CHINE AFRIQUE

POUR DES RELATIONS RESPECTUEUSES, AMICALES, FRANCHES ET FRATERNELLES

lundi 29 décembre 2014

"Je m'excuse, mais est-ce vrai qu’en Afrique vous vivez dans les arbres ?" - Bibliobs - L'Obs

"Je m'excuse, mais est-ce vrai qu’en Afrique vous vivez dans les arbres ?" - Bibliobs - L'Obs


"Je m'excuse, mais est-ce vrai qu’en Afrique vous vivez dans les arbres ?"

Grégoire Leménager

Dans "Sur les ailes du dragon", Lieve Joris explore les rapports que la Chine entretient avec l'Afrique, et vice versa. Extraits de ce passionnant voyage en "Chinafrique".

A Maputo, au Mozambique (Sipa) A Maputo, au Mozambique (Sipa)
La Chinafrique est entrée dans l’histoire. Longtemps, Lieve Joris s’est «creusée la tête au sujet du bois africain qui traverse l’océan pour aller en Chine et en revient sous forme de meubles». Elle a suivi le même chemin.

Après avoir arpenté le Congo pendant des décennies, cette disciple du grand Ryszard Kapuscinski est allée à Pékin, à Shanghaï, à Jinhua et à «Chocolate City», le quartier africain de Guangzhou. Elle y a découvert les coulisses d’une mondialisation dont on n’a pas idée: 

La presse occidentale parle beaucoup de l’exploitation de l’Afrique par la Chine, mais qui parle du prix à payer pour la Chine?
Il était temps, en effet, que quelqu’un renverse la perspective et dise l’énergie, les ambitions, les souffrances individuelles qui accompagnent ce nouvel âge colonial. Lieve Joris le fait avec l’intelligence et l’humilité des meilleurs écrivains itinérants: en donnant la parole à des dizaines de personnages qui, passés d’un continent à l’autre, découvrent le racisme et l’exil.

Son livre, au fond, nous apprend à voir la Chine avec les yeux d’une Africaine, et l’Afrique avec ceux d’une Chinoise. C’est le privilège de la littérature. Et tant pis si l’homme européen, lui, semble sorti de l’histoire.

Grégoire Leménager
Sur les ailes du dragon. Voyages entre l’Afrique et la Chine,
par Lieve Joris, traduit du néerlandais par Arlette Ounanian,
Actes Sud, 392 p., 23,80 euros.
Lieve Joris
Lieve Joris avec Cheikhna, un Malien qui vit à Brazzaville, mais qu'elle a rencontré à Guangzhou. (©Lieve Joris)

Extrait 1
"Les Chinois ne prennent pas les Africains au sérieux"

Sur le campus de l’université, des étudiants étrangers interprètent des sketchs, chantent et dansent sur un podium en plein air pour un public de diplomates et de fonctionnaires chinois. Des Saoudiens en tunique blanche, la tête ceinte d’un turban, exécutent une danse du sabre ; des étudiants camerounais jouent un sketch comique en chinois. Après la partie officielle, l’action se déplace vers les stands où, sous le drapeau de leur pays, les étudiants exposent toutes sortes de gadgets. «Pour que les Chinois puissent voir ce que nous produisons et le copier», comme le dit ironiquement un étudiant.

Je me retrouve rapidement dans le coin des Africains. Des étudiants rwandais, un pagne noué sur l’épaule gauche, se font photographier avec des jeunes filles ouzbeks en robes rose barbe à papa et des Maoris aux visages peints. Je passerai une grande partie de l’après-midi à bavarder avec des étudiants qui passent devant le stand des Rwandais où je suis assise sur un tabouret. Ils sont drôles, vifs et parfaitement au courant de ce qui se passe aussi bien dans leur propre pays qu’en Chine.

Les Chinois leur demandent toujours ou il fait meilleur vivre, en Chine ou en Afrique, et ils s’attendent naturellement à ce qu’ils répondent «en Chine». Ça les rend amers. Pourquoi dénigreraient-ils leur pays, pourquoi les Chinois veulent-ils leur faire sentir que l’Afrique ne vaut rien, que ce n’est pas un endroit où l’on a envie de retourner? La plupart ne se sentent pas non plus soutenus par leur propre pays. Un étudiant burundais raconte qu’un de leurs ministres en visite en Chine avait accordé un entretien à un groupe de ses compatriotes dont il faisait partie. Quand le ministre a appris ce qu’il étudiait, il s’est écrié: «L’informatique ! Nous n’en avons que faire au Burundi.»

