La visite présidentielle de Xi Jinping en Afrique en mars dernier a mis à l'honneur l'amitié sino-africaine. Mais malgré ces liens au niveau étatique, le peuple chinois a encore beaucoup à apprendre de la culture de l'Afrique, cette contrée si lointaine et insaisissable.
Presque tous les Chinois considèrent les Africains comme de vieux amis et de proches frères. Mais les Chinois connaissent-ils vraiment l'Afrique ? « Non », répond Li Anshan, professeur de l'Institut des relations internationales de l'université de Beijing et président de la Société chinoise d'études de l'histoire africaine. « Nous ne la connaissons pas bien – ce ‘nous' inclut bon nombre de chercheurs – et entretenons des préjugés à son égard. En ce qui me concerne, je possède également un savoir limité sur ce continent. Mais je sais pertinemment que nous avons beaucoup à apprendre des Africains dans une multitude de domaines. »
Le rêve africain : rechercher la voie de la modernisation, rédigé par M. Li avec l'aide d'un certain nombre d'universitaires, a été récemment publié par la maison d'édition du Peuple du Jiangsu. Cet ouvrage de 700 000 mots présente le processus de modernisation des pays subsahariens et leurs réalités, répondant aux attentes des lecteurs chinois désireux de connaître l'Afrique.
L'Afrique est digne d'être étudiée par la Chine
Parmi la cinquantaine de nations que compte le continent, les rédacteurs de ce livre ont choisi de se concentrer sur certains pays d'Afrique subsaharienne, tels que l'Éthiopie, la Tanzanie, la Zambie, le Nigeria, le Ghana, l'Afrique du Sud, l'Angola, ainsi que ceux d'Afrique francophone.
« Depuis la création du Forum de coopération Chine-Afrique en 2006, la compréhension mutuelle sino-africaine s'est intensifiée, mais l'accent reste mis sur
1. Quelle histoire pour la Chine en Afrique ? - RFI
Tidiane N'diaye, anthropologue, économiste et écrivain franco-sénégalais tentera de répondre à la question : " Quelle histoire pour la Chine en Afrique ?"
«Les Chinois n'ont pas inventé les échecs. Mais depuis quatre mille ans, ils disposent, avec leur jeu de go, d'un redoutable exercice de stratégie aux règles très subtiles. Les joueurs placent leurs pions noirs et blancs sur un damier de 361 intersections. Le principe consiste à conquérir ou à contrôler le maximum de territoires. C'est à cela que jouent les Chinois en Afrique contre les anciennes tutelles coloniales. Autrement dit, l'empire du Milieu y applique une stratégie précise et calculée au détail près, pour bouter l'adversaire occidental hors de l'espace africain. C'est presque réussi, l'épopée africaine de Pékin ressemble à une conquête triomphale.»
Nous recevons Tidiane N'Diaye, anthropologue franco-sénégalais et auteur du livre Le jaune et le noir (Continents Noirs- Gallimard)
Le président chinois Xi Jinping a annoncé que les discussions avec son homologue américain Barack Obama lors de leur prochaine rencontre porteraient sur les
Dans le "Jaune et le noir. Enquête historique", l'anthropologue et économiste franco-sénégalaise, Tidiane N'Diaye, raconte l'"épopée triomphale" de la Chine sur le continent africain. | dr
Beaucoup a été écrit sur la Chine-Afrique. Mais rarement une démonstration a été plus implacable que celle effectuée par Tidiane N'Diaye, qui raconte l'"épopée triomphale" de la Chine dans le continent noir et qui se lit comme un roman. Il y a deux livres dans l'essai de cet anthropologue et économiste franco-sénégalais.
Le premier relate les relations anciennes entre l'empire du Milieu et l'Afrique, depuis l'époque de la dynastie Han, d'avant notre ère, et les missions d'exploration chinoises au XVe siècle. Il s'en est fallu de peu, rappelle l'auteur, que l'Afrique ne devienne chinoise.
Le second est une analyse décapante, sinon accablante, de la stratégie actuelle de "prédation ", de "dévastation et de pillage" de Pékin, qui s'apparente, selon l'auteur, au jeu de go...
Ils entrent avec des visas de touristes dans les pays africains pour piller clandestinement leurs richesses.
Avec plus de 1,2 milliards d’habitants, la Chine est lancée à la recherche des espaces économiques vitaux pour ses populations. Elle doit sa croissance économique galopante aux ressources minières des pays africains qu’elle entourloupe avec des investissements qui ne valent pas le quart de ce que lui rapporte sa croisade minière.
Comme on le dit chez les Bantous, “les chinois préparent l’éléphant africain avec ses eaux”. Elle passe des accords secrets avec les gouvernants sans tenir compte ni du sort des populations locales dans l’étau de la misère, et encore moins des exigences autour du respect des libertés et de la démocratie dont les occidentaux sont regardant.
