Une société pharmaceutique chinoise a envoyé un médicament expérimental en Afrique, destiné aux employés humanitaires chinois, et prévoit de procéder à des essais cliniques là-bas, pour combattre l'épidémie de fièvre hémorragique Ebola, ont déclaré aujourd'hui des cadres de cette entreprise.
Le groupe Sihuan Pharmaceutical Holdings, qui est lié à l'armée chinoise et appartient pour partie à la banque d'investissement américaine Morgan Stanley, a expédié plusieurs milliers de doses du médicament JK-05 en Afrique de l'Ouest, et d'autres pourront être envoyées en cas de besoin, a déclaré un cadre de l'entreprise, Jia Zhongxin.
"Les coopérants humanitaires ont déjà le médicament avec eux, et si un cas se déclare (parmi eux), ils pourront le prendre", a dit Huo Caixia, directeur général adjoint de Sihuan. Si au fil des essais cliniques le médicament JK-05 s'avérait efficace, ce serait une victoire de taille pour le secteur médical chinois et un bon point pour le "soft power" chinois en Afrique, partenaire commercial de plus en plus important de Pékin.
Pour l'instant, le JK-05 n'a pas été testé sur des hommes, mais Sihuan assure qu'il s'est montré efficace lors d'expériences sur des souris.
La Chine dotera le Mali du laboratoire d’analyse minière le plus moderne d’Afrique de l’Ouest
«Notre laboratoire deviendrait une référence avec l’appui de nos partenaires chinois» ( Directeur national adjoint de la Géologie et des Mines du Mali).
Le Mali se dotera prochainement d’un laboratoire d’analyse minière ultramoderne, selon un communiqué du département malien des Mines rendu public, mardi.
La nouvelle a été dévoilée suite à la réception par le ministre des Mines, Dr Boubou Cissé, d’une délégation d’investisseurs chinois.
«Les partenaires chinois ont discuté lundi des modalités du partenariat et surtout de la mise en œuvre du mémorandum d’entente signé le 15 septembre 2014 avec les autorités maliennes, lors du Forum économique tenu en Chine » portant, entre autres, sur la réhabilitation du laboratoire du développement des ressources minérales (PRDM), informe le texte.
A l’issue de la rencontre, l’assistant chinois du président Directeur général du groupe CGCOC (Overseas Construction Group) a promis de faire du PDRM, le laboratoire «le plus moderne de l’Afrique de l’ouest».
«La réhabilitation de notre laboratoire peut aujourd’hui devenir une référence avec l’appui de nos partenaires chinois », a déclaré pour sa part à la presse, le Directeur national adjoint de la Géologie et des Mines du Mali, Seydou Kéita. Aucune date précise concernant cette réhabilitation n’a toutefois été fixée.
Les experts chinois, en visite de courtoisie d’une semaine au Mali depuis lundi, auront un agenda assez chargé pendant leur séjour avec, notamment, plusieurs visites dans des sites miniers et des entretiens avec des techniciens maliens, selon des sources officielles.
Ce séjour intervient un mois après la visite du président malien Ibrahim Boubacar Kéita en Chine, où il avait été l’invité du Forum économique mondial tenu du 10 au 12 septembre 2014 à Tianjin.
Pour la circonstance, Keita était accompagné par certains membres du gouvernement dont le ministre des Mines, Dr Boubou Cissé qui effectuera, jeudi, une autre visite de travail en Chine à la tête d’une forte délégation.
Depuis quelques mois, les nouvelles autorités maliennes oeuvrent à la diversification et à l’accroissement de la production minière pour un développement durable.
Auteur de nombreux récits de voyage, Lieve Joris s’attaque dans son dernier livre aux relations entre la Chine et l’Afrique.
L’ancienne journaliste belge nous entraine dans son long périple, de Dubaï à Pékin, Canton, Shangaï, Kinshasa et Johannesburg... Où elle découvre une histoire en train de s’écrire et nous fait partager sa curiosité des regards croisés entre la Chine et l’Afrique.
