CHINE AFRIQUE

POUR DES RELATIONS RESPECTUEUSES, AMICALES, FRANCHES ET FRATERNELLES

lundi 30 juillet 2012

La Chine pilote bien son économie, selon le FMI

La Chine pilote bien son économie, selon le FMI
Le Monde.fr avec AFP |
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Le yuan n'est plus que "modérément" sous-évalué selon le rapport du FMI, publié mercredi 25 juillet 2012.
Le yuan n'est plus que "modérément" sous-évalué selon le rapport du FMI, publié mercredi 25 juillet 2012. | REUTERS/STRINGER SHANGHAI

Le Fonds monétaire internationale (FMI) a publié, mercredi 25 juillet, un rapport très positif sur la situation économique de la Chine, deuxième économie mondiale.
Les perspectives à court terme sont encourageantes. Certes, la Chine ne va connaître une croissance que "d'environ 8 %" en 2012, soit une prévision inférieure d'un quart de point à celle faite par le Fonds en avril 2012. Mais la croissance chinoise "devrait avoir atteint un creux au deuxième trimestre (avec 7,6 %) et accélérer durant la deuxième moitié de l'année", précise le rapport.
UN ATTERRISSAGE EN DOUCEUR
Si la hausse du PIB a ralenti entre avril et juin pour le sixième trimestre consécutif, c'est à la suite du plan d'atterrissage en douceur, décidé l'an dernier par les autorités chinoises. Ce plan visait à lutter contre l'inflation et à éviter une surchauffe dans le secteur immobilier. Grâce à lui, le ralentissement de la hausse des prix en Chine se confirme : de 6,5 % il y a un an à 2,2 % en juin 2012. Selon le FMI, l'inflation devrait "rester comprise entre 3 % et 3,5 % cette année, et tomber entre 2,5 % et 3 % en 2013".
Le gouvernement chinois semble obtenir de bons résultats dans le secteur immobilier, où des mesures efficaces ont été prises pour juguler toute formation d'une bulle dans ce secteur, notamment l'interdiction faite aux particuliers d'acheter un deuxième appartement.
Par ailleurs, le rapport note "des progrès substantiels dans le rééquilibrage externe" de l'économie chinoise. L'excédent des comptes courants, la mesure la plus large de ses échanges avec l'extérieur, tombe de 10,1 % en 2007 à 2,8 % en 2011. Sur la politique monétaire, le yuan, n'est plus que "modérément" sous-évalué selon le FMI, alors que le précédent rapport parlait d'un yuan "substantiellement sous-évalué". La devise chinoise se rapproche donc progressivement de sa véritable valeur de marché après une décennie de sous-évaluation marquée.
TROP D'INVESTISSEMENTS, PAS ASSEZ DE CONSOMMATION
Par-delà ce satisfecit décerné aux autorités chinoises, le Fonds craint cependant la menace que fait peser l'aggravation de la crise de la zone euro. "Les autorités s'inquiètent des perspectives à l'étranger [...] et de l'absence de mesures suffisantes pour y répondre", explique le Fonds.
Pour faire face à cette crise extérieure, le FMI recommande à la Chine de s'appuyer sur sa politique budgétaire. Le gouvernement chinois possède la marge de manœuvre nécessaire. En effet, l'endettement public ne devrait s'élever qu'à 22 % du PIB à la fin de l'année, et le déficit budgétaire, lui, à seulement 1,25 % du PIB.
Autre menace pour l'économie chinoise : l'absence d'équilibre interne. La part de l'investissement dans l'économie chinoise est exagérément élevée, à près de 50 % du PIB, ce qui "crée de larges excédents de capacités dans l'économie". La Chine doit donc rééquilibrer son modèle de croissance vers plus de consommation des ménages et moins d'investissement. Pour cela, la Chine doit "s'assurer que les fruits de la croissance soient distribués largement et de façon équitable" au sein de la population. Un diagnostic que rêveraient d'entendre la plupart des pays européens.
Pour plus de détails, le rapport du FMI dans son intégralité.

LA CHINE EN AFRIQUE : OPA ou réelle aide au développement?

LA CHINE EN AFRIQUE : OPA ou réelle aide au développement?

«Au lieu de donner un poisson à quelqu'un, il faut lui apprendre à pêcher».

Mao Tsé Toung

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Prof. émer. Chems Eddine Chitour
Lundi 23 Juillet 2012

LA CHINE EN AFRIQUE : OPA ou réelle aide au développement?
La semaine dernière s'est tenu à Pékin le forum de la coopération Chine-Afrique. Ce rendez-vous traditionnel - ignoré superbement par l'Occident - a pour ambition de développer un partenariat winn-winn, désintéressé en ce sens qu'il n'est pas connoté par des arrière-pensées paternalistes, reliquat d'un colonialisme qui ne veut pas mourir. Naturellement, cette coopération est brocardée notamment par les anciennes puissances coloniales qui continuent à intervenir d'une façon ou d'une autre dans les affaires internes des Africains par des canaux divers, le Commonwealth et la France-Afrique qui ne veulent pas lâcher leur «pré carré», en y plaçant à demeure, leurs troupes.

L'Europe vieillissante en est encore à vouloir sérier les espèces, et imposer un magister dixit qui n'a plus cours. «Le «drame de l'Afrique» vient du fait que «l'homme africain n'est pas assez entré dans l'Histoire». [...] Le problème de l'Afrique, c'est qu'elle vit trop le présent dans la nostalgie du paradis perdu de l'enfance. [...] Dans cet imaginaire où tout recommence toujours, il n'y a de place ni pour l'aventure humaine ni pour l'idée de progrès.» On comprend tout à fait Nicolas Sarkozy sans son discours de Dakar de juillet 2007, qui dénie aux Africains d'être rentrés dans «l'Histoire», à moins d'être guidé par lui.

Les Etats-Unis, tard venus dans les aventures coloniales, ont la finesse et la délicatesse de l'éléphant dans un magasin de porcelaine. Ils prennent par la force ce dont ils ont besoin chez les pays faibles et tous les moyens sont bons avec chaque fois de nouveaux concepts: l'aspect humanitaire avec ses variantes de droits puis de devoirs d'ingérence et depuis Bush II, l'exportation de la démocratie avec le chaos -réorganisateur dans le sens des intérêts de l'Empire puis l'assistance aux peuples pour la liberté via Internet et Facebook....

La Chine et l'Afrique: une longue histoire

«Les relations de la Chine avec l'Afrique sont anciennes. «Au XVe siècle, écrit
S.Togola, le début de l'élargissement du monde faillit donner naissance à une scène qui ne manquait pas de piquant: la rencontre, au large des côtes africaines, de caravelles portugaises et de jonques chinoises. Les deux puissances menaient parallèlement des expéditions maritimes d'envergure. D'un côté, le prince Henri le Navigateur (...) De l'autre côté, un amiral chinois, Zheng He, homme de confiance de l'amiral Yongle, prenait la tête d'une armada de 300 navires et partait vers l'ouest. (...) Ce fils d'une famille musulmane du Yunnan, atteignit les côtes de la Somalie, du Kenya et de Zanzibar. D'aucuns assurent même qu'il aurait découvert, avant Christophe Colomb, les côtes de l'Amérique.» (1)

Pourquoi la Chine s'intéresse-t-elle tant à l'Afrique?

