CHINE AFRIQUE

POUR DES RELATIONS RESPECTUEUSES, AMICALES, FRANCHES ET FRATERNELLES

mardi 2 octobre 2012

Pierre Moscovici : « En Afrique, la Chine ne nous fait pas peur » [Jeune Afrique] | Pierre Moscovici - Le blog

Pierre Moscovici : « En Afrique, la Chine ne nous fait pas peur » [Jeune Afrique] | Pierre Moscovici - Le blog
Coopération monétaire au sein de la zone franc, situation ivoirienne, montée en puissance des Chinois, aide au développement : le ministre français de l’Économie et des Finances livre sa vision des relations entre Paris et le continent. Et revient sur la crise de l’euro.
Propos recueillis par Julien Clémençot et Stéphane Ballong – Jeune Afrique, n°2699 du 30 septembre au 6 octobre 2012
Le présent et l’avenir, c’est une Afrique en pleine croissance qui reste très liée à la France.
Le 5 octobre, la France et ses partenaires africains vont marquer le quarantième anniversaire de la zone Franc à Bercy. Qu’y aura-t-il à célébrer ?
Ce sera un anniversaire très amical. Il y aura beaucoup de personnalités présentes, un colloque, un livre, une exposition et l’inauguration d’une salle du centre de conférences de Bercy. Tout cela pour manifester l’importance que nous accordons, quarante ans après, à notre coopération. Mais ce ne sera pas une réunion passéiste. Le présent et l’avenir, c’est une Afrique en pleine croissance qui reste très liée à la France.
Les pays africains ont diversifié leurs partenariats. Ne devrait-on pas choisir d’arrimer le franc à un panier de monnaies plutôt qu’à l’euro ?
Si on fait le bilan des accords monétaires des zones franc, on constate qu’il n’y a pas de tutelle de la France. Ce sont des monnaies souveraines. C’est aussi un cadre de coopération qui a offert stabilité, faible inflation et croissance à nos partenaires. Cela a également favorisé leur intégration régionale. Ces traités ont déjà évolué, avec la création des unions économiques en 1994 [UEMOA et CEMAC, ndlr] ou la révision des accords monétaires en 2005 et 2007. Si nos partenaires veulent aller plus loin, c’est à eux de le décider et nous les accompagnerons. Et puis, la zone franc va bien au-delà de l’union économique et monétaire, c’est une communauté pour renforcer la gouvernance et la croissance en Afrique.
Pourquoi avoir proposé à Alassane Ouattara d’être l’invité d’honneur de la réunion du 5 octobre ?
Il incarne notre volonté de faire le lien entre le passé, le présent et l’avenir. Il est ancien gouverneur de la BCEAO [Banque centrale des États d'Afrique de l'Ouest], il a aussi été directeur du département Afrique du FMI [Fonds monétaire international] et est aujourd’hui à la tête de la Côte d’Ivoire, un pays qui joue un rôle important sur le continent et dans les relations entre la France et l’Afrique.
Depuis quelques mois, la situation est à nouveau sous tension en Côte d’Ivoire. Êtes-vous inquiet ?
Je préfère insister sur ce qui avance. En 2011, le PIB a reculé, mais dans des proportions moindre qu’attendu. Et cette année, le rebond devrait être très fort avec une croissance du PIB de plus de 8%. La France a été le premier bailleur à intervenir en Côte d’Ivoire avec un appui budgétaire de plus de 350 millions d’euros. J’ai moi-même annoncé, en juillet dernier, une annulation très importante de dette de près de 4 milliards d’euros. Quand des tensions réapparaissent, on les surveille. Je souhaite que la reconstruction se poursuive et la France est prête à l’aider fortement, tout comme nous soutenons la réconciliation nationale autour du président légitiment élu.
D’une manière générale, quel regard portez-vous sur les économies africaines ?
Il y a eu longtemps des stéréotypes négatifs : le continent oublié, le continent qui ne sortait pas de la misère. Il y a eu des discours plus que malheureux, à Dakar par exemple. Mais tout cela est derrière nous. L’attitude de François Hollande à l’égard de l’Afrique n’est pas la même que celle de Nicolas Sarkozy. L’Afrique a démarré et l’enjeu aujourd’hui est de réaliser tout son potentiel. Cette semaine [entretien réalisé le 25 septembre, ndlr], je vais présenter le budget de la France en me basant sur une prévision de croissance de 0,8%, et certains vont trouver ce chiffre trop optimiste. L’Afrique subsaharienne, c’est plus de 5 % de croissance par an. Cela fait rêver.
A l’occasion de la réunion du 5 octobre, vous comptez aussi lancer une initiative pour des contrats équitables, de quoi s’agit-il ?
Il faut renforcer les capacités juridiques des états africains pour mieux négocier leurs contrats, en particulier dans le domaine de l’exploitation de leurs matières premières. Makhtar Diop, le premier francophone vice-président Afrique de la Banque Mondiale, sera là pour en parler. Ainsi que Donald Kaberuka, le président de la Banque africaine de développement [BAD], qui a ouvert la voie sur ce sujet majeur.
François Hollande a une volonté claire d’en finir avec la Françafrique
François Hollande a maintes fois annoncé son intention de rompre avec la Françafrique. Au-delà de la disparition symbolique de la cellule de l’Elysée, comment allez-vous procéder ?
Effectivement, François Hollande a une volonté claire d’en finir avec la Françafrique, ses mécanismes pervers et ses influences occultes. C’est un fait, il n’y a plus de cellule Afrique. Bien sûr il y a des conseillers. Mais ces conseillers ne sont pas des personnages sulfureux ou mystérieux, ce sont des diplomates, des professionnels comme Thomas Mélonio. Ils ne sont pas les héritiers de Foccart ou de Bourgi. Sortir de la Françafrique, c’est considérer qu’il n’existe pas de « pré carré » que nous piloterions de l’extérieur. Nous sommes tout sauf indifférents. Nous sommes amicaux, disponibles, nous sommes en interdépendance, mais nous ne sommes pas dans l’ingérence.
Compte tenu de la crise européenne, vous avez sans doute peu de temps à consacrer à l’Afrique ?
Tout est relatif. Il n’y a pas de visiteur africain de haut niveau qui ne souhaite me voir. C’est un symbole de ces liens. Un président africain qui vient à Paris voit le Président, le Premier ministre, le ministre des Affaires étrangères et, en général, le ministre de l’Économie et des Finances. Je n’ai jamais refusé un rendez-vous. J’ai provoqué, au contraire, des rencontres et je prends des initiatives.
Tous les chefs d’Etat du continent sont-ils les bienvenus à Paris ?
Je peux avoir des préférences. Mais il n’y a pas beaucoup de ministres qui, comme moi, ont une conseillère d’origine africaine – Safia Otokoré – et un directeur de cabinet – Rémy Rioux – qui, le jour où je lui ai proposé le poste, partait à Tunis comme vice-président de la BAD ! Par ailleurs, je compte bien me rendre en Afrique prochainement.
C’est en réorientant le partenariat entre la France et l’Afrique vers l’investissement que nous trouverons de meilleures réponses
Grâce à ses investissements massifs, la Chine est devenu un interlocuteur incontournable des Etats africains. La France peut-elle rivaliser ?
La France est encore le deuxième exportateur vers l’Afrique subsaharienne, derrière la Chine mais devant les Etats-Unis et l’Allemagne. Nous sommes aussi le quatrième importateur derrière les États-Unis, la Chine et l’Italie. Ce n’est pas si mal. En même temps, il ne faut pas s’en contenter. L’Afrique subsaharienne ne représente que 3% des exportations et des importations françaises, avec à peu près 14 milliards d’importations et 12 milliards d’exportations.  C’est trop peu. Je ne veux pas critiquer la Chine, je trouve cela désuet. Pas de jérémiades inutiles. C’est en réorientant le partenariat entre la France et l’Afrique vers l’investissement que nous trouverons de meilleures réponses. En aidant nos entreprises à mieux appréhender le risque, qu’elles tendent à surévaluer ; à aller de l’avant, en donnant une priorité au secteur de l’énergie où nous avons une grande expertise. Nous n’avons pas à avoir peur des Chinois.
Pour faciliter l’essor des entreprises françaises en Afrique, faut-il les inciter à nouer des partenariats en offrant leur expertise à des sociétés chinoises ?
Je n’ai pas spécialement envie que la France soit le conseiller technique d’autres pays. Je n’exclus pas la possibilité de partenariats, mais ils doivent être équilibrés. Avant tout, je souhaite qu’on investisse et nos entreprises en ont les moyens.
Renault a ouvert une usine au Maroc cette année et en implantera peut-être une demain en Algérie. Que pensez-vous de ces délocalisations ?
L’essentiel c’est que l’emploi en France reste préservé. C’est toute la différence entre une délocalisation et une colocalisation. Ce que je souhaite, c’est que sur le territoire français, les constructeurs conservent tout leur potentiel. Il s’agit d’être capable d’organiser une bonne répartition entre ce qui est produit en France et ce qui peut être produit ailleurs. Ne soyons pas frileux par rapport à cela. En revanche, lorsque des délocalisations sont des affaiblissements réels du tissu économique français, je suis alerté.
Concernant la crise européenne, aviez-vous anticipé une situation aussi dégradée ?
Je connaissais la profondeur de la crise. Ce que je ne mesurais peut être pas tout à fait, c’est le temps que cela prend. Il faut y déployer une énergie très forte. Moi qui ai été ministre des Affaires européennes il y a quinze ans, je vois à quel point les mécanismes d’intégration se sont renforcés, pas toujours pour le meilleur car ils se sont aussi beaucoup complexifiés. Mais je suis persuadé que la politique européenne poursuivie par François Hollande et le gouvernement porte ses fruits et j’affirme que l’élection du 6 mai a fait bouger les lignes en Europe. Mon sentiment est que l’Europe, petit à petit, est en train de sortir de cette crise, de retrouver des perspectives.
Les décideurs africains s’inquiètent néanmoins encore d’une possible explosion de la zone euro
Ce sera un des sujets dont nous parlerons lors de la réunion du 5 octobre. Je mentirais si je disais que l’Europe a retrouvé la croissance, qu’il n’y a plus d’incertitude, de spéculation. En revanche, mon sentiment, c’est qu’elle est en train de sortir des questions existentielles et que les Européens sont en train de surmonter ce choc collectif. C’est lent, c’est dur, mais j’ai une très grande confiance dans la pérennité de la zone euro.
L’opposition dit que vous n’avez pas les moyens de votre politique…Nous avons les moyens qu’ils nous ont laissés.
On ne peut pas toujours se tourner vers le passé pour justifier son action.
On ne peut pas non plus présenter le premier budget d’une législature et faire comme si c’était sur une feuille blanche. Je me passerais bien d’un budget où il faut passer en dix-huit mois de 5% du PIB de déficit à 3%. C’est très dur et ça, c’est un héritage qu’ils nous ont laissé, un héritage de chômage élevé, de croissance faible, de compétitivité affaiblie. Par ailleurs, nous avons toute légitimité pour agir. Le président de la République a été élu pour cinq ans, pas pour quatre mois. Il a fixé un calendrier : deux ans de redressement et trois ans de développement, d’expansion et de redistribution.
Pour boucler son budget 2013, la France devra trouver  37 milliards d’euros. L’aide publique au développement (APD) ne va-t-elle pas pâtir ?
Dans le cadre de ce budget très tendu, l’objectif a été de préserver un niveau d’APD comparable à celui de 2012, avec des crédits globalement maintenus. Nous avons aussi décidé de dégager de nouvelles sources de revenus pour investir dans les domaines de l’environnement, de la santé, et du changement climatique, avec l’affectation d’une partie de la taxe française sur les transactions financières. L’Afrique reste évidemment la principale zone d’engagement de l’Agence Française de Développement, prêts et dons confondus, avec 40 % de ses engagements. Ce sont des signes forts pour un secteur sur lequel on ne peut pas désarmer.
Nicolas Sarkozy avait noué des relations économiques et diplomatiques avec le Qatar, votre gouvernement vient d’avaliser la création d’un fonds franco-qatari. Vous poursuivez dans cette voie ?
Je ne vais pas me prononcer sur l’aspect géopolitique. Concernant le fonds, dès lors que le Qatar, avec les ressources qui sont le siennes, veut investir en France sur des intérêts stratégiques que nous pouvons définir ensemble, je ne vois pas pourquoi nous nous en priverions. Donc je suis ouvert sur cette dimension de coopération. Ce qui m’intéresse c’est l’essor de nos entreprises et l’emploi associé.
Vous êtes un des hommes forts du gouvernement, le président Hollande vous prête une oreille attentive… Vous sentez-vous « premier ministrable » ?
Je m’efforce d’être un ministre efficace. J’ai avec le président des relations fortes. Cela suffit totalement à mon bonheur. Il y a un Premier ministre, Jean-Marc Ayrault, je lui suis d’une loyauté totale. Cela fait quatre mois que je suis ministre de l’Economie et des Finances, c’est une tâche passionnante et écrasante. Permettez que j’en profite sans penser à la suite.