Partout, des étudiants discutent avec le public. Les Rwandais vendent du jus de fruits de la passion et du café. «Les Chinois ont peur de boire du café, dit un étudiant, ils croient que ça va les rendre noirs.» Les Congolais ont invité leurs copines étrangères et dansent sur une musique congolaise que braillent des haut-parleurs. Les Chinois les regardent à distance. Une fois, je vois un Chinois esquisser un pas de danse – il est allé en Afrique, c’est évident.


Sur un panneau en carton que les Congolais ont posé devant leur stand, une femme tient un téléphone portable dans la paume d’une main, un petit tas de minerai gris et brillant dans l’autre: du coltan. En dessous, on peut lire: «80 % of global reserves of coltan are found in the DRC» (80 % des réserves mondiales de coltan se trouvent en RDC). Ils ont apparemment récupéré la photo sur Internet sans réaliser qu’elle provient d’une campagne contre l’extraction du coltan: la main qui tient le portable saigne. L’étudiant burundais la regarde en secouant la tête. «Comment peut-on vendre ainsi son pays et danser par-dessus le marché?»

Moi aussi, je considère la scène avec gêne, mais Franck, un Rwandais qui dépasse tout le monde d’une bonne tête, ce qui lui donne une autorité naturelle, dit qu’il discute assez souvent avec des étudiants congolais pour savoir combien la situation dans leur pays les inquiète. Il a grandi en partie dans l’est du Congo – son cœur est des deux côtés de la frontière entre le Rwanda et le Congo.

Franck a servi d’interprète au président Kagame et à sa délégation d’hommes d’affaires lors de leur récente visite en Chine. Il a été choisi parce qu’il parle plusieurs langues et qu’il connaît des gens partout. Peu après, le China-Africa Youth Club l’a invité à un voyage organise à Shanghai et ses environs. Tout était gratuit, on leur faisait des cadeaux et, le soir, on buvait sec. «Les Chinois, qui savent que la plupart des étudiants n’ont pas été sélectionnés pour leur mérite mais en tant que rejetons des élites de leur pays, essaient d’entrer en contact avec eux, de les faire parler et de les observer pendant ces excursions. Je pense que, si j’ai été invité, c’est parce que j’ai accompagné mon président.»

Franck, à son tour, observe les Chinois. Quand il sort le soir et qu’il a une touche avec une Chinoise sur la piste de danse, elle lui demande invariablement d’où il vient.

« Si je réponds que je suis américain, c’est dans la poche, elle pense que je suis un joueur de basket ou quelque chose dans le genre et les jours suivants, elle me bombarde de textos au point que je suis obligé de changer de numéro. L’Afrique du Sud, c’est bien aussi, c’est associe au succès. Si je dis ‘‘Afrique’’ tout court, elle voit aussitôt se profiler les maladies et la misère. Elle continue à sourire, car les Chinois sont hypocrites, mais je sais déjà que c’est foutu. Si j’ajoute ‘‘Rwanda’’, elle s’informe sur Google et ça lui suffit. Si je l’appelle quelques jours plus tard, elle dit qu’elle est très occupée et elle efface mon numéro de sa liste de contacts. La prochaine fois que j’appellerai, elle dira: ‘‘Vous êtes qui?”»

Il me regarde en riant : «Je les connais par cœur – je fais le test à tous les coups.»


Parfois, il a une bonne note alors qu’il s’est planté à son examen. «Les Chinois ne prennent pas les Africains au sérieux, ils ne s’intéressent pas vraiment à notre éducation. Tout ce qu’ils veulent, c’est nous amadouer pour réaliser leurs rêves en Afrique. Les plus gâtés, ce sont les étudiants soudanais, dont le pays regorge de pétrole : on ne leur demande rien, on leur donne tout ce qu’ils veulent.»