Ben Kabou s'interroge sur le pourquoi de cette coopération. Il écrit: «Qu'est-ce qui pousse la Chine à s'investir autant en Afrique? Satisfaire ses besoins en ressources naturelles nécessaires à son décollage économique? S'implanter comme la première force économique dans un marché porteur, encore très peu développé? La Chine fait décidément les choses en grand et pas comme tout le monde! Sa politique étrangère est essentiellement basée sur la coopération économique à grande échelle, Sa démarche découle de sa propre histoire, de son ambition grandissante pour le leadership économique mondial, mais aussi d'une volonté manifeste de contrer celle des puissances occidentales au passé marqué par le combat démocratique et la colonisation, et dont les relations économiques avec les pays en développement en général, et d'Afrique en particulier, supposent souvent une contrepartie politique plus ou moins discutable.» (2)

«Cet engouement chinois pour l'Afrique est réglé par la Conférence du Forum économique sino-africain, initiée à l'automne de l'année 2000 à Pékin. Il constitue aujourd'hui une réalité qui ne laisse pas indifférentes les autres puissances mondiales. Outre son engagement, dans le cadre du plan d'action sino-africain 2007-2009, à annuler les dettes pour 1,4 milliard de dollars de 31 pays pauvres lourdement endettés et des pays les moins développés en Afrique, et l'extension de l'application de taxes nulles à des importations africaines, la Chine a fixé en 2006 comme objectif de porter, à l'horizon 2010, le volume de son commerce avec l'Afrique à 100 millions de dollars, alors que ce volume progressait de 297% au cours de la période 2000-2005, passant de 10 milliards à 39,7 milliards de dollars «Cet objectif a déjà été dépassé en 2008 selon le ministère chinois du Commerce (106,8 milliards de dollars) (...).» (2)

«En s'engageant en Afrique, poursuit l'auteur, la Chine ne fait donc que conforter sa propre stratégie globale de développement économique. Il y a d'abord l'approvisionnement en matières premières appelées à être de plus en plus importées par la Chine, compte tenu des objectifs de croissance prévisionnels du système de production chinois, fort ambitieux et très soutenus par les autorités chinoises. (...) Pétrole brut, minerais de fer, produits sidérurgiques, bois de grume, diamant, minerais de manganèse, produits en cuivre, minerais de cuivre, coton... représentent 87% des importations chinoises en provenance d'Afrique (...). Pour l'or noir, et dans un souci de diversifier ses sources d'approvisionnement, risques géopolitiques au Moyen-Orient obligent, l'Afrique constitue depuis quelque temps déjà le deuxième fournisseur de la Chine, avec un peu plus du quart des importations chinoises.» (2)

Il y a naturellement le revers de la médaille. Ben Khabou en convient: «D'aucuns reprocheraient, à juste titre, les conditions infligées par les entreprises chinoises aux travailleurs africains - rémunération, sécurité, libertés syndicales, le non-respect de l'environnement, voire la protection politique par la Chine de certains régimes africains plus ou moins contestés. D'autres rétorqueront que l'Occident n'a pas fait mieux que la Chine jusqu'ici en termes d'investissement en Afrique, avec l'échec auquel ont mené les conditions imposées par l'Occident aux pays africains en matière de coopération économique, via la Banque mondiale et le Fonds monétaire international». (2)

Est-ce que les pays occidentaux ont fait mieux?

Il est vrai que dans un monde qui va de plus en plus vers la pénurie, il n'y a pas de philanthropie: les besoins sont de tout ordre: matières premières, énergie mais aussi agriculture. Un des secteurs dans lesquels la Chine, mais avec elle d'autres pays asiatiques, s'engagent massivement. En 2008, l'Arabie Saoudite, les Emirats, la Corée du Sud, le Japon et la Chine ont acheté 76 millions d'hectares de terres arables, pour subvenir à leurs propres besoins alimentaires.
L'influence de la Chine en Afrique est très souvent vue de façon exagérée et cette vision ne reflète souvent que les peurs des Occidentaux de perdre le contrôle de ce continent. Il faut ajouter à cela le fait que les Occidentaux peinent de plus en plus à avoir des marchés dès qu'ils sont en concurrence avec les Chinois. Quelles que soient les vraies intentions de la Chine, les Africains ne sont pas mécontents d'avoir, pour la première fois depuis des siècles, de vrais concurrents aux Occidentaux. Jamais l'Afrique ne pourra être plus martyrisée qu'elle ne l'a été depuis les premiers colonisateurs-profiteurs occidentaux

Qui dira les génocides humains et culturels, les souffrances sans nom, les déportations massives, les désastres écologiques...les carnages, en un mot... auxquels «l'homme blanc» s'est livré sur cette pauvre, superbe, généreuse, incomparable Afrique? On dit que la différence entre les Chinois et les Occidentaux est plus dans la méthode que dans le résultat qui est le même, à savoir se servir en matières premières. Il est vrai que la Chine dispose d'un matelas de 3000 milliards de dollars qu'elle doit recycler en achetant utile du fait d'une confiance toute relative dans le dollar.

Avec un rare parti pris, une contribution sur Agoravox dont nous rapportons les grandes lignes, met sur le même pied la coopération chinoise et occidentale: «Lors du dernier en date, qui vient de se tenir à Pékin, le président chinois Hu Jin Tao a annoncé des prêts pour un montant total de 20 milliards de dollars US aux pays partenaires de la Chine sur le continent africain. Deux chiffres disent tout de l'évolution de plus en plus rapide des liens sino-africains: selon les données officielles des autorités de Pékin, en 2011, les exportations de la Chine vers l'Afrique ont atteint 166,3 milliards de dollars US. La même année, les exportations africaines vers la Chine ont culminé à 93,2 milliards de dollars US. (...) En dix ans, le montant des exportations africaines a donc crû d'environ 18 fois son chiffre initial de 2001. (...) Face à des Etats-Unis lointains, une Union européenne désargentée et en crise, une Russie qui n'a pas pour le moment les moyens de reprendre la politique d'amitié, fructueuse pour son économie, de l'époque soviétique, (...) Ainsi, quand des ministres européens vitupèrent contre ce qu'ils appellent "la politique du chéquier", des hauts responsables africains leur rétorquent, non sans quelque raison, que pour se développer, il vaut mieux avoir un partenaire riche et intéressé que des anciens Etats coloniaux financièrement exsangues et qui n'ont plus les moyens d'aider leurs ex-colonies.» (3)

«Tandis qu'en Asie, la politique chinoise d'ensemble vise clairement à des relations apaisées, dans l'intérêt même de la stabilité du pouvoir à Pékin, en Afrique, il apparaît évident que la Chine entend maîtriser les sols et donc les sous-sols, protéger ses installations. Il en résulte que la Chine tourne des yeux militaires, notamment en termes de puissance navale, vers l'océan Indien et l'approche de ses côtes méridionales, riches en industries de transformation.» (3)

L'auteur de l'article qui est carrément anti-chinois promet aux Africains le même destin ave la Chine, c'est-à-dire une colonisation en perspective, il écrit: «Cependant, à terme, il est manifeste que, face à la voracité des appétits chinois sur le sous-sol africain et l'intrusion croissante de ce pays dans la vie des peuples du continent noir, il n'est pas exclu que la Chine finisse par apparaître aux peuples d'Afrique comme un nouvel Etat colonisateur.» Nous ne sommes absolument pas d'accord!

Qu'en est-il de la coopération avec l'Algérie?

Il est utile de rappeler l'aide importante financière, militaire et politique pendant la Révolution. Dans son ouvrage «les Fellaghas» très instructif et qui gagnerait grandement à être connu et lu notamment pas les jeunes, quant à la réalité de la lutte sur le terrain, le commandant Azzedine écrit: «La Chine nous a apporté une aide financière, matérielle et morale. Bon nombre de militants ont séjourné à Pékin et y ont reçu une formation solide, sans que jamais on n'essaya de les endoctriner ou d'influer sur leur choix politique.. (...)» Lors de l'entretien avec la délégation conduite par Omar Oussedik, le maréchal Pen To Hué déclare: «(...) Nous apprécions à sa juste valeur votre détermination. Vous pouvez choisir de quoi armer 180.000 hommes, escompter une aide conséquente pour les réfugiés et j'ai pour instruction de vous informer que notre ambassade au Caire versera au compte que lui indiquera le GPRA le montant du budget de guerre pour une année.» (4)

Cependant et bien que la coopération actuelle avec la Chine soit bien développée, il nous paraît évident qu'il n'y a pas, pour le moment, de transfert de savoir-faire. A titre d'exemple, la mise en place d'un Centre de formation et de recherche sur la construction d'autoroutes peut donner à l'Algérie le savoir-faire pour savoir pêcher. C'est notamment dans le système éducatif que l'apport de la Chine pourrait être décisif et relancer à titre d'exemple une coopération pour la fabrication d'équipements pédagogiques, que j'avais initiée à la fin des années 1980. Cette politique si elle avait été mise en oeuvre nous aurait permis de gagner chaque année des milliards de dinars par une création de richesse pérenne. Il n'est pas trop tard pour mettre en place cette nouvelle vision dans le cadre d’une refondation du systèmpe éducatif qui doit pouvoir oncevoir concevoir etfabriquer ses équipements de base.

