CHINE AFRIQUE

POUR DES RELATIONS RESPECTUEUSES, AMICALES, FRANCHES ET FRATERNELLES

lundi 30 juillet 2012

La Chine double ses crédits à l'Afrique : pourquoi on ne doit pas s’enthousiasmer - le Plus

La Chine double ses crédits à l'Afrique : pourquoi on ne doit pas s’enthousiasmer - le Plus

La Chine double ses crédits à l'Afrique : pourquoi on ne doit pas s’enthousiasmer

Modifié le 25-07-2012 à 15h51
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PLUS. Les 19 et 20 juillet, la Chine a annoncé qu'elle doublait ses crédits à l'Afrique, lors de la cinquième conférence sur la coopération sino-africaine. Une décision qui marque un tournant économique, mais surtout la soumission de l'ensemble des pays africains, estime Lucien Pambou.

Édité par Rozenn Le Carboulec   Auteur parrainé par Maxime Bellec
Cinquième conférence sino-africaine
Le président sud-africain Jacob Zuma serrant la main du président chinois Hu Jintao, lors la conférence sino-africaine (A.WONG/AFP).

La fin de la conférence ministérielle (20 juillet 2012), plus exactement le forum économique entre la Chine et l’Afrique, a livré son verdict. La Chine est le premier partenaire de l’Afrique devant les pays occidentaux, la Banque mondiale et le Fonds monétaire.

En 2000, le montant officiel des transactions entre la Chine et l’Afrique était de dix milliards de dollars. En 2011 ce montant est passé à 166 milliards. Les présidents africains – Yayi Boni du Bénin et président en exercice de l’Union africaine, Alassane Ouattara de Côte d’Ivoire et président en exercice de la Cédéao – sont tous satisfaits, car la Chine estime que la période 2013/2015 est considérée comme celle de la rénovation des relations sino-africaines.

Quand la Chine vend du rêve aux Africains

Avant la sixième conférence qui se tiendra en Afrique du Sud, la Chine a tout promis :

 1. Former des talents africains grâce à des bourses d’étude aux étudiants (on parle de 18.000 étudiants),

 2. Contribuer à la formation de cadres africains (on parle de 30.000),

 3. Former des centres pilotes agricoles pour aider l’Afrique à mettre la question agricole au cœur de son développement,

 4. Développer les infrastructures trans-régionales et transnationales pour favoriser le commerce inter et intra-africain, ce qui permet entre autres de marginaliser les objectifs politiques et économiques du NEPAD (Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique, qui s’est surtout distingué par des rapports multiples et par une inefficacité réelle),

 5. Promouvoir des relations économiques gagnant-gagnant, en permettant à l’Afrique et à la Chine de tirer des avantages compétitifs de leurs relations contractuelles,

 6. Pas d’ingérence dans le modèle de gouvernance politique des pays africains, à l'inverse de ce qu’ont toujours voulu et décidé les pays occidentaux dans leurs relations avec l’Afrique.

Ces éléments de conclusion de la conférence font plaisir aux Africains. En revanche, ils ignorent que la Chine est d’abord une puissance économique. Même si elle s’adresse aux pays africains en déclinant l’appartenance à un même espace qu’eux (à savoir pays en développement), elle n’oublie pas ses intérêts économiques, et malheureusement les pays africains, prompts à partager les délices de la consommation, acceptent les diktats des relations contractuelles imposées par la Chine.

Les Africains réduits à l'état de consommateurs passifs

On a souvent critiqué les relations de domination des pays africains par les Occidentaux. La Chine ne fait pas mieux. En revanche, elle élimine un obstacle dans ses relations contractuelles : le respect des droits de l’Homme et la bonne gouvernance politique dont elle n’a rien à faire.

Les pays africains, comme d’habitude, sont hypnotisés et se livrent corps et âme à l’"acupuncture" chinoise qui se contente, comme hier l’Occident, de les laisser dans un état de consommateurs passifs. Elle leur fournit des produits de consommation et des équipements technologiques de basse qualité dont ils ne pourront pas juger la durabilité car les pays africains, sous l’influence de l’Occident, ont préféré développer les sciences humaines au lieu d’investir les champs scientifiques et technologiques.

L’Afrique qui danse, l’Afrique joyeuse, l’Afrique qui consomme, l’Afrique qui ne s’occupe ni de sciences ni de technologie, l’Afrique couverte par les pandémies (sida, tuberculose, paludisme, accidents de la route, systèmes de soins défaillants, niveau du système éducatif en régression, corruption, fausse démocratisation des systèmes politiques), l’Afrique qui reste soumise et dominée, hier par les Occidentaux, aujourd’hui par la Chine.

Une main-d'œuvre pas chère et soumise

Dans ses relations contractuelles avec la Chine, l’Afrique devrait faire ce que la Chine a fait avec l’Europe : signer des contrats qui obligent un réel transfert de technologie, une participation chinoise au capital de l’entreprise et, au bout d’un certain délai, une "chinisation" totale de la gouvernance économique de l’entreprise.

Les dirigeants africains sont-ils capables d’adopter le modèle économique que les Chinois imposent à l’Occident ? J’ai bien peur que non, car les Africains ne mettent pas l’accent sur les systèmes scientifiques et techniques de production des biens et des services. Ils se contentent d’être consommateurs. De plus, les compétences des techniques et des cadres ne sont pas considérées, on préfère des choix ethniques dans la sélection des personnels, peu importe qu'ils soient compétents. Il s’agit de faire triompher l’ethnie, la région, aux dépends de l’État et de la nation, ce qui n’a pas échappé aux dirigeants chinois.