Il aurait préféré étudier en Europe, mais il n’a pas eu le choix. «Quand un Européen vous donne quelque chose, c’est du solide : un vrai diplôme, un vrai bâtiment, une vraie route – pas du vite fait bâclé, des sous-produits, comme le font les Chinois.»

Un jour, un étudiant chinois est venu le voir et lui a dit: «Je m’excuse de te demander ça, mais est-ce vrai qu’en Afrique vous vivez dans les arbres et que vous ne vous habillez que pour venir ici?» Le genre de type que Franck adore faire marcher: «Oui, bien sûr que nous vivons dans les arbres, et tu sais que la Chine a un ambassadeur au Rwanda? Eh bien, il habite à trois arbres de chez moi.» Alors ils comprennent qu’il y a quelque chose qui cloche et ils vont s’informer plus sérieusement.

Franck s’excuse : il doit refaire du café. «Quand les Chinois cherchent le Rwanda sur Google, ils tombent immanquablement sur le génocide. Après cette journée, j’espère qu’ils penseront aussi au café.»

Lieve Joris et Li Shudi (DR)
Lieve Joris avec Li Shudi, qui a vécu des années en Afrique du Sud (©Lieve Joris)

Extrait 2
Confucius dans un train au Cameroun

Nous sommes onze à voyager : trois professeurs, sept étudiants et moi, et nous dormons dans des couchettes voisines. Lorsque je me réveille, nos compagnons de voyage chinois sont dans le couloir en train de faire leur gymnastique matinale, en survêtement ou en pyjama. Du côté des lavabos, des raclements de gorge alarmants se font entendre et un bonhomme pousse un chariot plein d’une bouillie de riz fumant dont il remplit des bols à l’aide d’une cuillère en bois. Près de la fenêtre, une jeune fille écrit des textos à un rythme accéléré. Chaque fois qu’un nouveau message arrive, une voix métallique dit: «Anybody there?» (Il y a quelqu’un ?)

Li Baoping a dormi dans une autre voiture et, quand tout le monde est réveillé dans notre compartiment, il vient s’asseoir auprès de moi. «Tu as déjà voyagé en train en Afrique? demande-t-il.

Bien sûr, et toi ?»

Il hoche la tête. «Au Cameroun, j’ai pris le train de Yaounde à Douala.

— Et ?— J’y ai fait connaissance avec la corruption camerounaise.»

Le contrôleur de service estimait que son visa n’était pas valable. Pourquoi prétendre être un touriste alors qu’il avait un visa d’affaires? S’il voulait bien le suivre. Dans le couloir, l’homme lui dit que normalement il devait l’amener à son patron mais qu’ils pouvaient aussi s’arranger entre eux.

« Combien ? » demande alors Baoping. Le contrôleur ne veut pas répondre, aussi Baoping prend une pièce de 500 francs CFA (1 dollar) et la lui donne en refermant sa main dessus, comme s’il s’agissait d’un cadeau précieux. «Tu n’as pas honte ?» s’écrie le contrôleur en voyant son butin; il voulait au moins dix fois plus.

Baoping proteste : « Un de mes amis qui vit aux Etats-Unis gagne 7 dollars de l’heure en travaillant et moi je vous en ferais gagner 10 à ne rien faire en un rien de temps? L’ambassade du Cameroun m’a délivré un visa en tant que professeur. Qu’est-ce qui m’interdit d’être touriste dans mon temps libre? Votre comportement est une insulte aux autorités de votre pays.»

Le contrôleur proteste : il n’a fait que son devoir.

« Nous avions, en Chine, un philosophe qui s’appelait Confucius, reprend Baoping. Il disait: ‘‘Tout le monde aime l’argent, mais au moins gagnons-le honnêtement.”»

Pendant tout ce temps, son passeport est resté dans la poche de poitrine du contrôleur. Brusquement, il le lui rend en disant : «Fous-moi le camp !»

Baoping a raconté son histoire avec un mélange de plaisir et de dégoût. Maintenant il rit, libéré. Confucius dans un train au Cameroun, me dis-je, voilà qui nous change de l’Evangile du Christ ou de la doctrine de Mahomet.

