CHINE AFRIQUE

POUR DES RELATIONS RESPECTUEUSES, AMICALES, FRANCHES ET FRATERNELLES

jeudi 29 janvier 2015

La Chine et l'UA veulent lancer un projet pharaonique destiné à relier les capitales africaines - Agence Ecofin

La Chine et l'UA veulent lancer un projet pharaonique destiné à relier les capitales africaines - Agence Ecofin

La Chine et l'Union africaine veulent relier les métropoles du continent

La Chine et l'Union africaine veulent relier les métropoles du continent

relier les métropoles du continent




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Chine Zhang Ming Dlamini Zuma cfmprc gov cn L'Union africaine (UA) et la Chine ont signé un protocole d'accord pour un gigantesque projet d'infrastructures routières, ferroviaires et aériennes destiné à relier les capitales africaines. Pour Zhang Ming, le vice-ministre des Affaires étrangères chinois, ce projet dont les détails n'ont pas été encore rendus publics constitue "l'accord du siècle".

L'Union africaine (UA) et la Chine ont signé le 27 janvier à Addis Abeba un protocole d'accord pour un vaste projet d'infrastructures destiné à relier les capitales africaines au moyen d'autoroutes, de trains à grande vitesse et de liaisons aériennes. "C'est le projet le plus important jamais signé par l'Union africaine avec un partenaire", a déclaré la présidente de la Commission de l'UA, Nkosazana Dlamini-Zuma, à l'issue de la cérémonie.

L'accord prévoit que la Chine participe à la mise en place de liaisons aériennes en Afrique, "afin d'éviter de devoir transiter par Paris ou par Londres pour se rendre d'une capitale africaine à l'autre", comme c'est entre très souvent le cas, a expliqué le vice-ministre des Affaires étrangères chinois, Zhang Ming.

"Ce projet marque le coup d'envoi de la réalisation de l'agenda 2063", date fixée par l'UA pour la mise en place d'une Afrique unifiée et prospère, a indiqué Dlamini-Zuma, refusant toutefois d'évoquer les modalités de financement de ce projet pharaonique - sur lequel des "équipes travaillaient déjà". Un noyau d'experts a déjà été mis en place pour travailler sur le projet de ligne ferroviaire à grande vitesse, les liaisons aériennes et l'industrialisation avec des équipes présentes déjà dans les pays où ce projet va démarrer, a-t-elle ajouté.

>>> Voir aussi : Infrastructures : dix projets qui ont marqué 2014

Accord du siècle

Aucun détail supplémentaire n'a été donné sur les infrastructures envisagées. Qualifié cependant par le représentant chinois "d'accord du siècle", ce projet va permettre à la Chine de rafler d'importants contrats et d'imposer encore un peu plus sa présence en Afrique. Des lignes de chemin de fer reliant la capitale éthiopienne Addis Abeba et Djibouti, Nairobi et Mombassa au Kenya et des villes de la côte nigériane sont déjà en cours de construction par des entreprises chinoises.

En gage de "l'amitié sino-africaine", Pékin avait offert à l'UA son monumental siège à Addis en 2012, pour un montant de 200 millions de dollars.

(Avec AFP)

Ebola : l'Union africaine salue l'aide apportée par la Chine - china radio international

Ebola : l'Union africaine salue l'aide apportée par la Chine - china radio international

mercredi 28 janvier 2015

La Chine appelle plus de pays à participer à l'amélioration des infrastructures en Afrique - china radio international

La Chine appelle plus de pays à participer à l'amélioration des infrastructures en Afrique - china radio international

L’aide au développement de la Chine à l’Afrique sera portée à 400 milliards de dollars pour les échanges commerciaux243243 | Eco243

L’aide au développement de la Chine à l’Afrique sera portée à 400 milliards de dollars pour les échanges commerciaux243243 | Eco243

« Pékin va porter d’ici 2020 ses échanges commerciaux (avec l’Afrique) à 400 milliards de dollars et les investissements directs en Afrique à 100 milliards de dollars », a déclaré le Premier ministre chinois, Li Kegiang et d’ajouter, les investissements directs étrangers chinois en Afrique passeront à 100 milliards de dollars.
Le commerce Afrique-Chine était de 210,2 milliards de dollars en 2013, contre 198,50 de milliards de dollars en 2012. Les exportations chinoises vers le continent africain ont totalisé 92,8 milliards de dollars, en hausse de 8,8%, tandis que les importations africaines en Chine ont atteint 117,4 milliards de dollars, en augmentation de 3,8%.
Concernant la paix et la sécurité en Afrique, Li Kegiang a promis que Pékin allait se concentrer sur ces deux choses « en aidant au développement des forces africaines capables de répondre aux crises urgentes ». C’est une première pour la Chine qui a toujours prôné la « non-ingérence dans les affaires intérieures » et a annoncé une aide de 50 millions de yuans en soutien. La Chine est devenue le principal partenaire commercial africain depuis 2009.
Eco243/Noël Ndong