Les Chinois imposent à l’Afrique un "nouveau" modèle économique avec l’assentiment passif et oisif des dirigeants africains et de leurs populations. Il y a 2.000 entreprises chinoises en Afrique qui travaillent avec des contremaîtres, des ouvriers chinois. Une partie infime de l’activité est laissée aux Africains, simples ouvriers payés avec des salaires de misère avec l’accord des dirigeants politiques africains.

Mais que font les dirigeants africains ?

À la différence des Occidentaux qui, en Afrique, vivent dans des quartiers réservés, certains Chinois vivent comme les populations africaines, dans les mêmes quartiers qu’elles et se livrent à des activités informelles dans les villages les plus reculés. Ce qui conduit à une nervosité et à des manifestations des populations africaines contre une présence chinoise qui commence à devenir massive.

Voilà les prémisses du modèle politico-économique que la Chine impose à l’Afrique, au-delà des civilités politiques. La Chine veut et va conquérir l’Afrique, qui regorge de matières premières agricoles et minérales, avec l’assentiment des dirigeants africains qui s’enthousiasment et qui demeurent incapables de négocier un modèle de transfert technologique utile pour le développement économique mais surtout productif pour les pays africains.

En restant consommateurs et en acceptant ce statut, les dirigeants africains condamnent la population africaine, dont l’évolution est estimée à deux milliards d’ici 2050, à rester consommatrice passive et à être fondamentalement marginalisée, même si l’Afrique attire aujourd'hui les investissements et obtient des taux élevés de croissance de la production marchande. Le problème est que les populations africaines ne bénéficient pas des retombées de cette croissance et que celle-ci profite avant tout aux investisseurs étrangers, occidentaux hier et aujourd’hui, chinois aujourd’hui et demain.

France-Monde | Le « colonialisme » chinois est dénoncé par ses concurrents - L'Alsace

France-Monde | Le « colonialisme » chinois est dénoncé par ses concurrents - L'Alsace

Le « colonialisme » chinois est dénoncé par ses concurrents

le 28/07/2012 à 05:00
Vu 152 fois

Les Chinois ne s’embarrasent guère de sentiments dans leur conquête des marchés africains.

En 1960, la Chine de Mao ne perdait pas une occasion de dénoncer le « colonialisme occidental » et de le combattre, y compris par les armes. Cinquante ans plus tard, les mêmes Chinois se montrent à peine agacés quand la secrétaire d’État américaine les accuse de coloniser l’Afrique.
Une spécialiste des relations sino-africaines, analyse ainsi cette polémique : « Pour ce qui est des critiques de « néo-colonialisme » de la part de l’Occident, n’oublions pas qu’ils furent eux-mêmes autrefois les colonisateurs de ce continent. La situation économique de l’Europe n’est guère optimiste, leur état d’esprit en est quelque peu perturbé… »
L’analyse est cruelle, mais ne manque pas de lucidité. La critique interpelle quand même les Chinois qui ne perdent aucune occasion de se justifier. Leur ambassadeur à Alger assurait voici quelques mois que son « pays n’ira jamais sur la voie colonialiste ». Selon lui, la Chine défend l’idée d’un nouvel ordre mondial.
Les concurrents ne sont guère convaincus par ces explications. Ils font également remarquer que la diplomatie comme les entreprises chinoises ne s’embarrassent pas trop de concepts comme celui des droits de l’homme. Les Chinois courtisent notamment le Soudan, un État régulièrement mis en accusation pour ses excès.
Quant aux discours de Pékin sur la protection de l’environnement, ils laissent sceptiques. Dans ce domaine, la politique intérieure chinoise est à l’inverse de ce qu’elle prône en Afrique. Mais la « realpolitik » de la Chine n’en est pas à une contorsion près.
le 28/07/2012 à 05:00

France-Monde | Chine-Afrique : la longue marche - L'Alsace

France-Monde | Chine-Afrique : la longue marche - L'Alsace

Chine-Afrique : la longue marche

le 28/07/2012 à 05:00
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Mao et le Guinéen Sékou Touré. DR
Mao et le Guinéen Sékou Touré. DR

Les premiers contacts entre l’Empire du Milieu et le monde africain remontent au XV e siècle. Alors que les Européens tentaient de rejoindre l’Asie, par l’Ouest, les Chinois, eux, s’intéressaient à la côte sud de l’Afrique.
La Chine communiste ne dédaigne d’ailleurs pas rappeler que c’est à l’époque de la dynastie Ming qu’un navigateur chinois, Zheng He, s’est rendu à quatre reprises en Afrique de l’Est. Ces voyages étaient, déjà, destinés à développer les premières relations commerciales entre l’empire chinois et les royaumes africains.
Plus près de nous, les Chinois s’intéressent à l’Afrique depuis un demi-siècle. Les raisons de leur intérêt ont évolué pour passer de la promotion du communisme révolutionnaire au capitalisme à la chinoise.
Au début des années 60, les Chinois avaient profité du départ de la France pour prendre pied dans les pays africains les plus acquis au socialisme. Ce fut le cas en Guinée ou au Mali. Mais les salariés des usines chinoises n’avaient guère envie de bosser en écoutant les citations du président Mao.
En Algérie, le président Ben Bella affichait ouvertement son amitié pour Pékin en arborant un col Mao. Il est vrai que les Chinois avaient beaucoup aidé le FLN durant la guerre d’Algérie, ce que ne manquent pas de mettre en avant les uns et les autres. « En 1963, la première mission médicale chinoise a eu lieu à Alger », rappelait récemment un ministre algérien.
le 28/07/2012 à 05:00