Les colonies africaines sont indépendantes, mais la nostalgie de l'Empire reste ce qui fait que les relations de l'Europe avec l'Afrique ne seront jamais «normales» tant que subsistera le mythe de la race supérieure de l'homme blanc venu civiliser, apportant, éclairant de ses lumières, au besoin au napalm, ces contrées obscures qui ne sont pas rentrées dans l'Histoire dont Fukuyama nous annonçait déjà la fin avec le triomphe de l'hyperpuissance américaine suite à la débâcle de l'Empire soviétique. Pour rappel, le montant de 50 milliards de APD -chantée par les médias occidentaux sur tous les tons- n'a jamais été respectée.

Les Etats occidentaux conditionnent cette aide à de multiples contraintes, alors que le président chinois vient d'annoncer que la Chine met à elle seule 20 milliards de dollars sur la table. Sans faire dans l'angélisme, les affaires sont les affaires, il n'y a pas d'Opération publique d'achat (OPA), qu'elle soit amicale ou non. L'Afrique a besoin de la Chine pour son développement et réciproquement. Il n'y a pas cette posture paternaliste comme avec l'Europe et c'est tant mieux.

1S.Togola http://www.chine-informations.
com/guide/afrique-chine-une-longue-histoire_1561.html
2.Ben Khabou http://www.agoravox.fr/ actualites/international/article/pourquoi-la-chine-s-interesse-t-55688jeudi7mai 200
3.http://www.Agoravox.Fr/Actualites/International/Article/La-Chine-Et-L-Afrique-Le-Grand-120252?1342858847
4.Commandant Azzedine. Les Fellagas Editions Enag Alger pp. 281 -283. 1997.


Professeur Chems Eddine Chitour
Ecole Polytechnique enp-edu.dz

Afrique | Mozambique : La chine finance la construction d’un pont

Afrique | Mozambique : La chine finance la construction d’un pont

République Togolaise - Chine-Afrique : un partenariat renforcé

République Togolaise - Chine-Afrique : un partenariat renforcé

Chine-Afrique : un partenariat renforcé

Chine-Afrique : un partenariat renforcé
La 5e conférence ministérielle du Forum de coopération sino-africain (FCSA) qui vient de se tenir à Pékin marque un pas nouveau dans la présence de la Chine en Afrique.
Le président Hu Jintao a exposé le plan 2013-2015 que la Chine mettra en œuvre pour le continent.: “La Chine mettra à la disposition des pays africains une ligne de crédit de 20 milliards de dollars destinée en priorité à promouvoir le développement des infrastructures, de l'agriculture, de l'industrie manufacturière et des PME en Afrique”, a-t-il précisé. Les échanges commerciaux entre la Chine et l'Afrique ont atteint un niveau record de 166 milliards en 2011, plaçant la Chine au premier rang des partenaires commerciaux du continent.
D’autre part, la Chine “augmentera le nombre de centres-pilotes agricoles en Afrique pour aider les pays africains à renforcer leur capacité de production agricole et mettra en œuvre le programme "Talents africains" pour former 30 000 personnes dans différents secteurs, fournir 18 000 bourses gouvernementales et construire des infrastructures culturelles et de formation technique et professionnelle”.
La Chine “établira avec l'Afrique un partenariat sur la construction des infrastructures transnationales et transrégionales pour soutenir la planification et l'étude de faisabilité des projets, encourager les entreprises et institutions financières chinoises performantes à prendre part à la construction de ces infrastructures, comme elle aidera les pays africains à améliorer les infrastructures douanières et de contrôle des marchandises afin de faciliter le commerce intra-africain”.
Enfin le président Hu Jintao a annoncé que son pays “encouragera la paix et la stabilité en Afrique dans le but de créer un environnement sûr pour le développement du continent.” Pékin “lancera l'Initiative du partenariat de coopération Chine-Afrique pour la paix et la sécurité afin d'approfondir sa coopération avec l'UA et les pays africains dans les domaines de la paix et de la sécurité en Afrique, fournir un soutien financier aux opérations de maintien de la paix de l'UA sur le continent”.
Au moment au l'Europe est affaiblie par la crise économique et financière la Chine renforce de façon décisive son partenariat avec l’Afrique
Koffi Souza

mardi 24 juillet 2012

«L'ambition de la Chine c'est de faire du business en Afrique» - Libération

«L'ambition de la Chine c'est de faire du business en Afrique» - Libération
L'ambition de la Chine c'est de faire du business en Afrique»
Les présidents sud-africain et chinois, Jacob Zuma et Hu Jintao, à la 5e conférence ministérielle du Forum de coopération sino-africain.
Les présidents sud-africain et chinois, Jacob Zuma et Hu Jintao, à la 5e conférence ministérielle du Forum de coopération sino-africain. (Photo REUTERS)

Interview François Lafargue, spécialiste de la Chine, professeur à l'école ESG et Philippe Hugon, directeur de recherche à l’Iris, en charge de l’Afrique, reviennent sur les conséquences de la présence chinoise en Afrique.

Par MÉLODY PIU
La Chine est devenue jeudi le premier investisseur dans le continent noir en doublant ses crédits, portés à 20 milliards de dollars (16,5 milliards d'euros). François Lafargue (photo DR), docteur en géopolitique spécialiste de la Chine, et Philippe Hugon (photo DR), directeur de recherche à l’Institut des relations internationales et stratégiques (Iris) en charge de l’Afrique, estiment que la présence chinoise favorise la croissance de l’Afrique, mais aussi que les relations sino-africaines sont encore trop asymétriques. 
Pourquoi la Chine a-t-elle doublé récemment son «aide» (20 milliards de dollars) à l’Afrique ?
François Lafargue F.L. D’abord on ne sait pas ce que désigne ce terme de prêt car la Chine mélange un peu tout. Il faut différencier les prêts publics, les dons, et les prêts qui sont accordés par les entreprises publiques chinoises. Ces aides ne sont souvent que des investissements de la part des entreprises.

Philippe HugonP.H. Les 20 milliards de dollars sont des crédits, donc des prêts. Mais le problème, c’est que l’on ne connaît pas leur taux d’intérêts. La Chine a juste fait un effet d’annonce et ce qu’il faudrait savoir, c’est la nature exacte des contrats.
 
