir de son sous-développement chronique, d’autres n’ont pas manqué d’y voir l’expression d’une réprimarisation ou d’une nouvelle aventure coloniale dont l’Afrique sortirait probablement meurtrie. Nous pensons que la posture de la Chine s’inscrit dans une perspective dynamique de renouveau de sa politique africaine, qui a toujours fait du continent un maillon clé de son rayonnement diplomatique. Aussi, le « nouvel engagement » de Pékin nous semble-t-il orienté vers un double but : faire de la Chine un Etat fort et prospère, en s’appuyant sur le continent africain désormais élevé en espace d’expansion stratégique d’une part, et offrir à l’Afrique une voie alternative pour son développement dans le cadre d’un partenariat décomplexé, d’autre part.
Cela dit, il convient de relever qu’au niveau de leur structure, les relations économiques sino-africaines s’apparentent au commerce Nord-Sud et par conséquent pourraient constituer un handicap pour l’Afrique. Concrètement, l’Afrique est cantonnée quasi exclusivement dans un rôle de fournisseur de matières premières (pétrole, minerais, bois, coton, etc.), ce qui a pour effet de renforcer sa place défavorable dans la division internationale du travail. En outre, l’importation massive de produits chinois pourrait constituer une menace pour l’industrie locale naissante, notamment dans le textile, et ce malgré les tarifs préférentiels accordés par la Chine. Enfin, si les recettes budgétaires des gouvernements peuvent se trouver augmentées grâce aux exportations vers la Chine, se pose la question de leur répartition (pour quelle usage/redistribution ?) et de la durée (combien de temps cela va durer étant donné que les ressources exportées sont pour une bonne part non renouvelables ?)
Vu sous cet angle, l'Afrique pourra-t-elle à court ou long terme se passer de l'aide comme l'on souhaité les pères fondateurs de l'UA?
Entre 1970 et 1998, quand le flux d'aide était à son maximum, le taux de pauvreté en Afrique s'est accru de façon stupéfiante : il est passé de 11% à 66%. Selon la Zambienne Dambisa Moyo, auteur d’un ouvrage assez critique sur l’aide, les Africains sont pauvres précisément à cause de l’assistance. Si l’on peut déplorer les dérives de l’aide, il convient néanmoins d’éviter une position tranchée. A notre avis, l’aide en direction de l’Afrique demeure nécessaire mais doit être entièrement repensée et sortir progressivement de l’approche compassionnelle qui l’a jusqu’à présent caractérisée. Il est impératif qu’elle s’oriente davantage vers des domaines qui participent à la création de la richesse et à la réduction de la fracture cognitive que connaît l’Afrique, tout en compensant évidemment son retard infrastructurel. En outre, elle devrait faire l’objet d’une évaluation régulière.
Quel intérêt tire la Chine de ce partenariat?
Le continent africain présente des opportunités certaines pour plusieurs aspects de la politique extérieure chinoise : la sécurisation durable de l’accès aux matières premières indispensables à sa croissance (Pékin estime par exemple sa consommation de pétrole à 450 millions de tonnes en 2020, dont 60 % proviendraient d’importations, puisque la Chine ne recèle que 2.3 % des ressources mondiales de pétrole et 1 % de celles de gaz); des essais pour étendre à des produits à plus forte valeur ajoutée la politique de « dépasser les frontières », dévolue par le gouvernement chinois aux multinationales naissantes ; des appuis diplomatiques au sein des instances internationales contribuant à asseoir le rang international de Pékin. Par ailleurs, la Chine trouve en Afrique des débouchés dans les secteurs des travaux publics, des télécommunications ou du textile.
Comment envisagez-vous l'avenir de ces relations et quel serait l'idéal selon vous?
Il faut, avant toute chose, souligner que de nombreux pays africains ont pu tirer profit de l’engagement significatif et croissant de Pékin au travers d’un accroissement du volume des exportations vers la Chine, d’une augmentation des recettes commerciales et de nouvelles opportunités d'investissement dans les secteurs liés aux infrastructures. Nonobstant leur accroissement, les activités économiques chinoises en Afrique restent néanmoins déséquilibrées en raison de la forte concentration des structures commerciales et des flux d'investissement chinois. En l’occurrence, 70% des exportations de l'Afrique vers la Chine sont dominées par les matières premières - le pétrole, le cuivre, le cobalt et le coton - et proviennent de pays riches en ressources minières. Aucune coopération n'étant a priori avantageuse ou désavantageuse, tout dépend des ambitions de chacun des acteurs, des moyens qu'il met en œuvre pour atteindre ses objectifs et surtout de sa capacité à concevoir et à mener une stratégie efficace dans les négociations. Pour l'Afrique, il conviendrait à l’avenir de se mettre en ordre de bataille pour présenter une stratégie d'ensemble au partenaire chinois. C'est par la force de ses propositions politiques, économiques, sociales et sécuritaires qu'elle sera à même de tirer le plus grand profit du partenariat « gagnant-gagnant »' proposé par la Chine. Ce partenariat pourrait constituer pour l'Afrique une occasion historique d'évaluer et de décider de la nouvelle orientation de ses relations avec les partenaires extérieurs au développement. Dans cette perspective, l'un des viatiques les plus sûrs pourrait sans doute venir de son nouveau contact avec l'Empire du Milieu qui, après plusieurs siècles d'occupation coloniale, semble avoir définitivement tourné le dos à l'idéologie qui a toujours nourri sa politique extérieure au profit du réalisme et du pragmatisme qui sont les nouveaux paradigmes de la diplomatie chinoise à l'échelle mondiale.
Dr. Stéphane Ngwanza : « La Chine offre à l’Afrique une voie alternative pour son développement dans le cadre d’un partenariat décomplexé ».

samedi 21 juillet 2012

Les Présidents Ouattara et Kaberuka en accord pour une cooperation profitable avec la Chine / Entretien exclusif de l’Economiste en chef de la BAD #CIV2010

Les Présidents Ouattara et Kaberuka en accord pour une cooperation profitable avec la Chine / Entretien exclusif de l’Economiste en chef de la BAD #CIV2010

La Chine devient le premier bailleur de fonds de l’Afrique En accordant une ligne de crédit de 20 milliards de dollars  - Liberté Algérie , Quotidien national d'information

La Chine devient le premier bailleur de fonds de l’Afrique En accordant une ligne de crédit de 20 milliards de dollars  - Liberté Algérie , Quotidien national d'information

La Chine devient le premier bailleur de fonds de l’Afrique

Par : Salim Tamani
La 5e conférence ministérielle du Forum de coopération sino-africain (FCSA) qui vient d’avoir lieu à Pékin n’aura pas été vaine. Le plan 2013-2015 est en marche. Pékin consolide ses positions dans le continent noir. Rendez-vous en 2015 en Afrique du Sud pour la 6e édition.

Jeudi 19 juillet. 8h30. Les premières délégations arrivent au Grand Palais du Peuple. Le dispositif pour l’accueil des officiels est déjà là. Garde républicaine, tapis rouge déroulé et agents de sécurité veillant au grain et scrutant le moindre mouvement. Avec 6 présidents africains, 2 premiers ministres et plusieurs MAE, les autorités n’ont rien laissé au hasard. La circulation automobile est réglementée devant cette imposante bâtisse de 150 000 m2 construite à la fin des années 1950. Les lignes du métro menant jusque-là sont suspendues pour la journée. Situé tout près de la place Tian An Men, ce bâtiment reçoit les sessions de la législature, ainsi que d'importantes réunions politiques. Et c’est le cas avec la 5e conférence ministérielle du Forum sur la coopération sino-africaine (FCSA) que le président Hu Jintao a personnellement tenu à inaugurer.  10h, la cérémonie commence. Dans son discours devant des chefs d’État africains, du SG de l’ONU et d’autres délégations, Hu Jintao a détaillé le plan 2013-2015 que la Chine mettra en œuvre en direction du continent. Première mesure : “La Chine mettra à la disposition des pays africains une ligne de crédit de 20 milliards de dollars destinée en priorité à promouvoir le développement des infrastructures, de l'agriculture, de l'industrie manufacturière et des PME en Afrique”, a-t-il précisé.  Les observateurs estiment qu’avec cette enveloppe, la Chine devient le premier bailleur de fonds du continent, loin derrière le club de Londres ou de Paris ainsi que du FMI et de la Banque mondiale. Les échanges commerciaux entre la Chine et l'Afrique ont atteint un niveau record de 166 milliards en 2011, plaçant du coup la Chine au premier rang des partenaires commerciaux du continent.