La Chine et l’Union africaine s’engagent dans un vaste projet d’infrastructures - L'Orient-Le Jour

La Chine et l’Union africaine s’engagent dans un vaste projet d’infrastructures - L'Orient-Le Jour

L'Union africaine (UA) et la Chine ont signé hier à Addis-Abeba un protocole d'accord pour un vaste projet d'infrastructures destiné à relier les capitales africaines au moyen d'autoroutes, de trains à grande vitesse et de liaisons aériennes.
« C'est le projet le plus important jamais signé par l'Union africaine avec un partenaire », a déclaré la présidente de la commission de l'UA, Nkosazana Dlamini-Zuma, à l'issue de la signature.
« Ce projet marque le coup d'envoi de la réalisation de l'agenda 2063 », date fixée par l'UA pour la mise en place d'une Afrique unifiée et prospère, a-t-elle ajouté, refusant toutefois d'évoquer les modalités de financement de ce projet pharaonique.
L'accord prévoit que la Chine participe à la mise en place de liaisons aériennes en Afrique, « afin d'éviter de devoir transiter par Paris ou par Londres pour se rendre d'une capitale africaine à l'autre », comme c'est très souvent le cas, a de son côté expliqué le vice-ministre des Affaires étrangères chinois, Zhang Ming.
Qualifié cependant par le représentant chinois « d'accord du siècle », ce projet va permettre à la Chine de rafler d'importants contrats et d'imposer encore un peu plus sa présence en Afrique. Des lignes de chemin de fer reliant la capitale éthiopienne Addis-Abeba et Djibouti, Nairobi et Mombassa au Kenya et des villes de la côte nigériane sont déjà en cours de construction par des entreprises chinoises. En gage de « l'amitié sino-africaine », Pékin avait par ailleurs offert à l'UA son monumental siège

lundi 26 janvier 2015

Afrique-Chine : Pékin va doubler ses échanges commerciaux d'ici 2020 | adiac-congo.com : toute l'actualité du Bassin du Congo

Afrique-Chine : Pékin va doubler ses échanges commerciaux d'ici 2020 | adiac-congo.com : toute l'actualité du Bassin du Congo

La Chine promet d'aider au développement des forces africaines en portant à 400 milliards de dollars les échanges commerciaux.
Les investissements directs étrangers chinois en Afrique, selon le Premier ministre Li Kegiang, passeront à 100 milliards de dollars. « Pékin va porter d’ici 2020 ses échanges commerciaux (avec l’Afrique) à 400 milliards de dollars et les investissements directs en Afrique à 100 milliards de dollars », a-t-il déclaré.

Le commerce Afrique-Chine était de 210,2 milliards de dollars en 2013, contre 198,50 de milliards de dollars en 2012. Les exportations chinoises vers le continent africain ont totalisé 92,8 milliards de dollars, en hausse de 8,8%, tandis que les importations africaines en Chine ont atteint 117,4 milliards de dollars, en augmentation de 3,8%.

Concernant la paix et la sécurité en Afrique, Li Kegiang a promis que Pékin allait se concentrer sur ces deux choses « en aidant au développement des forces africaines capables de répondre aux crises urgentes ». C’est une première pour la Chine qui a toujours prôné la « non-ingérence dans les affaires intérieures » et a annoncé une aide de 50 millions de yuans en soutien. La Chine est devenue le principal partenaire commercial africain depuis 2009.
Noël Ndong

jeudi 8 janvier 2015

LA CHINE SIFFLE LA FIN DU FMI ET DE LA BANQUE MONDIALE - KADHAFI N'EST PAS MORT POUR RIEN

LA CHINE SIFFLE LA FIN DU FMI ET DE LA BANQUE MONDIALE - KADHAFI N'EST PAS MORT POUR RIEN

(Alwihda Info) Rédigé par - 6 Janvier 2015 modifié le 6 Janvier 2015 - 15:51



Et ce n'est que la Chine qui pouvait faire tomber en faillite ces 2 organismes de prédation du continent africain, le FMI et la Banque Mondiale, sans avoir peur de la réaction de nos prédateurs devenus trop faibles à ses yeux.