© Actes Sud

vendredi 12 décembre 2014

Chine : un professeur écrit des chansons pour célébrer l'amitié sino-africaine

Chine : un professeur écrit des chansons pour célébrer l'amitié sino-africaine

L'introduction de la musique dans les études sur l'Afrique est une méthode particulière développée par le professeur chinois Zhang Xiang afin de promouvoir l'amitié entre la Chine et l'Afrique. Les textes de ses chansons ont été publiés récemment dans un ouvrage édité par la maison d'édition World Affairs Press.
Intitulé "Collection de chansons sur l'amitié Chine-Afrique", cet ouvrage propose de découvrir les textes de 18 chansons écrites pendant plusieurs années par M. Zhang, professeur de la faculté d'histoire de l'Université de Nankai.
Il est "professionnel" à la fois dans les domaines des études africaines et de la musique puisqu'il est conseiller de l'Association chinoise pour les affaires de l'Afrique et de la Société chinoise des études historiques africaines, ainsi que membre de l'Association chinoise de la musique et de la littérature.
Le professeur s'efforce toujours de combiner les études de l'Afrique avec la musique. "La musique est la langue commune de l'humanité. L'Afrique est un continent qui possède des ethnies et des langues très variées et complexes. La musique est donc le moyen le plus simple pour communiquer avec les peuples africains", a-t-il précisé.
Dans les chansons, les sujets varient. Elles parlent de l'amitié entre les ouvriers chinois et africains, du chemin de fer Tanzanie-Zambie, ou du maintien de la paix en Afrique. Elles ont été traduites dans les différentes langues parlées dans les pays africains, afin de les faire connaître en Afrique.
D'ailleurs, son ouvrage qui avait pour thème la nouvelle Afrique du Sud et qui était intitulé "La nouvelle Afrique du Sud, la nation arc-en-ciel", était le premier livre en Chine consacré à ce pays. Il a été offert à Nelson Mandela lors de sa visite en Chine en 1999. Fin
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Source: Agence de presse Xinhua

mardi 9 décembre 2014

La Chine devient la première puissance économique mondiale | L'ESSOR

La Chine devient la première puissance économique mondiale | L'ESSOR

L’Empire du milieu représente en effet aujourd’hui 16,5% de l’économie mondiale en terme de pouvoir d’achat réel, devant les 16,3% des Etats-Unis.

«C’est officiel: l’Amérique est maintenant numéro deux». Voilà le constat de l’éditoraliste américain Brett Arends, dans son article pour Market Watch publié en fin de semaine dernière. La Chine occupe désormais la première place en tant que puissance économique mondiale, volant la vedette aux Etats-Unis.

«Cela vient d’arriver, et presque personne n’a remarqué», note le journaliste, qui met en avant des chiffres publiés en octobre par le FMI. «La nouvelle a curieusement peu retenu l’attention», soulignait déjà Le Figaro.

La Chine représente en effet aujourd’hui 16,5% de l’économie mondiale en terme de pouvoir d’achat réel, devant les 16,3% des Etats-Unis. Pour comparer les performances économiques des différents pays, le Fonds Monétaire International s’appuie sur les parités de pouvoir d’achat(PPA). Ces PPA indiquent ce que l’on peut réellement acheter avec la monnaie. Un café a donc la même valeur à New York qu’à Pékin.

Les Etats-Unis occupaient la position de leader incontesté depuis 1872, lorsqu’ils ont eux-même détrôné la Grande-Bretagne. L’année dernière, c’est en terme de commerce mondial que la Chine revendiquait la place de leader mondial, avec plus de 4000 milliards de dollars d’échanges en 2013.

L’écart va continuer à se creuser. Selon les prévisions du FMI, la Chine atteindrait 26.800 milliards de dollars de richesse nationale en 2019, contre 22.000 milliards pour les Etats-Unis. «Ne vous y trompez pas: ceci est un tremblement de terre géopolitique», alerte Brett Arends.

Le journaliste appelle à voir à long terme. «Nous avons vécu dans un monde dominé par les Etats-Unis depuis le dernier XIXe siècle. Et nous avons vécu pendant 200 ans, depuis la bataille de Waterloo en 1815, dans un monde dominé par deux pays raisonnablement démocratiques en Grande-Bretagne et les États-Unis. Pour tous leurs défauts, les deux pays ont été dans l’avant-garde dans le monde entier en termes de libertés civiques, des processus démocratiques et des droits constitutionnels.», conclut-il

L'aide chinoise en Afrique n'est pas du néo-colonialisme_French.news.cn

L'aide chinoise en Afrique n'est pas du néo-colonialisme_French.news.cn

Un responsable du ministère chinois du Commerce a indiqué lundi qu'il était infondé et irresponsable d'accuser la Chine de "néo-colonialisme" en Afrique.