L’invasion chinoise en Afrique n’est pas comme le disent certains griots qui profitent de leurs miettes, du pain béni. Non seulement elle est suffocante, parce qu’elle étouffe les opérateurs économiques locaux soumis à une concurrence déloyale, mais elle cache un gangstérisme minier des bandes organisées de truands arborant les tuniques d’investisseurs. Banditisme
110 Chinois pris en flagrant délit d’exploitation clandestine d’or, viennent d’être chassés du Ghana par le Gouvernement de ce pays qui a eu le courage de prendre une décision qui fait peur à d’autres dans le continent. En Zambie, le défunt Président Mikael Sata préconisait tout simplement l’expulsion collective de tous les Chinois du pays pendant qu’il était opposant. Est-ce par ce qu’il voulait renégocier des accords antérieurs qui lui semblaient préjudiciables à son pays qu’il a brutalement disparu de la scène? En tout cas en Zambie, le débat autour de la présence chinoise, de ses activités et de la mort du Président Sata alimentent encore des polémiques.
Les Chinois se comportent en véritables explorateurs qui arrivent dans le continent les sacs vides, et en repartent archi pleins. Ils se livrent à l’exploitation du sous-sol quand ils sont chargés d’un projet structurant, en évitant d’être assistés par des techniciens locaux, importent la main-d’œuvre de leur pays pour verrouiller les contours de leurs activités, logent dans des containers aux alentours des chantiers pour ne pas laisser un seul centime de FCFA dans les hôtels et organisent des voyages nocturnes pour rapatrier les richesses volées. Le Cas du Cameroun
Personne ne sait ce que les Chinois ont retiré d’un profond trou qui reste ouvert au-dessus du Mont Ngaoundal. Les eaux camerounaises sont livrées à leur pêche clandestine, leurs architectes se font accompagner par des spécialistes de l’exploitation minière quand il faut poursuivre les activités tentaculaires en profitant du laxisme parfois complice des autorités. A long terme, les Africains comprendront que les Chinois sont plus dangereux que les Occidentaux. (Cameroun-Info.Net 22/04/2013)
La coopération sino-africaine contribue à la croissance en Afrique - Afriquinfos
La coopération économique entre la Chine et l'Afrique a contribué à plus de 20% de la croissance des pays africains au cours des treize dernières années, a annoncé vendredi la porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères Hua Chunying.
"L'économie africaine a connu en ce début de siècle une progression annuelle de 5%, grâce à l'aide et aux investissements de la Chine", a indiqué Mme Hua lors d'une conférence de presse quotidienne.
Selon des médias, le Premier-ministre du Zimbabwe Arthur Mutambara a déclaré que l'Afrique devait abandonner sa "vision romantique" de la Chine, alors que le pays asiatique est passé du statut de "camarade pauvre" à celui de grande puissance économique mondiale.
Mme Hua a noté que la coopération Chine-Afrique était fondée sur un point de vue réaliste.
La demande chinoise a permis à l'Afrique de surmonter la crise financière internationale plus vite que d'autres régions, a-t-elle ajouté.
La coopération entre la Chine et l'Afrique est réciproque et est basée sur l'égalité et le respect mutuel, selon la porte-parole.
Les investissements directs à l'étranger de la Chine en Afrique ont atteint près de 20 milliards de dollars fin 2012, soit trois milliards de plus qu'en 2011, selon le ministère du Commerce
Paris- L’intervention de la France au Mali, en janvier 2013, relève d’une stratégie de défense du pré carré africain, face à la politique de grignotage menée tant par la Chine que par le wahhabisme via les finances islamiques (Qatar et Arabie Saoudite).
Première opération militaire en solitaire sur un théâtre extérieur depuis la fin de la Guerre d’Algérie, en 1962, la France, via Serval, y joue son rang de puissance.
Une cible idéale en ce que Le Mali constitue le plus grand pays musulman d’Afrique occidentale, où la finance islamique y prospère, alors que les Maliens depuis une décennie se détournaient progressivement de la France vers les pétromonarchies et que la Chine jouit d’un prestige certain du fait de sa restauration du centre de documentation islamique de Tombouctou.
Il en avait été de même avec la mise en place de l’Eufor (1), le corps expéditionnaire européen chargé de s’interposer entre les belligérants aux confins soudano-tchadiens qui répondait autant à des considérations humanitaires qu’au souci des Occidentaux de créer un glacis stratégique au centre de l’Afrique, à proximité de la plateforme opérationnelle de la Chine dans la zone. Un cordon sanitaire identique à celui que les pays occidentaux veulent établir autour de l’Iran, l’autre grand fournisseur d’énergie de la Chine.
Dans ce contexte, le redéploiement militaire français en Afrique a constitué une opération à double détente visant à associer des pays tiers (Afrique, Europe, ONU) aux opérations militaires françaises en Afrique dans le but de partager les coûts et de diluer les responsabilités, tout en conservant la maîtrise des opérations.
Un chef d’œuvre de ravalement cosmétique d’un repositionnement militaire identique au dispositif américain dans le Golfe (Arabie saoudite, Bahreïn, Qatar, Koweït et Irak), face à l’Iran.
Lointaines réminiscences de ses déboires coloniaux, l’activisme de la France au Soudan, puis en Libye, en Syrie et au Mali, vise à sécuriser son ravitaillement énergétique, ses exportations militaires et ses centrales nucléaires. D’une manière sous-jacente, répondre à son souci de purger son «complexe de Fachoda» (2), le désastre militaire et diplomatique français subi dans ce pays contre les Anglais au XIX me siècle durant la phase de conquête coloniale écartant durablement la France des eaux du Nil.
Le Mali, la porte d’entrée d’Israël en Afrique, via la France?