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Quand je l'ai anticipé dans le Tome 1 de "Géostratégie Africaine", il y a 3 ans, mes détracteurs africains (tous résidents en occident) m'ont traité de "Espion de la Chine". La vérité les rattrape aujourd'hui. Je répète : L'Afrique fait bien de choisir ses alliés stratégiques en la Chine et la Russie. Les plus naïfs répondront qu'on ne doit pas passer d'un patron à un autre. C'est oublier que nous sommes encore une proie, sous le joug du même prédateur depuis 5 siècles et avons besoin du prédateur (Chine) de notre prédateur (Occident) pour nous enlever les chaines.
L'exemple est l'assassinat du Guide Libyen parce qu'il voulait mettre fin sur le sol africain aux activités de spoliation de la Banque Mondiale et du FMI. Depuis sa mort, plus rien ne s'est passé. Ils ont réussi leur coup. Et plus aucun chef d'Etat africain n'ose broncher. Le prédateur est en plus venu nous ajouter Boko Haram.
Et ce n'est que la Chine qui pouvait faire tomber en faillite ces 2 organismes de prédation du continent africain, le FMI et la Banque Mondiale, sans avoir peur de la réaction de nos prédateurs devenus trop faibles à ses yeux.
Le FMI en finançant l'Ukraine, l'ennemi de la Russie a poussé la Chine a choisir son camp et donc, de donner le coup de grâce, fatal et final à cette organisation.
Relisez la leçon sur LE BLUFF DES SANCTIONS OCCIDENTALES CONTRE LA RUSSIE et vous comprendrez toutes ces erreurs stratégiques élémentaires des occidentaux qui ne font aucun effort de comprendre comment la Chine et la Russie sont en train de leur damer les pions, tous les pions. Ils vont chanter sur tous les toits qu'à cause des sanctions contre la Russie, les prix du brute de pétrole baisse. Question : où est le rapport ? Et ce qu'ils ne vous diront pas c'est qu'à cause de la chute du cours du brute de pétrole plusieurs entreprises américaines de fracturation hydraulique ont déjà déclaré faillite, que la Royaume Uni à ce prix, en dessous de 50 dollars, ne tiendra pas 1 mois pour sa production dans la Mer du Nord avec un cout d'extraction proche de 53 dollars le baril. Alors que le pétrole russe est proche de 14 dollars de cout d'extraction.
Et à moi de me poser la question s'il y a encore quelqu'un aux commandes de l'avion "occident". Toc toc toc, y a-t-il quelqu'un ? SILENCE TOMBAL !
Sangmelima, le 04/01/2015
Jean-Paul Pougala
(ex créseur de grillons et de termites)
Lisez plutôt cet article de la belge Audrey Duperron. Elle est comme d'habitude tendancieuse, mais il y a ce fond de vérité qui reste de la Chine, la vraie patronne :
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La décision de la Chine de porter secours à la Russie, alors qu’elle vient également de le faire pour le Venezuela et l’Argentine, indique que le système de Bretton Woods est définitivement enterré, et elle marque la fin du rôle des Etats-Unis comme clé de voûte de ce système, affirme Wiliam Pesek de Bloomberg. Des institutions telles que le Fonds Monétaire International (FMI), ou la Banque asiatique de Développement (BAD), n’auront bientôt plus de raison d’être, au train où vont les choses, prophétise-t-il.
Cela fait des décennies que la Chine préparait son entrée comme prêteur de dernier ressort sur la scène internationale. Le FMI et la BAD sont des organismes pléthoriques, peu enclins à revoir leurs méthodes et leurs visions. Mais lorsque le FMI a octroyé un prêt d’urgence de 17 milliards de dollars à l’Ukraine cette année, il l’a fait pour porter secours à une économie d’une importance stratégique, et non pour exercer un chantage politique, affirme Pesek.
Mais la Chine a d’autres motivations : lorsqu’elle décide de prêter de l’argent à un pays en difficultés, elle ne se soucie pas des mesures qu’il compte prendre pour résoudre ses problèmes économiques, ni de l’efficacité de son système fiscal ou du niveau de ses réserves. Ce qui compte pour elle, c’est de s’en faire un allié loyal, en particulier sur la question de Taïwan, des conflits territoriaux dans lesquels elle est impliquée, ou de l’immixtion de l’Occident dans sa manière de respecter les droits de l’homme. Comme la Russie aujourd'hui, l’Argentine et le Venezuela étaient déjà brouillés avec les Etats-Unis et leurs alliés, lorsqu’ils ont bénéficié de l’aide chinoise, et il leur était facile de respecter cette condition.
En 2011 et 2012, l’Europe aussi avait tendu sa sébile à la Chine, lui proposant de racheter massivement des obligations souveraines. Compte tenu du contexte économique et géopolitique actuel, nous pourrions connaitre une redite de cet épisode en 2015, estime Pesek. Les dirigeants européens seraient alors invités à se montrer moins pressants à l’égard de l’Empire du Milieu sur le plan diplomatique.
De même, la décision de la Fed de réduire ses injections de liquidités pourrait avoir pour effet d’affaiblir les économies de pays asiatiques tels que l’Inde, l’Indonésie, le Cambodge, le Laos ou le Vietnam, par exemple. Contrairement aux institutions telles que le FMI, la Chine ne pose pas de contraintes pour l’octroi de ses prêts, ce qui rend son offre bien plus attractive que celles de ces organismes.
Mais lorsque la Chine a consenti à prêter 24 milliards de dollars à la Russie, elle a permis au président russe Vladimir Poutine de consolider son pouvoir, écartant ainsi la possibilité d’une diversification du pays, bien trop spécialisé sur ses ressources pétrolières, alors que celle-ci s’avère nécessaire.
On peut aussi s’inquiéter de l’effet de l’intervention de l’argent chinois sur des pays dotés de gouvernements voyous, comme le Soudan ou le Zimbabwe.
Mais le nouveau rôle de secouriste des pays en difficulté de la Chine pourrait avoir un effet bénéfique : il pourrait forcer le FMI, la Banque Mondiale et la BAD à revoir leurs méthodes d’intervention pour qu’elles soient mieux adaptées aux nouvelles réalités économiques. Mais plus vraisemblablement, il aura pour effet d’encourager de mauvaises pratiques politiques et d’entraver le développement économique au détriment du monde entier, conclut-il.
par Audrey Duperron