La Chine en Afrique - La Cliothèque

La Chine en Afrique - La Cliothèque
C’est un politologue spécialiste de la Chine, Olivier Mbabia, chercheur associé de l’institut catholique de Paris qui propose un essai, issu de sa thèse, sur les relations entre la Chine et le continent africain. L’angle d’étude est avant tout géopolitique : analyse de la politique chinoise : orientations, manifestations, réalisations.


Sujet à la mode ? Voilà un thème qui fait couler beaucoup d’encre : articles de presse, nombreux ouvrages d’Adama Gaye [1] à Eric N’guyen [2] de Lotfi Ouled Ben Hafsia et Karima Belkacem [3] à Julien Bokilo [4] et quelques autres sans oublier Le dessous des Cartes : Que fait la Chine en Afrique ? [5]. Olivier Mbabia se veut délibérément critique vis à vis de ses prédécesseurs. Il choisit de resituer la question dans le temps : évocation des motifs et caractères de l’intérêt de la Chine pour l’Afrique depuis les années 80, mode opératoire le leadership chinois et rhétorique d’un partenariat mutuellement bénéfique.

Généalogie des relations sino-africaines

Depuis les tous premiers contacts que l’auteur fait remonter à l’époque pharaonique l’auteur montre l’importance de la période de décolonisation pour l’intérêt de la Chine de Mao pour le continent africain. D’une aide idéologique la Chine passe dans les années 80 à plus d’investissements et au développement commercial avant un retour du politique après Tiannmen.

Une stratégie plurielle : entre pragmatisme et intérêts nationaux

Olivier Mbabia présente la place de l’Afrique dans la politique chinoise entre expansion commerciale et action internationale depuis les années 90 et plus encore avec la création du FOCAC [6] avec pour conséquence le développement d’un commerce déséquilibré en dépit des déclarations chinoises de bénéfice mutuel. La politique chinoise est en fait dictée par ses besoins énergétiques pour maintenir son niveau de croissance. Si l’Afrique reste du point de vue comptable un partenaire marginal, l’auteur montre comment le déséquilibre des échanges crée des emplois en Chine et déstabilise l’emploi en Afrique, situation aggravée par l’envoi de travailleurs chinois sur les chantiers africains. Les effets de la non conventionnalité de l’aide sont vus à travers l’exemple angolais.

Les paradoxes de l’aide chinoise

Les engagements multiples de la Chine sur le continent, y compris dans des secteurs sensibles : pétrole, armes ne sont pas sans risques pour les pays africains : dépendance économique, risques liés à la gouvernance (soutien à des dictatures ), insécurité écologique. L’auteur focalise son étude sur la question vitale pour la Chine de son approvisionnement énergétique et présente plusieurs exemples : la relation sino-saoudanaise, l’absence de standards sociaux et environnementaux au Congo.

L’épanouissement de la puissance chinoise en Afrique

Ce chapitre met en lumière la politique culturelle avec le développement des Instituts Confucius, l’utilisation de la Diaspora, le rôle du discours dans les instances internationales et la participation aux opérations onusiennes de maintien de la paix et la pénétration des média. L’objectif de Pékin de séduire les Africains semble atteint, la Chine jouit en Afrique d’une bonne image à nuancer cependant par la montée d’un rejet des migrants chinois.

Présence chinoise et jeu de puissance en Afrique

Restait à mettre en perspective les relations Chine-Afrique avec les relations euro-africaines et notamment française, les relations Amérique-Afrique sans oublier de poser la question de la place d’un autre pays émergent : l’Inde.
En conclusion Olivier Mbabia revient sur le retour d’une diplomatie Sud-Sud, l’importance pour la Chine de sa place au concert des Nations dont l’Afrique n’est qu’un élément et pose la question du positionnement à venir des élites africaines face à la Chine.
Christiane Peyronnard ©Les Clionautes
 

[1] Chine-Afrique : le dragon et l’autruche, L’Harmattan, 2006
[2] Les relations Chine-Afrique, Studyrama 2009
[3] Avenir du Partenariat Chine Afrique, L’Harmattan, 2011
[4] http://clio-cr.clionautes.org/spip.php?article3810
[5] http://www.arte.tv/fr/392,CmC=1579666,view=books.html
[6] Forum on China - Africa Cooperation

La coopération entre la Chine et l'Afrique s'ouvre aux médias (PAPIER GENERAL) - china radio international

La coopération entre la Chine et l'Afrique s'ouvre aux médias (PAPIER GENERAL) - china radio international
Une trentaine de professionnels des médias, des responsables et journalistes de la radio et télévision des pays africains francophones viennent de participer à un séminaire à l'intention des superviseurs et des fonctionnaires de la radio et de la télévision des pays africains francophones. Durant trois semaines, ces professionnels des médias ont échangé avec le directeur général du Centre international des recherches des médias (radio, le film et la télévision) (SARFT) GEHUA LI, les responsables de CCTV et des médias écrits et audiovisuels chinois, et ont visité plusieurs entreprises de production des programmes audiovisuels. Le séminaire de Beijing s'inscrit dans le cadre de renforcement de la coopération entre la Chine et les pays africains francophones. La coopération entre la Chine et l'Afrique date de plusieurs décennies. Les relations sino-africaines remontent sans aucun doute à l'époque de l'amiral Zheng He (XVème siècle), et la conférence de Bandoeng (1955) a permis la réactualisation d'un mythe politique, c'est-a-dire la solidarité tiers-mondiste et la résistance des pays du Sud face à l'occident. Depuis quelques années, on assiste au grand retour de la Chine sur la scène internationale, et tout particulièrement en Afrique, jusque-là "chasse gardée" des Européens et, dans une moindre mesure, des Etats-Unis. ll faudra attendre, donc, l'année 2005 pour voir la coopération entre la Chine et les pays africains prendre sa vitesse de croisière. En mars 2008, le premier Sommet Chine- Afrique à Beijing a marqué un tournant décisif dans les relations diplomatiques, économiques, culturelles et scientifiques entre la Chine et I'Afrique dans la mesure où les autorités chinoises vont manifester clairement leur volonté de développer des relations de coopération économique avec l'Afrique, un continent qui dispose des ressources suffisantes tant humaines que naturelles. Attirés par la forte croissance économique de la Chine sur l' échiquier international, les pays africains trouvent désormais un partenaire avec qui, ils peuvent développer des relations économiques et un partenariat gagnant-gagnant; un partenariat fondé, à priori, sur l'égalité, la confiance mutuelle, le respect de l'identité de l'autre et la non-ingérence dans les affaires des Etats. Les assises de Beijing seront marquées par la publication d'un livre blanc appelé « Déclaration de Beijing », dans lequel les dirigeants africains et chinois soulignent leur volonté de travailler ensemble et de développer un partenariat de type gagnant-gagnant pour le bien-être de leurs peuples. Aussi, le président sud-africain Thabo Mbeki au cours de ce Sommet Chine-Afrique a déclaré que la Chine doit s'ouvrir à l' Afrique et l'Afrique doit s'ouvrir à la Chine. Lors de la cinquième conférence ministérielle du Forum sur la coopération sino-africaine (FSA) qui s'est tenue à Beijing, en Chine, le 9 juillet 2012, en présence de plusieurs dirigeants africains, le président chinois Hu Jintao a réaffirmé la ferme volonté de la Chine de devenir le principal partenaire au développement. Le président chinois a fait l'état des lieux de la coopération entre la Chine et l'Afrique. Le volume commercial des relations sino- africaines s'est élevé à 166.3 milliards de dollars américains, soit le triple de celui de 2006. Les investissements directs chinois en Afrique ont atteint au total plus de 15 milliards de dollars américains et couvrent 50 pays africains. La Chine est aujourd'hui le troisième partenaire commercial de l'Afrique après les Etats-Unis et l'Union européenne. Un élément important à souligner : l'aide qui occupait une place importante dans l'engagement de la Chine en Afrique est désormais devancée par les échanges. Un récent rapport du Fonds monétaire international et de la Banque mondiale indique que le flux d'aides de la Chine envers le continent africain par rapport à l'ensemble des échanges entre eux représentait environ 20 % au début des années 90. Aujourd'hui il est de moins de 5% au profit des échanges commerciaux.    - - - Un partenaire crédible La percée économique de la Chine en Afrique coïncide avec l'arrivée des entreprises chinoises dans ce continent. Ces entreprises investissent dans plusieurs secteurs, en I'occurrence dans les domaines des infrastructures, de la santé, des mines, du commerce de l'import- export, de I'industrie agro-alimentaire et du bâtiment. Par exemple : Le complexe de conférence et le nouveau bâtiment de l'Union africaine à Addis-Abeba ont été construits par la Chine. La Chine a augmenté progressivement son aide à l'Afrique. Elle y a construit plus d'une centaine d'infrastructures éducatives, sanitaires, énergétiques, routières et sportives.. notamment au Burundi, en République démocratique du Congo, au Tchad, en Côte d'lvoire, au Congo Brazzaville, en Guinée équatoriale, en Guinée Conakry, au Sénégal, à Djibouti, en République Centrafricaine, au Benin, au Niger, au Cameroun.... En particulier sur le plan de l' éducation et de la formation.. Beaucoup d'étudiants africains bénéficient aujourd'hui des bourses d'études dans des universités chinoises dans divers domaines. Des agents et cadres africains effectuent chaque année des stages de renforcements des capacités en Chine financés par le gouvernement chinois, y compris les professionnels des medias. Dans le domaine des médias, concrètement, la coopération sino- africaine est effective notamment au Burundi où la Chine construit une fibre optique qui lui permettra de communiquer avec pratiquement toute l'Afrique de l'Est. Outre la société Star Times qui y opère dans le domaine de communication et l'institut Confucius qui accueille des journalistes voulant apprendre le chinois, la Chine a donné du matériel à la Radio-Télévision Nationale du Burundi (RTNB) dans le cadre du cinquantenaire de l'indépendance et compte diffuser les émissions de la Radio Chine lnternationale (RCl) en modulation de fréquence( FM). Au Sénégal, la RCI émet aussi en relais FM. Au Cameroun, il existe un projet d'une entreprise privée chinoise pour la migration numérique, etc. D'autres potentiels chantiers pourront s'ouvrir à elle dans les pays africains au regard du mode de coopération qui est basée en partie sur le principe des financements liés.   - - - Les perspectives d'avenir L'avenir des relations de coopération entre la Chine et I'Afrique passe par la coopération entre les médias africains et chinois qui se traduira par des échanges des programmes et de savoir-faire. Les journalistes et professionnels des medias africains et chinois doivent renforcer leur coopération bilatérale en mettant en exergue les aspects culturels de nos deux continents. La diversité linguistique ne doit plus être une barrière.  Les professionnels des médias africains ne cessent d'émettre le voeu de voir ta Chine s'investir davantage dans les renforcements des capacités des journalistes, techniciens et professionnels des médias africains afin de bénéficier de l'expérience et de I'expertise chinoise pour mieux maîtriser les nouvelles technologies de la communication. L'importance pour les médias chinois de travailler en synergie avec la presse africaine est aussi nécessaire en vue de mieux faire connaître la Chine à l'Afrique et l'Afrique à la Chine.   - - - Cap vers l'avenir La coopération entre la Chine et les pays africains est prometteuse. Si cette coopération et ce partenariat se font en parfaite harmonie, il y a lieu de noter toutefois que beaucoup de choses restent encore à faire. Le rôle des médias dans la consolidation et la matérialisation de ce partenariat gagnant- gagnant est donc indispensable dans la mesure où les médias, grâce à ses informations informent la population sur les réalisations chinoises en Afrique et la valeur ajoutée de la coopération sino- africaine. Et, en même temps, les médias jouent un rôle primordial dans les orientations politiques de décideurs sur les enjeux de ce partenariat et aussi les retombées positives de la coopération sino-africaine. Les médias apparaissent dès lors comme un paramètre déterminant du fait qu'ils soutiennent le développement dans les milieux les plus reculés du continent et expliquent à l'opinion le bien fondé des relations entre la Chine et l'Afrique dans le village planétaire devenu un rendez-vous du donner et du recevoir.