Ce livre tombe à point nommé. Le Mali est en train de négocier un accord historique avec la Chine : un prêt de 11 milliards de dollars sur vingt ans pour désensabler le fleuve Niger, construire des routes, des ponts, une voie ferrée Bamako-Conakry... Le tout en échange de l’exploitation conjointe d’une mine de fer à Kita et d’un vaste plan d’exploration du sous-sol malien, qui contient de l’or, mais aussi de l’uranium et du pétrole. Côté malien, les hommes de la présidence sont enthousiastes, et parlent d’une relation gagnant-gagnant. « Sans aucun état d’âme, même si les Français risquent de se sentir doublés »…
Des rapports pas seulement mercantiles
Ce sont les visages de cette « Chinafrique » que Lieve Joris scrute dans son dernier livre intitulé Sur les ailes du dragon. Un récit de voyage tiré d’un long périple de dix-huit mois, réalisé par étapes entre 2009 et 2011, avec des allers-retours entre la Chine et l’Afrique. L’auteur est partie regarder toutes les facettes de cette relation complexe, qui n’est pas seulement mercantile. Dès ses premiers pas à Chocolate City, le quartier africain de Canton, elle fait ainsi la connaissance de Cheikhna, un commerçant malien qui sonde l’histoire.
Extrait : « Deux garçonnets au crâne rasé avec une tresse au bas de la nuque tirent Cheikhna par la manche et ne le lâchent plus. Il s’en débarrasse d’un geste irrité. « Ici, ils ne savent pas mendier. Je suis musulman, je donne de l’argent aux pauvres, mais pas si on me force. » Autrefois, tous les Chinois étaient pauvres, dit-il, ils n’avaient rien à manger, ils se mangeaient entre eux tellement ils avaient faim. « Tu sais que notre président, Modibo Keïta, est venu en Chine en 1964 et qu’il a apporté de l’or et du poisson pour Mao ? Mao a mis le poisson dans un étang, c’est pour ça qu’on peut manger du poisson partout ici. Et des mangues – t’as vu les mangues au marché ? Elles viennent du Mali. Sauf qu’ici, elles sont plus petites ». Des Chinois qui se mangent entre eux – je me demande s’ils apprécieraient d’entendre ça de la bouche d’un étranger. Je comprends tout à coup pourquoi Cheikhna se promène avec autant d’assurance : il est persuadé que le socialiste Modibo, qui était très prochinois, a contribué au succès économique de ce pays. »
Sur les ailes du dragon, de Lieve Joris, paru aux Editions Actes Sud.DR
« L’Afrique vue à travers un objectif chinois »
De même, Lieve Joris explore les regards chinois sur l’Afrique, préjugés inclus. « A Beijing, les Chinois se sont habitués à voir des Africains, mais quand Jacques (un Congolais, ndlr) voyage à l’intérieur du pays et qu’ils voient sa silhouette élégante et élancée, ils le prennent pour un Noir d’Amérique. Selon eux, les Africains sont pauvres, petits et sales ». Au fil des pages, à travers un tourbillon d’anecdotes, on découvre que les Chinois considèrent aussi l’Afrique comme un continent jeune, fraîchement indépendant, qui paraît encore vierge car relativement peu peuplé et très peu industrialisé…
L’auteur interroge Zeng Qiang, l’un de ces nombreux experts chinois qui connaissent bien l’Afrique, membre d’un think-tank du ministère de la Défense : « Les Chinois ont du mal à négocier avec les Africains, dit-il, car on se retrouve souvent en face de gens qui se battent entre eux comme des chiens et il est impossible de savoir qui est le chef de file. Le temps de le comprendre et il est remplacé par un autre. « Les Chinois sont des sédentaires, ce sont des éponges : ils absorbent, ils collectent. (…) Les Africains sont plutôt des nomades : ils vont leur chemin et n’emportent rien avec eux. »
Les responsables politiques chinois ont un goût particulier pour des pays qui leur ressemblent, explique Lieve Joris en parlant à RFI de son livre. L’Ethiopie par exemple, « en tant que pays pauvre ayant une grande histoire et une culture très ancienne ». Ou encore l’Angola, le Zimbabwe ou le Rwanda, « des pays ayant des régimes forts et paraissant déterminés à prendre leur destin en main ». En revanche, « les Chinois ont du mal à comprendre que le Nigeria, un pays qui regorge de pétrole, puisse être aussi mal géré et connaître des pannes d’électricité, très loin du modèle d’Etat archi-organisé qui est le leur ».