18 000 bourses d’études accordées et 30 000 cadres à former
Deuxièmement, la Chine “augmentera le nombre de centres-pilotes agricoles en Afrique pour aider les pays africains à renforcer leur capacité de production agricole et mettra en œuvre le programme "Talents africains" pour former 30 000 personnes dans différents secteurs, fournir 18 000 bourses gouvernementales et construire des infrastructures culturelles et de formation technique et professionnelle”.
Troisième mesure : Hu Jintao a indiqué que la Chine “établira avec l'Afrique un partenariat sur la construction des infrastructures transnationales et transrégionales pour soutenir la planification et l'étude de faisabilité des projets, encourager les entreprises et institutions financières chinoises performantes à prendre part à la construction de ces infrastructures, comme elle aidera les pays africains à améliorer les infrastructures douanières et de contrôle des marchandises afin de faciliter le commerce intra-africain”.
Quatrième mesure : “La Chine propose de lancer l' “Action pour l'amitié des peuples Chine-Afrique” afin de soutenir et promouvoir les échanges et la coopération entre les associations, les femmes et les jeunes Chinois et Africains. Elle créera en Chine un “centre d'échanges de la presse Chine-Afrique”, afin d'encourager les visites entre les professionnels de la presse des deux côtés, et soutiendra l'envoi réciproque de correspondants par leurs médias. Le pays continuera à mettre en œuvre le programme sino-africain d'échanges et d'études conjointes en finançant 100 projets d'études entre les établissements des deux parties”, a encore précisé le chef de l’État chinois.
Cinquième mesure : le président Hu Jintao a annoncé que son pays “encouragera la paix et la stabilité en Afrique dans le but de créer un environnement sûr pour le développement du continent.” Pékin “lancera l'Initiative du partenariat de coopération Chine-Afrique pour la paix et la sécurité afin d'approfondir sa coopération avec l'UA et les pays africains dans les domaines de la paix et de la sécurité en Afrique, fournir un soutien financier aux opérations de maintien de la paix de l'UA sur le continent”.

Ban Ki-moon : réduire la pauvreté et partager les connaissances
Intervenant à son tour, le SG de l'ONU Ban Ki-moon a qualifié les mesures du président chinois de “nouvelle hauteur” dans les relations sino-africaines. Il a affirmé que le partenariat stratégique entre la Chine et l’Afrique “contribuera également à l'économie mondiale à un moment où les pays traditionnellement moteurs de la croissance sont en récession”. Dans ce cadre, il a proposé trois domaines de coopération, dont la lutte contre la pauvreté, le renforcement de la capacité de l'Afrique en encourageant la Chine à continuer de partager ses connaissances, et la construction d'une économie verte. De son côté, le président de l’Afrique du Sud, Jacob Zuma, tout en mettant l’accent sur la croissance et les opportunités d'investissement en Afrique, ajoutant que l'Afrique est devenue l'un des continents ayant réalisé la croissance économique la plus rapide au monde, a cependant reconnu que “l'Afrique restait confrontée à d'importants défis, tels que le développement des infrastructures et des technologies de l'information”. Le président actuel de l'UA et président béninois Boni Yayi a déclaré quant à lui que l'Afrique souhaitait renforcer le partenariat gagnant-gagnant avec la Chine et explorer conjointement les ressources abondantes de l'Afrique. “La population africaine devrait atteindre les deux milliards d'habitants en 2050, ce qui devrait poser de sérieux défis à l'éducation, à l'hygiène, à l'énergie et à la sécurité alimentaire de ce continent”, a dit M. Yayi.

Abdelkader Messahel : “Une représentation équitable de l’Afrique dans les institutions”
Intervenant lors du débat général, le ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines, Abdelkader Messahel, a souligné l’importance du plaidoyer de la Chine “en faveur d’une coopération internationale rénovée pour le développement en Afrique, et pour une représentation équitable de notre continent dans les institutions et aux processus de réforme de la gouvernance mondiale”.
“L’Afrique, qui est attachée à l’approfondissement par les Africains des solutions aux conflits et aux crises sur le continent, trouve auprès de la Chine un soutien constant à ses positions et initiatives”, a estimé M. Messahel. Sur le plan bilatéral, le ministre a souligné que l’Algérie fonde de grands espoirs dans la capacité du forum à approfondir le partenariat stratégique sino-africain. Pour M. Messahel, ces relations “ont été toujours empreintes d’exemplarité, d’abord par le soutien apporté par la Chine à l’Algérie combattante, ensuite par sa solidarité dans la phase postcoloniale de restructuration socioéconomique, pour aboutir aujourd’hui au développement continu d’un partenariat global de portée stratégique”.
S. T.

LeTemps.ch | Pékin resserre ses liens avec ses «amis»

LeTemps.ch | Pékin resserre ses liens avec ses «amis»
Par Céline Zünd
Pékin promet de doubler les prêts aux pays africains Le président chinois Hu Jintao a promis 20 milliards de dollars de prêts aux Etats africains lors du 5e Forum de coopération Chine-Afrique, qui a lieu tous les trois ans
Si, à l’interne, sa croissance montre des signes d’essoufflement, la Chine n’est pas près de lâcher «ses amis» d’Afrique. Le président chinois Hu Jintao a promis 20 milliards de dollars de prêts aux Etats africains lors du 5e Forum de coopération Chine-Afrique, qui s’est achevé vendredi à Pékin. C’est deux fois plus que lors du dernier forum en 2009. Les échanges entre la Chine et le Continent noir n’ont cessé de croître pour atteindre 166 milliards de dollars en 2011, soit 16 fois plus qu’en 2000. Le Ministère chinois du commerce estime que 2000 sociétés chinoises ont investi dans des pays africains depuis 2009, moment où la Chine est devenue le premier partenaire de l’Afrique. «C’est aussi le premier prêteur, loin devant la Banque mondiale, note Adama Gaye, consultant sénégalais, spécialiste des relations sino-africaines. Mais à qui profitent ces relations? La Chine, il n’y a pas de doute, y trouve son intérêt. Elle a un besoin vital des ressources naturelles africaines pour son propre développement.»
Un «acteur global»
En parallèle, Pékin réalise de grands projets: routes, ponts, stades, hôpitaux, systèmes de télécommunications. Des infrastructures très visibles dont l’une des plus emblématiques est le siège de l’Union africaine à Addis-Abeba. «La Chine investit où les anciennes puissances coloniales se sont retirées, explique Antoine Kernen, sinologue à l’Université de Lausanne. Elle offre aux pays africains une nouvelle marge de manœuvre en leur permettant de choisir leurs partenaires. Cette réunion, c’est aussi une façon pour la Chine de souligner qu’elle est devenue incontournable en Afrique.»
Les rapports, comme toujours, ont été présentés comme gagnants-gagnants. «La Chine et les pays africains sont bons amis, bons partenaires et bons frères», a déclaré le ministre chinois des Affaires étrangères, Yang Jieshi, en préambule au forum. Seul bémol, la critique, très nuancée, de Jacob Zuma. Le président sud-africain, tout en remerciant Pékin de traiter les pays africains en «égaux», a mis en garde contre un modèle commercial – matières premières importées contre produits finis exportés – «qui n’est pas viable sur le long terme».
Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a souligné que la coopération sino-africaine «crée des opportunités pour les pays africains de diversifier leur économie, de créer de nouveaux emplois et d’améliorer la qualité des soins de santé et de l’éducation», dans une période où les pays d’ordinaire moteurs de la croissance sont en récession. Les prêts toutefois, conditionnés à l’engagement de sociétés chinoises, qui emploient de la main-d’œuvre chinoise, ne profitent pas toujours aux populations locales. «L’Afrique trouve son compte dans ses échanges avec la Chine, qui fait d’elle un acteur global, estime Adama Gaye. Mais Pékin traite uniquement avec les chefs d’Etat et crée ainsi les conditions de la résurgence de la corruption. Il est temps que les Africains posent leurs conditions sur la table des négociations.»