lundi 1 octobre 2012

La communauté chinoise de Centrafrique fête le 63e anniversaire de l'indépendance de son pays - Afrik.com : l'actualité de l'Afrique noire et du Maghreb - Le quotidien panafricain

La communauté chinoise de Centrafrique fête le 63e anniversaire de l'indépendance de son pays - Afrik.com : l'actualité de l'Afrique noire et du Maghreb - Le quotidien panafricain

TV5MONDE : Bilan de Barack Obama: peut mieux faire !

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Visite des journalistes africains à Xi'an - Musée d'histoire du Shaanxi et Musée des guerriers et chevaux en terre cuite de l'empereur Shihuangdi des Qin - china radio international

Visite des journalistes africains à Xi'an - Musée d'histoire du Shaanxi et Musée des guerriers et chevaux en terre cuite de l'empereur Shihuangdi des Qin - china radio international

Visite des journalistes africains à Xi'an - Musée d'histoire du Shaanxi et Musée des guerriers et chevaux en terre cuite de l'empereur Shihuangdi des Qin
  2012-09-28 10:08:26  cri

Les échanges sino-africains profitent aux deux parties - china radio international

Les échanges sino-africains profitent aux deux parties - china radio international
En raison de la récession économique, qui frappait l'Afrique entre le début des années 80 et le milieu des années 90, la revue britannique « The Economist » l'a qualifiéde « continent sans espoir ». Mais dès le milieu des années 90, l'Afrique a renoué avec la croissance, enregistrant entre 99 et 2008 des taux annuels de 3%à 5%. Durant cette période, la coopération commerciale a également connu un développement rapide. En 2000, le volume des échanges entre la Chine et les pays africains a dépassé pour la première fois 10 milliards de dollars. En 2008, ce volume était de plus de 100 milliards. La Chine est actuellement le plus grand partenaire commercial et le deuxième plus gros investisseur pour les pays africains. He Wenping, chercheuse à l'institut de l'Afrique de l'Académie des sciences sociales de Chine pense que la coopération commerciale a beaucoup contribué à la croissance économique en Afrique. ''Un chercheur sud-africain a remarqué que la courbe économique de Afrique s'accordait avec celle de la Chine. Selon des données publiées par le Ministère chinois du Commerce, la Chine a contribué à hauteur de 50% à la croissance économique de l'Afrique à travers le commerce et les investissements. Des reports de la Banque mondiale, du Fond monétaire international (FMI) et de la Commission économique pour l'Afrique des Nations Unies, indiquent que deux facteurs majeurs ont conduit à la croissance économique en Afrique. Le premier, c'est l'augmentation du prix des matières premières au niveau mondial. Le second, c'est le renforcement des relations entre les états africains et de nouvelles entités économiques - comme la Chine, l'Inde, et des pays du Golfe. '' Selon des statistiques, le volume du commerce entre la Chine et les pays africains a atteint 166,3 milliards de dollars l'année dernière. L'excédent commercial de la Chine en Afrique a atteint 20,1 milliards de dollars. Fin avril, l'investissement direct de la Chine en Afrique représentait en tout 15,3 milliards alors que 10 ans plus tôt ce montant était inférieur à 500 millions de dollars. Jean Ping, ancien président de la Commission de l'Union Africaine pense que les investissements chinois ont été très précieux pour les pays africains. A travers des coopérations commerciales, la Chine s'est appliquée à aider les pays africains à bâtir des infrastructures fondamentales. Dès 2007, deux tiers des capitaux pour la construction de nouvelles infrastructures venait de Chine, et la Chine est devenu le plus grand constructeur dans ce domaine. Martin Mpana, l'ambassadeur du Cameroun en Chine considère que ces nouvelles infrastructures ont réellement profité aux pays africains. Les coopérations commerciales avec la Chine ont également permis aux pays africains d'élever leur statut sur la scène internationale. Les autres pays ont pris l'importance des relations avec les états africains. Après le sommet du forum sur la coopération sino-africaine en 2006, la Corée du Sud, l'Inde et la Turquie ont souhaité à leur tour établir une plate-forme de coopération avec l'Afrique. Les Etats-Unis et les pays européens ont aussi renforcé leur coopération avec les pays africains. Mais dans le même temps, ces mêmes pays occidentaux ont commencé à critiquer la Chine sur son rôle « néo-colonialiste » en Afrique et sur son pillage des ressources, comme le pétrole, en Afrique. En fait, depuis leurs indépendances, les pays africains ont besoin d'exporter du pétrole vers les pays occidentaux et d'importer de l'essence. La plupart des champs pétrolifères de bonne qualité sont contrôlés par de grandes compagnies comme Shell et Total. Les plus gros importateurs de pétrole d'Afrique sont des pays européens et les Etats-Unis. Le directeur du Centre de recherche africain à l'Institut chinois des études internationales Wang Hongyi, '' Dans le domaine des ressources, la Chine est le troisième plus gros importateur de pétrole d'Afrique. Le premier et le deuxième sont respectivement l'UE et les Etats-Unis. En comparaison des pays développés, il y a encore une grande différence avec la Chine pour le volume d'importation de pétrole. 36% de la production totale de pétrole africain est exportée vers l'UE. Ce chiffre n'est que de 17%-18%pour la Chine. '' Mais la coopération sino-africaine a besoin d'être améliorée. Le peuple chinois et les peuples en Afrique manquent de connaissances mutuelles. Par exemple, les chinois qui travaillent en Afrique ne parlent pas la langue locale et ne communiquent pas avec les habitants locaux. Parfois des conflits éclatent suite à des malentendus. Les africains aiment par ailleurs acheter des produits chinois, ceux qu'ils trouvent très bon marché et de bonne qualité. Mais les africains sont soucieux de perdre leur emploi à cause du nombre grandissant de chinois faisant du commerce en Afrique. Tout cela influence grandement les relations commerciales entre la Chine et l'Afrique. Wei Jianguo, secrétaire général du Centre international des échanges économiques de Chine et ancien vice-ministre du ministère chinois du Commerce conseille de promouvoir les échanges civils. ''Il faut premièrement renforcer les échanges entre jeunes chinois et africains. Les jeunes sont notre avenir. Deuxièmement, il faut renforcer la communication entre les villes, et en particulier les districts. Les communications entre les gouvernements locaux profiteront à la population. Troisièmement, il faut renforcer la coopération entre médias chinois et africains. Parce qu'on se connaît à travers les médias. Enfin, il faut renforcer la communication entre les chambres de commerce. '' dit M. Wei. La coopération sino-africaine doit à présent faire face à une qualité discutable et un environnement complexe des opinions publiques. Mais avec le renforcement des échanges civils, la coopération sino-africaine fera tomber les barrières du développement, et obtiendra de grands résultats.

dimanche 30 septembre 2012

Coopération : La Chine premier partenaire de Madagascar en importation

Coopération : La Chine premier partenaire de Madagascar en importation

Coopération : La Chine premier partenaire de Madagascar en importation

Coopération : La Chine premier partenaire de Madagascar en importation

2012 : Année de l’amitié entre l’Afrique et la Chine

2012 : Année de l’amitié entre l’Afrique et la Chine

L’ambassadeur de la République populaire de Chine en République du Congo, Guan Jian, a indiqué le 27 septembre à Brazzaville que 2012 était l’année de l’amitié sino-africaine, rappelant les mesures annoncées au profit du continent noir par le chef de l’Etat chinois, Hu Jintao, lors du forum sur la coopération sino-africaine en juillet dernier.





Ces mesures qui seront prises dans trois ans par le gouvernement chinois visent à soutenir la paix et le développement en Afrique, à développer un partenariat stratégique sino-africain.
Il s’agit entre autres, de l’octroi d’une ligne de crédit de 20 milliards de dollars US pour promouvoir le développement des infrastructures, l’agriculture et les petites et moyennes entreprises (PME) en Afrique ; de la mise en œuvre d’un programme «talents africains» visant à former 30.000 africains dans divers secteurs ; de la remise de 18000 bourses et de l’envoi de 1500 médecins chinois en Afrique ; de l’appui au renforcement des infrastructures météorologiques, de gestion et de protection des forêts.
La Chine entend également nouer un partenariat avec l’Afrique sur la construction des infrastructures transnationales et transrégionales ; créer en Chine un centre d’échanges de la presse Chine-Afrique ; lancer l’initiative d’un partenariat de coopération sino-africaine pour la paix et la sécurité ; former des cadres en matière de maintien de la paix et de sécurité au profit de l’Union africaine (UA).
«Le destin de la Chine est étroitement lié à celui de l’Afrique, et l’amitié sino-africaine est profondément enracinée dans les esprits des peuples chinois et africains qui se témoignent toujours dans un esprit d’égalité, d’amitié sincère et de soutien mutuel dans leur engagement commun pour un développement partagé. Quels que soient les aléas internationaux, la Chine continuera à se tenir fermement aux côtés des peuples africains et restera pour toujours leur bon ami, leur bon partenaire et leur bon frère», a déclaré Guan Jian.
Le diplomate chinois s’est exprimé au cours d’une soirée organisée au siège de l’ambassade de Chine à Brazzaville, dans le cadre du 63ème anniversaire de la fondation de la République populaire de Chine, en présence des membres du gouvernement congolais, des représentants des autres pays et des organisations internationales.
Il a salué l’excellence de la coopération entre la Chine et le Congo qui disposent d’un partenariat stratégique à travers lequel plusieurs projets d’infrastructures se réalisent en terre congolaise. Les deux pays ont parvenu à développer une coopération économique et commerciale profitable à leur peuple.
«J’espère que tous nos compatriotes au Congo continuent à travailler et coopérer davantage avec nos amis congolais pour apporter une contribution de notre part au développement et à la prospérité du Congo et au renforcement de l’amitié sino-congolaise», a renchéri Guan Jian.
Avec une population de 1.300.000.000 d’habitants, la Chine a enregistré des progrès en 2012 dans plusieurs secteurs d’activité. Malgré une conjoncture économique difficile, à la fois sur plan national et international, le pays table sur une croissance économique de 7,8.
En matière de technologie, des astronautes chinois ont réalisé le 24 juin dernier par voie manuelle une jonction d’un vaisseau spatial «le vaisseau divin numéro9» avec «le palais céleste numéro1», un module laboratoire en orbite. De même, un sous-marin habité (le Dragon fabuleux en mer) a plongé sur une profondeur de 7020m dans l’océan, réalisant un record mondial. A cela se greffent des médailles d’or arrachées par des athlètes chinois lors des jeux olympiques et paralympiques de Londres, ainsi que d’autres succès.
Par ailleurs, l’ambassadeur de Chine au Congo a estimé qu’en dépit des progrès enregistrés, la Chine demeurait un pays en voie de développement. Ce pays, deuxième puissance économique mondiale, devra relever un certain nombre de défis en vue de s’assurer un développement harmonieux.
«Sur son long chemin vers la modernisation, la Chine doit trouver dans ses pas à venir des solutions convenables aux problèmes tels que le développement déséquilibré, de fortes disparités entre la ville et la campagne, de même qu’entre les différentes régions, la structure économique imparfaite, les contraintes dans son développement liées à l’utilisation raisonnable des ressources naturelles et à la protection de l’environnement, etc.», a dit Guan Jian.