Jacob Zuma croit à la Chine qui, selon lui, va libérer l’Afrique de ses «fers» hérités de la période coloniale243 | Eco243

Jacob Zuma croit à la Chine qui, selon lui, va libérer l’Afrique de ses «fers» hérités de la période coloniale243 | Eco243

L'éternel retour de la puissance chinoise

L'éternel retour de la puissance chinoise

mardi 6 janvier 2015

Chine | L'éternel retour de la puissance chinoise | Jeuneafrique.com - le premier site d'information et d'actualité sur l'Afrique

Chine | L'éternel retour de la puissance chinoise | Jeuneafrique.com - le premier site d'information et d'actualité sur l'Afrique

05/01/2015 à 11:42
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Étrange père Noël à Kunming, dans la province méridionale du Yunnan.Étrange père Noël à Kunming, dans la province méridionale du Yunnan.© Hao Yaxin/Sipa Asia
L'économie de l'empire du Milieu fut longtemps la plus puissante du monde avant d'être supplantée, au XIXe siècle, par les puissances occidentales. À en croire le FMI, la voici revenue au premier rang.
Dans le temple de l'athéisme et du capitalisme, fêter Noël fut longtemps interdit. Ce n'est plus, mais alors plus du tout, le cas. À quelques jours du 25 décembre, un accès de fièvre consumériste enflamme la Chine. Et c'est tout sauf un hasard. Selon les économistes du Fonds monétaire international (FMI), la République populaire aurait supplanté les États-Unis en tant que première puissance économique mondiale. Et les guirlandes qui illuminent les centres commerciaux de Pékin sont autant de symboles de cette puissance économique retrouvée.

L'événement est passé relativement inaperçu, mais il n'en constitue pas moins un tremblement de terre géopolitique. Le règne des États-Unis avait commencé en 1872, quand ce pays était parvenu à détrôner le Royaume-Uni. Après trente ans de croissance à deux chiffres et une crise économique internationale, la Chine reprend aujourd'hui le flambeau, du moins si l'on prend en compte la "parité de pouvoir d'achat" (PPA), critère, d'ailleurs discutable, qui permet de mesurer la richesse d'un pays en tenant compte du pouvoir d'achat de sa devise nationale. En d'autres termes, on calcule combien une même quantité d'argent permet d'acheter de produits dans différents pays. Et à ce petit jeu statistique, c'est la Chine qui gagne. Mais n'allez pas croire pour autant que les Chinois soient plus riches que les Américains !

"La notion de puissance économique est un concept qui combine la surface économique (le PIB), la puissance technologique, la puissance financière et monétaire, celle des entreprises, et enfin la capacité d'influence sur l'économie mondiale, explique l'économiste français Jean-Joseph Boillot. Selon les données du FMI, le PIB chinois calculé en parité de pouvoir d'achat a bien dépassé, cette année, celui des États-Unis. Mais sous tous les autres aspects, la Chine reste loin derrière les États-Unis et même l'Europe."

