L'Afrique continue d'être le phare pour les investissements chinois à l'étranger, les entreprises s'étant engagées, de 2006 à juillet 2014, à des investissements cumulés de l'ordre de 150,4 milliards $ dans la région subsaharienne, malgré le ralentissement marginal de l'investissement réel dans la région, selon un nouveau rapport.
Le China Global Investment Tracker, publié par l'American Enterprise Institute et l'Heritage Foundation (tous deux de Washington), a indiqué que le canal d'investissement continue d'être robuste en Afrique, avec des investissements réels dans la région atteignant 19,49 milliards $ à la fin de l'année 2013, par rapport à 5,54 milliards $ en 2006, lorsque la Chine a commencé sa stratégie de « mondialisation ».
Le rapport constate également un terrain d'entente avec un récent livre blanc sur la coopération économique et commerciale de la Chine avec l'Afrique, publié par le gouvernement. Selon ce livre blanc, l'investissement de la Chine en Afrique a augmenté à un taux annuel de 20,5 % de 2009 à 2012. La plupart des investissements de la Chine en Afrique ont porté sur les secteurs des métaux et de l'énergie qui ont représenté plus de 80 % de l'investissement de la Chine dans la région, selon un rapport distinct publié par Mayer Brown, de Chicago (États-Unis), un prestataire mondial de services juridiques.
Les investissements réels en Afrique ont légèrement ralenti au cours des six premiers mois de l'année, alors que la Chine cherche à diversifier ses secteurs et zones géographiques d'investissement. Selon les données de l'AEI, les investissements de la Chine en Afrique n'ont été que de 1,9 milliard $ durant les six premiers mois de cette année. « La chute peut être expliquée en partie par une modération de l'appétit de la Chine pour les ressources, étant donné le ralentissement de la croissance économique, et également par l'accroissement de l'aversion au risque chez les compagnies nationales de ressources naturelles et d'énergie », a indiqué le rapport.
Ge Xiangyang, partenaire de Mayer Brown, a déclaré que cela n'avait pas fait cesser le tourbillon d'offres faites par des entreprises privées chinoises en Afrique. « Pour les entreprises privées, le moteur est sans aucun doute les meilleurs rendements que l'Afrique offre », a déclaré M. Ge.
Contrairement aux entreprises publiques, les entreprises privées ayant un œil sur l'Afrique sont également plus prudentes par rapport aux risques éventuels, a indiqué Wang Jiahua, vice-président directeur de l'Association d'exploitation minière de Chine. « Il est temps d'arrêter de payer “des frais de scolarité” pour les entreprises chinoises au cours de leur processus d'investissement à l'étranger », a-t-il dit.
Les mécanismes de diligence raisonnable permettront d'assurer le succès des offres de fusions et acquisitions chinoises dans le secteur minier africain. La société minière privée Huayou Cobalt Co Ltd du Zhejiang a d'abord décidé d'investir dans l'extraction, la transformation et l'affinage du cobalt et du cuivre en Afrique en 2006.
« Le succès de la société repose sur une idée précise du marché et sur les relations bilatérales amicales entre la Chine et l'Afrique », a déclaré M. Li.
Au cours de la visite du président Xi Jinping en Afrique en mars 2013, ce dernier a pris l'engagement d'accorder, dans la région d'ici à 2015, des prêts à des conditions de faveur pour une valeur de 20 milliards $, et de renforcer davantage les relations économiques de la Chine sur le continent.
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Propos recueillis par Valérie Marin La Meslée
On croyait Lieve Joris congolaise, tout en la sachant belge, et la voilà chinoise ! La petite-nièce de missionnaire s'en est allée voir de ses yeux ce Congo belge qui marqua son enfance. C'était en 1985, et "Mon Oncle du Congo" fait le récit de cette première rencontre avec l'Afrique, pour celle qui avait déjà porté ses pas en Syrie, en Egypte et qui écrira aussi sur le Mali. C'est bien pourtant en République démocratique du Congo où s'ancrent "Danse du léopard", "L'heure des rebelles" ou encore "Les hauts plateaux" que l'écrivaine voyageuse se sent chez elle. Et c'est à sa connaissance du pays qu'elle doit sa nouvelle destination, la Chine, et son nouveau livre "Sur les ailes du dragon" (Actes Sud), trois ans et demi de travail sur cette mondialisation à l'oeuvre entre l'Afrique et la Chine.