Dans un mouvement de fuite en avant destiné à occulter les responsabilités de la classe politico-militaire malienne dans le désastre national qui frappe le Mali depuis un an, l’intention est prêtée à l’équipe dirigeante transitoire du Mali de mettre à profit l’expédition militaire française pour faire du Mali, la porte d’entrée d’Israël en Afrique.
Un coup de bluff? Un chantage? Une volonté réelle d’amorcer une nouvelle politique en contradiction avec la ligne traditionnelle du Mali, premier pays africain à avoir dépêché dès son indépendance, en 1960, un contingent en Algérie pour sceller dans l’ordre symbolique la fraternité d’armes des peuples opprimés?
Sur les conseils de la France, qui s’est méthodiquement appliquée à travers ses porte-voix médiatiques, Bernard Kouchner et Bernard Henri Lévy, à favoriser la sécession du Sud Soudan, pour en faire une plateforme opérationnelle d’Israël sur le cours du Nil?
Pour rééditer l’ancien scenario français de relier les deux anciens Soudan de l’époque coloniale, le Soudan français et le Soudan anglais, via le sud Soudan précisément et qui valut à la France l’une de ses plus cuisantes défaites militaires à Fachoda (1898)?
L’instrumentalisation de la justice internationale à des fins politiques plaiderait en ce sens. CF. à ce propos le cas du général Omar al Bachir.
Une alliance avec Israël? L’allié indéfectible du régime d’Apartheid d’Afrique du sud? La garde prétorienne de tous les dictateurs francophones qui ont pillé l’Afrique. De Joseph Désiré Mobutu (Zaïre-RDC), à Omar Bongo (Gabon), à Gnassingbé Eyadema (Togo), à Paul Biya, le président off-shore du Cameroun), le vacancier privilégie des pâturages suisse, et, même Félix Houphouët-Boigny (Côte d’Ivoire), le prétendu sage de l’Afrique qui n’était sage que par ce qu’il était le meilleur serviteur de ses anciens colonisateurs et de ses alliés israéliens.
Israël dont l’expérience de la colonisation de la Palestine l’a conduite à coloniser des terres à travers le Monde représentant vingt fois sa superficie au détriment des populations et de l’environnement des pays pauvres. En République Démocratique du Congo pour la culture de la canne à sucre; au Gabon pour la culture du Jatropha, nécessaire à la production de biocarburants; en Sierra Leone où la colonisation israélienne représente 6,9 pour cent du territoire de ce pays de l’Afrique de l’Ouest (3).
La bataille des eaux du Nil et Le Canal Ben Gourion (4).
La nomination à la tête de l’Agence française pour le développement de M. Dov Zerah, pourrait donner un début de crédit à cette hypothèse en ce que la propulsion du président du consistoire israélite de Paris et secrétaire général de la Fondation France Israël au poste stratégique de dispensateur de l’aide financière française à l’Afrique est intervenue, le 2 Juin 2010, six mois avant l’indépendance du sud Soudan, alors que «la bataille du Nil» sur la répartition des quotas des eaux de ce fleuve africain battait son plein entre l’Egypte et les alliés africains d’Israël: l’Ethiopie et le Kenya notamment. Il pose en filigrane la question de savoir si le verrouillage du pré-carré se fera en tandem avec Israël, face à «l’expansionnisme wahhabite», selon la formule consacrée en usage dans les cercles dirigeants.
L’épisode de la répartition des eaux du Nil et de la sécession du Sud Soudan auront constitué la plus grosse pantalonnade de l’histoire égyptienne contemporaine. Pour atteindre cet objectif, Israël avait mené une stratégie à double détente qui révélera la cupidité des investisseurs égyptiens et coutera le pouvoir à Moubarak et sa place dans l’histoire.
Israël avait négocié avec l’Egypte, tout en faisant des pressions indirectes sur lui, incitant les états africains à réclamer une majoration de leur quote-part dans la répartition hydraulique du cours d’eau, alléchant les Africains par des projets économiques et les investisseurs égyptiens par des promesses d’intéressement aux projets israéliens. En Ethiopie, Israël a financé la construction de dizaines de projets pour l’exploitation des eaux du Nil Bleu. Le Mali avant son indépendance, en 1962, portait le nom de Soudan français, par opposition au Soudan anglais, le Soudan actuel.
La revendication par la secte dissidente nigériane BOKO HARAM de l’enlèvement de sept français au Cameroun, le 18 février 2013, un mois après le début de l’opération Serval plaide aussi en faveur de cette hypothèse en ce que le mouvement a voulu adresser un message subliminal aux Français en assumant son action au nom de «Jama’atu Ansarul Musilimina fi Biladi Al Soudan», littéralement le Groupement des partisans de l’Islam au Soudan (au-delà en Afrique noire)».
Pour en savoir plus sur ce sujet : http://www.renenaba.com/le-quadrillage-en-douceur-de-l’afrique/
A l’intention des lecteurs arabophones, ce lien du journal transarabe de Londres «Al Qods Al-Arabi»:Le Mali porte d’entrée d’Israël?
L’accès d’Israël au périmètre du bassin du Nil, via le sud Soudan avec le concours français et américain, s’est doublé de la mise en route de la construction d’un Canal reliant la Mer Rouge à la Mer Méditerranée, depuis Eilat. Disposant de deux voies de navigation, l’un pour l’aller, l’autre pour le retour, le canal israélien, contrairement à l’Egyptien concurrencera fortement le Canal de Suez et entrainera une perte de 50 pour cent des recettes égyptiennes de 8 milliards de dollars par an à 4 milliards.