>> Lire aussi : La Chine va (encore) bien donc tout va bien

L'exode rural ne fait que commencer

En matière de consommation, par exemple, le marché chinois ne représente que la moitié du marché américain ou européen. Mais sa taille est une force et sa progression, quel que soit le procédé statistique chargé de l'évaluer, ne fait aucun doute. Avec une classe moyenne de 400 millions d'habitants qui augmente de 20 % par an, comment pourrait-il en être autrement ? La Chine est déjà le premier marché mondial pour les automobiles, les téléviseurs, les téléphones portables ou internet. Elle devrait le rester longtemps encore, d'autant que la moitié des Chinois vivent encore à la campagne et que l'exode rural ne fait que commencer.

Ces artifices statistiques masquent aussi de profondes inégalités. "Un pour cent des ménages les plus riches contrôle plus d'un tiers des richesses tandis que 25 % des ménages les plus pauvres n'en détiennent que 1 %", révèle un rapport publié cette année par une université de Pékin. Cette enquête montre également que le coefficient de Gini (un indicateur d'inégalité compris entre 0 et 1) est très inquiétant, car très élevé. Zéro représente l'égalité parfaite, 1 l'inégalité absolue.

Mais c'est peut-être à l'étranger qu'il faut avant tout mesurer le poids grandissant de l'économie chinoise. Depuis cette année, la Chine investit à l'étranger davantage qu'elle n'importe. Elle est le premier partenaire commercial de l'Afrique, de l'Europe et du Japon, mais aussi le deuxième des États-Unis. La "nouvelle route de la soie" dont la création a été annoncée cette année par le gouvernement est en train de redessiner la carte des échanges internationaux. Avant le XVe siècle, en effet, un faisceau de pistes commerciales reliait la ville de Changan (aujourd'hui Xi'an) à Antioche (Turquie). Aujourd'hui, la Chine n'est plus qu'à une encablure du Pirée, le grand port grec dont elle est propriétaire, mais aussi de l'Amérique centrale, avec le projet de construction au Nicaragua d'un second canal de Panamá, et surtout de l'Afrique.

Les entreprises chinoises construisent à la périphérie du continent un collier de "perles" - des ports en eau profonde.
Les entreprises chinoises construisent en effet à la périphérie du continent un collier de "perles", autrement dit de ports en eau profonde destinés à alimenter l'Afrique en produits chinois et la Chine en matières premières africaines. Ces "routes de la soie" sont les veines qui alimentent le nouveau coeur économique de la planète.

Mais l'économie de la République populaire a pris récemment l'avantage sur celle des États-Unis sur d'autres fronts encore. Depuis l'an dernier, le montant des échanges commerciaux de la première avec le reste du monde a dépassé celui des seconds. L'usine du monde est également devenue le principal exportateur de biens. À long terme, son arrivée au sommet aura d'immenses conséquences, prophétise le journaliste économique Brett Arends. Comme l'on sait, le monde était dominé depuis deux siècles par la Grande-Bretagne et les États-Unis, "deux contrées plus démocratiques que la Chine".

Aucun triomphalisme

Paradoxalement, les autorités de ce pays ne manifestent aucun triomphalisme, engagées qu'elles sont dans une impitoyable lutte contre la corruption. La puissance de l'économie chinoise n'a pourtant que peu à voir avec la vénalité de nombre de ses cadres. Un récent rapport de Global Financial Integrity (GFI) montre que 6 600 milliards de dollars ont fui les pays émergents au cours des dix dernières années. La Chine est la reine de l'évasion, avec 1 250 milliards de dollars envolés entre 2003 et 2012. Et 250 milliards pour la seule année 2012. On comprend que le président Xi Jinping ait fait de la lutte contre ce fléau sa priorité absolue.

Le FMI lui-même va être inévitablement affecté par l'irrésistible ascension chinoise. Dominée depuis toujours par les Occidentaux, l'institution a le plus grand mal à réformer sa gouvernance de manière à accroître le poids des pays émergents. Or les plus importants de ces derniers "pèsent" aujourd'hui un tiers du PIB de la planète ! Depuis des années, la Chine ne ménage pas ses efforts pour accroître son rôle et son influence au sein du FMI. En décembre 2010, les États membres sont convenus d'un ensemble de réformes des quotes-parts et de la gouvernance. Mais l'entrée en vigueur du texte est bloquée par le Congrès américain. La Chine a donc décidé de passer outre et a annoncé cette année la création d'une banque des Brics, dont la mission est de financer les pays émergents, et d'une banque asiatique d'infrastructures.