Quand on a lu le dernier chapitre de " Congo une histoire " de David Van Reybrouck, on connait le paradis commercial que représente la ville de Guangzhou pour les Congolais (notamment). Quand on a lu " Congo INC " de Jean Bofane, on sait un peu de la vie des Chinois laissés au bord de la route par leur patron, au centre de Kinshasa, via l'imagination du romancier... Lieve Joris, elle, reste fidèle au genre du "récit" pour observer à la loupe les mécanismes de cette économie en ébullition, sans jamais perdre l'humanité de son regard. Qu'il se porte sur un commerçant malien, un artiste chinois, un prof d'université, tous deux épris d'Afrique.. La voyageuse fait à travers eux la relation sensible d'un périple constamment surprenant commencé à Dubaï, qui l'entraine notamment à Pékin, Guangzhou bien sûr, Jinhua, Shangaï, détour par l'Afrique du Sud et retour au Congo... Explications.
Le Point Afrique : Quelle mouche vous a piquée de quitter "votre" Congo pour vous aventurer en Chine ?
Lieve Joris : J'étais un peu au bout du rouleau avec le Congo. Là-bas, on se sent toujours coincé avec l'aide au développement, l' histoire de la main qui donne, toujours plus haute que la main qui reçoit . Nos ONG là-bas, refont notre petit monde, on arrive arbitrairement, on part arbitrairement. Au bout d'un certain temps je me demandais : mais comment faut-il donc être dans ces pays là ? Je voyais mes amis Indiens à Kisangani, cette ville de RDC où j'ai vécu pendant 11 mois à la fin des années 2000, parler tout autrement des Congolais que nous les Européens : "Ils ne sont pas pauvres, me disaient-ils, ils partent en brousse chercher des diamants et de l'or. Mais leurs routes sont mauvaises et leurs motos pourries donc on va leur fournir de meilleures motos, et ouvrir des magasins avec des pièces de rechange". Et qui pouvait mieux vendre ces services aux Congolais que des Congolais ? Mes amis ont donc employé un agent congolais, l'ont amené à Dubaï, lui ont offert un contrat. Ils étaient dans une autre dynamique, très intéressante pour moi, parce qu'elle fait appel à des gens que dès le départ j'avais senti au Congo comme très industrieux, innovants, pleins d'énergie."
Ce lien Afrique-Chine a-t-il vraiment transformé le vieux rapport ex colon et ex-colonisé qui vous pesait ?
Oh Oui ! Car les ONG ne font pas appel à l'énergie de l'Africain mais à son misérabilisme. Alors il tourne sa tête vers l'organisme comme le tournesol vers le soleil et se détourne de son destin en pensant que le bien vient de là, au lieu de se dire : "le bien vient de moi". Or du jour au lendemain, l'Occident peut couper les budgets et les gens sont à la rue sans avoir rien construit. Mon projet est né du désir d' interroger le rapport entre l'Afrique et la Chine, un rapport qui n'a pas de passé colonial, et pendant tout le temps du livre, j'ai connu cette grâce de ne jamais rencontrer quelqu'un dans la dépendance. Les Africains forgent leur propre destin comme le font les Chinois, ils se débrouillent et se reconnaissent en cela. Ce sont ces voix que je cherchais, qui parlent sans nous et me sortent du discours paternaliste. I
Votre livre suit des personnages, d'Africains en Chine et inversement, comment choisissez-vous vos guides ?
Je n'aurais jamais osé entrer seule en Chine, sans connaître la langue, j'étais trop intimidée. J'y suis entrée par les Africains. En réalité, au tout départ, j'espérais pouvoir suivre mes Indiens de Dubaï rencontrés au Congo et voyager sur leurs ailes en Chine, mais ils ne m'ont pas laissés entrer dans leur vie... Alors de Dubai je suis partie pour Pékin où j'ai rencontré des intellectuels qui tenaient un discours très éclairant, tout le contraire de ce que l'on entend chez nous du style "la Chine est en train de coloniser l'Afrique".