La Chine pilote bien son économie, selon le FMI

La Chine pilote bien son économie, selon le FMI
Le Monde.fr avec AFP |
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Le yuan n'est plus que "modérément" sous-évalué selon le rapport du FMI, publié mercredi 25 juillet 2012.
Le yuan n'est plus que "modérément" sous-évalué selon le rapport du FMI, publié mercredi 25 juillet 2012. | REUTERS/STRINGER SHANGHAI

Le Fonds monétaire internationale (FMI) a publié, mercredi 25 juillet, un rapport très positif sur la situation économique de la Chine, deuxième économie mondiale.
Les perspectives à court terme sont encourageantes. Certes, la Chine ne va connaître une croissance que "d'environ 8 %" en 2012, soit une prévision inférieure d'un quart de point à celle faite par le Fonds en avril 2012. Mais la croissance chinoise "devrait avoir atteint un creux au deuxième trimestre (avec 7,6 %) et accélérer durant la deuxième moitié de l'année", précise le rapport.
UN ATTERRISSAGE EN DOUCEUR
Si la hausse du PIB a ralenti entre avril et juin pour le sixième trimestre consécutif, c'est à la suite du plan d'atterrissage en douceur, décidé l'an dernier par les autorités chinoises. Ce plan visait à lutter contre l'inflation et à éviter une surchauffe dans le secteur immobilier. Grâce à lui, le ralentissement de la hausse des prix en Chine se confirme : de 6,5 % il y a un an à 2,2 % en juin 2012. Selon le FMI, l'inflation devrait "rester comprise entre 3 % et 3,5 % cette année, et tomber entre 2,5 % et 3 % en 2013".
Le gouvernement chinois semble obtenir de bons résultats dans le secteur immobilier, où des mesures efficaces ont été prises pour juguler toute formation d'une bulle dans ce secteur, notamment l'interdiction faite aux particuliers d'acheter un deuxième appartement.
Par ailleurs, le rapport note "des progrès substantiels dans le rééquilibrage externe" de l'économie chinoise. L'excédent des comptes courants, la mesure la plus large de ses échanges avec l'extérieur, tombe de 10,1 % en 2007 à 2,8 % en 2011. Sur la politique monétaire, le yuan, n'est plus que "modérément" sous-évalué selon le FMI, alors que le précédent rapport parlait d'un yuan "substantiellement sous-évalué". La devise chinoise se rapproche donc progressivement de sa véritable valeur de marché après une décennie de sous-évaluation marquée.
TROP D'INVESTISSEMENTS, PAS ASSEZ DE CONSOMMATION
Par-delà ce satisfecit décerné aux autorités chinoises, le Fonds craint cependant la menace que fait peser l'aggravation de la crise de la zone euro. "Les autorités s'inquiètent des perspectives à l'étranger [...] et de l'absence de mesures suffisantes pour y répondre", explique le Fonds.
Pour faire face à cette crise extérieure, le FMI recommande à la Chine de s'appuyer sur sa politique budgétaire. Le gouvernement chinois possède la marge de manœuvre nécessaire. En effet, l'endettement public ne devrait s'élever qu'à 22 % du PIB à la fin de l'année, et le déficit budgétaire, lui, à seulement 1,25 % du PIB.
Autre menace pour l'économie chinoise : l'absence d'équilibre interne. La part de l'investissement dans l'économie chinoise est exagérément élevée, à près de 50 % du PIB, ce qui "crée de larges excédents de capacités dans l'économie". La Chine doit donc rééquilibrer son modèle de croissance vers plus de consommation des ménages et moins d'investissement. Pour cela, la Chine doit "s'assurer que les fruits de la croissance soient distribués largement et de façon équitable" au sein de la population. Un diagnostic que rêveraient d'entendre la plupart des pays européens.
Pour plus de détails, le rapport du FMI dans son intégralité.

LA CHINE EN AFRIQUE : OPA ou réelle aide au développement?

LA CHINE EN AFRIQUE : OPA ou réelle aide au développement?

«Au lieu de donner un poisson à quelqu'un, il faut lui apprendre à pêcher».

Mao Tsé Toung

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Prof. émer. Chems Eddine Chitour
Lundi 23 Juillet 2012

LA CHINE EN AFRIQUE : OPA ou réelle aide au développement?
La semaine dernière s'est tenu à Pékin le forum de la coopération Chine-Afrique. Ce rendez-vous traditionnel - ignoré superbement par l'Occident - a pour ambition de développer un partenariat winn-winn, désintéressé en ce sens qu'il n'est pas connoté par des arrière-pensées paternalistes, reliquat d'un colonialisme qui ne veut pas mourir. Naturellement, cette coopération est brocardée notamment par les anciennes puissances coloniales qui continuent à intervenir d'une façon ou d'une autre dans les affaires internes des Africains par des canaux divers, le Commonwealth et la France-Afrique qui ne veulent pas lâcher leur «pré carré», en y plaçant à demeure, leurs troupes.