Adama Gaye, essayiste sénégalais, spécialiste des relations sino-africaines s'oppose à la percée chinoise sur RFI

Adama Gaye, essayiste sénégalais, spécialiste des relations sino-africaines s'oppose à la percée chinoise sur RFI

5è FCSA : La Chine promet son soutien à la cause de la paix et le développement de l’Afrique #CIV2010

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D'après Hu Jintao, Chine et Afrique doivent renforcer leur confiance mutuelle - china radio international

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Yang Jiechi salue le succès de la conférence ministérielle Chine-Afrique - china radio international

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La Chine et le Bénin sont prêts à promouvoir leur coopération - china radio international

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FOCAC : La « Chinafrique » va-t-elle tuer la « Françafrique » ? | ActuDéfense

FOCAC : La « Chinafrique » va-t-elle tuer la « Françafrique » ? | ActuDéfense

FOCAC : La « Chinafrique » va-t-elle tuer la « Françafrique » ?

Ecrit par Romain Mielcarek le 20 juil 2012 à 10:33 Aucun commentaire
Hier s’ouvrait la conférence interministérielle du Forum de coopération Chine-Afrique (FOCAC). L’occasion pour Pékin de renouveler ses démarches de séduction des Etats africains pour lesquels le géant asiatique devient un partenaire incontournable. Philippe Hugon, chercheur à l’IRIS spécialiste de l’Afrique, répondait ce matin à nos questions pour le site Atlantico.
Romain Mielcarek – Pékin a annoncé jeudi le doublement de ses investissements en Afrique à hauteur de 20 milliards de dollars. La montée en puissance de la « Chinafrique » signifie t-elle la fin des relations privilégiées entre la France et de nombreux États de ce continent ?
Philippe Hugon - Malgré des liens forts avec un certain nombre d’États africains, la France a eu tendance, sur le long terme, à se retirer de ce continent. Le poids des investissements, la présence militaire, tous les indicateurs vont dans ce sens. La France a diversifié ses interventions dans le monde, même si elle a toujours des relations privilégiées, en particulier avec les pays francophones.
A l’inverse de cette dynamique française, des pays émergents, notamment la Chine, mais aussi l’Inde ou le Brésil, arrivent massivement sur le continent africain. On peut voir les Chinois comme des concurrents déloyaux : les questions de corruption, de non-respect des conditions environnementales, peuvent favoriser les groupes chinois face aux groupes français. Des contrats ont certainement été perdu par Bouygues ou Bolloré pour ces raisons. Total doit aussi y faire face. Les groupes de télécommunications s’affrontent aussi, France Télécom devant faire avec une concurrence nouvelle. La diversification des partenaires pour les États africains change la donne. L’intérêt des pays émergents pour les ressources naturelles dont dispose le continent africain favorise forcément la croissance de ce dernier.
Mais en réalité, l’ensemble des investissements chinois a aussi favorisé les activités des entreprises françaises sur place. Il y a peu de domaines où il y a véritablement une concurrence en termes de parts de marché. L’aide française n’est pas liée aux contrats signés par les entreprises tricolores. La présence de ces nouveaux partenaires ne se fait donc pas au détriment des intérêts français.
Romain Mielcarek – Les méthodes et les moyens employés par la Chine pour entretenir ses relations avec l’Afrique sont ils comparables avec ce qui est pratiqué par la France ?
Philippe Hugon - Dans le fond, les relations que la Chine entretient avec l’Afrique ressemble avec ce qui se faisait en France il y a une trentaine d’années : des liens forts dans le champs du politique, une non dissociation des liens public/privé et une importante corruption. Le tout sans être très regardant sur les situations environnementale et sociale.
Aujourd’hui, l’aide française s’est largement multilatéralisée. Elle dépend de nombreuses contraintes européennes. Paris s’appuie de manière croissante sur des ensembles régionaux plutôt que sur des États. Elle travaille beaucoup avec des ONG. La politique d’aide chinoise ne connaît pas tous ces outils et repose uniquement sur des relations d’État à État.
La Chine mélange allègrement ce qu’ils appellent la coopération, les investissements productifs et l’aide à proprement dite.
Romain Mielcarek – L’absence de passé colonial est-elle un avantage ou une faiblesse pour la Chine ?
Philippe Hugon - Un peu les deux. Toute la rhétorique chinoise, c’est de se positionner en pays du Sud, émergent, dénué de passé colonisateur et reposant sur une politique du gagnant-gagnant. Mais pour ces mêmes raisons, en dehors d’une toute petite diaspora chinoise présente notamment à Madagascar et de quelques relations avec des pays au passé communiste comme le Mali ou la Tanzanie, sous Mao, les Chinois connaissent très peu le continent africain.
Les Chinois font face à de gros obstacles. Linguistique d’une part. Les expatriés présents en Afrique viennent majoritairement des campagnes et ne parlent pas anglais. Même chose pour le français que les Chinois cherchent à apprendre dans les Alliances afin de mieux appréhender les pays francophones. Culturellement d’autre part : par méconnaissance des populations locales, les Chinois ont souvent adopté des attitudes perçues comme paternalistes, méprisantes voire racistes.
Romain Mielcarek – La France a-t-elle encore des cartes à jouer dans cette Afrique qui se laisse de plus en plus séduire par la Chine ?
Philippe Hugon - Oui, elle garde des liens privilégiés au travers de la francophonie et bénéficie de connaissances colossales sur les pays du continent. Dans de nombreux pays francophones, on s’interroge parfois plus ce qui se passe en France que sur place, ne serait-ce qu’en ce qui concerne le football, par exemple. Tout cela découle d’une histoire compliquée et perdure, malgré certains complexes.
Les groupes français sont également conscients de l’émergence de classes moyennes en Afrique qui vont représenter des marchés importants. Toutes ces opportunités devraient leur profiter, notamment avec leur connaissance de ces clientèles. Il faut que les produits soient adaptés à la demande. La France a échoué à plusieurs reprises dans ce domaine : Peugeot, par exemple, après avoir dominé il y a une trentaine d’années, a été totalement dépassé par les véhicules low cost produits en Chine ou en Inde.
Romain Mielcarek – La puissance économique de la Chine ne risque t-elle pas justement de noyer les capacités d’investissement de la France ?
Philippe Hugon - Si, effectivement, d’un point de vue public. Mais aujourd’hui, la plupart des investissements français proviennent du secteur privé. Les grandes multinationales françaises ne sont pas confrontées, pour la plupart, à des difficultés économiques. Un groupe comme Total, Bouygues, Bolloré ou France Télécom peuvent encore investir massivement en Afrique et peuvent notamment bénéficier d’un important réseau de PME sous-traitantes tricolores sur place.
Il y a également des projets innovants qui se font sous forme de triangulaires avec des partenaires africains, français et chinois. Total a tout intérêt aujourd’hui à réaliser des joint ventures avec des compagnies chinoises. France Télécom aussi. C’est un moyen de profiter de diversifier l’image de marque, de multiplier les capacités d’alliance, de partager les connaissances et de profiter des capacités d’investissement des banques publiques chinoises