Qu'avez-vous découvert de cette relation qui ne serait donc pas la Chine Afrique que l'on dit ?
Les Africains, sur place, parlaient d'une Chine qui a démocratisé l'industrialisation chez eux, grâce aux Chinois, tout le monde peut avoir un petit arbre de Noël me disaient-ils ! Dans le Katanga il y a de grands entrepreneurs qui font faire des usines en Chine, et les font transporter jusqu'au Congo, par exemple pour fabriquer des sacs pour leur minerais. Il vont chercher la meilleure usine chinoise pour cela. Aujourd'hui, un africain négocie vec un ministre belge en lui expliquant que Taiwan ou la Chine propose mieux... Les Angolais font construire des routes par les Chinois mais font contrôler les chantiers par les Allemands donc on n'est pas du tout dans cette colonisation chinoise dont l'Afrique serait victime.
A Guangzhou, ce centre d'affaires surnommé "chocolate city", vous rencontrez Cheikhna le malien, et le retrouvez au Congo, comme s'il disait à lui seul cette mondialisation que vous décrivez.
A partir du moment où j'ai des gens auxquels m'attacher, qui vont porter l'histoire, des portes s'ouvrent à moi. Ce fut le cas avec Cheikhna, à Guangzhou, puis à Brazza, dans le quartier de Poto Poto, voici un Malien qui ouvre son magasin au Congo puis se rend trois fois par an en Chine, d'où il rapporte les vêtements. Personne ne lui a rien demandé, il s'est fait seul, il connait tout sur les marchandises, et du jour où cela s'arrête, peut retourner au Mali vendre des chaussures ! Evidemment, parmi mes guides, il est le commerçant d'abord, et veut toujours faire affaire, donc dès qu'il me voit, me reparle, puisque j'habite Amsterdam de monter un petit négoce, entre nous, de "'lait en poudre" ...
Les rapports que vous décrivez entre Africains et Chinois ne sont pas exempts de préjugés
Bien sûr, le racisme et la bêtise se retrouvent partout. Mais ils se plaignent d'un côté comme de l'autre que les Européens dans leurs films, reportages etc montrent une mauvaise image de la Chine (le "china bashing") et de l'Afrique ! Eux ne font pas d'images sur eux-mêmes, ils achètent ou piratent nos films et voient donc à travers nos regards. Mais ça change : les Chinois ont mis en place sur le continent une chaine chinoise en français qui essaie de devenir une sorte de réplique RFI Radio France internationale, en Afrique.
Vous avez passé beaucoup du temps auprès d'Africains de tous milieux en Chine, comment vous êtes vous sentie dans ce grand pays, si loin de vos attaches ?
J'ai reconnu en Chine, dans les traditions du village, des choses que j'avais vécues en Afrique, comme le culte des ancêtres. Je me suis installée huit mois dans la maison de Shudi pour écrire le livre, participant à la vie quotidienne, découvrant qu'il n'y avait pas d'eau chaude en hiver, (ce qui fait dire parfois à des Africains que les Chinois sont "plus en retard" qu'eux). Je me suis retrouvée au milieu de Chinois qui travaillaient à l'ouverture d' un musée africain, entre passionnés du continent. lls ne sont pas représentatifs, bien sûr, de la majorité de la population qui éprouve toujours le besoin de parler de Mao comme d'un rite dans l'échange. Elle a encore pieds dans la boue et n'est pas prête à partir, à se dépayser. Mais les chercheurs chinois qui vont en Afrique regardent ce continent avec leur sagesse millénaire, ils vont en Ethiopie non pour les matières premières mais pour partager leur savoir sur la lutte contre la faim, ils sont très forts les Chinois dans ce domaine, et même si l'Ethiopie peut à terme devenir pour eux un marché, ils ne s'y rendent pas avec des raisons seulement stratégiques. J'ai surtout appris qu'on ne sait rien si l'on ne s'arrête pas longtemps, si l'on ne ralentit pas. Et je suis loin de tout savoir, j'ai seulement donné un aperçu d'une situation en plein mouvement, en train de se faire sous nos yeux, et qu'on ne peut pas fixer.