Acquisitions tous azimuts

Fini aussi le temps où la Chine, en multipliant les achats, avait d'abord en vue la sécurisation de ses approvisionnements en minerais et en hydrocarbures. Les acquisitions d'entreprises étrangères se font désormais tous azimuts : de l'alimentaire à l'industrie mécanique en passant par les fleurons technologiques.

En 2013, le géant pétrolier Cnooc a racheté le groupe énergétique canadien Nexen pour un montant de 15,1 milliards de dollars (11,4 milliards d'euros). C'est la plus importante acquisition jamais réalisée par une entreprise chinoise à l'étranger. Mais ce n'est pas grand-chose comparé aux 625 milliards de dollars investis cette année hors des frontières de la République populaire. Cette stratégie est principalement mise en oeuvre par les puissantes sociétés d'État, qui bénéficient de l'appui direct des autorités politiques et de larges facilités de financement offertes par les grandes banques publiques.

Les investissements à l'étranger ont été multipliés par plus de trente en une décennie. C'est la preuve la plus éclatante de la puissance chinoise retrouvée. L'Histoire bégaie. Qui se souvient qu'avant les guerres de l'opium lancées par les Occidentaux au XIXe siècle la Chine passait déjà pour la première puissance économique du monde ?

>> Lire aussi notre dossier : Chine-Afrique, entre mythes et réalités


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lundi 29 décembre 2014

"Je m'excuse, mais est-ce vrai qu’en Afrique vous vivez dans les arbres ?" - Bibliobs - L'Obs

"Je m'excuse, mais est-ce vrai qu’en Afrique vous vivez dans les arbres ?" - Bibliobs - L'Obs


"Je m'excuse, mais est-ce vrai qu’en Afrique vous vivez dans les arbres ?"

Grégoire Leménager

Dans "Sur les ailes du dragon", Lieve Joris explore les rapports que la Chine entretient avec l'Afrique, et vice versa. Extraits de ce passionnant voyage en "Chinafrique".

A Maputo, au Mozambique (Sipa) A Maputo, au Mozambique (Sipa)
La Chinafrique est entrée dans l’histoire. Longtemps, Lieve Joris s’est «creusée la tête au sujet du bois africain qui traverse l’océan pour aller en Chine et en revient sous forme de meubles». Elle a suivi le même chemin.

Après avoir arpenté le Congo pendant des décennies, cette disciple du grand Ryszard Kapuscinski est allée à Pékin, à Shanghaï, à Jinhua et à «Chocolate City», le quartier africain de Guangzhou. Elle y a découvert les coulisses d’une mondialisation dont on n’a pas idée: 

La presse occidentale parle beaucoup de l’exploitation de l’Afrique par la Chine, mais qui parle du prix à payer pour la Chine?
Il était temps, en effet, que quelqu’un renverse la perspective et dise l’énergie, les ambitions, les souffrances individuelles qui accompagnent ce nouvel âge colonial. Lieve Joris le fait avec l’intelligence et l’humilité des meilleurs écrivains itinérants: en donnant la parole à des dizaines de personnages qui, passés d’un continent à l’autre, découvrent le racisme et l’exil.

Son livre, au fond, nous apprend à voir la Chine avec les yeux d’une Africaine, et l’Afrique avec ceux d’une Chinoise. C’est le privilège de la littérature. Et tant pis si l’homme européen, lui, semble sorti de l’histoire.

Grégoire Leménager
Sur les ailes du dragon. Voyages entre l’Afrique et la Chine,
par Lieve Joris, traduit du néerlandais par Arlette Ounanian,
Actes Sud, 392 p., 23,80 euros.
Lieve Joris
Lieve Joris avec Cheikhna, un Malien qui vit à Brazzaville, mais qu'elle a rencontré à Guangzhou. (©Lieve Joris)

Extrait 1
"Les Chinois ne prennent pas les Africains au sérieux"

Sur le campus de l’université, des étudiants étrangers interprètent des sketchs, chantent et dansent sur un podium en plein air pour un public de diplomates et de fonctionnaires chinois. Des Saoudiens en tunique blanche, la tête ceinte d’un turban, exécutent une danse du sabre ; des étudiants camerounais jouent un sketch comique en chinois. Après la partie officielle, l’action se déplace vers les stands où, sous le drapeau de leur pays, les étudiants exposent toutes sortes de gadgets. «Pour que les Chinois puissent voir ce que nous produisons et le copier», comme le dit ironiquement un étudiant.