 
Quelles sont les motivations de la présence chinoise en Afrique ?
F.L. Elles sont de plusieurs ordres. Tout d’abord, il y a une motivation énergétique : l’Afrique a 10% des réserves mondiales de pétrole. Etant donné que la Chine est très énergivore, elle entretient des relations étroites avec les pays pétroliers tels le Soudan ou la Libye. Il y a aussi une motivation minière : ce qui l’intéresse particulièrement, ce sont les minerais stratégiques (or, titane etc.) que l’on trouve notamment en Afrique australe (Zimbabwe, Afrique du Sud etc.). Le dernier facteur est d’ordre commercial car le continent africain, c’est un milliard de consommateurs ! Certes, c’est une population qui a encore un faible pouvoir d’achat, mais les entreprises chinoises connaissent très bien ce marché puisqu’il ressemble à celui de leur pays. Ainsi, ils savent qu’il faut des produits simples, faciles a réparer, sans forcément de haute technologie.
P.H. Pour maintenir sa croissance, la Chine à absolument besoin de ressources naturelles, et l’essentiel se trouve en Afrique. La deuxième raison, c’est que la Chine est une puissance émergente, et l’Afrique fait partie de sa «mondialisation». L’Afrique est aussi un déversoir de la population chinoise, qui vient migrer sur le continent [750 000 Chinois en 2007 contre moins de 100 000 Français, ndlr], ce qui permet aussi le développement de sa culture.
Quels sont les bénéfices pour l’Afrique ?
F.L. La Chine peut améliorer l'économie africaine. Quand on regarde les chiffres, la plupart des pays africains on vu leur PIB global augmenter, car le prix des matières premières augmente grâce aux investissements chinois. Le problème, c'est que les Chinois investissent très peu dans le développement. Ils ont ouvert quelques hôpitaux, mais cela reste très marginal.
P.H. Les Chinois dopent la croissance africaine, c’est incontestable. Cela permet donc à l'Afrique d'être plus insérée dans les relations internationales. Au niveau du développement, la Chine investit aussi dans l'éducation. Par exemple, 13 000 bourses vont être données à des Africains pour qu’ils puissent étudier en Chine (Institut Confucius). Par contre, il y a un certain nombre de manquements. L’Afrique reste essentiellement exportatrice de produits primaires, ce qui ne permet pas le développement de l'industrie. A cela s’ajoute le fait que les grands projets de constructions publiques (routes, chemins de fer etc.) se font essentiellement avec de la main d’œuvre chinoise. Ils ne créent donc pas d’emplois pour les Africains.
Un entrepreneur chinois marche sur une autoroute en construction  à Nairobi (Kenya).
Un entrepreneur chinois marche sur une autoroute en construction  à Nairobi (Kenya). Photo Reuters
Peut-on parler d’une relation équitable entre la Chine et l’Afrique ?
F.L. La relation est a priori déséquilibrée. La Chine achète surtout des matières premières, et elle réexporte des produits déjà transformés. Mais quand on regarde les chiffres, la Chine a souvent un déficit commercial avec l’Afrique. Ce sont les Africains qui gagnent le plus d’argent à la fin de l’année. Sauf pour 2011, car le prix du pétrole a beaucoup baissé. Le commerce est donc beaucoup plus équilibré qu’il n’y paraît.
P.H. Les relations sont asymétriques. Ceci étant, les relations avec les anciennes puissances coloniales l'étaient aussi. Il y a une forme de présence chinoise qui s’apparente au colonialisme.
Peut-on voir la Chine comme un «prédateur» économique ou un investisseur en Afrique ?
F.L. Elle est perçue comme un prédateur, ce qui à mon sens est largement excessif. L’augmentation du prix des matières premières (coton, bois, etc.) en Afrique se fait grâce au dynamisme de la Chine. Elle est perçue comme prédatrice car elle bouleverse certaines entreprises africaines qui font alors faillite, ou bien elle s'approprie parfois certaines côtes telles que les zones de pêche.
P.H. Je n’emploierais pas le terme de «prédateur». C’est un investisseur avant tout. Mais dans certains cas, minoritaires, son attitude peut s'apparenter à de la prédation. Par exemple, c’est le cas pour la république démocratique du Congo, où il y a des gaspillages et des pillages des richesses naturelles, notamment dans le cuivre et la forêt de l’Afrique centrale.
Est-ce une Afrique sans l'Europe qui est en train de se constuire ?
F.L. Il n’y a pas tellement de concurrence entre la Chine et l’Europe. A priori, la Chine nous porte préjudice car les Chinois sont dans le BTP, la téléphonie etc. Mais grâce à la Chine, il y a une augmentation du pouvoir d’achat local, ce qui permet le développement d’autres activités dans les services. Par exemple, AXA ou la grande distribution, comme Carrefour, sont très présents sur le continent africain. Et il faut préciser, que contrairement à ce que l’on pense, les Chinois ne sont pas très présents dans l’Afrique francophone car ce sont des pays peu peuplés, avec très peu de matières premières.
P.H. Actuellement, il y a plutôt un retrait relatif de l’Europe vis à vis de l’Afrique. C’est aussi une conséquence de la frilosité des entreprises françaises à s’y installer. Mais les groupes français ont tout à fait la possibilité de la reconquérir.
Par rapport à l'Europe, la Chine est-elle moins regardante concernant l’usage des crédits accordés ou les normes démocratiques ?
F.L. Déjà il faut éviter l’hypocrisie, l’Europe n’a pas aussi été très regardante quand on voit ce qu’il s’est passé avec la Libye. Mais ce qui est vrai c’est qu’il y a une différence dans l’usage des fonds accordés. L’Europe était plus exigeante et plus regardante que la Chine.
P.H. C’est sûr qu’elle est moins regardante des conditionnalités, elle pense par ailleurs que la démocratie n’est pas faite pour l’Afrique.
Et pour le marché des armes ?
F.L. La Chine en exporte très peu vers l’Afrique, même s’il y a quelques années elle en avait livrées au Zimbabwe et à l'Angola. Il faut surtout noter que la Chine ne veut pas apparaître comme un facteur de déstabilisation de la région. Son ambition est de faire du business en Afrique. Si elle vend des armes, c’est pour rendre service et garder une bonne relation. Il faut d’ailleurs noter que la plupart des armes vendues sont pour le maintien de l’ordre, tel du gaz lacrymogène.
P.H. La Chine a quand même beaucoup d’usines d’armement dans les pays amis, comme le Soudan par exemple. Elle est aussi liée sur le plan militaire avec le Zimbabwe. Elle participe donc comme les autres puissances à ce marché, d'autant plus qu'elle est un vendeur d’arme très important.
Que doivent exiger les pays africains de la Chine ?
F.L. D’avantages de créations d’emploi, et une plus grande ouverture du marché chinois aux produits africains. Mais sincèrement, on voit mal comment l’Afrique peut obtenir ce que nous, Européens, on ne parvient pas à avoir.
P.H. Le problème est uniquement d’ordre politique. Dès lors que vous êtes convoité, dès lors qu’il y a plusieurs partenaires possibles, il faut augmenter les enchères avec des contreparties comme un accès à la technologie ou des créneaux d’exportations sur le marché chinois. Les cartes sont dans les mains des Africains.

La Chine va créer un environnement favorable pour les échanges commerciaux avec le Kenya

La Chine va créer un environnement favorable pour les échanges commerciaux avec le Kenya
La Chine va s’atteler à la création d'un environnement propice à la communauté des affaires du Kenya, a affirmé le vice-président chinois, Xi Jinping.

S'exprimant lors du Forum Chine-Afrique qui vient de s’achever à Beijing, Xi a déclaré au Premier ministre kenyan, Raila Odinga, que la Chine tient aux relations bilatérales avec le Kenya.

"Nous avons parcouru un très long chemin avec le Kenya. Nous tenons spécialement à nos relations. En conséquence, la Chine cherchera à développer un engagement spécial et stratégique dans le domaine des affaires avec le Kenya, conformément à l'esprit de collaboration qui a été énoncé par le Forum sur la Coopération Chine-Afrique (FCCA)", a déclaré M. Xi.

"Nous aimerions réduire la balance commerciale entre nos deux pays. Nous allons donc faciliter l’acheminement de vos marchandises dans notre pays", a-t-il ajouté.

De son côté, M. Odinga a remercié la Chine pour son engagement à verser 20 milliards de dollars en appui à diverses initiatives en Afrique cette année, invitant ce pays à s'engager davantage dans l'investissement direct étranger au Kenya.

«L'Afrique est la prochaine frontière de la croissance économique et du développement. Nous souhaitons que des investissements soient effectués au Kenya dans le développement des infrastructures, du logement, de l'énergie et dans les ports, entre autres», a déclaré le Premier ministre kenyan.

Chine-Afrique: Booster l'investissement et l'agriculture

Chine-Afrique: Booster l'investissement et l'agriculture
Face aux crises économiques qui secouent depuis quelques années les pays occidentaux, l'Afrique a décidé d'orienter sa boussole vers l'Est et diversifier sa coopération avec le géant chinois. La cinquième édition du Forum sur la coopération sino-africain Fcsm clôturée, vendredi dernier à Beiging (Chine), confirme cette nouvelle orientation qui commençait à se dessiner depuis le début de cette décennie.

Le ministre délégué chargé des Affaires maghrébines et africaines, M. Abdelakader Messahel qui a pris part au forum a mis l'accent sur la nécessité «d'accélérer l'édification de nouveaux rapports de complémentarité qui constituent le socle du partenariat stratégique exemplaire qui unit la Chine et l'Afrique».

Pour le ministre, la Chine, qui soutient le Nepad et s'est attelée à faire des priorités de ce programme de renouveau africain les principaux points d'encrage de sa démarche de coopération avec l'Afrique, dispose de tous les atouts pour contribuer toujours davantage, non seulement à la réalisation des objectifs que l'Afrique s'est fixée, mais aussi à une plus grande densification des relations économiques sino-africaines.

Il a indiqué que «le partenariat stratégique sino-africain est appelé à un essor continu». Ce partenariat se fonde «sur le capital irremplaçable d'amitié et de respect mutuel que se vouent les peuples africains et chinois». Cette coopération s'est traduite par une présence très remarquée de l'Empire du milieu en Afrique.

La Chine s'est classée ainsi premier partenaire commercial de l'Afrique avec des échanges estimés à 166 milliards de dollars en 2011 en hausse de 83 % à 2009, selon le ministre chinois du Commerce.