Liu Junfeng, vice-directeur du département de l'aide étrangère du ministère, a souligné que la Chine fournissait une aide à d'autres pays afin de soutenir leurs efforts pour réduire la pauvreté, améliorer les conditions de vie, accélérer la croissance et renforcer leur autonomie.

"Même auparavant, lorsque la Chine était beaucoup moins développée, le peuple a été témoin de notre aide étrangère continue animée par un esprit humanitaire," a-t-il déclaré. "Il est extrêmement irresponsable et infondé d'accuser la Chine de s'accaparer des ressources et des marchés en Afrique."

"La coopération entre la Chine et l'Afrique dans les domaines de l'énergie et des ressources est en accord avec les règles du marché mondial", a-t-il affirmé, ajoutant que l'aide et les prêts préférentiels accordés aux pays étrangers étaient principalement destinés à des projets dans l'agriculture, l'éducation, les soins médicaux, les transports, les télécommunications et l'électricité.

La Chine a envoyé une cinquantaine d'équipes médicales comprenant plus de 4.000 professionnels en Afrique au cours des cinquante dernières années. Plus récemment, quelque 500 médecins et spécialistes de la santé chinois ont été envoyés en Afrique de l'Ouest pour aider à lutter contre le virus Ebola.

La Chine a offert jusqu'à présent 400 milliards de yuans à 166 pays et organisations internationales, et a aidé à achever plus de 2.700 projets d'aide humanitaire, a-t-il ajouté.

lundi 8 décembre 2014

Pour Jacob Zuma, la Chine va aider l’Afrique à se libérer de ses «fers» hérités de la période coloniale - Agence Ecofin

Pour Jacob Zuma, la Chine va aider l’Afrique à se libérer de ses «fers» hérités de la période coloniale - Agence Ecofin

Agence Ecofin) - Le président sud-africain Jacob Zuma a estimé, le 5 décembre à Pékin, que l’offensive économique lancée par la Chine en Afrique permettra au continent de se libérer de ses «fers» hérités de la période coloniale. «L'émergence de la Chine, en tant que puissance parmi les autres, offre une chance aux pays africains de se libérer eux-mêmes des fers qui remontent à l'époque coloniale», a déclaré M. Zuma, qui s'exprimait devant une assemblée d'étudiants de l'université pékinoise de Tsinghua.

«Dans leurs relations avec l'Europe, les pays africains se sentent considérés comme d'anciens sujets ou comme des citoyens de deuxième ou troisième zone. A l'opposé, dans les échanges entre la Chine et les pays africains, nous nous traitons comme des frères et sœurs», a-t-il ajouté.
Le président sud-africain qui effectuait une visite officielle en Chine a été accueilli en tant que «bon ami» par le président chinois Xi Jinping. Cette visite intervient quelques mois après le refus de Pretoria d’accorder un visa au chef spirituel tibétain en exil, le Dalaï lama, prix Nobel de la paix, pour préserver d'étroites relations politiques et commerciales avec Pékin.
La Chine est le premier partenaire commercial de l'Afrique du Sud et son premier débouché et fournisseur en Afrique. La nation arc-en-ciel a intégré en 2011 le bloc des pays émergents des Brics, aux côtés du Brésil, de la Russie, de l'Inde et de la Chine.
Lors de sa visite en Chine, Jacob Zuma a signé une lettre d'intention sur la coopération dans l'énergie nucléaire entre la China National Nuclear Corporation et la South African Nuclear Energy Corporation. Les deux pays se sont également mis d'accord sur un programme de coopération de cinq à 10 ans et sur un renforcement de leurs liens dans le domaine commercial et des investissements. Les détails de ces accords n’ont pas été encore dévoilés.
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Les relations et la coopération sino-africaines ont connu un développement vigoureux depuis que les deux côtés ont élaboré conjointement en 2012 un plan de trois ans pour la coopération dans tous les domaines, a indiqué un officiel chinois lundi.