Changements à l’œuvre
Lieve Joris s’est appliquée à observer les changements à l’œuvre chez les Africains de Chine et les Chinois d’Afrique. Elle croise ainsi un Malien à Shanghaï qui rêve d’industrialiser son pays, en commençant par faire de la farine de pois chiche… Et rencontre dans une université de Jinhua cette étudiante chinoise qui revient éblouie d’un voyage en Zambie.
« Elle a visité la fameuse « ceinture du cuivre » et s’est étonnée de constater que toutes les mines étaient aux mains de sociétés étrangères : pas une seule n’est zambienne. « J’espère qu’on ne va pas y implanter davantage d’industries car je n’ai jamais vu de ciel aussi bleu ni de nuages aussi blancs qu’en Zambie ». (…) Ses yeux brillent à nouveau. Elle a mûri, elle n’est plus l’adolescente que j’ai rencontrée la fois précédente. Sa nostalgie me rappelle la douleur lancinante que j’ai ressentie en rentrant de mon premier voyage au Congo. Comme si j’avais quitté un film en couleurs pour un film en noir et blanc. »
Au final, Lieve Joris ne porte aucun jugement et se garde bien de toute analyse définitive. Elle se contente d’observer. Et se reconnaît dans toutes ces trajectoires de « gens qui changent, à force de voyager ».
Sur les ailes du dragon, par Lieve Joris. Editions Actes Sud. 2014.
Un immeuble de Hong Kong (Photo Philippe Lopez. AFP)
Le FMI, déconnecté des réalités? Réunie en assemblée générale à Washington, l’institution financière peine encore à accorder à la Chine un poids reflétant son boom économique, qui vient pourtant de franchir un cap symbolique.
Dès cette année, Pékin devrait détrôner les Etats-Unis de leur rang de première puissance économique mondiale, selon des données alternatives publiées sans tambours ni trompettes par le Fonds monétaire international cette semaine.
Plus précisément, le produit intérieur brut chinois devrait atteindre 17.632 milliards de dollars et dépasser pour la première fois celui des Américains (17.416 milliards), selon une mesure de la richesse nationale dite de parité de pouvoir d’achat (PPA).
Si l’on s’en tient à la mesure plus traditionnelle, dite en prix courants, les Etats-Unis continuent de mener la danse mais la montée en puissance chinoise ne fait plus débat et devrait se poursuivre à un rythme sans équivalent dans le monde industrialisé (7,4% de croissance attendus en 2014).
- Légitimité en cause -
Le FMI semble pourtant avoir du mal à s’adapter à cette réalité, au risque d’affaiblir une institution qui n’a été dirigée que par des Européens depuis sa création il y a 70 ans.
«Le risque pour le FMI est qu’il devienne de moins en moins pertinent et de plus en plus illégitime», affirme à l’AFP Paulo Nogueira Batista, qui représente le Brésil et dix autres pays au sein du Fonds mais s’exprime à titre personnel.
A l’heure actuelle, la Chine dispose de moins de 4% des droits de vote au sein de l’instance de direction du FMI, à peine plus que l’Italie dont l’économie est pourtant cinq fois plus petite.
En comparaison, les Etats-Unis bénéficient de 16,7% des droits de vote, ce qui leur confèrent un droit de veto unique au sein de l’institution.
«La montée en puissance de la Chine et de l’Inde n’ont pas rendu les droits de vote alloués par le FMI inéquitables ou illégitimes mais tout simplement ridicules», dénonce à l’AFP Peter Doyle, un ancien cadre du Fonds qui avait claqué la porte de l’institution en 2012.
Cette sous-représentation ne se limite pas à la Chine et menace l’efficacité même du FMI, a mis en garde jeudi le gouverneur de la Banque centrale mexicaine Augustin Cartens.
«C’est une question importante parce que le FMI fournit des conseils politiques qui ne seront suivis que s’ils émanent d’une institution légitime», a-t-il déclaré jeudi lors d’une table ronde à Washington.