Sur le plan investissement, à fin 2011, le stock des investissements chinois en Afrique s'est élevé à 14.7 milliards soitun accroissement de 60 % par rapport à 2009. Ces investissements sont représentés par 2 000 entreprises chinoises. Sur le plan des travaux forfaitaires, l'Afrique est devenu le deuxième plus grand marché d'outre-mer pour la Chine.

Et en 2011, les entreprises chinoises ont réalisé un chiffre d'affaires de 36,1 milliards de dollars représentant 30 % de la totalité de leur chiffre réalisé à l'étranger avec une croissance de 28 % par rapport à 2009.Sur le plan d'aide au développement, l'aide chinoise aux pays africains a augmenté de 60 % par rapport à 2009.

«Les financements, équipements, et techniques apportés par la Chine sont en mesure de réduire effectivement le coût de construction des pays africains, leurs conditions des infrastructures sont ainsiprogressivement améliorées», a affirmé le ministre du Commerce chinois.

Dans le cadre du forum, la partie chinoise a décidé, selon le ministre du Commerce, de travailler de concert avec la partie africaine « à promouvoir la restructuration et la montée en gamme de leur coopération économique et commerciale, tout en serrant leurs liens d'intérêts et en élargissant la base de leurs intérêts communs, et ce pour résoudre leurs (douleurs de croissance).»

Les deux parties lutterons ensemble contre les défis extérieurs et injecterons une nouvelle vitalité à l'intensification de la coopération Sud-Sud.Il s'agira aussi de «changer les modalités de coopération pour élever la position des économies chinoise et africaine dans la chaîne de valeur industrielle de la planète».

Au sujet des questions multilatérales, le représentant chinois a assuré que son pays «travaillera de concert avec les pays africains pour que le Cycle de Doha débouche sur des résultats substantiels au moins dans les domaines auxquels les pays en voie de développement, surtout les pays les moins développés prêtent la plus haute attention et réalise la récolte précoce».

12 ans après la création de Cfsm, «la Chine continuera à travailler en commun avec les pays africains à consolider les acquis du forum, à saisir les opportunités de développement, à identifier les points de percée de la coopération gagnant-gagnant, dans le but de promouvoir le développement de la coopération économique et commerciale entre la Chine et l'Afrique», a conclu le ministre.

Le géant chinois a par ailleurs décidé d'élargir la coopération en matière d'investissement et de financement afin d'appuyer le développement durable en Afrique.

Il mettra à la disposition des pays africains une ligne de crédit de 20 milliards de dollars destinée en priorité à promouvoir le développement des infrastructures, de l'agriculture, de l'industrie manufacturière et des PME en Afrique, selon son président.

Le pays comptes aussi augmenter le nombre de centres-pilotes agricoles en Afrique pour aider les pays africains à renforcer leur capacité de production agricole et mettre en œuvre le programme «Talents africains» pour former 30 000 personnes dans différents secteurs, fournir 18 000 bourses gouvernementales et construire des infrastructures culturelles et de formation technique et professionnelle en faveur des pays africains.

Par Smaïl Boughazi

La Tribune/23/07/2012

lundi 23 juillet 2012

M. Jia Qinglin prononce un discours à la cérémonie d'ouverture de la 18e session ordinaire de la Conférence de l'Union africaine