Et votre livre, bien sûr, s'achève au Congo...
Oui, je rentre chez moi, je retrouve la chaleur, mais plus jamais je ne pourrai entendre à propos des Chinois en Afrique ce qui se dit si souvent " ce sens là ne s'intéressent pas aux Africains, ils ne sont pas chaleureux". Je me demanderai plutôt quelle famille il a quitté pour venir jusque-là, dans quelle langue il communique, où vont ses enfants à l'école...Les échanges se font aussi sur d'autres plans. Quand les Africains viennent en Chine ils s"étonnent de voir les gens passer leur vie à travailler ! Et je me souviens d'un chinois remué au plus profond par le propos d'un africain lui faisant remarquer qu'il ne se détendait jamais . Une fois en Afrique, il découvre qu'on peut vivre autrement, et jouir de la vie, aussi.
"Sur les ailes du dragon", de Lieve Joris, traduit du néerlandais par Arlette Ounanian, édition Actes Sud, 391 pages.
BISSAU, 6 novembre (Xinhua) -- L'ancien ambassadeur bissau- guinéen en Chine entre 1999 et 2007, Nicolau dos Santos, a estimé dans une interview à Xinhua que la Chine "est irremplaçable" dans le processus de développement de la Guinée-Bissau.
M.Santos, également député du Parti de la rénovation sociale, ( PRS, deuxième force politique du pays), et membre fondateur de l' Association d'Amitié Guinée-Bissau/Chine, a affirmé que le partenariat entre la Chine et la Guinée-Bissau est "stratégique et indispensable".
"La Chine est l'un des principaux partenaires stratégiques de développement de la Guinée-Bissau, compte tenu du niveau de ses investissements dans le pays", a-t-il fait valoir.
Nicolau dos Santos a révélé que l'Association d'amitié Guinée- Bissau/Chine "travaillera pour créer un centre de langue à Bissau pour l'apprentissage de la langue chinoise dans le pays".
"La langue chinoise est maintenant la langue des affaires et elle est parlée dans le monde", a-t-il souligné.
Pour l'ancien ambassadeur, la Guinée-Bissau devrait profiter du potentiel économique que la Chine offre, notamment dans le cadre du Forum de Macao et de la Communauté des Pays de Langue portugaise (CPLP).
Selon lui, l'association travaillera à approfondir les relations commerciales entre les deux pays, y compris entre les opérateurs économiques.
"La Chine est ouverte, si on a besoin de renforcer la coopération" économique et culturelle, a-t-il soutenu, ajoutant que la nouvelle Association d'Amitié Guinée-Bissau/Chine peut y aider.
Cette association regroupe diverses personnalités dont notamment l'actuel ministre de la Défense, Cadi Seide, l'ancien ministre des Affaires étrangères, Fernando Delfim da Silva et l' ancien ministre de l'Éducation et des Sports, Artur Silva.
Vendredi, les représentants de 20 pays se sont retrouvés, à Pékin, pour signer l'acte de naissance d'une institution baptisée « Banque asiatique d'investissement dans les infrastructures ». - Photo Xinhua/AFP
Une banque asiatique d’investissement dans les infrastructures a été lancée à Pékin. Un projet concurrent de la Banque asiatique de développement.
La Chine veut tourner la page de la domination occidentale sur la finance multilatérale. Vendredi, les représentants de 20 pays se sont retrouvés, à Pékin, pour signer l’acte de naissance d’une institution baptisée « Banque asiatique d’investissement dans les infrastructures ». Dernière-née des institutions multilatérales, cette AIIB va concurrencer la Banque mondiale, et plus encore la Banque asiatique de développement.
Selon les médias chinois, son capital de départ pourrait tourner autour de 50 milliards de dollars. Dont la moitié environ émanerait de la Chine. On compte notamment parmi les signataires l’Inde, Singapour, le Kazakhstan, le Vietnam ou le Qatar. La plupart des émergents de la région sont donc partie prenante. Les 21 pays se sont fixé pour objectif d’avoir finalisé les détails de fonctionnement de la banque d’ici à la fin 2015. Cette initiative rappelle celle prise, en juillet dernier, par les grands pays émergents de la planète baptisés BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud). Ils avaient également créé leur propre banque multilatérale, ainsi qu’un fonds de réserve, là encore dans le but avéré d’offrir une alternative à la Banque mondiale et au Fonds monétaire international.