Christian Brice Elion

Le « soft power » chinois s’étend en Afrique avec la CCTV | Rue89

Le « soft power » chinois s’étend en Afrique avec la CCTV | Rue89
Le « soft power » chinois s’étend en Afrique avec la CCTV



Ronald Yick · Traduit par Nicolas Wong








La Télévision centrale de Chine (CCTV), média contrôlé par Pékin, a inauguré son bureau régional pour l’Afrique à Nairobi, au Kenya, le 11 janvier 2012.

Sa présence a certes diversifié le paysage médiatique africain, mais des organisation de défense de la liberté de la presse et des médias étrangers occidentaux, comme CNN et le New York Times, se sont montrés plutôt sceptiques quant à son indépendance éditoriale étant donnés les liens étroits entre la chaîne et le gouvernement chinois.

L’historique de CCTV Afrique

Selon son site officiel, CCTV Afrique produit une émission d’actualité quotidienne d’une durée d’une heure, un talk-show hebdomadaire, et un magazine de documentaires diffusé toutes les semaines. La chaîne a ainsi récemment produit un documentaire spécial sur le Kenya. CCTV Afrique compte environ 100 salariés, dont une majorité de Kényans.


Capture d’écran d’un clip promotionnel pour CCTV Afrique (capture d’écran YouTube)

Le nouvel arrivant est allé « piller des présentateurs vedettes et d’autres employés chez un certain nombre de chaînes locales », d’après eXpression Today, une revue publiée par « The Media Institute », une organisation de défense de la liberté de la presse au Kenya.

Comme la décision d’établir un bureau de CCTV à Nairobi a été prise pendant le Forum sur la coopération sino-africaine (FOCAC) en 2006, l’ONG en conclut que :

« Les détails sur la façon dont la chaîne chinoise (c’est-à-dire CCTV) est entré sur le marché restent “secret défense” en raison de l’opacité avec laquelle la Chine négocie ses accords avec ses partenaires. Mais des sources au ministère des Affaires étrangères et au ministère de l’Information indiquent que l’arrivée de CCTV au Kenya a été entérinée pendant le sommet Afrique-Chine (le FOCAC) en 2006.

Le président Mwai Kibaki, accompagné d’une délégation kényane, s’était alors rendu à Pékin pour y rejoindre 40 autres chefs d’État africains dans le but d’établir une nouvelle plateforme de coopération entre la Chine et l’Afrique.

Hormis les accords sur les développements d’infrastructures, d’autres domaines de coopération concernaient notamment les médias et des TIC (les technologies d’information et de communication). »

CCTV et le « soft power » chinois en Afrique

La présence des médias chinois en Afrique remonte au début des années 50, quand l’agence de presse Chine Nouvelle (Xinhua) et Radio Chine international (CRI) ont commencé à diffuser. À l’époque, l’objectif de ces médias était de répandre de la propagande et de soutenir les mouvements d’indépendance en Afrique.

Aujourd’hui, de nombreux médias et observateurs étrangers pensent que la présence de CCTV en Afrique vise à étendre le « soft power » du gouvernement chinois et rivaliser avec des géants tels que CNN ou la BBC.

Tom Rhodes, du Comité de protection des journalistes, souligne que :

« Cette expansion intervient alors que d’autres, majoritairement des médias occidentaux, sont en train de réduire leur présence en Afrique de l’est. La BBC a, par exemple, été obligée de se séparer d’un certain nombre de correspondants, tandis que France 24 avait annoncé une fusion avec Radio France Internationale pour réduire les coûts. »

Wu Yu-shan [pdf], dans une étude de juin 2012 intitulée « La naissance d’une dynastie des médias étatiques chinois en Afrique », affirme que :

« Son “soft-power” ne sert pas seulement à promouvoir son statut international, il vise également à rendre les valeurs et la culture chinoises plus attractives à un public lassé par l’idéologie traditionnelle. C’est pourquoi la Chine doit d’abord séduire sa propre population avant de pouvoir proposer autre chose que du développement économique. »

Wu [pdf] indique également que la Chine veut contrer le portrait négatif dressé par les grands médias occidentaux, ce que Song Jia-ning, le directeur du bureau CCTV Afrique, semble avoir confirmé en juillet 2012 :

« Le traitement par les médias occidentaux de la Chine et de son influence grandissante en Afrique en est l’un des meilleurs exemples. Les angles abordés dans les médias occidentaux concernent habituellement l’impact négatif de la Chine en Afrique, et de ses complicités avec les gouvernements corrompus. Ils parlent régulièrement de la Chine comme d’une entité monolithique, ils critiquent les ambitions coloniales de la Chine, et se focalisent sur les circonstances actuelles sans donner d’explications socio-historiques sur la relation Chine-Afrique. »

L’objectivité de la CCTV en question

Dans son étude, Wu s’est également interrogé sur l’objectivité éditoriale de la CCTV [pdf] puisque contrôlé par le gouvernement :

« Dans le même temps, les médias chinois doivent remplir des objectifs fixés par l’État. En ce qui concerne la couverture de l’Afrique, là où leurs concurrents ont tendance à titrer sur les côtés controversés des relations sino-africaines, les médias chinois se concentrent plutôt sur une narration plus facile des histoires positives, de l’amitié et de la sincérité, tout en évitant les zones d’ombre. »

Dans eXpression Today, l’ONG de défense de la liberté de la presse souligne également que :

« … La Chine commente rarement en public les affaires politiques des autres pays. En ce sens, l’arrivée de CCTV au Kenya n’aura sûrement pas d’impact sur la politique kényane car la politique “toxique” est un terrain interdit pour les médias chinois.

En s’écartant des questions sérieuses de politique, CCTV ne sera pas différent de KBC et ne posera donc pas de concurrence sérieuse aux chaînes de télévision locales ou aux autres chaînes internationales car la politique reste le contenu médiatique le plus apprécié. »

Le journaliste Sambuddha Mitra Mustafi pense que l’argent ne permet d’acheter la crédibilité :

« Le succès de la stratégie médiatique mondiale de la Chine dépendra de si ses médias sauront sortir des scoops, et les traiter pour prouver au monde leur courage journalistique d’une manière que les déclarations de rédacteurs-en-chef ou d’officiels bien intentionnés ne sauront jamais égaler. Si CCTV arrive à devenir une chaîne incontournable, même si ce n’est que pendant quelques jours, cela pourrait changer définitivement les règles du jeu.

Et quand ce moment viendra, les journalistes se devront de poser des questions dures et pertinentes, même à propos du leadership chinois. Mais les dirigeants auront-ils le courage d’y faire face ? »

Les échanges entre les médias chinois et africains sont devenus plus fréquents depuis les années 2000 (voir l’étude de Wu [pdf]). Ils vont du support technique à la fourniture de contenus, en passant par des programmes d’échanges de cadres et de formation de journalistes. Les programmes de formation en journalisme, toutefois, ont été pointés du doigt.

Une anecdote, originellement racontée par Gideon Nkala sur le site Mmegi Online, est relatée dans « Chine et Afrique : un siècle d’engagement“, le dernier livre de Shinn et d’Eisenman :

‘Après être rentré chez lui au terme d’une formation de journaliste en juin 2008, Gideon Nkala, du journal botswanais The Reporter, a publié un témoignage donnant un rare aperçu des programmes d’échanges de journalistes multilatéraux de la Chine, du point de vue d’un Africain.

Il observe que tous les journalistes africains avaient hâte d’assister au cours sur le Tibet. Un cours pendant lequel l’instructeur du PCC leur a dit :

Le Tibet a toujours fait partie de la Chine et le Grand Tibet est une création des médias qui n’a jamais existé.’ Le peuple chinois ‘a percé les mensonges et les fabrications de l’Occident, qui parlent des atrocités commises par les Chinois mais qui ne disent pas un mot sur les moines tibétains qui agressent et qui tuent des gens’.

L’instructeur a également apporté des ‘photos montrant que même les photos ont été recadrées pour masquer les atrocités commises par les moines et leurs partisans.’

Il suscité le fou rire de la classe en disant, avec un air sérieux, que CNN est désormais devenu un terme utilisé la rue chinoise pour désigner quelque chose de faux ou d’inventé. ‘Si quelque ment en Chine, on lui dit désormais que Tu es CNN.’”

Le dragon asiatique envahit l'horizon africain ....

Le dragon asiatique envahit l'horizon africain ....
Depuis plus d'une décennie maintenant les relations Afrique-Asie sont à leur plus haut niveau. une série de ballets diplomatiques a vu le jour donc entre les pays africains et la Chine qui se traduit par des liens d'amitié, de courtoisie et de coopération. Le couronnement de ces échanges est un partenariat économique assaisonné de prêts quelques fois non-remboursables et de dons dans les domaines comme la santé, l'éducation, etc.
Quand on sait qu'aucune personne encore moins un pays ne cherche à se ruiner pour faire plaisir aux autres, comme disait le Président français Jacques Chirac : " Les pays n'ont pas d'amis mais n'ont que des intérêts". Au regard donc de cette donne, on est en droit de se poser les questions de savoir: Pourquoi une telle opération de charme de la part de la Chine? Tout ces milliards accordés aux pays africains seraient-ils sans arrière-pensée?

Bien sûr que non, cela ce voit uniquement dans les rêves et les dessins animés. Cette opération de séduction de la Chine ne vise qu'à bénéficier des richesses du continent africain pour ne pas dire piller ses richesses. Mais quand on pense qu'il peu de temps de cela, la Chine à l'instar de la Russie et des pays socialistes-communistes d'Amérique latine traitaient le bloc occidental d'impérialiste et pilleur; on est donc étonné de découvrir la Chine dans la course à l'impérialisme et à la razzia.

N'oublions surtout pas que certains de ces pays asiatiques ont annexé leur voisin; le Japon a annexé par deux fois la Chine et le Tibet. La Chine, elle est à sa troisième occupation du territoire tibétain qui a un sous-sol riche en pierres et métaux précieux...