M. Jia Qinglin prononce un discours à la cérémonie d'ouverture de la 18e session ordinaire de la Conférence de l'Union africaine
Excellence, Monsieur le Président de l'Union africaine et
Président de la Guinée équatoriale Teodoro Obiang Nguema Mbasogo,
Excellence, Monsieur le Premier Ministre de l'Ethiopie Meles Zenawi,
Excellence, Monsieur le Président de la Commission de l'Union africaine Jean Ping,
Excellence, Monsieur le Secrétaire général des Nations Unies Ban Ki-moon,
Excellences, Madame et Messieurs les Chefs d'Etat et de Gouvernement,
Mesdames et Messieurs,
Chers Amis,
Aujourd'hui, c'est un immense plaisir pour moi de venir dans cette belle ville d'Addis-Abéba assister, sur invitation, à la cérémonie d'ouverture de la 18e session ordinaire de la Conférence de l'Union africaine (UA). Et je suis très honoré de pouvoir m'exprimer à la tribune du Sommet de l'UA, surtout dans ce Centre de
Conférence, symbole de l'amitié sino-africaine. Au nom du gouvernement et du peuple chinois, je tiens à vous transmettre, Excellences, Madame et Messieurs les Chefs d'État et de gouvernement, et à travers vous, aux peuples africains frères, les salutations cordiales et les meilleurs vœux des 1,3 milliard de Chinois, avec l'expression de mes sincères remerciements à l'UA, au gouvernement éthiopien, et notamment à Leurs Excellences le Président Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, le Premier Ministre Meles Zenawi et le Président Jean Ping pour l'accueil attentionné et chaleureux qui m'a été réservé.
Avant de commencer mes propos, permettez-moi d'abord de vous lire le message de félicitations du Président de la République populaire de Chine Hu Jintao à la 18e session ordinaire de la Conférence de l'Union africaine.
« À la Conférence de l'Union africaine
A l'occasion de l'ouverture de la 18e session ordinaire de la Conférence de l'Union africaine (UA), je voudrais exprimer, au nom du gouvernement et du peuple chinois et en mon nom personnel, mes vives félicitations.
La création de l'UA a été un événement historique pour l'unité, la coopération, le renouveau et le développement des pays africains. Depuis sa naissance il y a dix ans, l'Union africaine a déployé de grands efforts en matière de construction institutionnelle et de renforcement des capacités et joué un rôle capital dans la préservation de la paix et de la stabilité en Afrique et dans la promotion du développement socio- économique et du processus d'intégration du continent, devenant ainsi une organisation régionale très influente au monde. Nous sommes convaincus que sous la conduite de l'UA, les pays et les peuples d'Afrique, en faisant preuve de solidarité et d'innovation, continueront à avancer courageusement sur la voie qui les mène à l'unité et à la puissance.
La Chine et l'Afrique sont liées par une amitié très ancienne. Depuis le début du nouveau siècle, leurs relations ont connu sur tous les plans un développement rapide et en profondeur. L'établissement et le développement du Forum sur la Coopération sino-africaine (FCSA) et du nouveau partenariat stratégique sino-africain ont donné une formidable impulsion aux échanges et à la coopération entre les deux parties dans les domaines politique, économique, commercial et culturel. La Chine et l'Afrique ont ainsi vu leur confiance politique mutuelle se consolider, leurs liens d'intérêt se resserrer et leurs peuples se rapprocher davantage. La Chine est depuis toujours un bon ami, un bon partenaire et un bon frère de l'Afrique. Consolider et renforcer sans cesse la solidarité et la coopération sino-africaines en vue d'un progrès et d'un développement partagés, c'est pour elle une pierre angulaire de sa politique extérieure et un choix stratégique ferme et de long terme. A l'avenir, la Chine continuera à travailler main dans la main avec l'Afrique pour faire accéder le nouveau partenariat stratégique sino-africain à des niveaux plus élevés et à des domaines plus vastes et pour contribuer davantage à la paix et au développement en Afrique et dans le monde.
Je souhaite plein succès à la 18e session ordinaire de la Conférence de l'Union africaine !
Que l'amitié sino-africaine soit éternelle et progresse sans cesse au fil du temps !
 Hu Jintao
  Président de la
République populaire de Chine
Le 29 janvier 2012. »
Mesdames et Messieurs,
Chers Amis,
L'Afrique, un des berceaux de l'humanité, est dotée d'une longue histoire, d'une grande richesse naturelle, de cultures brillantes et de peuples travailleurs, ingénieux et courageux. Elle a apporté une contribution majeure aux progrès des civilisations humaines et au développement du monde. S'unir pour monter en puissance et réaliser le renouveau de la civilisation africaine, tel est un vieux rêve des peuples d'Afrique. De la naissance du panafricanisme au début du 20e siècle à la création de l'UA en 2002, en passant par l'établissement en 1963 de l'Organisation de l'Unité africaine (OUA), les peuples d'Afrique ont œuvré activement et sans relâche pour obtenir des résultats remarquables sur la voie de l'intégration africaine, inscrivant des pages brillantes dans leur histoire. Aujourd'hui, avec un développement économique sensiblement accéléré, l'Afrique jouit d'une influence plus importante dans les affaires internationales et montre au reste du monde une nouvelle dynamique et des perspectives radieuses. La création et le renforcement de l'UA ont été étroitement liés au développement de l'Afrique tout entière et y ont contribué énormément. Nous nous réjouissons de constater que depuis sa fondation il y a dix ans, l'UA est devenue une force majeure au service de la paix, de la stabilité et du développement en Afrique et dans le monde. Nous avons toutes les raisons de croire que sous la conduite de l'UA, l'Afrique fera des progrès encore plus grands et encore plus solides dans sa quête de l'unité et de la puissance.
À l'heure actuelle, la situation africaine et internationale connaît des changements profonds et complexes. Les conséquences profondes de la crise financière internationale se font de plus en plus sentir et l'instabilité en Asie de l'Ouest et en Afrique du Nord perdure, pesant lourdement sur la paix, la stabilité et le développement du continent. Soumis à de nombreuses contraintes internes et externes, les pays africains font face à davantage de défis dans leurs efforts d'intégration et de gestion autonome des problèmes africains. Si l'Afrique a réalisé des progrès notables en matière de développement socio-économique, elle a encore beaucoup de chemin à faire pour réaliser les Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD). Les peuples africains mènent actuellement des réflexions et des recherches approfondies sur leur avenir et leur voie de développement. La communauté internationale, quant à elle, doit savoir que son destin est lié à celui de l'Afrique et s'engager de façon active et responsable pour la paix, la stabilité et le développement du continent. Ici, j'aimerais partager avec vous quelques-unes de mes réflexions.
Premièrement, la paix, la stabilité et le développement en Afrique doivent être résolument préservés. L'Afrique ne peut pas connaître la paix et le développement en s'isolant du reste du monde, et il n'y a pas de stabilité ni de prospérité dans le monde sans celles de l'Afrique. Une Afrique de paix, de stabilité et de progrès profite au monde entier. L'Afrique qui a énormément souffert dans le passé des fléaux de la guerre connaît dans l'ensemble une situation de paix et de stabilité aujourd'hui. Cette situation, acquise au prix de gros efforts, mérite d'être jalousement préservée. En ce qui concerne les points chauds africains, la Chine estime toujours qu'il faut encourager les parties concernées à y trouver des solutions à travers le dialogue et les négociations dans le respect de la Charte des Nations Unies et des normes régissant les relations internationales universellement reconnues afin de préserver la paix et la stabilité régionales et internationales.
Deuxièmement, les efforts déployés par les pays africains pour résoudre eux-mêmes les problèmes de leur continent doivent être pleinement respectés. Ces dernières années, la capacité de l'Afrique à résoudre les problèmes africains s'est sans cesse renforcée. Les faits ont d'ailleurs montré que les pays africains ont la capacité et la sagesse pour régler leurs problèmes. La communauté internationale doit apporter du soutien et des aides à la solution des problèmes africains, et cette aide, à notre avis, doit être constructive, respecter la volonté des peuples africains et aller dans le même sens que les efforts des Africains, et non dans le sens inverse. Toute ingérence de forces étrangères, motivée par leurs propres intérêts, dans les affaires intérieures de l'Afrique ne fera que rendre plus compliqué le règlement des questions africaines.
Troisièmement, les efforts d'unité et d'intégration africains doivent être fortement soutenus. S'unir pour monter collectivement en puissance, c'est un choix judicieux fait par les pays africains sur la base de leurs traditions historiques et de leurs besoins réels et en tenant compte des perspectives de développement à l'avenir. Ces dernières années, des progrès spectaculaires ont été obtenus en matière de paix et de développement en Afrique, en grande partie grâce au renforcement de l'unité africaine. Nous sommes convaincus que le présent sommet qui a pour thème « Promouvoir le commerce intra-africain » donnera une forte impulsion à l'intégration africaine. Tous ceux qui veulent le développement de l'Afrique doivent soutenir sans réserve les efforts d'unité et d'intégration des pays africains.
Quatrièmement, le développement de l'Afrique doit faire l'objet d'une attention et d'un engagement accrus. L'inégalité Nord-Sud est la principale cause des déséquilibres économiques mondiaux. Dans sa lutte contre la crise financière internationale, la communauté internationale doit être plus attentive à la question du développement en Afrique, travailler activement à honorer ses promesses d'aide, prendre effectivement en compte les préoccupations des pays africains sur les dossiers comme les négociations du cycle de Doha de l'OMC et la réforme du système financier international, et pousser la Conférence de l'ONU sur le développement durable qui se tiendra cette année à accorder une plus grande attention au développement socio-économique durable de l'Afrique.
Mesdames et Messieurs,
Chers Amis,
Malgré leur éloignement géographique, la Chine et l'Afrique sont liées par une amitié très ancienne. Au fil des siècles, les peuples chinois et africains ont partagé heurs et malheurs et tissé entre eux une grande amitié fraternelle. Déjà dans les années 50 et 60 du siècle dernier, ils ont combattu côte à côte et avancé la main dans la main. Dans ce nouveau siècle, avec la création du FCSA, et en particulier avec l'établissement, lors du Sommet de Beijing, d'un nouveau partenariat stratégique sino-africain caractérisé par l'égalité et la confiance mutuelle sur le plan politique, la coopération gagnant-gagnant sur le plan économique et les échanges et l'inspiration réciproque sur le plan culturel, les relations sino-africaines sont entrées dans une nouvelle période, celle d'un développement global, rapide et en profondeur, et affichent désormais un dynamisme et une vitalité extraordinaires.
Tout au long de l'histoire des relations sino-africaines, la Chine a veillé à respecter la souveraineté et la voie de développement des pays africains, en se gardant de s'ingérer dans leurs affaires intérieures. Elle a toujours traité les pays africains sur un pied d'égalité, en coopérant avec eux sur la base des avantages réciproques et du gagnant-gagnant. Elle n'a cessé d'accorder à l'Afrique des aides sans aucune condition politique, avec la ferme conviction qu'entre l'Afrique et elle, les aides et les soutiens sont réciproques. Et elle a veillé à placer son propre développement dans une perspective de progrès commun avec l'Afrique et cherché à mettre son propre développement au service de celui de l'Afrique. De leur côté, les pays africains ont accordé un soutien ferme à la position chinoise sur les questions touchant aux intérêts majeurs et vitaux de la Chine et fourni un appui énergique au développement économique de la Chine. Les aides désintéressées accordées par les peuples africains resteront à jamais gravées dans la mémoire du peuple chinois.
Aujourd'hui, notre monde connaît d'importants développements, de grandes réformes et de vastes réajustements. Le renforcement de la solidarité et de la coopération entre la Chine, le plus grand pays en développement, et l'Afrique, continent qui regroupe le plus de pays en développement, revêt une signification majeure pour la paix, la stabilité et le développement dans le monde. La Chine, qui envisage et développe ses relations avec l'Afrique avec une vision stratégique et dans une perspective de long terme, est prête à redoubler d'efforts ensemble avec les pays africains, pour porter le nouveau partenariat stratégique sino-africain à un nouveau palier.
Premièrement, œuvrer activement au rayonnement de l'amitié traditionnelle sino-africaine. Richesse commune de la Chine et de l'Afrique, cette amitié est la base de la confiance mutuelle stratégique et la force motrice du développement des relations sino-africaines. Quels que soient les changements intervenus dans le monde, en Chine ou en Afrique, nous devons toujours veiller ensemble à bien préserver et développer cette amitié afin qu'elle se transmette de génération en génération. La Chine entend multiplier ses échanges de haut niveau, intensifier son dialogue stratégique et ses concertations et renforcer ses échanges d'expériences en matière de gouvernance avec les pays africains, afin d'accroître la compréhension et la confiance mutuelles.
Deuxièmement, intensifier les concertations et la coopération sur les questions internationales et régionales. La Chine et les pays africains ont de vastes intérêts communs, d'où la nécessité pour eux de renforcer leur soutien mutuel sur les questions touchant à leurs intérêts majeurs et vitaux respectifs. La Chine soutiendra fermement les efforts des pays africains pour défendre leur souveraineté et indépendance, pour trouver des solutions africaines aux problèmes africains et pour choisir librement leur voie de développement. Elle s'en tiendra au principe de l'égalité de tous les pays, quelles que soient leurs tailles, en s'opposant fermement à ce que les grands, les puissants et les riches malmènent les petits, les faibles et les pauvres. Elle continuera à défendre indéfectiblement les justes causes des pays africains dans les différentes enceintes internationales. Membre permanent du Conseil de Sécurité de l'ONU, la Chine continuera à participer activement et avec une attitude responsable aux affaires de la paix et de la sécurité en Afrique.
Troisièmement, élever effectivement le niveau de la coopération économique et commerciale entre la Chine et l'Afrique. La Chine souhaite renforcer davantage, sur la base de l'égalité, du bénéfice mutuel et du développement commun, ses échanges et sa coopération avec les pays africains dans les domaines de l'agriculture, des infrastructures, de la formation et de la finance. Elle continuera d'encourager les entreprises chinoises crédibles et performantes à investir en Afrique et d'accroître ses aides aux pays africains pour contribuer au renforcement des capacités d'auto-développement de ces derniers et au mieux-être de leurs populations. Accordant une grande importance aux problèmes survenus dans la coopération économique et commerciale sino-africaine, elle a déjà pris et continuera à prendre des mesures concrètes en coordination avec les pays africains pour les résoudre afin de permettre à l'Afrique de mieux profiter de cette coopération.
Quatrièmement, développer vigoureusement les échanges entre les peuples chinois et africains. La Chine et l'Afrique doivent accorder une grande importance aux échanges populaires tout comme aux échanges intergouvernementaux. Nous devons donc renforcer les échanges et la coopération entre les organisations non gouvernementales, les institutions académiques, les médias et les établissements d'enseignement supérieur chinois et africains, encourager les contacts entre les jeunes et développer activement diverses formes d'échanges culturels, en vue d'accroître l'interaction entre nos peuples et de leur permettre de participer et de contribuer davantage à la coopération sino-africaine.
Cinquièmement, renforcer le mécanisme du FCSA. Nous devons continuer à travailler sans cesse dans un esprit innovant pour renforcer la planification stratégique et la construction institutionnelle du Forum afin de l'adapter à l'évolution de notre époque. Tout en assurant la concrétisation des acquis de la 4e Conférence ministérielle, nous espérons lancer, à l'occasion de la 5e Conférence ministérielle, de nouvelles initiatives de coopération qui répondent aux exigences de notre temps et aux besoins des deux parties, de sorte que le FCSA continue à jouer un rôle moteur important dans le développement des relations sino-africaines.
Ce que je voudrais souligner tout particulièrement ici, c'est que la Chine, très attachée à ses relations avec l'UA, considère l'UA comme un partenaire important dans les affaires africaines et internationales, et la soutient fermement pour qu'elle joue un rôle accru dans les affaires intérieures et extérieures de l'Afrique. Je tiens à annoncer ici que dans le but de renforcer les relations d'amitié et de coopération avec l'UA, le gouvernement chinois a décidé d'octroyer à celle-ci un total de 600 millions de yuans RMB de dons sur les trois ans à venir. La Chine est prête à travailler ensemble avec l'UA pour perfectionner leur mécanisme de dialogue stratégique et renforcer leur coopération dans la construction des infrastructures transnationales et transrégionales et dans les domaines de la paix et de la sécurité en Afrique en vue d'enrichir les relations sino-africaines.
Mesdames et Messieurs,
Chers Amis,
Depuis la fondation de la Chine nouvelle il y a plus de 60 ans, notamment depuis le lancement de la politique de réforme et d'ouverture il y a plus de 30 ans, la Chine a vu son poids économique et sa puissance globale sensiblement accrus et la vie de la population considérablement améliorée. Notre pays a réussi à trouver une voie de socialisme à la chinoise. Cette voie, la seule qui permette à la Chine de réaliser sa modernisation socialiste, contribue également au développement dans la région et dans le monde, et nous allons la poursuivre inébranlablement et courageusement. Ceci dit, nous sommes conscients du fait que la Chine reste encore un pays en développement, qu'elle est toujours confrontée à d'importants problèmes de déséquilibre, d'incohérence et d'insoutenabilité en matière de développement et soumise à de fortes contraintes démographiques, environnementales et en termes de ressources naturelles, et qu'avec 128 millions de Chinois vivant aujourd'hui sous le seuil de la pauvreté, la Chine a encore beaucoup de chemin à faire avant de réaliser sa modernisation et la prospérité générale de toute la population. L'an dernier, notre pays a élaboré et publié le XIIe Plan quinquennal pour le développement économique et le progrès social, fixant les lignes directrices, les objectifs stratégiques et les principales tâches du développement socio-économique pour les cinq ans à venir. A la lumière du concept de développement scientifique et en axant nos efforts sur l'accélération de la transformation du mode de croissance, nous œuvrerons pour assurer un développement économique durable, soutenu et relativement rapide et maintenir la cohésion et la stabilité sociales, afin de jeter une base décisive à la construction d'une société relativement aisée sur tous les plans.
Le développement de la Chine est placé sous le signe de la paix, de l'ouverture et de la coopération. Déterminée à suivre sa voie de développement pacifique, la Chine s'efforce de contribuer à la préservation de la paix mondiale pour son développement et par son développement. Elle poursuivra indéfectiblement sa politique extérieure d'indépendance et de paix et respectera, tout comme par le passé, le libre choix des autres peuples en termes de régime social et de voie de développement, en se gardant de leur imposer sa propre volonté. Elle arrêtera, comme elle l'a toujours fait, sa position et sa politique selon la réalité des faits et en partant des intérêts fondamentaux du peuple chinois et des intérêts communs de tous les peuples du monde, et elle défendra fermement la justice et jouera un rôle actif dans les affaires internationales. Fidèle à sa stratégie d'ouverture de bénéfice mutuel et de gagnant-gagnant, la Chine cherchera à se développer tout en œuvrant pour une interaction bénéfique avec les autres pays et un développement commun de tous les pays du monde. Les faits ont prouvé et prouveront que le développement de la Chine constitue une chance pour le monde et que la Chine sera toujours un défenseur déterminé de la paix et de la stabilité dans le monde.
Mesdames et Messieurs,
Chers Amis,
Un proverbe africain dit : « La vraie pauvreté est de ne pas avoir d'amis ». Les peuples chinois et africains sont de bons amis, de bons partenaires et de bons frères. L'amitié sino-africaine est solide et grandiose comme le Kilimandjaro,
vigoureuse et éternelle comme le fleuve Changjiang et le fleuve Jaune. Unissons- nous et travaillons activement et la main dans la main pour faire avancer le nouveau partenariat stratégique sino-africain et inscrire ensemble de nouveaux chapitres dans les annales de l'amitié sino-africaine.
Je vous remercie.