L'Europe vieillissante en est encore à vouloir sérier les espèces, et imposer un magister dixit qui n'a plus cours. «Le «drame de l'Afrique» vient du fait que «l'homme africain n'est pas assez entré dans l'Histoire». [...] Le problème de l'Afrique, c'est qu'elle vit trop le présent dans la nostalgie du paradis perdu de l'enfance. [...] Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n'y a de place ni pour l'aventure humaine ni pour l'idée de progrès.» On comprend tout à fait Nicolas Sarkozy sans son discours de Dakar de juillet 2007, qui dénie aux Africains d'être rentrés dans «l'Histoire», à moins d'être guidé par lui.

Les Etats-Unis, tard venus dans les aventures coloniales, ont la finesse et la délicatesse de l'éléphant dans un magasin de porcelaine. Ils prennent par la force ce dont ils ont besoin chez les pays faibles et tous les moyens sont bons avec chaque fois de nouveaux concepts: l'aspect humanitaire avec ses variantes de droits puis de devoirs d'ingérence et depuis Bush II, l'exportation de la démocratie avec le chaos -réorganisateur dans le sens des intérêts de l'Empire puis l'assistance aux peuples pour la liberté via Internet et Facebook....

La Chine et l'Afrique: une longue histoire

«Les relations de la Chine avec l'Afrique sont anciennes. «Au XVe siècle, écrit
S.Togola, le début de l'élargissement du monde faillit donner naissance à une scène qui ne manquait pas de piquant: la rencontre, au large des côtes africaines, de caravelles portugaises et de jonques chinoises. Les deux puissances menaient parallèlement des expéditions maritimes d'envergure. D'un côté, le prince Henri le Navigateur (...) De l'autre côté, un amiral chinois, Zheng He, homme de confiance de l'amiral Yongle, prenait la tête d'une armada de 300 navires et partait vers l'ouest. (...) Ce fils d'une famille musulmane du Yunnan, atteignit les côtes de la Somalie, du Kenya et de Zanzibar. D'aucuns assurent même qu'il aurait découvert, avant Christophe Colomb, les côtes de l'Amérique.» (1)

Pourquoi la Chine s'intéresse-t-elle tant à l'Afrique?

Ben Kabou s'interroge sur le pourquoi de cette coopération. Il écrit: «Qu'est-ce qui pousse la Chine à s'investir autant en Afrique? Satisfaire ses besoins en ressources naturelles nécessaires à son décollage économique? S'implanter comme la première force économique dans un marché porteur, encore très peu développé? La Chine fait décidément les choses en grand et pas comme tout le monde! Sa politique étrangère est essentiellement basée sur la coopération économique à grande échelle, Sa démarche découle de sa propre histoire, de son ambition grandissante pour le leadership économique mondial, mais aussi d'une volonté manifeste de contrer celle des puissances occidentales au passé marqué par le combat démocratique et la colonisation, et dont les relations économiques avec les pays en développement en général, et d'Afrique en particulier, supposent souvent une contrepartie politique plus ou moins discutable.» (2)

«Cet engouement chinois pour l'Afrique est réglé par la Conférence du Forum économique sino-africain, initiée à l'automne de l'année 2000 à Pékin. Il constitue aujourd'hui une réalité qui ne laisse pas indifférentes les autres puissances mondiales. Outre son engagement, dans le cadre du plan d'action sino-africain 2007-2009, à annuler les dettes pour 1,4 milliard de dollars de 31 pays pauvres lourdement endettés et des pays les moins développés en Afrique, et l'extension de l'application de taxes nulles à des importations africaines, la Chine a fixé en 2006 comme objectif de porter, à l'horizon 2010, le volume de son commerce avec l'Afrique à 100 millions de dollars, alors que ce volume progressait de 297% au cours de la période 2000-2005, passant de 10 milliards à 39,7 milliards de dollars «Cet objectif a déjà été dépassé en 2008 selon le ministère chinois du Commerce (106,8 milliards de dollars) (...).» (2)

«En s'engageant en Afrique, poursuit l'auteur, la Chine ne fait donc que conforter sa propre stratégie globale de développement économique. Il y a d'abord l'approvisionnement en matières premières appelées à être de plus en plus importées par la Chine, compte tenu des objectifs de croissance prévisionnels du système de production chinois, fort ambitieux et très soutenus par les autorités chinoises. (...) Pétrole brut, minerais de fer, produits sidérurgiques, bois de grume, diamant, minerais de manganèse, produits en cuivre, minerais de cuivre, coton... représentent 87% des importations chinoises en provenance d'Afrique (...). Pour l'or noir, et dans un souci de diversifier ses sources d'approvisionnement, risques géopolitiques au Moyen-Orient obligent, l'Afrique constitue depuis quelque temps déjà le deuxième fournisseur de la Chine, avec un peu plus du quart des importations chinoises.» (2)

Il y a naturellement le revers de la médaille. Ben Khabou en convient: «D'aucuns reprocheraient, à juste titre, les conditions infligées par les entreprises chinoises aux travailleurs africains - rémunération, sécurité, libertés syndicales, le non-respect de l'environnement, voire la protection politique par la Chine de certains régimes africains plus ou moins contestés. D'autres rétorqueront que l'Occident n'a pas fait mieux que la Chine jusqu'ici en termes d'investissement en Afrique, avec l'échec auquel ont mené les conditions imposées par l'Occident aux pays africains en matière de coopération économique, via la Banque mondiale et le Fonds monétaire international». (2)

Est-ce que les pays occidentaux ont fait mieux?