D’un cout de 14 milliards de dollars, il sera financé par un prêt de trois banques américaines, à faible taux d’intérêt (1%) sur trente ans. 150.000 ouvriers majoritairement d’Asie, principalement de Corée du Sud, participeront aux travaux de construction qui dureront trois ans. Plus long de 50 mètres que son rival égyptien, le canal israélien pourra absorber les plus grands bateaux du monde (longueur 300 mètres, largeur 110 mètres).
Sur fond de guerre de religion de l’Islam wahhabite contre la dissidence musulmane, sous couvert de «Printemps arabe», (Syrie, Mord Mali), un tel projet pourrait constituer, à n’en pas douter, un casus belli pour l’Egypte et entrainer sinon une rupture des relations diplomatiques, à tout le moins une glaciation durable des rapports entre les deux pays.
L’enjeu essentiel de la question saharo-sahélienne ne se joue pas à l’échelle locale. Il concerne l’économie mondiale et le redécoupage des zones d’influence entre les puissances internationales avec l’entrée en scène de nouveaux acteurs (américains, chinois, indiens) qui bousculent l’ancien paysage colonial.
L’accès convoité aux richesses minières (pétrole, gaz, uranium, or, phosphates) dont regorgent le Niger, la Libye, l’Algérie, et le Mali d’après des prospections plus récentes, est au centre de la bataille invisible qui se déroule dans le désert.
Exclue du Traité de Partenariat transpacifique en voie de constitution sous l’égide des Etats-Unis, la Chine est en outre en butte à une offensive visant à contrecarrer son expansion, dont le signe le plus manifeste aura été le gel du financement des importants projets miniers chinois par la Banque Mondiale, doublé d’une manœuvre de contournement visant à accentuer la présence des firmes américaines en République Démocratique du Congo, considéré comme le plus riche en matières premières stratégiques du continent africain.
Dans un livre blanc de 2010, «Stratégie pour les minéraux indispensables aux Etats-Unis», Washington plaidait, conjointement avec l’Union européenne, pour l’urgente nécessité de constituer des réserves de cobalt, du niobium, du tungstène et naturellement le Coltàn, indispensables pour la composition de matières de haute technologie.
Quatre-vingt pour cent (80%) des réserves mondiales du Coltàn se trouvent en République Démocratique du Congo (RDC-Kinshasa). Ressource stratégique essentielle au développement des nouvelles technologies, le Coltàn (par fusion des termes Columbio et Tantalio) entre dans la production des écrans plasma, des téléphones portables, des GPS, des missiles, des fusées spéciales, des appareils photos et des jeux Nintendo), dont les principaux bénéficiaires sont les grandes firmes électroniques et informatiques (Appel, Nokia, Siemens, Samsung).
Dans ce grand jeu des puissances, l’Afrique émerge comme champ de bataille stratégique, dont la Chine en a fait sa ligne de front dans sa recherche d’une plus grande influence mondiale, triplant son commerce avec le continent, verrouillant ses ressources énergétiques, et, fait plus grave pour l’avenir des Occidentaux, assurant l’éducation des futures élites africaines dans les universités chinoises.
Le nouvel humanitarisme sélectif des anciennes puissances coloniales, qui fustigent le Soudan mais couvrent de mansuétude d’aussi redoutables autocrates que le tchadien Idriss Deby, de même que son prédécesseur Hissène Habré, parait sans consistance face au poids d’une Chine, sans passif colonial avec l’Afrique, dispensant de surcroît un important flot de liquidités, sans contrepartie politique.
Objectif sous-jacent, Serval vise à préserver l’espace francophone, dernier réduit de la puissance française, de tout nouveau grignotage arabophone ou sinophone, alors que la Francophonie est désormais reléguée au 12 rang mondial par le nombre de ses locuteurs (120 millions de locuteurs), que le chinois occupe le premier rang avec près d’un milliard de locuteurs, et l’arabe, le 6me rang mondial avec 400 millions de locuteurs.
En blanchissant la France de ses turpitudes coloniales, Serval au Mali apparaît rétrospectivement comme une opération de verrouillage de la porte arrière du Maghreb, l’ultime digue francophone avant le débordement chinois vers l’Europe.
Et pour EUFO Cf. «Le quadrillage en douceur de l’Afrique»
http://www.renenaba.com/le-quadrillage-en-douceur-de-l%E2%80%99afrique/ Eu for-Tchad/RCA est une opération militaire de transition chargée notamment de la protection de la population en proie à la guerre civile dans l’Est du Tchad et dans le Nord-Est de la République centrafricaine. Sa mise en place a été décidée par l’Union Européenne le 28 janvier 2008, dans le cadre de la politique européenne de sécurité et de défense (PESD), en vue de faire face à la crise du Darfour dans la zone frontalière soudano-tchadienne. Forte de trois membres, le contingent français en constituait l’ossature (1.700 membres).