En 2010, le FMI a bien adopté une réforme rééquilibrant légèrement sa gouvernance mais son entrée en vigueur est suspendue depuis deux ans à une ratification parlementaire aux Etats-Unis.
La patronne du FMI, Christine Lagarde, s’est dite prête jeudi à exécuter une «danse de ventre» pour convaincre les élus américains mais elle ne peut pour l’heure que constater les dégâts.
«C’était attendu pour 2012. Le délai est amplement dépassé en 2014», a-t-elle déclaré, tout en assurant que son institution avait tenté de s’amender en interne.
«Ceux qui sont sous-représentés en termes de quotes-parts (contributions conditionnant les droits de votes, ndlr) ne sont pas nécessairement sous-représentés dans l’équipe de direction ou le personnel», a-t-elle insisté, faisant valoir qu’un des ses adjoints, Min Zhu, était chinois.
- 'Avancée modeste' -
Malgré ces changements et quelle que soit l’issue de la réforme de 2010, le Fonds devra aller plus loin et s’ouvrir davantage aux pays émergents, affirme à l’AFP Eswar Prasad, un ancien cadre de l’institution.
Cette réforme ne «représente qu’une avancée modeste des structures de gouvernance du FMI vers un reflet plus fidèle des réalités économiques,» affirme-t-il.
Et, selon M. Nogueira Batista, les résistances au changement restent fortes dans l’institution, notamment chez les Européens qui s’abritent derrière le blocage américain pour «reporter» tout changement.
Lassés d’attendre, les grands pays émergents des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) sont passés à l’action en juillet en créant leur propre fonds monétaire dans l’espoir de bousculer les institutions de Bretton Woods
Nicolas Germain reçoit Howard French, professeur à la Columbia Journalism School de New York et auteur de “China’s Second Continent”. Dans cet ouvrage, Howard French explique comment les immigrés chinois en Afrique sont en train de construire ce qu’il appelle un « nouvel empire » sur le continent noir
En voyage en Chine du 8 au 13 septembre, le président malien, Ibrahim Boubacar Keïta, a fait le plein de contrats. Et repart avec des promesses à hauteur de 10 milliards de dollars.
Li Keqiang, Premier ministre chinois, a ouvert mercredi 10 septembre la 8è édition du "Forum des nouveaux champions", à Tianjin (nord). Le forum économique reçoit 1600 participants, venant de 90 pays. Ibrahim Boubacar Keita, seul chef d'État africain invité, ne boude pas son plaisir pour sa première visite présidentielle en Chine. Dix milliards de dollars, c'est la totalité des annonces faites par Pékin en faveur du gouvernement malien, en marge de ce forum.
Le Premier ministre chinois, qui a fait une tournée sur le continent en mai dernier, a souhaité rappeler l'amitié qui lie les deux pays depuis l'indépendance du Mali, sous la forme d'un don net, immédiat, de 18 milliards de FCFA (28 millions d'euros), et un prêt sans intérêts de 8 milliards (12 millions d'euros). Il tient là une promesse qui avait été faite à IBK en 2011, au nom du Parti communiste chinois, d'aider le gouvernement du président élu (le RPM et le PCC sont liés par un accord de coopération).
Les cinq ministres présents - Équipement et transports, Économie numérique, Énergie, Mines et Industrie - devraient repartir satisfaits et laisser à Bamako les turpitudes dues à un FMI venu, ce 11 septembre, vérifier la bonne gestion financière du pays, comme les critiques émises sur cette première année de mandat. "Ce que nous sommes en train de faire ici, c'est simplement tout ce qu'avait annoncé le candidat IBK lors de sa campagne", se félicite un conseiller. "Et tout n'est pas encore signé."
Parmi les acquis, Li Keqiang a assuré, lors de son entrevue avec IBK mercredi, que son pays prendra en charge l'exploration du sous-sol malien sur l'ensemble de son territoire, enverra 600 boursiers par an étudier en Chine, financera à hauteur de 10 millions de dollars par an pendant cinq ans le développement des Petites et moyennes entreprises maliennes, et d'autres chantiers, parmi lesquels la rénovation du centre de conférences de Bamako (CICB) et l'achèvement d'un centre de formation à l'agriculture, avant la fin de l'année.