Il est vrai que dans un monde qui va de plus en plus vers la pénurie, il n'y a pas de philanthropie: les besoins sont de tout ordre: matières premières, énergie mais aussi agriculture. Un des secteurs dans lesquels la Chine, mais avec elle d'autres pays asiatiques, s'engagent massivement. En 2008, l'Arabie Saoudite, les Emirats, la Corée du Sud, le Japon et la Chine ont acheté 76 millions d'hectares de terres arables, pour subvenir à leurs propres besoins alimentaires.
L'influence de la Chine en Afrique est très souvent vue de façon exagérée et cette vision ne reflète souvent que les peurs des Occidentaux de perdre le contrôle de ce continent. Il faut ajouter à cela le fait que les Occidentaux peinent de plus en plus à avoir des marchés dès qu'ils sont en concurrence avec les Chinois. Quelles que soient les vraies intentions de la Chine, les Africains ne sont pas mécontents d'avoir, pour la première fois depuis des siècles, de vrais concurrents aux Occidentaux. Jamais l'Afrique ne pourra être plus martyrisée qu'elle ne l'a été depuis les premiers colonisateurs-profiteurs occidentaux

Qui dira les génocides humains et culturels, les souffrances sans nom, les déportations massives, les désastres écologiques...les carnages, en un mot... auxquels «l'homme blanc» s'est livré sur cette pauvre, superbe, généreuse, incomparable Afrique? On dit que la différence entre les Chinois et les Occidentaux est plus dans la méthode que dans le résultat qui est le même, à savoir se servir en matières premières. Il est vrai que la Chine dispose d'un matelas de 3000 milliards de dollars qu'elle doit recycler en achetant utile du fait d'une confiance toute relative dans le dollar.

Avec un rare parti pris, une contribution sur Agoravox dont nous rapportons les grandes lignes, met sur le même pied la coopération chinoise et occidentale: «Lors du dernier en date, qui vient de se tenir à Pékin, le président chinois Hu Jin Tao a annoncé des prêts pour un montant total de 20 milliards de dollars US aux pays partenaires de la Chine sur le continent africain. Deux chiffres disent tout de l'évolution de plus en plus rapide des liens sino-africains: selon les données officielles des autorités de Pékin, en 2011, les exportations de la Chine vers l'Afrique ont atteint 166,3 milliards de dollars US. La même année, les exportations africaines vers la Chine ont culminé à 93,2 milliards de dollars US. (...) En dix ans, le montant des exportations africaines a donc crû d'environ 18 fois son chiffre initial de 2001. (...) Face à des Etats-Unis lointains, une Union européenne désargentée et en crise, une Russie qui n'a pas pour le moment les moyens de reprendre la politique d'amitié, fructueuse pour son économie, de l'époque soviétique, (...) Ainsi, quand des ministres européens vitupèrent contre ce qu'ils appellent "la politique du chéquier", des hauts responsables africains leur rétorquent, non sans quelque raison, que pour se développer, il vaut mieux avoir un partenaire riche et intéressé que des anciens Etats coloniaux financièrement exsangues et qui n'ont plus les moyens d'aider leurs ex-colonies.» (3)

«Tandis qu'en Asie, la politique chinoise d'ensemble vise clairement à des relations apaisées, dans l'intérêt même de la stabilité du pouvoir à Pékin, en Afrique, il apparaît évident que la Chine entend maîtriser les sols et donc les sous-sols, protéger ses installations. Il en résulte que la Chine tourne des yeux militaires, notamment en termes de puissance navale, vers l'océan Indien et l'approche de ses côtes méridionales, riches en industries de transformation.» (3)

L'auteur de l'article qui est carrément anti-chinois promet aux Africains le même destin ave la Chine, c'est-à-dire une colonisation en perspective, il écrit: «Cependant, à terme, il est manifeste que, face à la voracité des appétits chinois sur le sous-sol africain et l'intrusion croissante de ce pays dans la vie des peuples du continent noir, il n'est pas exclu que la Chine finisse par apparaître aux peuples d'Afrique comme un nouvel Etat colonisateur.» Nous ne sommes absolument pas d'accord!

Qu'en est-il de la coopération avec l'Algérie?

Il est utile de rappeler l'aide importante financière, militaire et politique pendant la Révolution. Dans son ouvrage «les Fellaghas» très instructif et qui gagnerait grandement à être connu et lu notamment pas les jeunes, quant à la réalité de la lutte sur le terrain, le commandant Azzedine écrit: «La Chine nous a apporté une aide financière, matérielle et morale. Bon nombre de militants ont séjourné à Pékin et y ont reçu une formation solide, sans que jamais on n'essaya de les endoctriner ou d'influer sur leur choix politique.. (...)» Lors de l'entretien avec la délégation conduite par Omar Oussedik, le maréchal Pen To Hué déclare: «(...) Nous apprécions à sa juste valeur votre détermination. Vous pouvez choisir de quoi armer 180.000 hommes, escompter une aide conséquente pour les réfugiés et j'ai pour instruction de vous informer que notre ambassade au Caire versera au compte que lui indiquera le GPRA le montant du budget de guerre pour une année.» (4)