Rivalité stratégique
De quoi irriter les pays développés. D’ailleurs, la Corée du Sud est délibérément restée en retrait du projet. De même que l’Australie. Il faut dire que Washington a lui-même milité pour la retenue vis-à-vis de cette banque. Derrière l’évidente rivalité stratégique avec la Chine, ce sont aussi les interrogations sur les modes de gouvernance de la deuxième économie mondiale qui pointent. En tant que bailleur de fonds, celle-ci s’est toujours illustrée par son principe de non-ingérence dans les affaires politiques intérieures. Principe vivement critiqué par les Occidentaux, puisque Pékin n’hésite pas à apporter son aide à des régimes non démocratiques, et alimente les mécanismes de corruption en place dans certains pays.
Jen Psaki, la porte-parole du département d’Etat américain, a donc déclaré publiquement avoir « des inquiétudes sur la nature ambiguë du projet de l’AIIB dans sa forme actuelle ». Washington, a-t-elle précisé, l’a « fait savoir publiquement ». Le Japonais qui dirige la Banque asiatique de développement, Takehiko Nakao, a tenu un discours comparable, évoquant une « idée compréhensible », tout en insistant sur la nécessité pour l’AIIB d’adhérer à des standards internationaux.
Conscient du déficit d’image dont pâtit la Chine, et bien décidé à ne pas laisser s’installer l’image d’une banque aux pratiques douteuses, le président chinois, Xi Jinping, a donc promis, juste après la signature du protocole d’accord vendredi, que les opérations de l’AIIB « devront suivre des règles et procédures multilatérales » et a promis d’étudier les « bonnes pratiques » des institutions existantes. Le multilatéralisme fait beaucoup moins peur à Pékin quand il est certain d’en être le pilier central.
En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/journal20141027/lec1_monde/0203887405525-la-chine-decidee-a-saper-le-monopole-des-institutions-financieres-multilaterales-1057685.php?wYF06lmc2cDrJ4Xr.99
Une société pharmaceutique chinoise a envoyé un médicament expérimental en Afrique, destiné aux employés humanitaires chinois, et prévoit de procéder à des essais cliniques là-bas, pour combattre l'épidémie de fièvre hémorragique Ebola, ont déclaré aujourd'hui des cadres de cette entreprise.
Le groupe Sihuan Pharmaceutical Holdings, qui est lié à l'armée chinoise et appartient pour partie à la banque d'investissement américaine Morgan Stanley, a expédié plusieurs milliers de doses du médicament JK-05 en Afrique de l'Ouest, et d'autres pourront être envoyées en cas de besoin, a déclaré un cadre de l'entreprise, Jia Zhongxin.
"Les coopérants humanitaires ont déjà le médicament avec eux, et si un cas se déclare (parmi eux), ils pourront le prendre", a dit Huo Caixia, directeur général adjoint de Sihuan. Si au fil des essais cliniques le médicament JK-05 s'avérait efficace, ce serait une victoire de taille pour le secteur médical chinois et un bon point pour le "soft power" chinois en Afrique, partenaire commercial de plus en plus important de Pékin.
Pour l'instant, le JK-05 n'a pas été testé sur des hommes, mais Sihuan assure qu'il s'est montré efficace lors d'expériences sur des souris.
La Chine dotera le Mali du laboratoire d’analyse minière le plus moderne d’Afrique de l’Ouest
«Notre laboratoire deviendrait une référence avec l’appui de nos partenaires chinois» ( Directeur national adjoint de la Géologie et des Mines du Mali).
Le Mali se dotera prochainement d’un laboratoire d’analyse minière ultramoderne, selon un communiqué du département malien des Mines rendu public, mardi.
La nouvelle a été dévoilée suite à la réception par le ministre des Mines, Dr Boubou Cissé, d’une délégation d’investisseurs chinois.