Zuma et Ouattara exigent une coopération d'égal à égal avec la Chine - Afrik.com : l'actualité de l'Afrique noire et du Maghreb - Le quotidien panafricain

Zuma et Ouattara exigent une coopération d'égal à égal avec la Chine - Afrik.com : l'actualité de l'Afrique noire et du Maghreb - Le quotidien panafricain
Zuma et Ouattara exigent une coopération d’égal à égal avec la Chine

A l’occasion de la clôture du Forum sur la coopération sino-africaine (FCSA), qui a eu lieu du 19 au 20 juillet à Pékin, le président sud-africain Jacob Zuma et son homologue ivoirien Alassane Ouattara ont demandé une contrepartie économique à la Chine.
Le Forum sur la coopération sino-africaine (FCSA) a fermé ses portes ce vendredi 20 juillet à Pékin. Ce jeudi, la Chine a annoncé sa volonté de doubler les prêts accordés aux pays africains, passant de 10 à 20 milliards de dollars (soit environ 16 milliards d’euros). Une décision du président Hu Jintao qui a été bien accueillie par les chefs d’Etats africains présents, notamment le président sud-africain Jacob Zuma et le président ivoirien Alassa Ouattara.
Malgré cette somme colossale, et les autres aides telles que la formation de 40 000 travailleurs, la création de 20 000 bourses d’études aux étudiants africains, le renforcement de la sécurité et de la solidarité ; les présidents sud-africain et ivoirien n’ont pas hésité à exiger de Pékin une contrepartie économique favorable au développement du commerce de l’Afrique.
Zuma et Ouattara en veulent plus
Jacob Zuma réclame une coopération économique d’égal à égal. « Ce modèle de commerce n’est pas viable sur le long terme », a déclaré le président sud-africain, et d’ajouter : « L’expérience économique de l’Afrique avec l’Europe dans le passé appelle à la prudence avant d’engager des partenariats avec d’autres économies ». Même son de cloche du côté d’Alassane Ouattara qui enjoint Hu Jintao d’être plus souple en matière des droits de douanes concernant le cacao, le premier produit d’exportation ivoirien. « Le numéro un chinois [...] s’est déclaré prêt à échanger ses points de vue avec ce dernier sur les relations bilatérales et les sujets d’intérêt commun », rapporte l’Agence ivoirienne de presse.
D’autres chefs d’États africains, dont le président de la Guinée équatoriale Obiang Nguema Mbasogo, le président nigérien Mahamadou Issoufou, le Premier ministre capverdien Jose Maria Pereira Neves et le Premier ministre kényan Raila Amollo Odinga ont également participé au FCSA à Pékin pour discuter de l’avenir du commerce et de l’investissement sino-africain.
Lire aussi :
- La Chine alloue 20 milliards de dollars à l’Afrique
- Chine-Afrique : les chefs d’Etat africains attendus à Pékin

Djibouti espère renforcer sa coopération avec la Chine - china radio international

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Les médias sud-africains saluent le Forum de coopération Chine-Afrique pour la promotion du développement commun - china radio international

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Les Etats-Unis souhaitent coopérer avec la Chine pour relever les défis auxquels fait face l'Afrique - china radio international

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La Chine tient ses engagements envers les pays africains  - china radio international

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La délocalisation industrielle chinoise encourage le "Made in Africa" - china radio international

La délocalisation industrielle chinoise encourage le "Made in Africa" - china radio international

Chine- Afrique : RADIOSCOPIE D’UNE COOPERATION PORTEUSE

Chine- Afrique : RADIOSCOPIE D’UNE COOPERATION PORTEUSE
M. Mthuli Ncube, économiste en chef à la  Bad.M. Mthuli Ncube, économiste en chef à la Bad.Pour l’économiste de la Bad, la présence chinoise en Afrique peut être évaluée en mesurant les impacts des flux commerciaux et d’investissement, de l’aide et d’autres activités financières d’un point de vue quantitatif et qualitatif. Il note, par exemple, qu’en 2008, le commerce entre la Chine et l’Afrique a atteint un pic de 100 milliards de dollars et les flux d’investissements étrangers (Ide) en Afrique ont augmenté à 5,4 milliards de dollars.
Cet engagement significatif et croissant de la Chine a bénéficié à de nombreux pays africains au travers d’un accroissement du volume des exportations vers la Chine, d’une augmentation des recettes commerciales et de nouvelles opportunités d’investissement dans les secteurs liés aux infrastructures.

L’éminent économiste note, cependant, qu’en dépit de leur accroissement, les activités économiques chinoises en Afrique restent déséquilibrées en raison de la forte concentration des structures commerciales et des flux d’investissement chinois. En l’occurrence, 70% des exportations de l’Afrique vers la Chine sont dominées par les matières premières –le pétrole, le cuivre, le cobalt et le coton - et proviennent de pays riches en ressources minières tels que l’Angola, l’Afrique du Sud, le Soudan et la Rdc.
Il convient néanmoins, observe-t-il, de noter que grâce aux investissements dans les projets d’infrastructure et à la création de zones économiques spéciales, la Chine apporte son soutien à l’industrialisation et la diversification économique dans de nombreux pays africains. Par ailleurs, les biens de consommation chinois, qui sont souvent plus abordables que les produits importés d’Europe, des Etats-Unis, du Japon et d’autres pays en développement, ont bénéficié à de nombreux ménages pauvres en Afrique. Ce qui a contribué à l’augmentation du pouvoir d’achat des consommateurs. Et, de ce fait, ont un impact positif sur la pauvreté dans le continent africain.
La contribution de la Chine au réapprovisionnement du Fonds africain de développement (Fad) du groupe de la Bad est une autre voie par laquelle elle apporte son soutien au développement et aux efforts de réduction de la pauvreté en l’Afrique.
Pour Mthuli Ncube, l’étendue de la présence chinoise en Afrique ne doit donc pas être sous-estimée. Le volume du commerce Chine-Afrique (100 milliards de dollars en 2008), les flux de portefeuille et d’investissements directs ainsi que les investissements dans les projets d’infrastructure en provenance de la Chine et à destination de l’Afrique sont considérables. En 2008, les flux d’Ide s’élevaient notamment à 875 millions de dollars et les investissements de portefeuille à 7,8 milliards de dollars, tandis qu’en 2009, le total des engagements chinois dans des projets d’infrastructures s’établissait à plus de 38,4 milliards de dollars.