Cependant et bien que la coopération actuelle avec la Chine soit bien développée, il nous paraît évident qu'il n'y a pas, pour le moment, de transfert de savoir-faire. A titre d'exemple, la mise en place d'un Centre de formation et de recherche sur la construction d'autoroutes peut donner à l'Algérie le savoir-faire pour savoir pêcher. C'est notamment dans le système éducatif que l'apport de la Chine pourrait être décisif et relancer à titre d'exemple une coopération pour la fabrication d'équipements pédagogiques, que j'avais initiée à la fin des années 1980. Cette politique si elle avait été mise en oeuvre nous aurait permis de gagner chaque année des milliards de dinars par une création de richesse pérenne. Il n'est pas trop tard pour mettre en place cette nouvelle vision dans le cadre d’une refondation du systèmpe éducatif qui doit pouvoir oncevoir concevoir etfabriquer ses équipements de base.

Les colonies africaines sont indépendantes, mais la nostalgie de l'Empire reste ce qui fait que les relations de l'Europe avec l'Afrique ne seront jamais «normales» tant que subsistera le mythe de la race supérieure de l'homme blanc venu civiliser, apportant, éclairant de ses lumières, au besoin au napalm, ces contrées obscures qui ne sont pas rentrées dans l'Histoire dont Fukuyama nous annonçait déjà la fin avec le triomphe de l'hyperpuissance américaine suite à la débâcle de l'Empire soviétique. Pour rappel, le montant de 50 milliards de APD -chantée par les médias occidentaux sur tous les tons- n'a jamais été respectée.

Les Etats occidentaux conditionnent cette aide à de multiples contraintes, alors que le président chinois vient d'annoncer que la Chine met à elle seule 20 milliards de dollars sur la table. Sans faire dans l'angélisme, les affaires sont les affaires, il n'y a pas d'Opération publique d'achat (OPA), qu'elle soit amicale ou non. L'Afrique a besoin de la Chine pour son développement et réciproquement. Il n'y a pas cette posture paternaliste comme avec l'Europe et c'est tant mieux.

1S.Togola http://www.chine-informations.
com/guide/afrique-chine-une-longue-histoire_1561.html
2.Ben Khabou http://www.agoravox.fr/ actualites/international/article/pourquoi-la-chine-s-interesse-t-55688jeudi7mai 200
3.http://www.Agoravox.Fr/Actualites/International/Article/La-Chine-Et-L-Afrique-Le-Grand-120252?1342858847
4.Commandant Azzedine. Les Fellagas Editions Enag Alger pp. 281 -283. 1997.


Professeur Chems Eddine Chitour
Ecole Polytechnique enp-edu.dz

Afrique | Mozambique : La chine finance la construction d’un pont

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République Togolaise - Chine-Afrique : un partenariat renforcé

République Togolaise - Chine-Afrique : un partenariat renforcé

Chine-Afrique : un partenariat renforcé

Chine-Afrique : un partenariat renforcé
La 5e conférence ministérielle du Forum de coopération sino-africain (FCSA) qui vient de se tenir à Pékin marque un pas nouveau dans la présence de la Chine en Afrique.
Le président Hu Jintao a exposé le plan 2013-2015 que la Chine mettra en œuvre pour le continent.: “La Chine mettra à la disposition des pays africains une ligne de crédit de 20 milliards de dollars destinée en priorité à promouvoir le développement des infrastructures, de l'agriculture, de l'industrie manufacturière et des PME en Afrique”, a-t-il précisé. Les échanges commerciaux entre la Chine et l'Afrique ont atteint un niveau record de 166 milliards en 2011, plaçant la Chine au premier rang des partenaires commerciaux du continent.
D’autre part, la Chine “augmentera le nombre de centres-pilotes agricoles en Afrique pour aider les pays africains à renforcer leur capacité de production agricole et mettra en œuvre le programme "Talents africains" pour former 30 000 personnes dans différents secteurs, fournir 18 000 bourses gouvernementales et construire des infrastructures culturelles et de formation technique et professionnelle”.
La Chine “établira avec l'Afrique un partenariat sur la construction des infrastructures transnationales et transrégionales pour soutenir la planification et l'étude de faisabilité des projets, encourager les entreprises et institutions financières chinoises performantes à prendre part à la construction de ces infrastructures, comme elle aidera les pays africains à améliorer les infrastructures douanières et de contrôle des marchandises afin de faciliter le commerce intra-africain”.
Enfin le président Hu Jintao a annoncé que son pays “encouragera la paix et la stabilité en Afrique dans le but de créer un environnement sûr pour le développement du continent.” Pékin “lancera l'Initiative du partenariat de coopération Chine-Afrique pour la paix et la sécurité afin d'approfondir sa coopération avec l'UA et les pays africains dans les domaines de la paix et de la sécurité en Afrique, fournir un soutien financier aux opérations de maintien de la paix de l'UA sur le continent”.
Au moment au l'Europe est affaiblie par la crise économique et financière la Chine renforce de façon décisive son partenariat avec l’Afrique
Koffi Souza

mardi 24 juillet 2012

«L'ambition de la Chine c'est de faire du business en Afrique» - Libération

«L'ambition de la Chine c'est de faire du business en Afrique» - Libération
L'ambition de la Chine c'est de faire du business en Afrique»
Les présidents sud-africain et chinois, Jacob Zuma et Hu Jintao, à la 5e conférence ministérielle du Forum de coopération sino-africain.
Les présidents sud-africain et chinois, Jacob Zuma et Hu Jintao, à la 5e conférence ministérielle du Forum de coopération sino-africain. (Photo REUTERS)

Interview François Lafargue, spécialiste de la Chine, professeur à l'école ESG et Philippe Hugon, directeur de recherche à l’Iris, en charge de l’Afrique, reviennent sur les conséquences de la présence chinoise en Afrique.