2.La politique africaine de la Chine - RFI

2.La politique africaine de la Chine - RFI

La Chine promet d’aller plus loin

Journal Du Cameroun.com: Développement en Afrique: La Chine promet d’aller plus loin
Par Idriss Linge - 23/07/2012

La deuxième économie du monde s’est engagée à augmenter de 50% son appui au continent noir, à l’issue de la récente rencontre avec ses dirigeants


La nouvelle stratégie africaine de la Chine connue…
La 5ème Conférence ministérielle du forum sur la coopération sino-africaine a clôturé ses portes, le 20 juillet 2012 dernier à Pékin. Après deux jours de débats, une déclaration commune a été publiée par la Chine, et ses partenaires africains. Lors de son allocution de clôture, le président chinois Hu Jintao a annoncé le doublement de ses crédits au continent africain, pour un total de 10 000 milliards de FCFA, afin de soutenir les infrastructures, l’agriculture, l’industrie manufacturière et le développement des PME. Cette somme représentait environ 6500 milliards de FCFA, il y a trois ans. De nombreux dirigeants africains ont salué l’augmentation des échanges entre les deux continents, dans le cadre d’un contrat «gagnant-gagnant». Pour plusieurs d’entre eux, la Chine a permis le développement des pays africains, en accordant des prêts concessionnaires et des dons pour des projets dans la construction, les infrastructures, l’agriculture, l’éducation et la santé. Pékin disent-ils, est parvenu à répondre aux besoins croissants de matières premières, notamment de pétrole et minerai. «la coopération dans le domaine des infrastructures avait non seulement aidé à exporter des marchandises africaines vers la Chine, mais avait aussi permis de transférer des technologies chinoises vers l’Afrique, tout en créant davantage d’emplois sur le continent», a fait savoir Robinson Githae, le ministre kenyan des Finances. Beaucoup d’autres ministres et chefs d’Etats africains ont eu le même discours. Un discours renchéri par les Nations unies (ONU) au niveau international. Le secrétaire général Ban Ki-moon a indiqué que «la famille des Nations Unies s’est fermement engagée à soutenir la coopération Chine-Afrique. Le système des Nations Unies intensifie actuellement sa collaboration avec la Chine en matière de Coopération Sud-Sud, de manière que cela profite aux pays africains».