Je me retrouve rapidement dans le coin des Africains. Des étudiants rwandais, un pagne noué sur l’épaule gauche, se font photographier avec des jeunes filles ouzbeks en robes rose barbe à papa et des Maoris aux visages peints. Je passerai une grande partie de l’après-midi à bavarder avec des étudiants qui passent devant le stand des Rwandais où je suis assise sur un tabouret. Ils sont drôles, vifs et parfaitement au courant de ce qui se passe aussi bien dans leur propre pays qu’en Chine.

Les Chinois leur demandent toujours ou il fait meilleur vivre, en Chine ou en Afrique, et ils s’attendent naturellement à ce qu’ils répondent «en Chine». Ça les rend amers. Pourquoi dénigreraient-ils leur pays, pourquoi les Chinois veulent-ils leur faire sentir que l’Afrique ne vaut rien, que ce n’est pas un endroit où l’on a envie de retourner? La plupart ne se sentent pas non plus soutenus par leur propre pays. Un étudiant burundais raconte qu’un de leurs ministres en visite en Chine avait accordé un entretien à un groupe de ses compatriotes dont il faisait partie. Quand le ministre a appris ce qu’il étudiait, il s’est écrié: «L’informatique ! Nous n’en avons que faire au Burundi.»

Partout, des étudiants discutent avec le public. Les Rwandais vendent du jus de fruits de la passion et du café. «Les Chinois ont peur de boire du café, dit un étudiant, ils croient que ça va les rendre noirs.» Les Congolais ont invité leurs copines étrangères et dansent sur une musique congolaise que braillent des haut-parleurs. Les Chinois les regardent à distance. Une fois, je vois un Chinois esquisser un pas de danse – il est allé en Afrique, c’est évident.


Sur un panneau en carton que les Congolais ont posé devant leur stand, une femme tient un téléphone portable dans la paume d’une main, un petit tas de minerai gris et brillant dans l’autre: du coltan. En dessous, on peut lire: «80 % of global reserves of coltan are found in the DRC» (80 % des réserves mondiales de coltan se trouvent en RDC). Ils ont apparemment récupéré la photo sur Internet sans réaliser qu’elle provient d’une campagne contre l’extraction du coltan: la main qui tient le portable saigne. L’étudiant burundais la regarde en secouant la tête. «Comment peut-on vendre ainsi son pays et danser par-dessus le marché?»

Moi aussi, je considère la scène avec gêne, mais Franck, un Rwandais qui dépasse tout le monde d’une bonne tête, ce qui lui donne une autorité naturelle, dit qu’il discute assez souvent avec des étudiants congolais pour savoir combien la situation dans leur pays les inquiète. Il a grandi en partie dans l’est du Congo – son cœur est des deux côtés de la frontière entre le Rwanda et le Congo.

Franck a servi d’interprète au président Kagame et à sa délégation d’hommes d’affaires lors de leur récente visite en Chine. Il a été choisi parce qu’il parle plusieurs langues et qu’il connaît des gens partout. Peu après, le China-Africa Youth Club l’a invité à un voyage organise à Shanghai et ses environs. Tout était gratuit, on leur faisait des cadeaux et, le soir, on buvait sec. «Les Chinois, qui savent que la plupart des étudiants n’ont pas été sélectionnés pour leur mérite mais en tant que rejetons des élites de leur pays, essaient d’entrer en contact avec eux, de les faire parler et de les observer pendant ces excursions. Je pense que, si j’ai été invité, c’est parce que j’ai accompagné mon président.»

Franck, à son tour, observe les Chinois. Quand il sort le soir et qu’il a une touche avec une Chinoise sur la piste de danse, elle lui demande invariablement d’où il vient.

« Si je réponds que je suis américain, c’est dans la poche, elle pense que je suis un joueur de basket ou quelque chose dans le genre et les jours suivants, elle me bombarde de textos au point que je suis obligé de changer de numéro. L’Afrique du Sud, c’est bien aussi, c’est associe au succès. Si je dis ‘‘Afrique’’ tout court, elle voit aussitôt se profiler les maladies et la misère. Elle continue à sourire, car les Chinois sont hypocrites, mais je sais déjà que c’est foutu. Si j’ajoute ‘‘Rwanda’’, elle s’informe sur Google et ça lui suffit. Si je l’appelle quelques jours plus tard, elle dit qu’elle est très occupée et elle efface mon numéro de sa liste de contacts. La prochaine fois que j’appellerai, elle dira: ‘‘Vous êtes qui?”»

Il me regarde en riant : «Je les connais par cœur – je fais le test à tous les coups.»