Au Cameroun, les industriels chinois ont imité sans scrupule les pagnes traditionnels fabriqués par les tisserands  locaux. Ecoulées moins chères, les copies chinoises sont un poison pour ces braves artisans camerounais et du coup ces pères et mères de familles se retrouvent ruinés. C'est fort de tout ceci que des précautions doivent être prise dans les relations Chine-Afrique pour éviter une invasion qui s'aperçoit déjà à l'horizon, tant le nombre des immigrés chinois en Afrique a plus que décuplé ces cinq dernières années.

lundi 24 septembre 2012

L’ABC du chinois - CCTV Francais - Francais_CCTV.com

L’ABC du chinois - CCTV Francais - Francais_CCTV.com

CCTV-Coopération entre les médias Chine-Afrique

CCTV-Coopération entre les médias Chine-Afrique

Fréquence Afrique - china radio international

Fréquence Afrique - china radio international
La Chine renforce depuis quelques années sa présence médiatique sur le continent africain. Chaîne de télé au Kenya, stations de radios au Sénégal, au Niger et dans plusieurs autres pays, programmes de coopération… Comment cette vaste offensive est-elle perçue en Afrique ? Quelle place les médias ont-ils en Afrique et quel rôle jouent-ils ? Nous en parlons en début émission avec Abdoul Razak Mahaman Abdou. C'est le responsable d'une radio privée au Niger et il connaît très bien la Chine. C'est le rendez-vous par excellence pour parler des questions économiques et ça se passe chaque année en Chine : le Davos d'été. L'édition 2012 s'est refermée il y a quelques jours tout près de Beijing. Un des forums était justement consacré cette année au futur de l'économie africaine. Nous faisons le point après. Une émission, une personnalité. FA va vous faire danser. Portrait du roi de l'afro-zouk, Oliver N'Goma, ce sera avec Lycoris tout à l'heure.

Moussa SY, secrétaire de l'ambassade du Sénégal à BEIJING : « Notre coopération avec la Chine est basée sur le respect, la solidarité et la fraternité »

Moussa SY, secrétaire de l'ambassade du Sénégal à BEIJING : « Notre coopération avec la Chine est basée sur le respect, la solidarité et la fraternité »
- Le rendez-vous de l'Afrique sur Internet
BEIJING a Chine n’est pas encore une destination préférée des Sénégalais, même si une communauté estudiantine s’y installe d’année en année. Pour autant, ce géant asiatiqueet le Sénégal, qui ont rétabli leurs relations diplomatiques en 2006, nouent une coopération solide et très diversifiée. A Beijing, nous avons rencontré Moussa Sy, 1er secrétaire de l’ambassade du Sénégal.
Est-ce qu’il y a des Sénégalais qui vivent à Beijing et combien sont-ils exactement ?
«Effectivement, il y a une communauté sénégalaise qui vit à Beijing, mais la grande partie est composée d’étudiants, à part le personnel de l’ambassade. Le reste de la communauté vit à Guangzhou, une ville commerciale au sud Est de la Chine.»
 
Est-ce que l’ambassade dispose de chiffres exacts sur le nombre de Sénégalais qui vivent en Chine ?
«Selon les dernières estimations que nous disposons dans la ville de Guangzhou, il y a au moins 250 Sénégalais qui vivent dans cette localité, et il y a une communauté estudiantine qui est de l’ordre de 200 étudiants boursiers du gouvernement de la République populaire de Chine.»
Pensez-vous qu’il est facile pour les Africains, et particulièrement pour les Sénégalais, de vivre dans cette ville ?
«Il est vrai que la Chine est un pays éloigné, les conditions climatiques ne sont pas faciles. De même, la barrière linguistique est un problème auquel il faut faire face. Il y a aussi que la culture chinoise est différente de la culture africaine et sénégalaise, même si, dans certains endroits, on peut noter des ressemblances, notamment du point de vue de l’accueil, de l’hospitalité et de la solidarité.»
Comment définissez-vous les relations entre la Chine et le Sénégal ?
«Depuis 2006, on a rétabli nos relations diplomatiques avec la Chine. Aujourd'hui, ces relations diplomatiques sont au beau fixe. Sous l’impulsion de l’ambassadeur Pape Khalilou Fall, la Chine et le Sénégal ont diversifié leur partenariat sur tous les plans, notamment dans le domaine de la culture. Le Grand Théâtre en est une illustration parfaite. Dans le domaine du sport, nous avons vu la construction et la réhabilitation des stades régionaux. Dans le domaine de l’éducation, des bourses sont octroyées, chaque année, à des étudiants sénégalais. Il en est de même pour l’agriculture, domaine dans lequel beaucoup de projets sont en cours, et le secteur de l’énergie. C’est dire que notre coopération avec la Chine est très solide, très riche et très variée. Mais elle est surtout basée dans le respect, la solidarité et la fraternité.»
Pensez-vous que le modèle de développement prôné par les Chinois peut s’appliquer aux pays africains ?
«Le culte du travail est une réalité en Chine. Le peuple chinois est un peuple travailleur, généreux dans l’effort, la rigueur et la transparence dans ce qu’ils font. En plus de sa population nombreuse, la Chine dispose de ressources minières, énergétiques énormes. Mais ce qui fait leur réussite,  c’est le travail bien fait, la planification et le suivi-évaluation. Depuis 2009, ils ont un projet de construction de 30 millions de logements sur cinq ans, mais l’année dernière déjà ils étaient à 10 millions de logements sociaux. La Chine fait partie des pays qui ont actuellement une croissance à deux chiffres, et cette réussite est basée sur l’adoption de plans quinquennaux. Egalement, ils ont fait de gros efforts dans l’industrialisation par la transformation des matières premières, ce qui leur évite les exportations en masse. Cette réussite s’explique aussi par le nationalisme qui est très ancré chez les Chinois.»
A entendre les autorités chinoises, leur pays est toujours en voie de développement. Est-ce que ce n’est pas là une manière de masquer leur développement réel ?
«Ce qui est sûr, c’est que la Chine était la troisième puissance derrière les Etats-Unis et le Japon. Aujourd’hui, ce pays est la deuxième puissance mondiale. Et, selon les plus grands experts, la Chine sera, d’ici 2015-2016,  la première puissance mondiale. C’est un élément de satisfecit, même si des problèmes existent encore, force est de reconnaître que la Chine est devenue une puissance mondiale.»  
 
Ces dernières années, nous avons constaté une proximité entre la Chine et l’Afrique. Qu’est-ce qui explique ?
«C’est parce que la Chine croit en l’Afrique et à son avenir. Tout récemment, ils ont organisé le Forum Chine-Afrique et la Chine a dégagé 20 millions de dollars pour soutenir le développement de l’Afrique. Et il y  a un plan d’actions pour cinq ans, à travers lequel la Chine s’engage à côté de l’Afrique pour travailler dans les domaines de l’éducation, de l’agriculture, etc. La Chine représente un marché, et elle a ouvert la porte à l’Afrique. Il appartient aux pays africains de saisir cette chance avec 1,5 milliard de personnes. Il faut que l’Afrique soit consciente que la Chine est un marché potentiel.»
Le tourisme culturel est bien pratiqué en Chine. N’est-ce pas là une chance pour l’Afrique d’exploiter son riche patrimoine  ?
«La Chine est très attachée à son histoire et à sa culture. Et le patrimoine historique et artistique de l’Afrique peut générer des ressources énormes pour l’Afrique. Rien que le tourisme intérieur chinois peut faire vivre la Chine. De ce point de vue, l’Afrique doit développer la coopération touristique avec la Chine.»
Par rapport à cette coopération Chine-Afrique, certains pensent que les Chinois ne sont intéressés que par les ressources naturelles de l’Afrique. Partagez-vous leur avis ?
«Nous sommes à l’heure de la coopération gagnant-gagnant. Dans toute opération, les gens essaient de gagner quelque chose. Par conséquent, même si la Chine gagne dans ce partenariat avec l’Afrique, les Africains doivent aussi exploiter cette coopération. Mais je ne crois pas à cette thèse qui voit toujours du noir dans la relation entre la Chine et l’Afrique.»
Propos recueillis par notre envoyé spécial Maguette NDONG

mercredi 19 septembre 2012

Quand la Chine s'éveillera , l'Afrique s'en inspirera !

Quand la Chine s'éveillera , l'Afrique s'en inspirera !
Une africanisation  du titre, ô combien prémonitoire, du livre  d'Alain Peyrefitte donnerait: " Quand la Chine s'éveillera, l'Afrique s'en inspirera ". A l'évidence, l'Empire du milieu s'est éveillé. Plus que d'un éveil, la Chine est dans le peloton de tête des pays qui marchent.
     Au premier contact avec ce pays, l'impression confirmée par le quotidien est invariablement la même : le pays de Mao Zedong a effectué un pas de géant. Plus qu'un bond en avant dont parlait le fondateur de la République populaire de Chine, il s'agit d'un immense saut qualitatif. Et visiblement, les Chinois sont loin, très loin de s'en contenter.  Ils travaillent, ils travaillent encore, ils travaillent toujours. Dans une harmonie, une rigueur et un sens d'organisation qui force respect et admiration.
     Si à Pékin, Xi'an, les gratte-ciel et autres immeubles en hauteur de tout acabit accueillent tout visiteur, des grues, encore des grues et toujours des grues sont en action. 24 heures sur 24. Déjà modernisée, la Chine demeure un méga-chantier. Pour un Africain débarquant dans un pays où le développement ne relève plus d'un slogan désincarné, une seule question taraude l'esprit : Pourquoi l'Afrique ne s'inspirerait -elle pas de l'exemple chinois ?  Cette interrogation en appelle une autre : pourquoi les pays africains ne coopéreraient-t-ils pas intensément avec ce pays- continent ?
     A la base de ce double  questionnement, un parallèle édifiant entre la Chine et l'Afrique. Voici un pays et un continent qui font partie, tous les deux, de vieilles civilisations de l'Humanité. Voici un pays -la Chine- qui est passé par  toutes les fortunes et tous les avatars qu'a connus et que connait encore l'Afrique : colonisation ou occupation, sous-développement, lutte pour l'indépendance…Voici en fin un pays qui, tout en étant ouvert,  a puisé dans son histoire, ses traditions, son génie pour  trouver sa propre voie d'organisation socio-politique. Le résultat est là comme pour valider l'option levée par le peuple chinois. D'un pays qui impressionnait essentiellement par son immensité géographique et sa démographie, la Chine est aujourd'hui la deuxième économie mondiale, le sérum financier du monde entier.
     A l'heure où nombre de pays africains dont le Congo/ Kinshasa rêvent d'émergence, la success story chinoise ne peut que donner matière à réflexion. Et quand cette Chine respectueuse de la souveraineté des Etats, de tous les Etats, tend sa main amicale à l'Afrique, il y a là une opportunité d'un partenariat  win win .Une coopération d'autant plus positive qu'elle est débarrassée des pesanteurs interventionnistes tant décriées sur le continent. Il n'y a donc pas de gêne pour l'Afrique de s'inspirer, dans la mesure du possible,  de la réussite chinoise.  José NAWEJ

Femmes insécurité et paix:  » Nous sommes la grandeur de l’humanité, alors nous sommes incontournable  » dixit Oumou Touré de la Cafo - maliweb.net

Femmes insécurité et paix:  » Nous sommes la grandeur de l’humanité, alors nous sommes incontournable  » dixit Oumou Touré de la Cafo - maliweb.net

19 septembre 2012 Rubrique: Nation,Société
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Oumou Cafo

 » Nous sommes au début, au milieu et à la fin de toutes les choses sur cette terre, de ce fait mobilisez-vous comme des vraies artisanes « ,  c’est en ces termes que s’est exprimée la présidente de la Cafo, Mme Oumou Touré devant  les femmes  du Mali.  Une façon d’inciter celles-ci à une prise de conscience face à la situation actuelle du pays. C’est ce qui est ressorti de la conférence débat du jeudi 13 septembre au siège de la Cafo à Bolibana  autour du  thème  » femmes insécurité et paix « .