Par MÉLODY PIU
La Chine est devenue jeudi le premier investisseur dans le continent noir en doublant ses crédits, portés à 20 milliards de dollars (16,5 milliards d'euros). François Lafargue (photo DR), docteur en géopolitique spécialiste de la Chine, et Philippe Hugon (photo DR), directeur de recherche à l’Institut des relations internationales et stratégiques (Iris) en charge de l’Afrique, estiment que la présence chinoise favorise la croissance de l’Afrique, mais aussi que les relations sino-africaines sont encore trop asymétriques. 
Pourquoi la Chine a-t-elle doublé récemment son «aide» (20 milliards de dollars) à l’Afrique ?
François Lafargue F.L. D’abord on ne sait pas ce que désigne ce terme de prêt car la Chine mélange un peu tout. Il faut différencier les prêts publics, les dons, et les prêts qui sont accordés par les entreprises publiques chinoises. Ces aides ne sont souvent que des investissements de la part des entreprises.

Philippe HugonP.H. Les 20 milliards de dollars sont des crédits, donc des prêts. Mais le problème, c’est que l’on ne connaît pas leur taux d’intérêts. La Chine a juste fait un effet d’annonce et ce qu’il faudrait savoir, c’est la nature exacte des contrats.
 
 
Quelles sont les motivations de la présence chinoise en Afrique ?
F.L. Elles sont de plusieurs ordres. Tout d’abord, il y a une motivation énergétique : l’Afrique a 10% des réserves mondiales de pétrole. Etant donné que la Chine est très énergivore, elle entretient des relations étroites avec les pays pétroliers tels le Soudan ou la Libye. Il y a aussi une motivation minière : ce qui l’intéresse particulièrement, ce sont les minerais stratégiques (or, titane etc.) que l’on trouve notamment en Afrique australe (Zimbabwe, Afrique du Sud etc.). Le dernier facteur est d’ordre commercial car le continent africain, c’est un milliard de consommateurs ! Certes, c’est une population qui a encore un faible pouvoir d’achat, mais les entreprises chinoises connaissent très bien ce marché puisqu’il ressemble à celui de leur pays. Ainsi, ils savent qu’il faut des produits simples, faciles a réparer, sans forcément de haute technologie.
P.H. Pour maintenir sa croissance, la Chine à absolument besoin de ressources naturelles, et l’essentiel se trouve en Afrique. La deuxième raison, c’est que la Chine est une puissance émergente, et l’Afrique fait partie de sa «mondialisation». L’Afrique est aussi un déversoir de la population chinoise, qui vient migrer sur le continent [750 000 Chinois en 2007 contre moins de 100 000 Français, ndlr], ce qui permet aussi le développement de sa culture.
Quels sont les bénéfices pour l’Afrique ?
F.L. La Chine peut améliorer l'économie africaine. Quand on regarde les chiffres, la plupart des pays africains on vu leur PIB global augmenter, car le prix des matières premières augmente grâce aux investissements chinois. Le problème, c'est que les Chinois investissent très peu dans le développement. Ils ont ouvert quelques hôpitaux, mais cela reste très marginal.
P.H. Les Chinois dopent la croissance africaine, c’est incontestable. Cela permet donc à l'Afrique d'être plus insérée dans les relations internationales. Au niveau du développement, la Chine investit aussi dans l'éducation. Par exemple, 13 000 bourses vont être données à des Africains pour qu’ils puissent étudier en Chine (Institut Confucius). Par contre, il y a un certain nombre de manquements. L’Afrique reste essentiellement exportatrice de produits primaires, ce qui ne permet pas le développement de l'industrie. A cela s’ajoute le fait que les grands projets de constructions publiques (routes, chemins de fer etc.) se font essentiellement avec de la main d’œuvre chinoise. Ils ne créent donc pas d’emplois pour les Africains.
Un entrepreneur chinois marche sur une autoroute en construction  à Nairobi (Kenya).
Un entrepreneur chinois marche sur une autoroute en construction  à Nairobi (Kenya). Photo Reuters
Peut-on parler d’une relation équitable entre la Chine et l’Afrique ?
F.L. La relation est a priori déséquilibrée. La Chine achète surtout des matières premières, et elle réexporte des produits déjà transformés. Mais quand on regarde les chiffres, la Chine a souvent un déficit commercial avec l’Afrique. Ce sont les Africains qui gagnent le plus d’argent à la fin de l’année. Sauf pour 2011, car le prix du pétrole a beaucoup baissé. Le commerce est donc beaucoup plus équilibré qu’il n’y paraît.
P.H. Les relations sont asymétriques. Ceci étant, les relations avec les anciennes puissances coloniales l'étaient aussi. Il y a une forme de présence chinoise qui s’apparente au colonialisme.
Peut-on voir la Chine comme un «prédateur» économique ou un investisseur en Afrique ?
F.L. Elle est perçue comme un prédateur, ce qui à mon sens est largement excessif. L’augmentation du prix des matières premières (coton, bois, etc.) en Afrique se fait grâce au dynamisme de la Chine. Elle est perçue comme prédatrice car elle bouleverse certaines entreprises africaines qui font alors faillite, ou bien elle s'approprie parfois certaines côtes telles que les zones de pêche.