«Les partenaires chinois ont discuté lundi des modalités du partenariat et surtout de la mise en œuvre du mémorandum d’entente signé le 15 septembre 2014 avec les autorités maliennes, lors du Forum économique tenu en Chine » portant, entre autres, sur la réhabilitation du laboratoire du développement des ressources minérales (PRDM), informe le texte.
A l’issue de la rencontre, l’assistant chinois du président Directeur général du groupe CGCOC (Overseas Construction Group) a promis de faire du PDRM, le laboratoire «le plus moderne de l’Afrique de l’ouest».
«La réhabilitation de notre laboratoire peut aujourd’hui devenir une référence avec l’appui de nos partenaires chinois », a déclaré pour sa part à la presse, le Directeur national adjoint de la Géologie et des Mines du Mali, Seydou Kéita. Aucune date précise concernant cette réhabilitation n’a toutefois été fixée.
Les experts chinois, en visite de courtoisie d’une semaine au Mali depuis lundi, auront un agenda assez chargé pendant leur séjour avec, notamment, plusieurs visites dans des sites miniers et des entretiens avec des techniciens maliens, selon des sources officielles.
Ce séjour intervient un mois après la visite du président malien Ibrahim Boubacar Kéita en Chine, où il avait été l’invité du Forum économique mondial tenu du 10 au 12 septembre 2014 à Tianjin.
Pour la circonstance, Keita était accompagné par certains membres du gouvernement dont le ministre des Mines, Dr Boubou Cissé qui effectuera, jeudi, une autre visite de travail en Chine à la tête d’une forte délégation.
Depuis quelques mois, les nouvelles autorités maliennes oeuvrent à la diversification et à l’accroissement de la production minière pour un développement durable.
Auteur de nombreux récits de voyage, Lieve Joris s’attaque dans son dernier livre aux relations entre la Chine et l’Afrique.
L’ancienne journaliste belge nous entraine dans son long périple, de Dubaï à Pékin, Canton, Shangaï, Kinshasa et Johannesburg... Où elle découvre une histoire en train de s’écrire et nous fait partager sa curiosité des regards croisés entre la Chine et l’Afrique.
Ce livre tombe à point nommé. Le Mali est en train de négocier un accord historique avec la Chine : un prêt de 11 milliards de dollars sur vingt ans pour désensabler le fleuve Niger, construire des routes, des ponts, une voie ferrée Bamako-Conakry... Le tout en échange de l’exploitation conjointe d’une mine de fer à Kita et d’un vaste plan d’exploration du sous-sol malien, qui contient de l’or, mais aussi de l’uranium et du pétrole. Côté malien, les hommes de la présidence sont enthousiastes, et parlent d’une relation gagnant-gagnant. « Sans aucun état d’âme, même si les Français risquent de se sentir doublés »…
Des rapports pas seulement mercantiles
Ce sont les visages de cette « Chinafrique » que Lieve Joris scrute dans son dernier livre intitulé Sur les ailes du dragon. Un récit de voyage tiré d’un long périple de dix-huit mois, réalisé par étapes entre 2009 et 2011, avec des allers-retours entre la Chine et l’Afrique. L’auteur est partie regarder toutes les facettes de cette relation complexe, qui n’est pas seulement mercantile. Dès ses premiers pas à Chocolate City, le quartier africain de Canton, elle fait ainsi la connaissance de Cheikhna, un commerçant malien qui sonde l’histoire.