2-La crise de Fachoda: Dans l’imaginaire collectif français, l’épreuve de force qui opposa Paris et Londres, en 1898, demeure comme le plus important revers militaire et diplomatique, une profonde humiliation infligée par le Royaume uni à la France sur le continent africain. Ce sérieux incident diplomatique au retentissement considérable en pleine phase d’expansion coloniale entraîna la fin des ambitions françaises sur l’Egypte et la zone nilotique (Egypte, Soudan, Ouganda), alors qu’elle avait été le maître d’œuvre du percement du Canal de Suez. Le site de Fachoda (ou Kodok) est situé à 650 km au sud de la capitale soudanaise.
3-«Israel et le contrôle des terres dans le Monde» Cf. Golias Hebdo N° 275- semaine du 14 au 20 Février 2013, se référant à une étude de The Journal of the National Academy of Sciences of the United States, étude intitulée «Global Land and Water Grabbing (accaparement mondial de la terre et des eaux). Israël est à la tête des pays qui contrôlent les terrer dans les pays pauvres, avec les Etats Unis, la Grande Bretagne et la Chine. Selon l’étude 90 pour cent de ces terres se trouvent dans 24 pays situées pour la plupart en Afrique, en Asie et en Amérique latine. En Colombie, Israël a pris le contrôle d’immense superficie pour cultiver la canne à sucre. Aux Philippines, la proportion des terres confisquées atteint 17,2 pour cent de la surface des terres agricoles. Depuis la crise alimentaire de 2007-2008, les sociétés étrangères s’emparent de dix millions d’hectares annuellement de terres arables. Les nouvelles cultures se font souvent au détriment des jungles et des zones d’importance environnementales, menacées ans leur biodiversité. Elles utilisent engrais et pesticides et libèrent d’importantes quantités de gaz à effet de serre. Au final, le phénomène sape les bases de la souveraineté alimentaire et détourne en particulier les ressources en eau.
4- Canal Ben Gourion: Cf. Le journal transarabe de Londres « Al Qods Al Arabi», 19 Mars 2013. Israël proposerait à la Jordanie d’aménager des sites touristiques sur la voie d’eau afin de neutraliser une éventuelle réaction de la part du deuxième pays arabe signataire d’un traité de paix avec Israël. Sur les berges du canal israélien seront aménagées des sites touristiques avec hôtels de luxe, lieux de distraction en vue d’en faire un gigantesque complexe touristique dont le périmètre sera placé sous haute surveillance électronique avec détection Laser.
Le Qatar avait auparavant proposé à l’Egypte de lui louer le Canal de Suez pour cinquante ans pour la somme de cinquante milliards de dollars afin de renflouer l’économie égyptienne, à charge pour le Qatar d’assurer la sécurité de la navigation, notamment la péninsule de Sinaï des attaques terroristes et de rassurer ainsi les israéliens.
La protection du Canal et de la Péninsule du Sinaï devait être assurée par des compagnies militaires privées. Le Qatar se proposait de déployer Black Water, les mercenaires américains qui se sont illustrés en Irak, pour cette tâche. En fait l’Egypte perdrait sa souveraineté. L’idée en a été soufflée par les israélo américains et viserait à empêcher l’Egypte de déployer des troupes supplémentaires, notamment une aviation dans le Sinaï.
Mais le projet battait de l’aile car depuis la 2 me attaque israélienne contre Gaza (Novembre 2012) et le rôle joué par l’Egypte, les Américains étaient satisfaits du rôle de prestataire de service du président égyptien Mohamad Morsi. Youssef Al-Qaradawi, le prédicateur médiatique, avait d’ailleurs menacé l’Egypte de lui couper une aide de 20 milliards de dollars promise en cas de mise en échec de Morsi par le protestataire anti constitution.
Sur le plan du camp palestinien de Yarmouk, dans la banlieue de Damas: Le Hamas qui avait bénéficié de l’hospitalité active de Hafez et de Bachar pendant seize ans, s’est allié avec Al Qaida (alliance sunnite) pour s’emparer du contrôle de camp et en faire un sanctuaire de l’opposition et un vivier de combattants anti-régime. Le Hamas a ainsi troqué une alliance stratégique pour une nouvelle alliance sur une base sectaire, le sunnisme, le seul point commun aux deux organisations, qui n’ont pas d’autres points communs. Le saoudien transnational ‘un est purement terroriste, c’est à dire pratiquant une politique de nuisance par la terreur, alors que le palestinien se veut un mouvement de libération nationale
Al Qarra - Trois semaines après le sommet des BRICS à Durban, les entreprises chinoises et africaines se retrouvaient mercredi une nouvelle fois en Afrique du Sud.
Cette fois ci dans la capitale sud-africaine pour un sommet économique : le China-Africa Business Summit.
Plus de 240 participants dont l’économiste en chef de la banque chinoise d’import-export Exim Bank.
A l’occasion de ce rendez-vous, la Chine en a profité pour répondre une nouvelle fois aux accusations de colonialisme auxquelles elle fait face depuis plusieurs mois.
Yansong Rong, Conseiller économique et commercial à l’ambassade de Chine en Afrique du Sud :
« Certains ont critiqué le fait que la Chine amène trop de travailleurs chinois et d’équipements fabriqués en Chine. Mais la vérité est que le gouvernement chinois et les entreprises chinoises font de leur mieux pour promouvoir l’emploi local et l’industrialisation. »
Selon les statistiques officielles plus d’un million de chinois travaillent sur le continent.
Depuis 2009, la Chine est le premier partenaire commercial de l’Afrique. Les échanges entre les capitales africaines et Pékin ont atteint 200 milliards de dollars l’année dernière.