Stratégie d’investissement
Sur la stratégie d’investissement et de financement des Chinois en Afrique, le Chief economist de la Bad fait remarquer que leurs activités financières sur le continent africain consistent principalement en l’octroi de crédits à l’exportation et de subventions de la part des entreprises d’État chinoises, l’utilisation de prêts concessionnels ainsi que d’une aide financière aux gouvernements africains. Les entreprises d’État chinoises financent, en outre, les projets en Afrique par le biais de la Banque chinoise d’import-export (Eximbank). Celle-ci fournit 90% de ses crédits d’exportation à des entreprises chinoises et à leurs clients étrangers. Elle gère également les prêts concessionnels du gouvernement chinois aux gouvernements étrangers. Cette institution, dit Mthuli Ncube, poursuit la stratégie «go global» de la Chine ainsi que sa stratégie africaine dont les objectifs clés sont l’extraction de ressources naturelles, l’expansion des échanges commerciaux et financiers avec les pays africains et la promotion des sociétés chinoises en Afrique.
La Chine poursuit également une stratégie d’investissement et de finance au travers du «package financial mode », qui est octroyé par le ministère du Commerce et d’Eximbank. Ce package combine des prêts concessionnels, des crédits aux vendeurs et aux acheteurs ainsi que des garanties bancaires à l’appui de grands projets d’infrastructures en Afrique.
En dépit du manque de données statistiques précises sur l’engagement financier de la Chine en Afrique, M. Ncube estime que l’aide de ce pays au développement s’élevait à hauteur de 2,5 milliards de dollars en 2009, et que les prêts approuvés par Eximbank se sont établis à plus de 100 milliards pour le financement de plus de 300 projets en Afrique. La création du Fonds de développement Chine-Afrique en 2007 a favorisé les placements d’actions chinoises dans des projets des secteurs des infrastructures, de l’agriculture et de l’industrie en Afrique. En termes de collaborations, Eximbank et le gouvernement chinois coopèrent de plus en plus avec les organisations financières internationales telles que la Banque mondiale, le Fmi et la Banque africaine de développement.
Coûts, durée et garantie
«Les informations sur les conditions de prêt des investissements de la Chine à l’étranger sont incomplètes», constate l’économiste. Pour lui, il est difficile de déterminer, avec précision, les coûts réels, la durée et la valeur des garanties associées aux investissements de la Chine en Afrique. Cela est lié à la variété des flux financiers chinois (prêts concessionnels, crédits, prêts sans intérêt, allègement de la dette, subventions et assistance technique) et le large éventail des ministères et organismes (23) impliqués dans l’administration des fonds et des projets.
Ce dont Mthuli Ncube dit être certain, c’est que la plupart des prêts concessionnels et des crédits octroyés par la Chine sont directement accordés à des entreprises chinoises qui financent des projets et/ou des contrats en Afrique. Leurs taux d’intérêt sont déterminés à partir des taux internationaux de marché (Libor) et remboursables sur une période de 10 à 20 ans.
Adaptation aux contraintes locales
La stratégie de la Chine d’investir dans le secteur de l’énergie et dans de grands projets d’infrastructure, sa politique étrangère de non-ingérence dans les affaires des gouvernements africains et sa pratique qui consiste à traiter les affaires d’abord, lui ont permis de faire ses marques en Afrique et de mieux s’adapter à certaines contraintes locales. Notamment, les problématiques liés à la bonne gouvernance et à l’environnement des affaires.
Faut-il le noter, la Chine relègue au second plan les risques politiques et les préoccupations de financement, au risque de faire face à la critique internationale. A ce sujet, selon l’économiste de la Bad, les entreprises chinoises étant prêtes à payer des pots-de-vin.
Comparaison
Pour l’expert de la Bad, la coopération chinoise et celle des pays occidentaux visent, toutes les deux, à favoriser le développement économique en Afrique au travers du tissage de liens politiques, économiques, sociaux et culturels plus étroits avec les pays africains, tout en assurant la stabilité politique et la sécurité. Le boom économique de la Chine ainsi que la forte croissance de sa demande de pétrole ainsi que d’autres ressources naturelles sont des facteurs clés qui l’encouragent à s’engager davantage avec les pays africains dans les domaines du commerce, de l’agriculture, de la construction d’infrastructures et des mines. L’élargissement du champ de coopération Chine-Afrique, notamment à la banque, au tourisme, à l’aviation civile et à la protection de l’environnement et partant, l’adoption d’une approche multidimensionnelle de la coopération devrait contribuer au développement de l’Afrique.

Concurrence entre la France, les USA et la Chine…
La coopération et l’engagement de la Chine en Afrique ont pris de l’ampleur ces dernières années, éveillant préoccupations et scepticisme dans les milieux européens et américains, observe l’économiste. La principale source d’inquiétude pour ces pays serait de voir la Chine devenir le partenaire de développement préféré de l’Afrique et d’assister, par conséquent, à la réduction de leur influence dans les affaires africaines. Pour sa part, M. Ncube voit plutôt cette soi-disant «concurrence» comme une opportunité pour l’Afrique, qui dispose désormais de nouveaux marchés offrant des perspectives attrayantes en termes d’échanges commerciaux et de flux d’investissements, ainsi que de nouveaux partenaires émergents qui sont un complément à la coopération que les pays africains entretiennent avec leurs partenaires traditionnels au développement.
Investissements chinois et programmes Fmi, Banque mondiale, bad
Les projets de développement des infrastructures, les programmes d’énergie verte, la transformation agricole et le partage des connaissances sont autant de programmes mis en œuvre par les bailleurs de fonds internationaux auxquels les investissements chinois pourraient être intégrés. La Chine pourrait également coopérer avec des institutions financières internationales telles que la Banque africaine de développement, en canalisant son aide au travers de ladite Banque ou en s’engageant dans des joint-ventures et/ou dans le co-financement de projets d’infrastructure et du secteur privé. Telle est la position de l’expert de la Bad. Il fait remarquer que l’institution financière a d’ores et déjà signé deux protocoles d’entente avec Eximbank Inde et avec la Banque chinoise de développement. Le but est d’optimiser ses avantages comparatifs et ceux de la Chine ainsi que les instruments financiers utilisés afin de favoriser le développement de l’Afrique.
Transfert de technologies…
Les zones économiques spéciales chinoises en Afrique, selon le chief economist de la Bad, constituent un faisceau d’opportunités pour les pays africains. Tout d’abord, en termes de capital, au travers des investissements chinois dans le développement et la mise en œuvre de ces zones, ensuite parce qu’elles occasionnent des transferts de connaissances. Les pays africains bénéficient d’effets d’apprentissage qui découlent de l’expérience et de l’expertise de la Chine dans le développement et la gestion de ces zones économiques spéciales. Finalement, ces dernières ont également des effets majeurs sur l’’industrialisation, la diversification ainsi que la compétitivité aux plans international et régional des pays africains qui les hébergent, explique-t-il.
De la présentation qu’il en fait, il apparaît que leur objectif principal est de stimuler l’agglomération d’activités économiques nouvelles dans un domaine particulier - la plupart du temps dans les zones rurales -par le développement d’infrastructures et autres. Cela permet de créer un environnement favorable aux investissements étrangers ainsi qu’à la compétitivité du secteur manufacturier. Ces zones, ajoute-t-il, cherchent à atteindre cet objectif en apportant leur contribution à la diversification de la production et l’exportation de biens manufacturés. Ce qui revient, en définitive, à promouvoir la transformation industrielle des économies africaines, dit-il.
En conclusion, Mthuli Ncube voudrait qu’on retienne que la Chine est l’un des nouveaux partenaires émergents de l’Afrique. Les autres sont, notamment, l’Inde, le Brésil, la Turquie, l’Afrique du Sud, la Corée du Sud et la Russie. Ils contribuent à l’apport de flux d’Ide, à l’activité commerciale et au partage des connaissances. Tout cela, dit-il, vient en complément de l’activité des partenaires traditionnels de l’Afrique tels que l’Europe, les Etats-Unis, le Canada et le Japon.
Alakagni Hala
Source :Outre terre

vendredi 20 juillet 2012

La Chine renforce ses relations économiques avec l'Afrique | International | Radio-Canada.ca