Lin Songtian, secrétaire général du Comité de suivi chinois du Forum sur la coopération Chine-Afrique (FOCAC), a fait ces remarques à la veille de la 10e réunion des hauts fonctionnaires du Forum.

Avec des efforts concertés, les échanges et la coopération dans divers domaines ont maintenu un élan dynamique, et des résultats fructueux ont été accomplis dans la mise en œuvre du plan 2013-2015 élaboré lors de la cinquième Conférence ministérielle du FOCAC il y a deux ans, a déclaré M. Lin à Xinhua.

Sous la direction du FOCAC, la Chine et l'Afrique ont exploré un chemin unique de coopération, a dit M. Lin, également directeur du Département des affaires africaines du ministère chinois des Affaires étrangères.

Premièrement, les deux parties ont maintenu des contacts politiques plus étroits, ont coopéré dans les affaires internationales, et ont approfondi la confiance politique, a-t-il dit.

Ils ont échangé des visites de haut niveau plus fréquentes au cours des deux dernières années, a-t-il rappelé.

Le président chinois Xi Jinping a effectué sa première visite d'Etat sur le continent africain en mars 2013. Le Premier ministre chinois Li Keqiang a visité des Etats africains et le siège de l'Union africaine en mai. Et plusieurs autres dirigeants chinois se sont rendus en visite sur le continent africain.

Pour les Etats africains, 29 présidents ou chefs de gouvernement se sont rendus en Chine au cours de cette période.

La Chine et l'Afrique ont également renforcé les consultations et dialogues. La Chine a organisé des dialogues stratégiques ou des consultations politiques avec sept pays africains, et a participé aux réunions des comités économiques et commerciaux avec neuf pays africains.

En outre, des progrès ont également été réalisés dans la coopération dans d'autres domaines, a déclaré le responsable chinois.

La coopération entre la Chine et l'Afrique sur les questions internationales ou régionales importantes a également été stimulée. Les deux parties ont maintenu une communication et une coordination sur diverses questions telles que la réforme du système de gouvernance mondiale, le changement climatique, et l'Agenda de développement post-2015, renforçant ainsi la force des voix des pays en développement, a-t-il dit.

Deuxièmement, la mise en œuvre des nouvelles mesures annoncées en 2012 concernant la coopération Chine-Afrique dans cinq domaines, soit l'investissement et le financement, l'assistance, l'intégration africaine, les échanges civils, et la paix et la sécurité en Afrique a atteint un avancement substantiel, a dit M. Lin.

Les investissements et financements pour soutenir le développement durable en Afrique ont été élargis, a dit M. Lin. La promesse chinoise de fournir des prêts de 20 milliards de dollars américains pour les pays africains a été honorée plus tôt que prévu. De plus, le volume des échanges bilatéraux a dépassé 200 milliards de dollars pour la première fois en 2013, et la Chine est devenue le plus grand partenaire commercial de l'Afrique pour la cinquième année consécutive.

La Chine est pleinement engagée à offrir son assistance à l'Afrique. Depuis le début de l'épidémie d'Ebola en Afrique de l'Ouest, le gouvernement chinois a offert jusqu'à présent quatre lots d'aide humanitaire d'urgence totalisant 750 000 000 yuans (122,6 millions de dollars), a noté le fonctionnaire chinois.

En outre, la Chine a fait de grands efforts pour soutenir le processus d'intégration africaine, renforcer l'amitié entre les peuples, et promouvoir la paix et la stabilité en Afrique.

Troisièmement, le mécanisme du FCSA a été témoin d'une amélioration continue. Des nouvelles plates-formes de dialogue, comme le séminaire ministériel sur les questions de santé et le mécanisme de dialogue entre les ministres de l'Environnement, ont promu les relations sino-africaines d'une manière tous-azimuts, a-t-il dit.

Comme la Chine est engagée dans la transition économique et la mise à jour industrielle, qui exige plus d'investissement dans le marché d'outre-mer, et l'Afrique a un besoin urgent d'investissements étrangers pour son processus d'industrialisation, les deux parties font face à des opportunités historiques pour la coopération, a souligné M. Lin.