Un commerce jugé déséquilibré par certains leaders. Il y a deux mois le président du Botswana, Ian Khama, évoquait de mauvaises expériences avec des entreprises chinoises. Il critiquait notamment le non-respect des délais pour la mise en place d’un réseau d’électricité ou encore le manque de fiabilité de certaines routes et bâtiments construits par les chinois.
Un mois plus tard c’etait autour du gouverneur de la Banque centrale du Nigéria, Lamido Sanusi de hausser le ton : « La Chine s’empare de nos matières premières et nous vend des biens manufacturés. C’était également l’essence du colonialisme », avait il déclaré.
Arthur Mutambara, Vice-premier ministre du Zimbabwe : « Pourquoi ne nous assurons nous pas que les engagements pris avec la Chine soient selon nos termes comme Africains? Le travail, les qualifications, la technologie, la valeur ajoutée… Les Chinois doivent venir en Afrique selon les conditions des Africains. Les termes qui permettront aux Chinois de faire de l’argent mais aussi les termes qui permettront à l’Afrique de se développer, gagnant-gagnant. La Chine gagne, l’Afrique gagne. »
Comme lors du sommet de BRICS les africains plaident pour un partenariat plus équilibré.
Un appel entendu par le nouveau chef d’Etat chinois.
Lors de sa tournée africaine fin mars sur le continent Xi Jinping déclarait à Dar Es Salam en Tanzanie, souhaiter sincèrement voir un développement plus rapide des pays africains et un meilleur niveau de vie pour le peuple africain.
Stanislas Dembinski: Business Summit Chine-Afrique: l'Afrique vrai enjeu du nouvel axe Sud-Sud
PAYS ÉMERGENTS - Loin des polémiques françaises, les entreprises chinoises et africaines se rencontrent le 17 avril 2013 à Johannesburg. N'importe quelle visite sur un moteur de recherche donne des millions d'occurrences pour "Business Summit China-Africa", traduisant une réalité lourde de l'économie mondiale.
Mais loin de la vision d'une Chine dévorant l'Afrique, il faut surtout retenir que l'Afrique est en train de recentrer l'économie mondiale et notamment l'axe des grandes puissances émergentes. C'est ce qu'on n'a pas assez retenu du 5e sommet des Brics, réuni fin mars dernier à Durban, en Afrique du Sud également.
Ils se sont plus que jamais projetés dans l'avenir et d'abord, en pratique, vers cette Afrique qui les accueillait, horizon clé de développement, d'influence et de rivalités. La Chine est désormais loin d'être toute seule sur ce continent si proche de l'Europe. Et les jeux sont loin d'être fait comme l'a montré le sommet de Durban. Une banque de développement commune aux Brics
Les plus éminents dirigeants des Brics -Brésil, Russie, Inde, Chine et Afrique du Sud, qui représentent ensemble près de la moitié de la population mondiale et près d'un
Le président du Sénégal Macky Sall. Avec le Fonsis, le Sénégal est devenu pionnier : il est le premier pays au monde à se doter d'un tel fonds alors qu'il n'a ni rente minière (comme les pays du Golfe par exemple) ni rente commerciale (comme Singapour ou Panama). | REUTERS
L'architecture financière mondiale se recompose, sans oublier l'Afrique. Le sommet des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), qui s'est tenu à Durban les 26 et 27 mars, était intitulé : "BRICS et Afrique : un partenariat pour le développement, l'intégration et l'industrialisation".
Les BRICS y avaient invité une douzaine de dirigeants africains. Ils y ont aussi annoncé la création d'une "banque de développement" dotée d'un capital initial paritaire apporté par les cinq pays, pour un total de 50 milliards de dollars (38 milliards d'euros), mais la Chine était prête à quadrupler sa mise.
La rapidité des négociations et l'importance de la mise initiale ont fait taire les sceptiques. Et les BRICS visent un nouvel objectif : la création d'un fonds de stabilité mutualisant des réserves de devises - on évoque une centaine de milliards de dollars. OPTIMISER LE MARCHÉ DE LA DETTE PUBLIQUE
Ces initiatives ont bien sûr retenu l'attention des ministres des finances de la zone franc (la France et 15 pays d'Afrique), réunis du 6 au 9 avril, à Dakar (Sénégal). Bien que la réunion ait été "technique" et sans "discussion de fond", Christian Noyer, gouverneur de la Banque de France, y a évoqué la recherche de "mécanismes pour mettre les réserves de change au service de l'investissement" pour la zone.
Et la puissance invitante, par le biais de son premier ministre, a directement évoqué le besoin d'un "fonds de stabilité financière", rappelant la volonté de son président, Macky Sall, d'optimiser le marché de la dette publique sénégalaise.
Car qu'il n'y a pas que les BRICS qui innovent en Afrique. Promesse de campagne du candidat Sall, élu le 25 mars 2012, un Fonds souverain d'investissements stratégiques (Fonsis) vient d'être mis en place au Sénégal. Doté à terme de 500 milliards de Francs CFA (750 millions d'euros) en cash et en actifs d'Etat, il a été capitalisé pour une première tranche de 20 %. Dans la zone franc, seul le Gabon pétrolier possède un fonds souverain. PIONNIER
Avec le Fonsis, le Sénégal est devenu pionnier : il est le premier pays au monde à se doter d'un tel fonds alors qu'il n'a ni rente minière (comme les pays du Golfe par exemple) ni rente commerciale (comme Singapour ou Panama).