La Chine renforce ses relations économiques avec l'Afrique | International | Radio-Canada.ca
Mise à jour le jeudi 19 juillet 2012 à 11 h 47 HAE
Le président chinois Hu Jintao reçoit ses homologues africains à Pékin. Le président chinois Hu Jintao reçoit ses homologues africains à Pékin.   © AFP/HOW HWEE YOUNG
Pékin va doubler le montant de ses prêts aux pays africains durant les trois prochaines années. Le président chinois Hu Jintao en a lui-même fait l'annonce jeudi lors de l'ouverture de la cinquième conférence ministérielle du Forum de coopération Chine-Afrique (FOCAC) qui se déroule à Pékin.
Sous couvert d'amitié, ces crédits témoignent de la volonté de l'Empire du Milieu de renforcer sa présence économique sur le continent.
Ces nouveaux prêts d'un montant de 20 milliards de dollars, dont la durée n'a pas été dévoilée, serviront à financer des projets d'infrastructure, d'agriculture, d'industrie et le développement des petites et moyennes entreprises, a précisé Hu Jintao. Dans son discours d'ouverture, le président chinois a souligné que les destins de la Chine et de l'Afrique « sont étroitement liés ».
« Nous souhaitons continuer à améliorer notre amitié traditionnelle [...], à écarter toute ingérence et à améliorer notre compréhension et notre confiance mutuelles », a-t-il déclaré. M. Hu a ajouté que la Chine soutenait « de tout coeur et avec sincérité la voie de développement choisie par les pays africains », présentant son pays comme un « ami » et un « frère » de l'Afrique.
Depuis trois ans, Pékin est devenu le premier partenaire commercial du continent africain. Les échanges ont atteint l'an dernier le montant record de 166 milliards de dollars, en hausse de 83 % par rapport à 2009 selon les chiffres du ministère chinois du Commerce.
Dans un même temps, les investissements directs chinois ont progressé de 60 %, pour atteindre 14,7 milliards de dollars à la fin 2011. Plus de 2000 entreprises chinoises sont désormais présentes en Afrique, en nom propre ou par l'entremise de partenariats avec des sociétés locales.
Pour les pays africains, les relations commerciales avec Pékin ouvrent de nouveaux horizons de développement et de nouveaux débouchés. Au cours de la dernière décennie, les exportations africaines vers la Chine sont ainsi passées de 5,6 milliards à 93,2 milliards de dollars.
L'Afrique et ses richesses naturelles
À l'inverse, le continent noir représente pour les entreprises chinoises un marché d'un milliard de consommateurs, dont le niveau de vie tend à s'élever. Mais si l'Afrique intéresse tant la Chine, c'est surtout pour ses ressources naturelles - pétrole et métaux notamment - dont l'Empire du Milieu a grandement besoin pour maintenir sa croissance économique. Pour preuve, la majorité des investissements chinois sont concentrés dans les raffineries, les oléoducs, les mines ou les complexes pétrochimiques.
Présent au Forum de coopération Chine-Afrique, le président sud-africain Jacob Zuma a mis la Chine en garde contre la persistance d'une relation commerciale déséquilibrée, dans laquelle l'Afrique fournirait avant tout des matières premières. « Ce modèle de commerce n'est pas viable sur le long terme », a-t-il prévenu. « L'expérience économique de l'Afrique avec l'Europe dans le passé appelle à la prudence avant d'engager des partenariats avec d'autres économies », a ajouté M. Zuma.
Le président chinois Hu Jintao, en train de marcher devant des drapeaux de pays africains. Le président chinois Hu Jintao.   © AFP/ANDY WONG
En Europe justement, les investissements massifs de la Chine en Afrique ne sont pas vus d'un bon oeil. Les anciennes puissances coloniales accusent Pékin de verser de l'argent sans tenir compte des atteintes aux droits de la personne ou de la corruption dans certains pays africains. Les entreprises chinoises sont également critiquées parce qu'elles font venir sur place leurs propres ouvriers, ne respectent pas le droit du travail du pays hôte ou maltraitent leurs employés locaux.
Le ministre chinois des Affaires étrangères Yang Jiechi avait d'ailleurs reconnu l'existence de problèmes lors d'une récente visite en Namibie. « Je ne dis pas que chaque société chinoise a un comportement irréprochable », avait-il admis.
« La coopération avec la Chine crée des opportunités pour les pays africains de diversifier leurs économies, de créer des emplois et d'améliorer la santé et l'éducation. » — Ban ki-moon, secrétaire général de l'ONU
Afin de couper court à cette polémique, les entrepreneurs chinois présents en Afrique ont signé jeudi une « déclaration de responsabilité sociale » dans laquelle ils s'engagent à « respecter les coutumes locales, accélérer les transferts de technologie, contribuer davantage à l'impôt local et protéger l'environnement ».
Quoi qu'il en soit, les critiques européennes suscitent régulièrement la colère des autorités chinoises, qui n'acceptent pas d'être présentées comme de nouveaux colons. « La Chine soutient avec sincérité les pays africains engagés sur une voie de développement qui leur est propre et leur capacité à se développer de façon indépendante », a tenu à souligner Hu Jintao. La Chine, a-t-il ajouté, « continuera d'accroître son aide à l'Afrique de sorte que le peuple africain puisse tirer les bénéfices du développement ».
Les remontrances occidentales sont également rejetées par l'Afrique. Le président sud-africain Jacob Zuma est ainsi « convaincu que les intentions de la Chine diffèrent de celles de l'Europe, laquelle, à ce jour, continue de chercher à influencer les pays africains à son seul intérêt ».

La Chine a annoncé qu'elle encouragera le développement du continent africain dans les cinq domaines prioritaires - china radio international

La Chine a annoncé qu'elle encouragera le développement du continent africain dans les cinq domaines prioritaires<IMG height=11 hspace=2 src="http://mn.chinabroadcast.cn/images/audio.gif" width=11 align=absMiddle vspace=6 border=0 yLoc="403" xLoc="860"> - china radio international
La 5ème conférence ministérielle du Forum sur la Coopération sino-africaine s'est ouverte jeudi matin à Beijing. Le président chinois Hu Jintao a annoncé que le gouvernement chinois prendra des mesures dans les cinq domaines prioritaires tels que l'investissement, le financement, l'aide, l'intégration africaine et la sécurité, pour soutenir la cause de la paix et du développement en Afraique et faire progresser le nouveau partenariat stratégique sino-africain. Il a souligné en même temps que pour créer la nouvelle situation du nouveau partenariat stratégique sino-africain, la Chine et l'Afrique devraient renforcer la confiance politique mutuelle et éliminer des interférences extérieures.
Fondée en octobre 2000, le Forum sur la Coopération sino-africaine est un important mécanisme collectif de dialogue et de coopération pragmatique entre la Chine et l'Afrique. En 2006, la réunion au sommet à Beijing du Forum sur la Coopération sino-africaine et la 3ème conférence ministérielle de ce foruim avaient eu lieu dans la capitale chinoise. Des chefs d'Etat et de gouvernement, ainsi que des offficiels de haut rang de 48 pays africains y avaient participé. La présente conférence ministérielle se tient au moment où le Forum sur la Coopération sino-africaine est entrée dans la deuxième décennie. Le président Hu Jintao a évoqué, dans son discours prononcé à la cérémonie d'ouverture de l'actuelle conférence ministérielle, le développement de la coopération sino-africaine depuis la réunin au sommet de Beijing. Il a indiqué :
« La Chine et l'Afrique se respectent mutuellement et se font confiance l'une à l'autre sur le plan politique, et les relations amicales entre les deux parties se développent dans tous les domaines. La Chine soutient la résolution, de façon autonome, par les pays africains, de leurs problèmes chauds régionaux, et elle soutient la construction de l'intégration africaine. Des avantages réciproques sur le plan économique entre les deux parties ont approfondi sans cesse leur coopération pragmatique. Le volume du commerce et de l'investissement de la Chine vers l'Afrique n'a cessé de s'accroître. En 2011, le volume des échanges commerciaux entre l'Afrique et la Chine a atteint 166,3 milliards de dollars, soit une augmentation de deux fois par rapport à celui en 2006. Les échanges culturels entre les deux parties se sont aussi renforcés. Dans les affaires internationales, la Chine et l'Afrique s'entraident dans la solidarité et la coopération encore plus étroite. Sur des problèmes d'importance majeure, tels que la réforme des Nations Unies, la lutte contre le changement climatique, le développement durable et les pourparleers du cycle Doha de l'Organisation mondiale du Commerce, les deux parties ont bien coopéré et sauvegardé les intérêts communs des pays en voie de développement. »
Parlant de la créatin de la nouvelle situation du nouveau partenariat sino-africain, Hu Jintao a déclaré que la Chine et l'Afrique devraient renforcer la confiance politique mutuelle, accroître des dialogues stratégiques et éliminer des interférences extérieures.
Hu Jintao a annoncé, au nom du gouvernement chinois, les mesures concrètes prises par la Chine dans les trois ans à venir pour soutenir la cause de la paix et du développement en Afrique. La partie chinoise élargira la coopération en matière d'investissement et de financement afin d'appuyer le développement durable en Afrique. Elle mettra à la disposition des pays africains une ligne de crédit de 20 milliards de dollars destinée en priorité à promouvoir le développement des infrastructures, de l'agriculture, de l'industrie manufacturière et des petites et moyennes entreprises en Afrique. La Chine augmentera le nombre de centres-pilotes agricoles en Afrique pour aider les pays africains à renforcer leur capacité de production agricole et mettra en oeuvre le programme « Talents africains » pour former 30 000 personnes dans différents secteurs. Elle aidera en outre les pays africains à améliorer les infrastructures douanières et de contrôle des marchandises afin de faciliter le commerce intra-africain.
Dans son discours, Hu Jintao a déclaré que la Chine prendra des mesures pour encourager la paix et la stabilité en Afrique dans le but de créer un environnement sûr pour le dévleoppement du contient.
« La Chine lancera l'"initiative du partenariat de coopération Chine-Afrique pour la paix et la sécurité"afin d'approfondir sa coopération avec l'UA et les pays africains dans les domaines de la paix et de la sécurité en Afrique, de fournir un soutein financier aux opérations de maintien de la paix de l'UA sur le continent africain et à l'édification de la Force africaine en attente, ainsi que de former pour l'UA davantage de responsables des questions de paix et de sécurité et plus d'agents de maintien de la paix. »