La concurrence des entreprises
De leur côté, encouragées par leur gouvernement à s'installer à l'extérieur du pays, les entreprises chinoises se pressent à l'entrée de l'hôtel Renaissance pour proposer leurs services. C'est dans ce grand hôtel qu'IBK est logé, et qu'il les reçoit, une à une. Un diplomate explique que l'emploi du temps a dû être révisé tant, ces dix derniers jours, les demandes se sont faites plus nombreuses. CRBC, Sinohydro, TBEA, SMEC… Toutes se livrent à une concurrence féroce pour décrocher les projets. Certaines arrivent en fin de contrat ou veulent récupérer ceux qu'elles avaient laissés après le conflit de 2012. Chacune a un programme à proposer. Parmi les différents protocoles d'accords figurent le désenclavement de la zone agricole de Ségou via la mise en place d'un axe routier Koulikouro-Bamako-Ségou et d'un pont entre les deux rives du Niger, la construction d'un quatrième pont à Bamako, de sept ports secs, de centrales solaires, de 24000 logements sociaux...
Tous les financements ne sont pas acquis. "Je crois que la Chine vient seulement de réaliser que le Mali avait un sous-sol très riche", constate, un peu sonné, un membre de la délégation. Lundi, Boubou Cissé, ministre des Mines, signera un accord portant sur la recherche minière au Mali: les deux-tiers du territoire n'ont pas été explorés.
Les matières premières: voilà l'enjeu. Sur les 10 milliards de dollars promis par Pékin, plus de 8 doivent être investis dans un chemin de fer qui reliera Bamako à Conakry. A la demande conjointe des présidents Alpha Condé et IBK, une requête de financement a été déposée auprès du gouvernement chinois, il y a environ deux mois. Les 900 kilomètres de chemin de fer permettront de relier Bamako à Conakry, et surtout d'évacuer les minerais de Kita. Personne ne doute que le financement sera acquis.
Mai 2011, Addis-Ababa. L'ancien premier ministre indien Manmohan Singh et l'ex-président de l'UA Jean-Ping à la cérémonie d'inauguration du deuxième sommet Inde-Afrique.AFP
L’Inde veut rattraper son retard en Afrique devenue la « dernière frontière » de l’économie globalisée. C’est dans le contexte de cette nouvelle « ruée sur l’Afrique » que le gouvernement indien vient de proclamer les dates du troisième sommet Inde-Afrique qui se tiendra en décembre prochain. L’ombre du sommet Etats-Unis /Afrique qui s’est déroulé début août comme celle du sommet Chine/Afrique (FOCAC) programmé pour 2015 ne manqueront pas de peser sur la rencontre de New Delhi.
Située dans la périphérie de New Delhi, la nouvelle ville de Gurgaon, qui abrite les bureaux de nombreuses multinationales indiennes et étrangères, est l’un des plus grands centres d’affaires de l’Inde. C’est dans cette ville nouvelle que se tiendra, du 1 au 4 décembre prochain, le troisième sommet indo-africain. L’annonce en a été faite au Parlement indien par le ministre des Affaires étrangères Sushma Swaraj.
Programmée initialement pour le mois de juin, cette rencontre avait dû être reportée en raison des élections législatives. Celles-ci ont vu l’ancienne opposition hindouiste contraindre la coalition dirigée par le parti du Congrès -aux manettes depuis dix ans-, à mordre la poussière. Un nouveau gouvernement est en place à New Delhi depuis à peine 100 jours. Le « India-Africa Forum summit » (IAFS) qui se propose de réunir les 54 chefs d’Etats et de gouvernements africains sera le premier grand rassemblement international que les nouveaux dirigeants indiens vont organiser.
Non-ingérence et dépendance énergétique
Le premier IAFS s’est tenu en 2008 à New Delhi, sur le modèle des rencontres Chine-Afrique institutionnalisées depuis le tournant du millénaire (2000). Tout comme son voisin outre-himalayen, l’Inde a le souci de sécuriser ses approvisionnements en énergie et en ressources minérales qui conditionnent la soutenabilité de sa croissance et de son développement industriel. Avec une dizaine de chefs d’Etats africains présents à New Delhi à cette occasion et un total d’une quarantaine de pays représentés, ce premier Sommet avait permis de créer un environnement propice à l’accélération des collaborations entre le géant de l’Asie du sud et le continent africain. C’est au siège de l’Union africaine, dans la capitale éthiopienne, que s’est déroulé en 2011 le deuxième sommet indo-africain. Seize chefs d’Etats africains avaient fait le déplacement à Addis Abeba à cette occasion.