Les femmes sont sorties massivement pour prendre part à cet espace contact avec les femmes  de la coalition des droits d’intégration et médiation  (CODIM) de la Cafo. L’objectif pour ces femmes était de faire entendre leur voix dans la recherche d’une  solution à la crise que traverse le pays. Compte tenu de leur poids sociologique, soit 52%  de la population, les femmes sont décidées à être dans  des organes de prise de décision.  Selon la présidente de la Cafo, Mme Oumou Touré, la participation à la vie publique est un devoir, de ce fait, les femmes ont le même droit que les hommes dans la prise de décision. Malheureusement,  pour le problème du nord, cette équité n’a pas été respectée. Elle a mentionné que les femmes dans les situations de guerre sont généralement employées comme appât de guerre. Elles sont violées, séquestrées, et même traumatisées.  » C’est ce qui est malheureusement arrivé à nos sœurs et mamans du nord du Mali « . En effet, elles ont été privées de leur mode de vie habituelle, elles sont contraintes de se voiler et ne doivent plus sortir pour aller chercher de l’eau, ni pour aller au marché, encore moins à la mosquée.

Au vu de cette situation, les femmes ne peuvent rester indifférentes, malgré qu’elles n’aient  été associées à aucune prise de décision. Pourtant, nous sommes la grandeur de l’humanité qu’on le veuille ou pas et nous demeurerons cette force incontournable. Elle a rappelé les évènements de mars 1991 quand des femmes  touchées par des enfants ensanglantés sont sorties pour exprimer leur ras- le bol. Pourtant, ce jour, elles sont sorties en tant que mères et non en qualité de membres d’une association quelconque. Ce jour là, elles n’ont pas eu peur des balles et elles se sont fait entendre. « Nous devons nous faire entendre pour l’honneur de notre Mali indivisible » a-t-elle martelé. Pour ce faire, la présidente de la Cafo a invité les femmes à la cohésion, à l’entente et à l’union sacrée pour sauver le pays.

Pour l’officier des droits de l’homme du bureau  du coordinateur résident du Système des Nations Unies, Omer K. Kalameu, il faut que les femmes aient une place spéciale dans nos sociétés. Il a de ce fait déploré que les femmes n’aient été associées par la CEDEAO à aucune décision de sortie de crise. La charte de Kurukanfuga ,   rappelle t-il, est l’exemple idéal qui démontre le rôle que peut jouer une femme dans le développement d’un pays : « derrière chaque brave homme  se trouve une brave  femme ». Kalameu d’inviter les femmes à s’organiser tout en aidant le gouvernement à sortir de cette impasse.

F. Mah Thiam KONE

Chine - Afrique : Des échanges commerciaux importants, mais déséquilibrés

Chine - Afrique : Des échanges commerciaux importants, mais déséquilibrés

Chine - Afrique : Des échanges commerciaux importants, mais déséquilibrés

Thursday, 13 September 2012 11:29
Written by Administrator

Devenue plus proche de l’Afrique, la Chine réalise des investissements sans précédent sur le continent. Ses échanges commerciaux avec l’Afrique sont passés de 10,59 milliards à 129 milliards de dollars entre 2000 et 2010, dépassant largement le volume des échanges entre le continent africain et les Etats-Unis ou l’Europe. Toutefois, la balance commerciale reste déséquilibrée en faveur de la Chine.
«La coopération avec l’Afrique est une opportunité et pas une menace». Celui qui prononce cette phrase est pourtant un grand responsable du gouvernement chinois qui maîtrise parfaitement l’histoire des relations entre l’Afrique et son pays. Vice-directeur du Bureau des affaires africaines du département international, Zhong Weiyun, qui a reçu, hier, à Beijing un groupe de journalistes africains, assure que cette relation entre la Chine et l’Afrique a connu un développement fulgurant. Elle fait l’objet d’une grande attention de la part des pays occidentaux et plusieurs autres en voie de développement.
Depuis le forum sino-africain organisé à Beijing en 2006, la Chine a noué un nouveau pacte avec l’Afrique en multipliant son assistance par 10. Ce qui lui a permis de  contribuer, notamment, à la réduction de la pauvreté, à la construction d’infrastructures, à l’acquisition de produits médicaux et au bien-être des populations africaines. Au plan commercial, les échanges entre les deux parties sont passés de 10,59 milliards de dollars à 129 milliards entre 2000 et 2010. Même si, entre 2008 et 2009, cette assistance a connu une baisse en passant de 106,8 milliards de dollars à 90,7 milliards, à cause de la crise mondiale, la Chine dépasse largement l’Europe et les États-Unis en matière d’échanges commerciaux avec l’Afrique. Dans la même période, les investissements dans les infrastructures de l’Empire du milieu en faveur des pays africains étaient passés de 216 millions à 14.700 milliards de dollars entre 2000 et 2011.
L’Afrique du Sud, l’Angola, le Soudan, l’Égypte et le Nigeria sont les cinq principaux pays partenaires de la Chine dont la première marchandise recherchée sur le continent reste le pétrole. En 2011, c’est une valeur de 47,1 milliards de dollars qui a été importée d’Afrique. Tandis que les importations de fer et de diamant sont respectivement de 7,3 milliards à 1,4 milliards de dollars dans la même année. Les exportations vers l’Afrique sont essentiellement des produits mécaniques (35 milliards de dollars), le textile (8,8 milliards), le plastique (4,5 milliards) et les chaussures avec un volume d’un peu plus de 6 milliards de dollars. Toutefois, fait remarquer M. Zhong Weiyun, «le volume d’exportation des produits africains reste faible, malgré les 90 % d’exonération de taxes sur les produits en provenance d’Afrique». Mais cette relation entre l’Afrique et la Chine n’est pas uniquement basée sur les échanges économiques et commerciaux.
Le domaine culturel est aussi un autre axe exploré par les deux parties. Car la Chine et l’Afrique ont su mettre sur pied différentes structures comme le forum des jeunes dirigeants sino-africains, celui des ministres de la Culture et un autre sur l’enseignement supérieur. Aussi, un grand évènement est organisé, chaque année, à Beijing mettant en exergue les cultures chinoises et africaines. De même que des bourses d’études sont souvent offertes par la Chine aux pays africains. Entre 2000 et 2011, ces bourses sont passées de 1154 à 6314.
En dépit de ces échanges divers, le vice-directeur des affaires africaines du département international assure que cette relation sino-africaine est confrontée à des défis. Jusque-là, les échanges avec les gouvernements sont plus nombreux que ceux établis avec d’autres organisations privées ou populaires. Egalement, a fait remarquer M. Weiyun, «les médias sont un maillon faible de cette relation».
L’autre défi que la Chine veut relever, c’est qu’elle n’a pas encore établi de relations diplomatiques avec quatre pays sur les 54 de l’Afrique. Il s’agit notamment du Burkina Faso, de la Gambie, du Malawi et de Sao Tomé et Principe qui ont toujours des relations avec Taïwan. Or, dénonce le vice-directeur du Bureau des affaires africaines du Département international, «ce maintien des relations avec Taïwan est une ingérence dans les affaires intérieures de la Chine».

De notre envoyé spécial Maguette NDONG

Chine - Afrique : Des échanges commerciaux importants, mais déséquilibrés

Chine - Afrique : Des échanges commerciaux importants, mais déséquilibrés

Chine - Afrique : Des échanges commerciaux importants, mais déséquilibrés

Thursday, 13 September 2012 11:29
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Devenue plus proche de l’Afrique, la Chine réalise des investissements sans précédent sur le continent. Ses échanges commerciaux avec l’Afrique sont passés de 10,59 milliards à 129 milliards de dollars entre 2000 et 2010, dépassant largement le volume des échanges entre le continent africain et les Etats-Unis ou l’Europe. Toutefois, la balance commerciale reste déséquilibrée en faveur de la Chine.
«La coopération avec l’Afrique est une opportunité et pas une menace». Celui qui prononce cette phrase est pourtant un grand responsable du gouvernement chinois qui maîtrise parfaitement l’histoire des relations entre l’Afrique et son pays. Vice-directeur du Bureau des affaires africaines du département international, Zhong Weiyun, qui a reçu, hier, à Beijing un groupe de journalistes africains, assure que cette relation entre la Chine et l’Afrique a connu un développement fulgurant. Elle fait l’objet d’une grande attention de la part des pays occidentaux et plusieurs autres en voie de développement.
Depuis le forum sino-africain organisé à Beijing en 2006, la Chine a noué un nouveau pacte avec l’Afrique en multipliant son assistance par 10. Ce qui lui a permis de  contribuer, notamment, à la réduction de la pauvreté, à la construction d’infrastructures, à l’acquisition de produits médicaux et au bien-être des populations africaines. Au plan commercial, les échanges entre les deux parties sont passés de 10,59 milliards de dollars à 129 milliards entre 2000 et 2010. Même si, entre 2008 et 2009, cette assistance a connu une baisse en passant de 106,8 milliards de dollars à 90,7 milliards, à cause de la crise mondiale, la Chine dépasse largement l’Europe et les États-Unis en matière d’échanges commerciaux avec l’Afrique. Dans la même période, les investissements dans les infrastructures de l’Empire du milieu en faveur des pays africains étaient passés de 216 millions à 14.700 milliards de dollars entre 2000 et 2011.
L’Afrique du Sud, l’Angola, le Soudan, l’Égypte et le Nigeria sont les cinq principaux pays partenaires de la Chine dont la première marchandise recherchée sur le continent reste le pétrole. En 2011, c’est une valeur de 47,1 milliards de dollars qui a été importée d’Afrique. Tandis que les importations de fer et de diamant sont respectivement de 7,3 milliards à 1,4 milliards de dollars dans la même année. Les exportations vers l’Afrique sont essentiellement des produits mécaniques (35 milliards de dollars), le textile (8,8 milliards), le plastique (4,5 milliards) et les chaussures avec un volume d’un peu plus de 6 milliards de dollars. Toutefois, fait remarquer M. Zhong Weiyun, «le volume d’exportation des produits africains reste faible, malgré les 90 % d’exonération de taxes sur les produits en provenance d’Afrique». Mais cette relation entre l’Afrique et la Chine n’est pas uniquement basée sur les échanges économiques et commerciaux.
Le domaine culturel est aussi un autre axe exploré par les deux parties. Car la Chine et l’Afrique ont su mettre sur pied différentes structures comme le forum des jeunes dirigeants sino-africains, celui des ministres de la Culture et un autre sur l’enseignement supérieur. Aussi, un grand évènement est organisé, chaque année, à Beijing mettant en exergue les cultures chinoises et africaines. De même que des bourses d’études sont souvent offertes par la Chine aux pays africains. Entre 2000 et 2011, ces bourses sont passées de 1154 à 6314.
En dépit de ces échanges divers, le vice-directeur des affaires africaines du département international assure que cette relation sino-africaine est confrontée à des défis. Jusque-là, les échanges avec les gouvernements sont plus nombreux que ceux établis avec d’autres organisations privées ou populaires. Egalement, a fait remarquer M. Weiyun, «les médias sont un maillon faible de cette relation».
L’autre défi que la Chine veut relever, c’est qu’elle n’a pas encore établi de relations diplomatiques avec quatre pays sur les 54 de l’Afrique. Il s’agit notamment du Burkina Faso, de la Gambie, du Malawi et de Sao Tomé et Principe qui ont toujours des relations avec Taïwan. Or, dénonce le vice-directeur du Bureau des affaires africaines du Département international, «ce maintien des relations avec Taïwan est une ingérence dans les affaires intérieures de la Chine».