Chine/Afrique: des relations de plus en plus étroites depuis 15 ans

Chine/Afrique: des relations de plus en plus étroites depuis 15 ans
La Chine et l'Afrique, partenaires depuis les années 1960 lorsque la plupart des pays africains ont accédé à l'indépendance, ont considérablement renforcé leurs liens depuis une quinzaine d'années.

- mars 1997: La Compagnie nationale chinoise du pétrole (CNPC) signe un contrat avec le Soudan pour la construction d'un oléoduc reliant les champs pétrolifères à la mer Rouge. En 1996, la CNPC avait créé un consortium avec la compagnie nationale soudanaise et des sociétés malaisienne et indienne, prenant la relève de firmes américaines et canadiennes ayant quitté le pays en raison de la guerre dans le Sud.

- jan-fév 1999: Tournées africaines du ministre chinois des Affaires étrangères, Tang Jiaxuan, puis du vice-président Hu Jintao, marquées par de nombreux accords de coopération: début d'une offensive de charme en direction de l'Afrique.

- jan-fév 2004: Hu Jintao, devenu président, se rend en Egypte, au Gabon et en Algérie, pays clés dans la politique énergétique chinoise.

- nov 2006: 3e édition du Forum de coopération Chine-Afrique (FOCAC), qui réunit à Pékin plus de 40 chefs d'Etat et gouvernement africains. Adoption d'une déclaration qui met en avant l'égalité politique (...) la coopération économique gagnant-gagnant et les échanges culturels.

- fév 2007: 3e tournée africaine du président Hu Jintao, qui multiplie les annonces: annulation totale ou partielle de dettes, dons ou prêts à taux préférentiels, exonération de taxes pour certains produits à destination de la Chine, programmes de construction d'infrastructures. En juin, la Chine lance le Fonds sino-africain pour encourager ses sociétés à investir en Afrique.

- nov 2009: La Chine et l'Afrique conviennent d'intensifier leur coopération économique après l'annonce que Pékin va accorder 10 milliards de dollars de prêts bonifiés au continent.

- mai 2010: Le Nigeria signe avec une compagnie publique chinoise un contrat géant de 23 milliards de dollars pour construire trois raffineries et un complexe pétrochimique.

- 3 nov 2011: Human Rights Watch affirme que les compagnies minières dirigées par des Chinois en Zambie bafouent les lois du travail et ignorent les règles de sécurité. La Chine nie toute atteinte aux droits de l'Homme.

- 30 nov et 2 déc: Visite du ministre chinois de la Défense Liang Guanglie en Ouganda et aux Seychelles.

- 5 jan 2012: Le ministre des Affaires étrangères Yang Jiechi compare l'Afrique à une mine d'or pour les investissements étrangers et promet de sensibiliser les entreprises chinoises au respect du droit du travail.

- 28 jan: Inauguration du nouveau siège de l'Union africaine (UA) à Addis Abeba, bâti et offert par la Chine.

- 19 juil: La Chine annonce un doublement à 20 milliards de dollars de ses crédits à l'Afrique à l'ouverture de la 5e conférence ministérielle du FOCAC à Pékin.


(©AFP / 19 juillet 2012 13h14)

Et si le "made in China" (re)devenait synonyme de qualité ?#xtatc=INT-17#xtatc=INT-17#xtatc=INT-17

Et si le "made in China" (re)devenait synonyme de qualité ?#xtatc=INT-17#xtatc=INT-17#xtatc=INT-17
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La styliste chinoise Guo Pei dans son studio à Pékin.
La styliste chinoise Guo Pei dans son studio à Pékin. | AFP/Ed Jones

Depuis des dizaines d'années, la Chine est devenue l'atelier du monde, ses milliers d'usines produisant en masse des articles peu onéreux pour le marché mondial. Si bien que pour de nombreuses personnes, le "made in China" est synonyme de mauvaise qualité ou de contrefaçon. Une dimension encore plus marquée dans le milieu du luxe, et que cherchent à briser de nombreux créateurs originaires de l'Empire du milieu, dont la styliste Guo Pei, 44 ans.

Celle que la chaîne CCTV compare à "l'audacieux" designer britannique Alexander McQueen – mort en 2010 – a décidé de mettre l'accent dans ses collections sur l'héritage culturel de son pays. Ce sont les Jeux olympiques organisés dans la capitale chinoise, qui ont été l'élément déclencheur pour Guo Pei. "Après 2008, j'ai réalisé à quel point j'étais fière d'être chinoise. C'est ce que je veux exprimer dans ma dernière collection en parlant de mon pays, de sa culture, de ses habitants", a-t-elle expliqué à l'AFP. Sa collection 2012 se compose ainsi de robes rouges et or couvertes d'écailles, manière de célébrer l'année du Dragon, tandis que d'autres vêtements arborent des manches et des ourlets brodés main. Auparavant, la quadragénaire puisait son inspiration dans ses voyages à travers le monde.
Dans son atelier à Pékin, près de 400 ouvriers cousent, brodent et créent des robes pour l'élite chinoise. "Je veux que mes vêtements se transmettent de génération en génération", affirme Guo Pei. Déjà perçue comme une référence nationale dans le secteur de la mode, elle reste prudente : "Notre pays est en train de connaître un incroyable bond en avant. D'ici 10 à 15 ans, nous aurons d'incroyables designers, et j'espère être l'un d'eux. Les gens me présentent déjà comme un "maître", mais je refuse ce terme, j'ai encore du chemin à parcourir."
Dans son atelier à Pékin, près de 400 ouvriers  cousent, brodent et créent des robes pour l'élite chinoise.
Dans son atelier à Pékin, près de 400 ouvriers cousent, brodent et créent des robes pour l'élite chinoise. | AFP/Ed Jones