Si le Fonsis s'inspire des pays émergents dans ses cibles - énergie, infrastructures, industrie, agriculture, immobilier -, il investira en revanche à domicile, visant l'emploi et la substitution aux importations.
La grande innovation sénégalaise est l'ambition du Fonsis de mobiliser des ressources complémentaires, garanties sur son capital, par l'émission d'obligations auprès d'institutions financières et de bailleurs. Il pourra recourir aux autres fonds souverains, voire aux fonds privés.
L'idée est d'obtenir un effet de levier à partir d'actifs publics longtemps sous-utilisés. Loin d'être une simple banque de développement, le fonds accompagnera en co-investisseur stratégique des entrepreneurs en prenant des participations dans des PME, sur le modèle des fonds de capitaux privés de "private equity".
Le Sénégal s'inspire des BRICS, mais innove dans la zone franc ; parions que le fonds BRICS s'intéressera au Fonsis, espérons que le Fonds stratégique d'investissement français fera de même.
Pékin a investi au total 1,5 md de dollars en Algérie (ambassadeur chinois), Actualités
La Chine a investi en une décennie un total de 1,5 milliard de dollars en Algérie, où une cinquantaine de grandes entreprises sont présentes avec plus de 30.000 Chinois, selon des sources officielles chinoises citées dimanche par la presse algérienne.
Le montant des investissements chinois dans ce pays d'Afrique du Nord, avec lequel la coopération est "très solide", a atteint sur une dizaine d'années un total de 1,5 milliard de dollars à fin 2012, a déclaré l'ambassadeur de Chine en Algérie, Liu Yuhe, cité par le quotidien Liberté.
Selon le diplomate, "plus de 30.000 Chinois travaillent en Algérie dans les secteurs comme le bâtiment et la construction des infrastructures routières et ferroviaires. Ils contribuent aussi au développement du secteur de l'hydraulique dans le pays", a-t-il ajouté, précisant que ces travailleurs sont salariés d'une "cinquantaine de grandes entreprises" chinoises.
La coopération sino-algérienne "peut résister à toutes les épreuves du temps et aux aléas internationaux", a affirmé M. Liu en marge d'une cérémonie dans le quartier algérois de Dely Brahim. La coopération des deux pays est "un exemple" des relations entre pays du Sud, a-t-il ajouté, toujours selon Liberté.
L'Algérie a accordé à 50 entreprises chinoises des contrats de construction d'une valeur totale de 20 milliards de dollars, devenant ainsi le plus grand marché en Afrique pour les entreprises de construction chinoises et l'un des plus importants au monde, selon la Banque Africaine de Développement (BAD).
Récemment la réalisation du méga projet de la grande mosquée d'Alger, d'un budget prévu de 1,5 milliard de dollars, a été confiée à la société chinoise China State Construction Engineering Corporation (CSCEC). La construction du complexe, entamée le 16 août dernier, devrait s'achever en 2015.
En 2011, la France était le premier partenaire de l'Algérie, à savoir son premier fournisseur et son quatrième client, avec 15% de parts de marché (10,1 milliards d'euros) et une avance confortable sur la Chine (10% de parts de marché).
Elle l'est resté en 2012, selon les douanes algériennes, mais si le niveau de ses échanges croît (10,6 milliards deuros), sa part de marché baisse (12,8%) au profit de Pékin (12,56%), qui a vu ses exportations vers l'Algérie augmenter de 25% en 2012.
La Chine est de plus en plus présente sur l'ensemble du continent africain. Plus d'un million de Chinois y travaillent, selon Pékin. En 2012, les échanges Chine-Afrique ont atteint 200 milliards de dollars, presque le double de ceux du continent avec les Etats-Unis
Le nouveau président chinois, Xi Jinping, a visité l'Afrique cette semaine, d'abord la Tanzanie, puis l'Afrique du Sud, où il a participé au sommet des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), et finalement la République du Congo. Tout au long de
A Brazzaville, le 28 mars. | AFP/JUNIOR D.KANNAH
Le président chinois Xi Jinping a entamé vendredi 29 mars la dernière étape de sa tournée africaine à Brazzaville, en République du Congo. Durant les deux jours, il devrait signer des accords, notamment pour le financement de plus de 500 km d'autoroute entre Brazzaville et la capitale économique Pointe-Noire. La présence chinoise croissante en Afrique provoque polémiques et interrogations en Occident.
La Chine se comporte-t-elle comme une puissance coloniale ?
C'est une controverse inépuisable. Juste avant la tournée africaine de Xi Jinping, le gouverneur de la Banque centrale du Nigeria, Lamido Samusi, fils d'un ancien ambassadeur à Pékin, l'a de nouveau alimentée en publiant, le 11 mars dans le Financial Times, un article d'opinion, jugeant qu'il était temps pour les Africains de "se réveiller sur les réalités de leur romance avec la Chine". "La Chine prend nos ressources naturelles et nous vend des biens manufacturés. C'était également l'essence du colonialisme. Les Britanniques sont allés en Afrique et en Inde pour s'assurer des matières premières et des marchés. L'Afrique s'ouvre maintenant de son plein gré à une nouvelle forme d'impérialisme", a-t-il écrit.