New Delhi mise sur sa nouvelle visibilité diplomatique grâce à l’arrivée au pouvoir d’un gouvernement aux convictions nationalistes et aux positions plus agressives sur le plan international, pour persuader les chefs d’Etats africains d’assister plus nombreux à la troisième édition de l’IAFS. Tous les pays ont été invités ou le seront, l’Inde ayant fait de la non-ingérence dans les affaires intérieures de ses partenaires en affaires un principe sacro-saint. Cela ne l’avait pas toutefois empêché de suspendre son aide au régime malgache pendant la crise constitutionnelle qu’a connue récemment la Grande île. Sur ce plan, l’Inde préfère en général maintenir une attitude de neutralité, refusant de dicter ses normes démocratiques à ses partenaires commerciaux.
Un engagement de longue haleine
En 1961, Jawaharlal Nehru fut le premier chef du gouvernement indien à se rendre en Afrique. Il faudra ensuite attendre 46 ans pour qu’une nouvelle visite de ce niveau ait lieu. En effet, c’est seulement en 2006 que l’ancien Premier ministre indien Manmohan Singh a effectué une visite d’Etat au Nigeria, second partenaire africain de New Delhi après l’Afrique du Sud. Le choix du Nigeria n’était pas fortuit, car avec quelque 30% de la production quotidienne de brut nigérian partant vers l’Inde, ce pays est devenu l’un des principaux fournisseurs du pétrole de New Delhi.
Outre les matières premières africaines, l’Inde s’intéresse également à l’Afrique comme débouché pour ses produits et ses services, notamment dans les domaines de l’agro-alimentaire, des machines outils, des matériels informatiques et des produits pharmaceutiques. L’Afrique exporte pour sa part, outre le pétrole et le charbon, l’or, le diamant, ainsi que tout un éventail de minerais dont l’industrie indienne a besoin. Le chiffre d’affaires du commerce indo-africain s’élève à quelque 70 milliards de dollars et devrait, selon les prévisions, dépasser la barre de 100 milliards de dollars en 2015. L’Inde est loin derrière la Chine dont les échanges bilatéraux avec l'Afrique s'élèvent à 210,2 milliards de dollars.
L'Immeuble Dupont à Gurgaon, nouvelle ville située à la périphérie de New Delhi et dédiée aux affaires. Gurgaon accueillera en décembre le prochain sommet Inde-Afrique.AFP
Le secteur privé très actif aussi sur le continent
Si les autorités indiennes ont pris tardivement conscience du nouvel eldorado que représente le continent noir pour leurs investisseurs dans le contexte de la globalisation, les entreprises indiennes pour leur part ont pris langue avec l’Afrique depuis belle lurette. Le groupe indien Tata qui fait des affaires en Afrique depuis les années 1960 est souvent cité en exemple d’un engagement de longue haleine. Ce conglomérat a investi dans une très large gamme d’activités, allant de la sidérurgie aux télécommunications, en passant par l’hôtellerie et l’automobile.
Les investissements directs par les entreprises indiennes sont évalués entre 30 et 50 milliards de dollars, répartis sur un grand nombre de pays. Tata n’est d’ailleurs pas la seule entreprise indienne à prospérer en Afrique. Ce dynamisme du secteur privé indien en Afrique contraste avec l’engagement économique chinois porté par l’Etat et les entreprises publiques. « A la base, les investissements chinois ont souvent un mécanisme de négociation d’Etat à Etat, savamment orchestré autour des flux de financements, quand les investisseurs indiens sont mus avant tout par les agents privés », lit-on dans le rapport de l’AFD sur L’Afrique et les grands émergents, paru en 2013.