De notre envoyé spécial Maguette NDONG

CCTV Africa, la nouvelle chaîne kenyane “made in China” - Télévision - Télérama.fr

CCTV Africa, la nouvelle chaîne kenyane “made in China” - Télévision - Télérama.fr

A Nairobi vient de s'implanter une chaîne d'info ultramoderne. Elle est détenue à 100 % par l'Etat chinois. Qui, sous prétexte de révéler au monde le vrai visage de l'Afrique, soigne surtout sa propre image.
Le 15/09/2012 à 00h00
Lucas Armati- Télérama n° 3270
CCTV Africa : un habillage moderne, un ton professionnel, des salariés kenyans et chinois qui collaborent désormais sans problème. © Dominic Nahr/Magnum Photos pour Télérama

Perchée sur de hauts talons, gainée dans un petit tailleur rouge, Beatrice Marshall nous accueille avec un large sourire. A quelques minutes de l'enregistrement de son émission hebdomadaire, la coquette journaliste, star kenyane de l'info, paraît parfaitement détendue. Autour d'elle s'agitent techniciens, assistants, coiffeuse personnelle. Elle reste pro et, avec assurance, prend place dans son studio ultramoderne. Déco noire, écrans plats, prompteur... on se croirait sur CNN. A une différence près : le contenu du show politique que Beatrice Marshall va animer ce jour-là.

Au sommaire, les sanctions que Barack Obama veut imposer à l'Afrique du Sud et au Kenya pour avoir acheté du pétrole aux Iraniens. « Pourquoi les Etats-Unis se permettent-ils de choisir les alliés et les ennemis de l'Afrique ? » attaque la journaliste. En duplex et en plateau, des experts argumentent. Tous s'élèvent contre la politique de Washington. A l'écran apparaît un énorme sous-titre : « Les sanctions, un héritage impérialiste aberrant. » Une position polémique, très officiellement défendue par Pékin, qui se fournit aussi en pétrole iranien. Pas vraiment un hasard : l'émission est diffusée sur CCTV Africa, la toute nouvelle chaîne d'info africaine, à l'habillage moderne, au ton professionnel... mais détenue à 100 % par l'Etat chinois.

Langue, idées, films, ­médias...
 tout est bon pour conquérir la sphère culturelle,
 asseoir en douceur sa domination.

Une chaîne asiatique en terres kenyanes... Nous connaissions l'appétit économique de la Chine, qui s'est lancée à la conquête du continent noir et de ses matières premières il y a une quinzaine d'années (lire page suivante). Aujourd'hui, Pékin inaugure une nouvelle stratégie. Après les chantiers boueux, place au « soft power ». Langue, idées, films, ­médias..., tout est bon pour conquérir la sphère culturelle, ­imposer sans en avoir l'air ses valeurs, asseoir en douceur sa domination. Ce changement de tactique, il faut en chercher le déclic un jour d'avril 2008. Sur sa route pour Pékin, la flamme olympique fait étape à Paris. Un fiasco. Attaquée par des militants pro-Tibet, la torche olympique est éteinte à plusieurs reprises. Choquée, la Chine censure les images mais se décide à investir massivement pour améliorer sa ­réputation à l'étranger.

A Nairobi, l'opération de séduction s'est traduite par le lancement en grande pompe, en janvier dernier, du QG de la chaîne asiatique. Jusqu'alors, l'antenne internationale de CCTV News, la CNN officielle chinoise, ne disposait que de quelques correspondants en Afrique qui lui envoyaient leurs reportages quand l'actu le commandait. Désormais, le continent dispose de sa propre chaîne, de son propre centre de production – des bureaux flambant neufs dans un quartier cossu de la capitale kenyane, une soixantaine de salariés, deux studios high-tech et des régies entièrement équipées en numérique. A l'étranger, seuls les bureaux de Washington ont bénéficié de tels investissements. Pour l'instant, l'équipe africaine ne réalise qu'une heure de programmes quotidiens, diffusés en anglais sur CCTV News. Mais les perspectives sont prometteuses : en « empruntant » chaque jour l'antenne de la CCTV, la « petite » CCTV Africa touche déjà des millions de foyers en Afrique, en Asie, en Amérique... Dès l'année prochaine, elle émettra deux heures par jour. Avant, peut-être, une antenne vingt-quatre heures sur vingt-quatre.


Business au Bulldozer
 « Sortez des frontières ! » lançait en 1995 le président Jiang Zemin aux grandes entreprises chinoises. Plus de quinze ans plus tard, le mot d'ordre a été largement suivi, notamment en Afrique. Des juteux marchés publics au plus petit business local, les Chinois se sont implantés sur tout le continent. En Zambie, ils exploitent d'impressionnantes mines de cuivre à ciel ouvert. Au Nigeria, ils gèrent d'importantes concessions pétrolières. Au Kenya, à première vue, leur présence reste discrète. Pas de véritable Chinatown à Nairobi. Mais il suffit de s'enfoncer dans la brousse pour s'apercevoir que la plus isolée des épiceries est tenue par des Chinois. Ou d'emprunter la toute nouvelle 2 × 8 voies qui relie la capitale à la ville de Thika pour comprendre que le réseau routier du pays a été entièrement rénové par des entreprises asiatiques. Certes, cette « Chinafrique » ne s'est pas créée sans heurts : des conflits ont éclaté pour dénoncer les conditions de travail déplorables sur les chantiers chinois et la prédation sans scrupule de Pékin. Mais les échanges entre l'empire du Milieu et l'Afrique n'en ont pas souffert. L'année dernière, ils ont dépassé les 166 milliards de dollars - ce qui fait de la Chine le premier partenaire commercial de l'Afrique, devant les Etats-Unis.

« Rétablir la vérité »
 « Notre but est de révéler au monde le vrai visage du continent », annonce avec emphase Pang Xinhua, l'un des managers de la chaîne. Ce journaliste pékinois de 49 ans – le doyen de la rédaction – a quitté femme et enfant pour vivre trois ans au Kenya, un pays où il n'avait jamais mis les pieds. Avec son gilet de reporter siglé CCTV, il nous fait visiter avec fierté la rédaction, s'arrête devant un planisphère où sont indiqués les correspondants étrangers de la holding chinoise (à Rio, Paris, New York, Moscou, Tokyo...), s'enorgueillit de l'intérêt des médias étrangers pour « sa » chaîne. A l'entendre, travailler à CCTV Africa relève de la mission d'intérêt général. « Soit les médias occidentaux ignorent l'Afrique, soit ils parlent uniquement des guerres, des famines, du sida, dit-il en se resservant du thé. Toujours ce même regard négatif ! Nous, nous souhaitons rétablir la vérité et montrer comment l'économie africaine est en plein boom, comment les ­sociétés évoluent, comment les citoyens veulent s'en sortir. »

Le nouvel ami chinois face aux anciens colonisateurs... A la rédaction, les journalistes adhèrent à cette vision un poil manichéenne. Les débuts ont certes été froids. Les reporters kenyans ont craint « l'autoritarisme légendaire des Chinois », les journalistes chinois envoyés à Nairobi ont cri­tiqué « le manque de persévérance » de leurs confrères africains. Des deux côtés, des efforts ont été consentis. De nombreux Kenyans ont été envoyés à Pékin pour des formations accélérées et une sensibilisation à la culture asiatique. Aujourd'hui, les équipes collaborent sans problème. Et le rendu à l'antenne soutient la comparaison avec les plus grandes chaînes internationales. « Nous allons même les dépasser, ­fanfaronne la présentatrice Beatrice Marshall, qui a fait ses premières armes en Grande-Bretagne. Car, en tant qu'Africains, nous sommes portés par ce projet et fiers d'y participer. »

Pour rejoindre l'équipe de CCTV Africa,
 des journalistes locaux se sont
 vu offrir deux fois leur salaire.

Pour comprendre l'enthousiasme de la journaliste, il suffit de regarder l'antenne de CCTV Africa. La chaîne a recruté une majorité de présentateurs et de journalistes noirs. Pour rejoindre l'équipe, certains se sont vu offrir deux fois leur salaire. « Ce fut l'occasion de briser un terrible plafond de verre, affirme une ex-journaliste kenyane de la BBC. Dans les grands médias internationaux, les Africains subissent le paternalisme des dirigeants occidentaux et n'accèdent jamais aux postes de responsabilités. CCTV Africa a rompu avec cette tradition. »

Face au dragon chinois, les télés locales ne font pas le poids. Même les grands médias internationaux font pâle ­figure. Rincée par un plan global d'économies, la BBC va peut-être devoir réduire ses effectifs. Pénalisée par son manque de réseau en Afrique anglophone, France 24 – une seule correspondante sur place – tente d'obtenir une fréquence sur la future TNT kenyane, mais le CSA local maintient le flou... Lot de consolation : la chaîne d'info française a obtenu un créneau quotidien sur la chaîne publique KBC. Ses programmes ont le privilège d'y être diffusés... de 1 heure à 5 heures du matin ! « On ne se rend pas compte à quel point les médias français sont largués », lâche une journaliste expatriée depuis quelque temps dans la capitale. Seul média à pouvoir rivaliser : la chaîne qatarie Al-Jazira et ses caisses pleines de pétrodollars. A Nairobi, l'entreprise emploie une demi-douzaine de personnes. Un temps, il s'est murmuré qu'elle projetait de se développer, en ouvrant une antenne africaine entièrement en swahili. Aux dernières nouvelles, le projet a été repoussé.

En attendant, CCTV Africa étend son emprise. Ses reporters sillonnent sans relâche le continent, partent en Ethiopie couvrir le sommet de l'Union africaine, se rendent au Rwanda illustrer le boom économique, s'envolent pour le Soudan... Aucune difficulté pour interviewer les dirigeants africains : tous connaissent la chaîne – récemment, un rédacteur en chef hospitalisé après un banal accident de voiture a même reçu la visite surprise du vice-président kenyan.