Lors de sa première étape en Tanzanie, avant de se rendre en Afrique du Sud, Xi Jinping a affirmé que Pékin "se confrontera sans faux-fuyant et sincèrement aux nouveaux développements et aux nouveaux problèmes concernant ses relations avec l'Afrique". "Et les deux parties devront traiter correctement tout problème qui se pose dans un esprit de respect mutuel et de coopération gagnant-gagnant", a-t-il déclaré dans un discours tenu à Dar es Salaam.
L'un des facteurs de l'avancée chinoise en Afrique est le retrait des Occidentaux. C'est particulièrement vrai en ce qui concerne les entreprises, note Jean-Raphaël Chaponnière, chercheur associé à Asia Centre. Bon nombre d'entrepreneurs européens se sont tournés, depuis la chute du Rideau de fer à la fin des années 1980, vers l'Europe orientale, délaissant le continent africain. Par leurs achats des matières premières africaines, les Chinois ont également permis aux cours de ne pas s'effondrer et ont permis un renouveau économique, dont les Chinois ont été les premiers à profiter en raison de leur présence. C'est ce qu'a souligné le magazine chinois Outlook le 24 mars : "La croissance rapide du commerce sino-africain a commencé dans les années 1990, alors que les pays européens négligeaient l'Afrique, les uns après les autres, et que beaucoup de pays africains se trouvaient dans une impasse pour leur commerce extérieur et même pour leurs finances. Depuis vingt ans, la raison pour laquelle le commerce sino-africain a progressé rapidement et a suscité l'envie de l'Occident est que la Chine ne s'ingère pas dans les affaires intérieures chinoises et qu'elle est prête à payer à l'Afrique un prix plus élevé que les pays occidentaux". Denis Sassou Nguesso (à droite) accueille Xi Jinping, le 29 mars à Brazzaville. | AFP/Laudes Martial Mbon La structure du commerce entre Chine et Afrique peut-il se maintenir ?
La Chine achète des matières premières à l'Afrique et lui vend des produits manufacturés. Elle met également la priorité sur les infrastructures, alors que les Occidentaux, non seulement conditionnaient leurs aides et crédits, mais laissaient aux acteurs privés ce genre de projets. Cependant, la structure du commerce bilatéral "n'est pas viable sur le long terme", a mis en garde le président sud-africain Jacob Zuma lors du Forum Chine-Afrique tenu à Pékin en juillet 2012. En 2006, le gouvernement avait pris des initiatives pour tenter de calmer les craintes des pays africains en décidant de financer la construction de six zones économiques spéciales dans cinq pays africains (Maurice, Nigeria, Zambie, Egypte et Ethiopie), sur le modèle de Shenzhen, pour montrer sa volonté d'industrialiser le continent et de faire évoluer les termes de l'échange. Sept ans après, le bilan est mitigé, juge M. Chaponnière. La Chine exporte-t-elle sa main d'œuvre excédentaire en Afrique ?
C'est un des reproches les plus entendus quand on parle des relations entre la Chine et l'Afrique. Les entreprises chinoises ne feraient pas appel à la main-d'oeuvre locale et Pékin en profiterait pour permettre à une partie de sa population de trouver du travail. La Chine se défend en mettant en avant le chiffre de 819 000 Chinois travaillant à l'étranger, la plupart en Afrique. Et surtout en soulignant qu'elle a de plus en plus besoin de la population active à l'intérieur de ses frontières, car le pays vieillit. Sur le chantier de rénovation de la zone portuaire de Mpila, un quartier de Brazzaville, auquel participe l'entreprise chinoise Sinohydro, le 28 mars. | AFP/JUNIOR D.KANNAH La Chine prend-elle possession de terres en Afrique pour alimenter sa population ?
C'est, selon la plupart des spécialistes des relations sino-africaines, une "légende" nourrie par certains articles. Mais, sur le terrain, les faits ne permettent pas d'étayer la réalité de l'accaparemment de terres par Pékin. "Il faut démythifier le fait que la Chine produit en Afrique pour ses besoins alimentaires, c'est faux. Il y a une grande part de fantasme dans cette question des accaparements agricoles chinois en Afrique ", indique Jean-Jacques Gabas, économiste et chercheur au Cirad (Centre de coopération internationale en recherche agronomique pour le développement). Si on regarde Land Matrix, la base de données du réseau International Land Coalition (ILC), en Afrique subsaharienne, la Chine est derrière les pays du Golfe et les pays européens. Une enquête effectuée dans plusieurs pays africains par le CIRAD pour le compte de l'AFD (Agence française de développement) confirme cet état de fait, indique M. Gabas. "Si l'accaparement foncier est trop compliqué, les Chinois trouvent une autre solution", relève-t-il, donnant un exemple au Bénin. Un projet d'achat de terres pour planter du manioc afin de produire de l'alcool a capoté face à la résistance locale. "Les Chinois ont alors décidé d'établir des contrats avec les paysans", dit-il. Au Sénégal, un projet très médiatisé de 60 000 hectares de sésame n'a jamais vu le jour. "Un investisseur est venu, il a essayé quelques hectares, ce n'était pas rentable, il est parti", explique M. Gabas.
Et quand les projets réussissent, la production est surtout destinée au marché local et régional. "C'est un tremplin pour des secteurs plus stratégiques comme les infrastructures ou les mines", affirme le chercheur du CIRAD.