Extrait : « Deux garçonnets au crâne rasé avec une tresse au bas de la nuque tirent Cheikhna par la manche et ne le lâchent plus. Il s’en débarrasse d’un geste irrité. « Ici, ils ne savent pas mendier. Je suis musulman, je donne de l’argent aux pauvres, mais pas si on me force. » Autrefois, tous les Chinois étaient pauvres, dit-il, ils n’avaient rien à manger, ils se mangeaient entre eux tellement ils avaient faim. « Tu sais que notre président, Modibo Keïta, est venu en Chine en 1964 et qu’il a apporté de l’or et du poisson pour Mao ? Mao a mis le poisson dans un étang, c’est pour ça qu’on peut manger du poisson partout ici. Et des mangues – t’as vu les mangues au marché ? Elles viennent du Mali. Sauf qu’ici, elles sont plus petites ». Des Chinois qui se mangent entre eux – je me demande s’ils apprécieraient d’entendre ça de la bouche d’un étranger. Je comprends tout à coup pourquoi Cheikhna se promène avec autant d’assurance : il est persuadé que le socialiste Modibo, qui était très prochinois, a contribué au succès économique de ce pays. »
Sur les ailes du dragon, de Lieve Joris, paru aux Editions Actes Sud.DR
« L’Afrique vue à travers un objectif chinois »
De même, Lieve Joris explore les regards chinois sur l’Afrique, préjugés inclus. « A Beijing, les Chinois se sont habitués à voir des Africains, mais quand Jacques (un Congolais, ndlr) voyage à l’intérieur du pays et qu’ils voient sa silhouette élégante et élancée, ils le prennent pour un Noir d’Amérique. Selon eux, les Africains sont pauvres, petits et sales ». Au fil des pages, à travers un tourbillon d’anecdotes, on découvre que les Chinois considèrent aussi l’Afrique comme un continent jeune, fraîchement indépendant, qui paraît encore vierge car relativement peu peuplé et très peu industrialisé…
L’auteur interroge Zeng Qiang, l’un de ces nombreux experts chinois qui connaissent bien l’Afrique, membre d’un think-tank du ministère de la Défense : « Les Chinois ont du mal à négocier avec les Africains, dit-il, car on se retrouve souvent en face de gens qui se battent entre eux comme des chiens et il est impossible de savoir qui est le chef de file. Le temps de le comprendre et il est remplacé par un autre. « Les Chinois sont des sédentaires, ce sont des éponges : ils absorbent, ils collectent. (…) Les Africains sont plutôt des nomades : ils vont leur chemin et n’emportent rien avec eux. »
Les responsables politiques chinois ont un goût particulier pour des pays qui leur ressemblent, explique Lieve Joris en parlant à RFI de son livre. L’Ethiopie par exemple, « en tant que pays pauvre ayant une grande histoire et une culture très ancienne ». Ou encore l’Angola, le Zimbabwe ou le Rwanda, « des pays ayant des régimes forts et paraissant déterminés à prendre leur destin en main ». En revanche, « les Chinois ont du mal à comprendre que le Nigeria, un pays qui regorge de pétrole, puisse être aussi mal géré et connaître des pannes d’électricité, très loin du modèle d’Etat archi-organisé qui est le leur ».
Changements à l’œuvre
Lieve Joris s’est appliquée à observer les changements à l’œuvre chez les Africains de Chine et les Chinois d’Afrique. Elle croise ainsi un Malien à Shanghaï qui rêve d’industrialiser son pays, en commençant par faire de la farine de pois chiche… Et rencontre dans une université de Jinhua cette étudiante chinoise qui revient éblouie d’un voyage en Zambie.
« Elle a visité la fameuse « ceinture du cuivre » et s’est étonnée de constater que toutes les mines étaient aux mains de sociétés étrangères : pas une seule n’est zambienne. « J’espère qu’on ne va pas y implanter davantage d’industries car je n’ai jamais vu de ciel aussi bleu ni de nuages aussi blancs qu’en Zambie ». (…) Ses yeux brillent à nouveau. Elle a mûri, elle n’est plus l’adolescente que j’ai rencontrée la fois précédente. Sa nostalgie me rappelle la douleur lancinante que j’ai ressentie en rentrant de mon premier voyage au Congo. Comme si j’avais quitté un film en couleurs pour un film en noir et blanc. »
Au final, Lieve Joris ne porte aucun jugement et se garde bien de toute analyse définitive. Elle se contente d’observer. Et se reconnaît dans toutes ces trajectoires de « gens qui changent, à force de voyager ».
Sur les ailes du dragon, par Lieve Joris. Editions Actes Sud. 2014.
Un immeuble de Hong Kong (Photo Philippe Lopez. AFP)
Le FMI, déconnecté des réalités? Réunie en assemblée générale à Washington, l’institution financière peine encore à accorder à la Chine un poids reflétant son boom économique, qui vient pourtant de franchir un cap symbolique.