Traitement pro-Pékin
 A quelques mois des très attendues élections générales, et alors que le précédent scrutin a donné lieu à des émeutes meurtrières, l'appétit féroce de CCTV Africa inquiète. Quelle sera la couverture de la campagne ? Les candidats seront-ils traités équitablement ? Equivalent de Reporters sans frontières, le CPJ (Committee to Protect Journalists) s'est déjà alarmé du traitement pro-Pékin des informations de la maison. Pas question, par exemple, de critiquer les investissements chinois en Afrique. De gêner la collaboration politique de Pékin avec le Soudan. De rappeler la mauvaise réputation de ­Robert Mugabe, dictateur zimbabwéen honni par les capitales occidentales mais ami de la Chine. Si la censure est moins vive que sur les chaînes nationales, le Parti garde un œil sur les contenus de la filiale africaine. « Et alors ?, se moque l'ambitieux Mark Masai, journaliste kenyan de 26 ans et déjà présentateur du journal sur CCTV Africa. Vous dites que notre chaîne est le bras armé de Pékin, mais qu'est-ce que CNN par rapport au pouvoir américain ? Qu'est-ce qu'Al-Jazira par rapport au Qatar ? Qu'est-ce que France 24 vis-à-vis de la France ? Tous les médias ont leur propre manière de voir le monde, leurs propres conflits d'intérêt. Nous n'avons fait qu'échanger un parti pris pour un autre ! »

Dans son immense bureau du ministère de l'Information et de la Communication, au dixième étage des Teleposta Towers de Nairobi, Bitange Ndemo n'est pas loin de partager cet avis. Pour l'heure, il contemple avec fierté les maquettes de la Konza Technology City, une future ville nouvelle 100 % high-tech, dont les travaux viennent de débuter aux portes de la capitale kenyane. Cet impassible adjoint du ministre a beaucoup œuvré pour la modernisation numérique de son pays. Aujourd'hui, il se réjouit que le Kenya soit devenu « the place to be » pour les grands médias internationaux. « La plupart des pays africains combattent les médias, nous, nous les soutenons », affirme-t-il, oubliant au passage les atteintes régulières à la liberté de la presse. L'ancien businessman n'est pas tendre avec ses hôtes médiatiques. Al-Jazira ? « Une chaîne sensationnaliste. » La BBC ? « Une couverture tronquée de l'actualité. » Seule CCTV Africa trouve grâce à ses yeux. La belle Beatrice Marshall, le jeune Mark Masai..., il connaît les présentateurs vedettes de la chaîne, regarde leurs JT et émissions, comme beaucoup d'autres membres du gouvernement, dit-on. Mais l'enthousiasme ne parvient pas longtemps à cacher une certaine résignation, révélatrice aussi de la réalité des relations sino-africaines : « Si CCTV Africa est diffusée chez nous, je ne vois pas pourquoi l'une de nos chaînes nationales ne pourrait pas émettre en Chine. Ce principe de ­réciprocité ne serait que justice. J'ai fait une demande en ce sens aux autorités de Pékin. Mais vous savez quoi, j'attends toujours une réponse... ».



Confucius court le monde
 A Nairobi, l'expansion culturelle chinoise passe aussi par l'Institut Confucius. Créé en 2005, ce centre culturel - équivalent de l'Alliance française ou du Goethe Institut allemand - occupe tout un étage de l'université. Labo de langues, salles de cours, bibliothèque... Des centaines d'étudiants kenyans y sont inscrits, contre seulement vingt-neuf à ses débuts. Durant l'année, une dizaine de professeurs les initient au mandarin, à l'histoire de l'empire du Milieu, à la cuisine asiatique... Tout pour parfaire leur connaissance de la civilisation chinoise... et faciliter de futures relations commerciales. Une stratégie parfaitement planifiée par Pékin : depuis 2004, il s'ouvre dans le monde quasiment un Institut Confucius par semaine ! Aujourd'hui, ils sont près de trois cent cinquante, répartis dans une centaine de pays (l'Afrique en compte vingt-cinq). Régulièrement menacé par les plans d'économies, le puissant réseau de centres culturels français a toutefois tenté de contrecarrer le raz-de-marée. En Chine, il a quasiment doublé le nombre de ses Alliances françaises. Pas de chance ! Il s'avère que la plupart des Chinois viennent y apprendre la langue de Molière non pas dans le but d'étendre l'influence française en Chine, mais dans celui de mieux pénétrer l'Afrique francophone...

À lire

La Chinafrique, Pékin à la conquête du continent noir, de Serge Michel et Michel Beuret, éd. Grasset & Fasquelle, 348 p., 19,80 €.

lundi 17 septembre 2012

La Chine n'arrive pas en Afrique, elle y retourne - Afrik.com : l'actualité de l'Afrique noire et du Maghreb - Le quotidien panafricain

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Lieve Joris brise les clichés entre l'Afrique et la Chine | Slate Afrique

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La Chine n'arrive pas en Afrique, elle y retourne - Afrik.com : l'actualité de l'Afrique noire et du Maghreb - Le quotidien panafricain

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Zheng He, le Christophe Colomb chinois
lundi 17 septembre 2012 / par Renaud Towe
       

Depuis plusieurs années, on parle ici et là de l’ « arrivée » des Chinois en Afrique. Colonisation déguisée pour certains, aubaine économique pour d’autres, le phénomène apparaît en tous cas comme très récent dans les médias. En effet, peu de gens savent que les Chinois connaissent le continent depuis des siècles, avant même que les Européens ne découvrent les Amériques.
Aux XIVe et XVe siècles, contrairement à aujourd’hui, les Chinois musulmans occupent des places de choix dans la société. Tel est le cas de Zheng He, un Hui, dont le père, haut dignitaire dans le Yunnan, a été tué par l’armée chinoise au cours d’une campagne militaire. Comme la plupart des fils de chefs rivaux défaits, il est castré pour devenir eunuque à la Cour impériale. Cette proximité avec les courtisanes de l’empereur Yongle, troisième de la dynastie Ming (1368-1644), lui permet de devenir rapidement le grand eunuque, puis amiral de la marine impériale. Il prend alors les commandes de sept flottes, d’un total de 27 000 hommes, et entreprend une série d’expéditions.
Le but de ses voyages est de mettre en valeur la puissance de la Chine, de mener la chasse aux pirates et de développer des relations amicales et commerciales avec d’autres peuples, notamment pour exporter de la soie. Il s’avère être un aventurier ambitieux, et entre 1405 et 1433, visite plus de trente pays et régions, dont un bon nombre en Afrique.
Les bases des relations sino-africaines
Les expéditions occidentales de Zheng He prennent une forme pacifique. Où les navires débarquent, cadeaux et messages d’amitié s’échangent avec les autochtones. L’amiral a vraisemblablement visité les côtes africaines de l’Egypte jusqu’au Mozambique. Lors de sa quatrième expédition à l’ouest (1413-1415), il passe par les ports de Mogadiscio (Somalie actuelle) et Malindi (Kenya actuel), d’où il ramène des lions, des léopards, des autruches et une girafe qui fait sensation dans la capitale chinoise. En raison des bonnes relations tissées avec les Africains, notamment grâce à sa confession, il visite une nouvelle fois les deux villes au cours de sa cinquième exploration (1416-1419) et descend manifestement jusqu’au Mozambique. Enfin, il découvre, selon les sources, les côtes africaines de la mer Rouge pendant une sixième expédition (1421-1422). En tout donc, au moins trois de ses sept voyages sont passés par le continent africain.
Le célèbre navigateur meurt finalement en 1434. Dès lors, Pékin renonce à ses ambitions maritimes pour se concentrer contre les invasions mongoles. Le Chine se referme peu à peu et perd rapidement son avance sur les Européens, qui vont quant à eux s’installer durablement en Afrique, mais sans user d’autant de diplomatie et de courtoisie. Comme l’a indiqué l’historien français Rémi Kauffer, il s’en est fallu de peu pour que l’Afrique ne soit chinoise. La Chine, aujourd’hui, n’arrive donc pas en Afrique mais y retourne. Et comme au temps de Zheng He, de manière plus fine que les Européens.
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mardi 11 septembre 2012

1er forum des médias Chine-Afrique : Jean Ping encourage l’essor d’une presse qui porte loin la voix de l’Afrique

1er forum des médias Chine-Afrique : Jean Ping encourage l’essor d’une presse qui porte loin la voix de l’Afrique

1er forum des médias Chine-Afrique : Jean Ping encourage l’essor d’une presse qui porte loin la voix de l’Afrique

Les médias ont toujours joué un rôle de premier plan dans tous les changements socio-politiques qui se sont opérés en Afrique, de la lutte contre le colonialisme aux récents soulèvements populaires au Maghreb, en passant par les mouvements protestataires qui ont émaillé le continent en 2011, a souligné Dr. Jean Ping, président de la Commission de l’Union africaine, à l’ouverture du 1er forum sur la coopération des médias sino-africains, qui se tient le 23 août 2012, à Beijing, en Chine, sous le thème « Échange, coopération et développement ».
Intervenant devant un parterre de ministres africains en charge de l’information et des médias, de plusieurs présidents de radios et télévisions africaines et de hauts responsables chinois du secteur des médias audiovisuels dont, notamment, M. Cai Fuchao, ministre de l’Administration d’Etat de la radio, film et télévision (Sarf, State administration of radio, film and television) et M. Zhai Jun, vice-ministre des Affaires étrangères, le président Ping a relevé que le fait médiatique et la liberté d’expression ne sont pas, contrairement à l’idée véhiculée, des nouveautés en Afrique, appelant à concentrer les efforts sur le développement du secteur afin de le rendre non seulement productif mais aussi afin « qu’il porte loin la voix de l’Afrique ». « L’Afrique doit avoir toutes les possibilités techniques et politiques de dire au reste du monde le récit des événements qui se déroulent sur son sol. Elle doit pouvoir le faire avec ses compétences propres et selon son angle et sa sensibilité propres », a-t-il notifié.
S’arrêtant sur quelques projets entrepris par l’Union africaine afin de consolider et professionnaliser le secteur des médias en Afrique, Dr. Ping a précisé que la Commission de l’Union africaine a entrepris la mise en place du Réseau panafricain des médias (Pamnet) et du Portail panafricain des médias, notant, à cet égard, que la mise en place de ces deux instruments vise à établir une nouvelle plateforme de partage et de dialogue menant à un débat ouvert sur les médias au niveau africain, d’une part, et à améliorer la compréhension de la situation des médias en Afrique et faciliter la prise de décision sur les questions inhérentes aux médias, d’autre part.
(Source : Service d’information de l’Ua

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Quel péril jaune ?, Editoriaux

Quel péril jaune ?, Editoriaux
Après avoir tremblé face au made in China, devons-nous aujourd'hui apprendre à avoir peur du « racheté par la Chine » ? Pas un mois ne passe, en effet, sans qu'un groupe chinois ne casse sa tirelire pour s'offrir, partout sur la planète, de prestigieux actifs. Tant qu'il ne s'agissait que de racheter des terres agricoles en Afrique ou d'investir dans des sociétés financières américaines, l'Europe ne s'émouvait guère de l'appétit de Pékin. Mais la Chine semble à la fois de plus en plus affamée et de plus en plus gourmande. Les montants consentis pour mener à bien des OPA hors de ses frontières ne cessent de croître et, tant sur un plan géographique qu'industriel, les cibles se diversifient. La Chine achète des PME comme des grands groupes, des spécialistes de la finance comme des pompes à béton.
Face à ce que certains considèrent comme un nouveau péril jaune, il convient d'abord de garder la tête froide et de relativiser. En croissance et très visibles, les investissements chinois sur la scène internationale restent en valeur encore relativement faibles. On ne parle que de quelques poignées de milliards. La Chine a plus d'appétit qu'avant, mais la Chine n'est pas un ogre. Il faut en prime avoir à l'esprit que cette offensive n'est pas que la simple traduction d'une volonté de conquête mondiale. Si les groupes de Shanghai, Canton ou Wuhan rachètent des entreprises européennes, c'est pour accéder à de nouveaux marchés, pour mettre la main sur des brevets ou des technologies, mais c'est aussi pour mieux pouvoir se faire concurrence entre eux. Avant de conquérir le monde, leur priorité est de s'imposer chez eux. Or, pour marquer des points sur ce marché gigantesque et en croissance mais également ultra-compétitif, pouvoir s'appuyer sur une marque étrangère est un gage de qualité. Racheter hors de Chine est donc aussi pour eux une manière de vendre demain mieux en Chine.
Notre intérêt n'est donc pas de barrer la route à des Chinois pouvant ouvrir des perspectives d'exportations à nos industriels mais plutôt de s'assurer que ces rachats s'avèrent gagnant-gagnant.
Écrit par David BARROUX
Rédacteur en chef