PREMIER MARCHÉ MONDIAL DU LUXE

Selon une étude du Boston Consulting Group (BCG), rendue publique début juin, les Chinois devraient devenir les premiers consommateurs mondiaux de luxe dès 2015. D'autres analystes, comme ceux du Crédit Lyonnais Securities Asia (CLSA), prévoient que 44 % des ventes de produits de luxe seront réalisées en Chine d'ici à 2020. Les grandes marques n'ont pas attendu pour miser sur le potentiel marchand du pays, comme la maison Chanel, qui a créé une collection Paris-Shanghaï et organise chaque saison des défilés spéciaux en Chine.
Face à ce mouvement, un nombre croissant de sociétés veulent créer des marques de luxe autochtones et tirer profit de ce dynamisme. Une vingtaine de marques sont déjà présentes sur ce créneau – des fabricants de montres, de bijoux, de vêtements ou encore de spiritueux – et plusieurs d'entres elles, comme le label cosmétiques Herborist, se vantent d'adapter des techniques ou des matériaux anciens pour répondre au goût des consommateurs chinois d'aujourd'hui.
Le chiffre d'affaires de cette marque  de produits de beauté haut de gamme atteint 300 millions de dollars (244 millions d'euros) et la marque est présente dans 900 grands magasins à travers le pays. Cette société a aussi commencé son expansion à l'étranger grâce à une diffusion à travers la chaîne Sephora.
Autre cas, celui de la marque de vêtements NE Tiger qui cherche pour sa part à réinventer la robe traditionnelle chinoise. Pour cela, sa fondatrice Zhang Zhijun s'est rendue dans des villages reculés afin d'y rassembler des techniques menacées d'extinction comme les broderies yun, un assemblage de fils d'or tissés dans la robe.
DES SIÈCLES DE SAVOIR-FAIRE
Dans un rapport sur les produits de luxe et la Chine, la société de conseil ATKearney souligne que le "made in China" a été "durant des milliers d'années, synonyme d'une qualité et d'un savoir-faire inégalés". Le tournant s'est opéré au XXe siècle lorsque la réalisation d'économie d'échelle est devenue prédominante, au détriment de la qualité des matériaux et de la réalisation.
Aujourd'hui, "avec une économie à nouveau en plein boom, les hommes d'affaires chinois font revivre et remettent sur le marché des siècles de savoir-faire pour créer une nouvelle génération de marques de luxe", explique le document.
"Il y a un énorme potentiel pour les marques qui peuvent profiter de la fierté et du patriotisme" des Chinois, assure Chloe Reuter, la gérante de ReuterPR. Dans le studio de Guo Pei.
"Il y a un énorme potentiel pour les marques qui peuvent profiter de la fierté et du patriotisme" des Chinois, assure Chloe Reuter, la gérante de ReuterPR. Dans le studio de Guo Pei. | AFP/Ed Jones

"Il y a un énorme potentiel pour les marques qui peuvent profiter de la fierté et du patriotisme" des Chinois, assure Chloe Reuter, la gérante de ReuterPR, une agence de communication spécialisée dans le luxe en Chine, interrogée par l'AFP. "Il existe une nouvelle classe de clients sophistiqués qui cherchent quelque chose de différent. Ils ne veulent pas du côté bling-bling de certaines marques occidentales", ajoute-t-elle.
Le luxe autochtone n'occupe toutefois encore que 5 % du marché à l'heure actuelle et souffre d'un manque de notoriété et reste associé à une image de faible qualité. Une position qui pourrait changer avec la génération née dans les années 1980, plus exposée à ce renouveau du savoir-faire chinois, estime ATKearney.

En Afrique, "les groupes chinois profitent du retrait des Occidentaux"

En Afrique, "les groupes chinois profitent du retrait des Occidentaux"
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Cérémonie d'ouverture de la cinquième conférence ministérielle Chine-Afrique à Pékin, le 19 juillet 2012.
Cérémonie d'ouverture de la cinquième conférence ministérielle Chine-Afrique à Pékin, le 19 juillet 2012. | REUTERS/JASON LEE

Le 19 juillet, lors de la cinquième conférence ministérielle Chine-Afrique, Pékin a annoncé qu'il doublerait ses crédits alloués à l'Afrique. Mathieu Pellerin, chercheur à l'IFRI sur le programme Afrique, estime que la Chine est la puissance économique dominante en Afrique, qui favorise la croissance des pays du continent.
La présence chinoise a-t-elle un impact sur la croissance des pays africains ?

Les impacts sont indéniables, ils ont même été reconnus par le FMI, pour qui la présence chinoise a non seulement contribué à la croissance des PIB nationaux, mais a aussi été un facteur de résilience pour nombre d'Etats africains durant la crise financière. Les investissements chinois en Afrique sont assez diversifiés, ils s'orientent majoritairement vers le secteur manufacturier, et se développent dans le domaine bancaire.

La Chine a été un moteur pour la construction d'infrastructures. Elle fait également renaître des projets jugés insuffisamment rentables par les entreprises occidentales, comme des projets pétroliers au Niger. Mais, certaines industries africaines naissantes ont été touchées par la concurrence chinoise, et la population locale ne bénéficie pas toujours de l'effet d'aubaine de ces nouveaux projets, en raison d'un taux insuffisant de "local content", c'est-à-dire d'embauche et de sous-traitance locale.
Quels sont les autres pays du monde qui s'implantent en Afrique ? Sont-ils des concurrents sérieux pour la Chine ?
Les partenaires dits "traditionnels" (Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Japon) perdent des parts de marché au profit des pays que l'on qualifie d'émergents, bien que certains aient déjà émergé, comme la Chine et l'Inde. Avec eux, la Corée du Sud et le Brésil sont parmi les acteurs les plus investis sur le continent. La Turquie y est également de plus en plus présente, de même que l'Iran, le Qatar et Dubaï.
Pour l'heure, l'Inde est le seul véritable Etat capable de concurrencer la Chine pour plusieurs raisons : elle dépend plus que la Chine de ses importations de pétrole et de minerai, sa croissance démographique préfigure un accroissement de ses besoins, les entreprises indiennes (Tata, Arcelor-Mittal...) sont de dimension mondiale. L'Inde, de part sa valeur ajoutée dans le domaine des NTIC [nouvelles technologies de l'information et de la communication], constitue un attrait certain pour nombre de pays africains. Reste à savoir si le pays honorera ses promesses en matière de transfert de technologies.
Les problèmes géopolitiques dans certains pays peuvent-ils être un frein à l'implantation chinoise ?
Bien au contraire, la Chine profite des désordres géopolitiques. Officiellement, le pays montre une réserve diplomatique dans les pays en crise, comme ce fut le cas au Soudan ou au Zimbabwe. Mais dans le même temps, les groupes chinois profitent du retrait des Occidentaux de ces pays pour pénétrer leurs marchés.
La Chine est de plus en plus soucieuse de préserver son image sur le plan international et de s'aligner sur la communauté internationale. Des actes de l'Etat chinois le prouvent, comme la participation à la lutte contre la piraterie maritime dans le golfe d'Aden ou les pressions exercées par la Chine sur le régime d'Omar El Bechir au Soudan.
Le pays a conscience que la durabilité de sa présence ne pourra être assurée que par l'amélioration des conditions de ses implantations. Les entreprises chinoises sont donc désormais incitées par les autorités à s'engager en matière de responsabilité sociale, et ce, pour éviter les manifestations anti-chinoises, et dissuader les enlèvements de Chinois en Afrique.
Propos recueillis par Laure Beaulieu

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