P.H. Je n’emploierais pas le terme de «prédateur». C’est un investisseur avant tout. Mais dans certains cas, minoritaires, son attitude peut s'apparenter à de la prédation. Par exemple, c’est le cas pour la république démocratique du Congo, où il y a des gaspillages et des pillages des richesses naturelles, notamment dans le cuivre et la forêt de l’Afrique centrale.
Est-ce une Afrique sans l'Europe qui est en train de se constuire ?
F.L. Il n’y a pas tellement de concurrence entre la Chine et l’Europe. A priori, la Chine nous porte préjudice car les Chinois sont dans le BTP, la téléphonie etc. Mais grâce à la Chine, il y a une augmentation du pouvoir d’achat local, ce qui permet le développement d’autres activités dans les services. Par exemple, AXA ou la grande distribution, comme Carrefour, sont très présents sur le continent africain. Et il faut préciser, que contrairement à ce que l’on pense, les Chinois ne sont pas très présents dans l’Afrique francophone car ce sont des pays peu peuplés, avec très peu de matières premières.
P.H. Actuellement, il y a plutôt un retrait relatif de l’Europe vis à vis de l’Afrique. C’est aussi une conséquence de la frilosité des entreprises françaises à s’y installer. Mais les groupes français ont tout à fait la possibilité de la reconquérir.
Par rapport à l'Europe, la Chine est-elle moins regardante concernant l’usage des crédits accordés ou les normes démocratiques ?
F.L. Déjà il faut éviter l’hypocrisie, l’Europe n’a pas aussi été très regardante quand on voit ce qu’il s’est passé avec la Libye. Mais ce qui est vrai c’est qu’il y a une différence dans l’usage des fonds accordés. L’Europe était plus exigeante et plus regardante que la Chine.
P.H. C’est sûr qu’elle est moins regardante des conditionnalités, elle pense par ailleurs que la démocratie n’est pas faite pour l’Afrique.
Et pour le marché des armes ?
F.L. La Chine en exporte très peu vers l’Afrique, même s’il y a quelques années elle en avait livrées au Zimbabwe et à l'Angola. Il faut surtout noter que la Chine ne veut pas apparaître comme un facteur de déstabilisation de la région. Son ambition est de faire du business en Afrique. Si elle vend des armes, c’est pour rendre service et garder une bonne relation. Il faut d’ailleurs noter que la plupart des armes vendues sont pour le maintien de l’ordre, tel du gaz lacrymogène.
P.H. La Chine a quand même beaucoup d’usines d’armement dans les pays amis, comme le Soudan par exemple. Elle est aussi liée sur le plan militaire avec le Zimbabwe. Elle participe donc comme les autres puissances à ce marché, d'autant plus qu'elle est un vendeur d’arme très important.
Que doivent exiger les pays africains de la Chine ?
F.L. D’avantages de créations d’emploi, et une plus grande ouverture du marché chinois aux produits africains. Mais sincèrement, on voit mal comment l’Afrique peut obtenir ce que nous, Européens, on ne parvient pas à avoir.
P.H. Le problème est uniquement d’ordre politique. Dès lors que vous êtes convoité, dès lors qu’il y a plusieurs partenaires possibles, il faut augmenter les enchères avec des contreparties comme un accès à la technologie ou des créneaux d’exportations sur le marché chinois. Les cartes sont dans les mains des Africains.

La Chine va créer un environnement favorable pour les échanges commerciaux avec le Kenya

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La Chine va s’atteler à la création d'un environnement propice à la communauté des affaires du Kenya, a affirmé le vice-président chinois, Xi Jinping.

S'exprimant lors du Forum Chine-Afrique qui vient de s’achever à Beijing, Xi a déclaré au Premier ministre kenyan, Raila Odinga, que la Chine tient aux relations bilatérales avec le Kenya.

"Nous avons parcouru un très long chemin avec le Kenya. Nous tenons spécialement à nos relations. En conséquence, la Chine cherchera à développer un engagement spécial et stratégique dans le domaine des affaires avec le Kenya, conformément à l'esprit de collaboration qui a été énoncé par le Forum sur la Coopération Chine-Afrique (FCCA)", a déclaré M. Xi.

"Nous aimerions réduire la balance commerciale entre nos deux pays. Nous allons donc faciliter l’acheminement de vos marchandises dans notre pays", a-t-il ajouté.

De son côté, M. Odinga a remercié la Chine pour son engagement à verser 20 milliards de dollars en appui à diverses initiatives en Afrique cette année, invitant ce pays à s'engager davantage dans l'investissement direct étranger au Kenya.

«L'Afrique est la prochaine frontière de la croissance économique et du développement. Nous souhaitons que des investissements soient effectués au Kenya dans le développement des infrastructures, du logement, de l'énergie et dans les ports, entre autres», a déclaré le Premier ministre kenyan.