Parfois, il a une bonne note alors qu’il s’est planté à son examen. «Les Chinois ne prennent pas les Africains au sérieux, ils ne s’intéressent pas vraiment à notre éducation. Tout ce qu’ils veulent, c’est nous amadouer pour réaliser leurs rêves en Afrique. Les plus gâtés, ce sont les étudiants soudanais, dont le pays regorge de pétrole : on ne leur demande rien, on leur donne tout ce qu’ils veulent.»

Il aurait préféré étudier en Europe, mais il n’a pas eu le choix. «Quand un Européen vous donne quelque chose, c’est du solide : un vrai diplôme, un vrai bâtiment, une vraie route – pas du vite fait bâclé, des sous-produits, comme le font les Chinois.»

Un jour, un étudiant chinois est venu le voir et lui a dit: «Je m’excuse de te demander ça, mais est-ce vrai qu’en Afrique vous vivez dans les arbres et que vous ne vous habillez que pour venir ici?» Le genre de type que Franck adore faire marcher: «Oui, bien sûr que nous vivons dans les arbres, et tu sais que la Chine a un ambassadeur au Rwanda? Eh bien, il habite à trois arbres de chez moi.» Alors ils comprennent qu’il y a quelque chose qui cloche et ils vont s’informer plus sérieusement.

Franck s’excuse : il doit refaire du café. «Quand les Chinois cherchent le Rwanda sur Google, ils tombent immanquablement sur le génocide. Après cette journée, j’espère qu’ils penseront aussi au café.»

Lieve Joris et Li Shudi (DR)
Lieve Joris avec Li Shudi, qui a vécu des années en Afrique du Sud (©Lieve Joris)

Extrait 2
Confucius dans un train au Cameroun

Nous sommes onze à voyager : trois professeurs, sept étudiants et moi, et nous dormons dans des couchettes voisines. Lorsque je me réveille, nos compagnons de voyage chinois sont dans le couloir en train de faire leur gymnastique matinale, en survêtement ou en pyjama. Du côté des lavabos, des raclements de gorge alarmants se font entendre et un bonhomme pousse un chariot plein d’une bouillie de riz fumant dont il remplit des bols à l’aide d’une cuillère en bois. Près de la fenêtre, une jeune fille écrit des textos à un rythme accéléré. Chaque fois qu’un nouveau message arrive, une voix métallique dit: «Anybody there?» (Il y a quelqu’un ?)

Li Baoping a dormi dans une autre voiture et, quand tout le monde est réveillé dans notre compartiment, il vient s’asseoir auprès de moi. «Tu as déjà voyagé en train en Afrique? demande-t-il.

Bien sûr, et toi ?»

Il hoche la tête. «Au Cameroun, j’ai pris le train de Yaounde à Douala.

— Et ?— J’y ai fait connaissance avec la corruption camerounaise.»

Le contrôleur de service estimait que son visa n’était pas valable. Pourquoi prétendre être un touriste alors qu’il avait un visa d’affaires? S’il voulait bien le suivre. Dans le couloir, l’homme lui dit que normalement il devait l’amener à son patron mais qu’ils pouvaient aussi s’arranger entre eux.

« Combien ? » demande alors Baoping. Le contrôleur ne veut pas répondre, aussi Baoping prend une pièce de 500 francs CFA (1 dollar) et la lui donne en refermant sa main dessus, comme s’il s’agissait d’un cadeau précieux. «Tu n’as pas honte ?» s’écrie le contrôleur en voyant son butin; il voulait au moins dix fois plus.

Baoping proteste : « Un de mes amis qui vit aux Etats-Unis gagne 7 dollars de l’heure en travaillant et moi je vous en ferais gagner 10 à ne rien faire en un rien de temps? L’ambassade du Cameroun m’a délivré un visa en tant que professeur. Qu’est-ce qui m’interdit d’être touriste dans mon temps libre? Votre comportement est une insulte aux autorités de votre pays.»

Le contrôleur proteste : il n’a fait que son devoir.

« Nous avions, en Chine, un philosophe qui s’appelait Confucius, reprend Baoping. Il disait: ‘‘Tout le monde aime l’argent, mais au moins gagnons-le honnêtement.”»

Pendant tout ce temps, son passeport est resté dans la poche de poitrine du contrôleur. Brusquement, il le lui rend en disant : «Fous-moi le camp !»

Baoping a raconté son histoire avec un mélange de plaisir et de dégoût. Maintenant il rit, libéré. Confucius dans un train au Cameroun, me dis-je, voilà qui nous change de l’Evangile du Christ ou de la doctrine de Mahomet.

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