Dès cette année, Pékin devrait détrôner les Etats-Unis de leur rang de première puissance économique mondiale, selon des données alternatives publiées sans tambours ni trompettes par le Fonds monétaire international cette semaine.
Plus précisément, le produit intérieur brut chinois devrait atteindre 17.632 milliards de dollars et dépasser pour la première fois celui des Américains (17.416 milliards), selon une mesure de la richesse nationale dite de parité de pouvoir d’achat (PPA).
Si l’on s’en tient à la mesure plus traditionnelle, dite en prix courants, les Etats-Unis continuent de mener la danse mais la montée en puissance chinoise ne fait plus débat et devrait se poursuivre à un rythme sans équivalent dans le monde industrialisé (7,4% de croissance attendus en 2014).
- Légitimité en cause -
Le FMI semble pourtant avoir du mal à s’adapter à cette réalité, au risque d’affaiblir une institution qui n’a été dirigée que par des Européens depuis sa création il y a 70 ans.
«Le risque pour le FMI est qu’il devienne de moins en moins pertinent et de plus en plus illégitime», affirme à l’AFP Paulo Nogueira Batista, qui représente le Brésil et dix autres pays au sein du Fonds mais s’exprime à titre personnel.
A l’heure actuelle, la Chine dispose de moins de 4% des droits de vote au sein de l’instance de direction du FMI, à peine plus que l’Italie dont l’économie est pourtant cinq fois plus petite.
En comparaison, les Etats-Unis bénéficient de 16,7% des droits de vote, ce qui leur confèrent un droit de veto unique au sein de l’institution.
«La montée en puissance de la Chine et de l’Inde n’ont pas rendu les droits de vote alloués par le FMI inéquitables ou illégitimes mais tout simplement ridicules», dénonce à l’AFP Peter Doyle, un ancien cadre du Fonds qui avait claqué la porte de l’institution en 2012.
Cette sous-représentation ne se limite pas à la Chine et menace l’efficacité même du FMI, a mis en garde jeudi le gouverneur de la Banque centrale mexicaine Augustin Cartens.
«C’est une question importante parce que le FMI fournit des conseils politiques qui ne seront suivis que s’ils émanent d’une institution légitime», a-t-il déclaré jeudi lors d’une table ronde à Washington.
En 2010, le FMI a bien adopté une réforme rééquilibrant légèrement sa gouvernance mais son entrée en vigueur est suspendue depuis deux ans à une ratification parlementaire aux Etats-Unis.
La patronne du FMI, Christine Lagarde, s’est dite prête jeudi à exécuter une «danse de ventre» pour convaincre les élus américains mais elle ne peut pour l’heure que constater les dégâts.
«C’était attendu pour 2012. Le délai est amplement dépassé en 2014», a-t-elle déclaré, tout en assurant que son institution avait tenté de s’amender en interne.
«Ceux qui sont sous-représentés en termes de quotes-parts (contributions conditionnant les droits de votes, ndlr) ne sont pas nécessairement sous-représentés dans l’équipe de direction ou le personnel», a-t-elle insisté, faisant valoir qu’un des ses adjoints, Min Zhu, était chinois.
- 'Avancée modeste' -
Malgré ces changements et quelle que soit l’issue de la réforme de 2010, le Fonds devra aller plus loin et s’ouvrir davantage aux pays émergents, affirme à l’AFP Eswar Prasad, un ancien cadre de l’institution.
Cette réforme ne «représente qu’une avancée modeste des structures de gouvernance du FMI vers un reflet plus fidèle des réalités économiques,» affirme-t-il.
Et, selon M. Nogueira Batista, les résistances au changement restent fortes dans l’institution, notamment chez les Européens qui s’abritent derrière le blocage américain pour «reporter» tout changement.
Lassés d’attendre, les grands pays émergents des Brics (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) sont passés à l’action en juillet en créant leur propre fonds monétaire dans l’espoir de bousculer les institutions de Bretton Woods
Nicolas Germain reçoit Howard French, professeur à la Columbia Journalism School de New York et auteur de “China’s Second Continent”. Dans cet ouvrage, Howard French explique comment les immigrés chinois en Afrique sont en train de construire ce qu’il appelle un « nouvel empire » sur le continent noir