Une nouvelle impulsion
Entré en scène dans les années 2000, l’Etat indien tente d’encadrer les relations entre l’Inde et l’Afrique en les inscrivant dans une vision à long terme. Tel a été l’objectif des sommets indo-africains dont les deux premières éditions se sont traduites par l’annonce de grandes initiatives (ex : projet de réseau internet pan-africain, création de diverses institutions de formation professionnelle) et des engagements financiers sous forme de prêts dont le montant cumulé depuis 2008 s’élève à 10,4 milliards de dollars. Tout en assurant que l’Inde compte bien honorer les engagements pris par le précédent gouvernement, le nouveau pouvoir, de sensibilité ultralibérale, veut donner une nouvelle impulsion aux relations indo-africaines en orientant les investissements publics vers des secteurs qui offrent des opportunités à long terme aux entreprises indiennes. Il veut aussi rendre ces rencontres plus professionnelles. Le choix de tenir le sommet dans une ville dédiée au business et aux multinationales plutôt qu’à New Delhi, la capitale politique, témoigne du souci des dirigeants indiens de mieux capter les fruits de la croissance africaine.
La diffusion des séries chinoises par des chaînes sénégalaises aidera à vulgariser la culture chinoise encore peu connue en Afrique et au Sénégal, malgré la forte présence commerciale de la Chine sur le continent africain, a estimé Tai Xueqing, directrice des programmes du studio de production à Dakar de Radio Chine internationale.
"Il faut faire savoir aux Africains avec qui nous avons beaucoup de similitudes culturelles, que la culture chinoise, ce n'est pas seulement le kung-fu. Et nous pensons que ces productions culturelles peuvent bien contribuer au rapprochement des peuples chinois et africains", a-t-elle indiqué.
Mme Tai Xueqing s'entretenait avec l'Agence de presse chinoise (Xinhua) et l'APS, dans le cadre de la diffusion de la série chinoise "Go, Lala, Go'' (Vas-y Lala, en français), démarré samedi dernier.
Elle a affirme avoir constaté que beaucoup d'Africains cultivent un intérêt grandissant envers la Chine, ''mais ils reçoivent des informations assez décalées des réalités profondes de la culture chinoise''.
"Go, Lala, Go, c'est l'histoire d'une jeune femme chinoise qui a débuté sa carrière professionnelle au bas de l'échelle dans son entreprise pour devenir au bout de ses efforts, de son courage et de sa volonté, directrice des ressources humaines de la même entreprise", a-t-elle indiqué.
Cette série composée de 32 épisodes sera diffusée tous les samedis et dimanches par la RTS. Elle a été doublée en français par 18 comédiens sénégalais lors de leur séjour en Chine pendant deux mois entre juin et juillet 2013, a expliqué Tai Xueqing.
Ces mêmes artistes sénégalais avaient doublé en français une autre série chinoise, ''Doudou et ses belles mères'', une production qui a connu selon elle "un franc succès" auprès des téléspectateurs sénégalais.
Dans "Go, Lala, Go", Lala, l'actrice principale a aussi "réussi en amour" dans ce téléfilm et cela grâce à son courage et sa persévérance au travail, a expliqué la journaliste de Radio Chine internationale
Cette nouvelle série, très populaire en Chine, est diffusée à la RTS après "Doudou et ses belles mères", une autre production chinoise, qui "a connu un franc succès" auprès des téléspectateurs du Sénégal, premier pays ouest-africain à la diffuser.
"La Chine et l'Afrique sont déjà très éloignés par la géographie, même si la Chine est beaucoup présente dans le continent sur le plan commercial, mais assez en retard dans le domaine de la vulgarisation de sa culture en Afrique", a ajouté Tai Xueqing.
La Chine veut améliorer son image, passant d'une réputation de pays exploiteur de ressources naturelles à celle de promoteur du développement. Voyage à travers l'histoire des relations sino-africaines.
D'égal à égal ?
La Chine apporte à l'Afrique des routes asphaltées bien droites, des stades de football et l'internet haut débit. En retour, la Chine extrait en masse du pétrole et d'autres ressources naturelles sur le continent. Pékin est déjà le principal partenaire commercial de l'Afrique, et d'ici 2020 le pays veut doubler le volume commercial. Certains critiquent que ces échanges ne profitent qu'à la Chine.