© Xinhua
Les Africains chez le partenaires chinois
Mais, la stratégie chinoise de l’Afrique demeure un mystère
Si au niveau des dirigeants, on se refuse à commenter les critiques de ce partenaire stratégique au développement, au sein de la population africaine, on ne manque pas de relever de plus en plus des limites de la présence chinoise. Accaparement des terres, non-respect des droits du travail, produits de mauvaise qualité etc. A un niveau plus élevé, les responsables politiques du monde occidental y voient à l’instar de la diplomatie américaine, une nouvelle colonisation de l’Afrique. Mais au-delà de ce débat, se pose la question de la stratégie chinoise de l’Afrique. Une question à laquelle la réponse est aucune! Tout d’abord, les dirigeants africains dans ce changement de partenaire, vont en rang dispersé, chacun essayant d’avoir sa part du gâteau, face à la Chine qui sait exactement ce qu’elle réserve pour chacun des pays, en fonction des intérêts qu’elle y possède. La place de l’union africaine reste assez figurative. D’un autre côté, la forte demande de la Chine en matières premières aurait pu être une bonne occasion pour les pays africains de mieux négocier un positionnement mondial, estiment les experts. Mais il n’en est rien. Certes certains pays connaissent une croissance fulgurante grâce à la monté des cours du pétrole et des autres minerais. Mais pour les pays qui n’en ont pas c’est une catastrophe qui contamine rapidement aux autres, sous la forme de réfugiés fuyant des instabilités sociales, dus en réalité à l’extrême pauvreté des populations. Enfin, il demeure vrai que parce qu’on veut satisfaire à la demande de matières premières, de nombreux pays se retrouvent à détruire les écosystèmes ou à négliger des politiques de renforcement de la production locale au nom de l’accroissement des recettes extérieures sources de richesses. Du coup, de nombreux pays connaissent une augmentation de leurs capacités à intervenir, mais négligent les domaines du développement inclusif, facteur de stabilité sociale. Face à ce type de préoccupation, le grand partenaire chinois reste muet et au contraire de l’Europe, il n’existe pas de société civile chinoise qui exige de ses dirigeants, plus de responsabilisation dans ses rapports avec ses «amis» africains, défavorisés par le manque d’une volonté ou d’une capacité d’analyse et d’anticipation de ses responsables

Opération séduction de Pékin en Afrique | Le Soir-echos

Opération séduction de Pékin en Afrique | Le Soir-echos

Chine-Afrique : entre rêves et réalités

Chine-Afrique : entre rêves et réalités

Chine-Afrique : entre rêves et réalités


Prologue: ce texte est dédié à Madior Fall, journaliste, homme généreux et patriote, trop tôt parti...
Sans que l'information ait été donnée à l'avance, la date du Forum Chine-Afrique, dont l'agenda se trouve contrôlé par les Chinois, est donc arrivée brutalement. Il s'ouvre demain à Pékin. Sous la présidence du chef de l'Etat sortant de la Chine, Hu Jintao, ce rendez-vous draine vers la grande capitale quelques chefs d'Etat africains, des dizaines de ministres et d'opérateurs économiques africains. Devant leurs hôtes locaux, l'ambiance ne sera pas aux questions. Lisse, elle sera celle de la fête d'une amitié que les Chinois aiment présenter comme solide sous «tous les temps». On ne peut même pas y voir une quelconque forme de révisionnisme. Tant l'historiographie des relations entre la Chine et le continent est riche de ces moments et actes où les tensions sont bannies. Cette orientation optimiste, on la doit aux Chinois. Rappelant à souhait que leurs liens avec l'Afrique remontent à plus de deux mille ans, depuis que Cléopâtre, la reine égyptienne, portait de la soie chinoise venant de leur pays, ils se plaisent souvent à dire que les expéditions maritimes, au XVe siècle, de leur célèbre Amiral, Zheng He, n'avaient jamais violenté les terres africaines. Menées bien avant celles de Christophe Colomb ou de quelque autre navigateur occidental, elles n'avaient pas que percé les mystères des côtes africaines.
A la différence de celles des Européens, plus tard, qui ont débouché sur l'esclavage au XVIIe siècle, puis sur la colonisation du continent, au XIXe siècle, les expéditions maritimes chinoises ont été l'occasion de rencontres et d'échanges pacifiques. Ce récit, exposition sélective, fait par les Chinois, met en avant leur approche amicale, en apparence, des relations internationales. Elle est toujours en bandoulière aujourd'hui, la naissance de la République populaire de Chine (Rpc), le 1er Octobre 1949, n'ayant fait que la renforcer en direction du continent. Le pouvoir doux chinois qui s'exprime dans le lexique de leur coopération avec l'Afrique se démarque ainsi du discours souvent directif de l'Occident qui, lui, est rythmé par les exigences de politiques d'ajustement structurels, les normes de gouvernance imposées ou encore les conditionnalités politiques, économiques voire environnementales ou sociales. Célébrer le climat agréable qui baigne les rencontres sino-africaines devient donc une tentation forte. Il ne sera pas absent au 5e Forum ministériel sino-africain sous l'égide du Focac, le Forum de coopération Chine-Afrique. Sous les lambris des grands bâtiments incarnant physiquement le pouvoir chinois, la rencontre va encore une fois saluer les progrès enregistrés, au plan économique, par la coopération sino-africaine, et, d'abord, par la Chine elle-même, surtout depuis le début de ses réformes économiques, il y a trente-deux ans.
La Chine pèse sur la marche de l'Afrique. Elle est devenue son premier partenaire commercial avec 126 milliards de dollars d'échanges par an. Son rôle décisif dans la construction d'infrastructures routières, ferroviaires, aéroportuaires ou administratives s'affirme aussi tandis que, grâce à elle, les matières premières africaines ont pris de la valeur. Il y a donc quelque raison à sombrer dans l'univers des rêves pour tous ces Africains qui prennent part au Forum de Pékin. Ils ne sont pas les seuls. Depuis des années, dans la perspective de sa tenue, des rencontres économiques, des séances de formation, des débats sur la Chine-Afrique attirent, par milliers, des Africains vers les villes chinoises. Intellectuels, opérateurs économiques, fonctionnaires, étudiants, femmes, jeunes etc, aucune grappe de la société africaine n'échappe à ce tsunami.
Le rêve est exprimé à haute voix. Comme la semaine dernière où, prenant part aux Assemblées générales de la Banque africaine d'import-export, tenues à Pékin, en partenariat avec la Banque chinoise d'import-export, la plus liquide au monde et surtout qui est le pivot des investissements chinois sur le continent, j'ai pu entendre une flopée d'acteurs africains rêvant de voir la Chine dévier vers l'Afrique, par le canal de leurs institutions financières, les milliers de milliards de dollars de réserves extérieures qu'elle a pu accumuler grâce à une politique d'exportation dynamique et d'épargne vertueuse. Dans leurs élans, rêvant avec gourmandise de prendre leur part du gâteau chinois, certains d'entre eux s'imaginent déjà que le développement de l'Afrique a maintenant trouvé le levier qui lui manquait. Ils l'imaginent en mandarin. Il sera chinois, pensent-ils.
Or, la Chine est une puissance impériale. Son ambition est d'abord au service de ses propres intérêts. Quand les Africains s'enthousiasment de la puissance chinoise, en reprenant à leur compte la thèse qui en fait l'économie la plus forte du monde dans moins de deux décennies, en se pâmant devant les voitures qui ont remplacé par millions les vélos de naguère dans les rues chinoises, et en se félicitant des malheurs actuels de l'Occident, ils en arrivent à oublier ce que l'un des sobres intervenants chinois, un ministre adjoint des Affaires étrangères, a rappelé, pendant la conférence des banques d'import-export. «L'Afrique, a-t-il dit, devra compter sur ses forces pour faire son propre développement».
Rêver de voir la Chine se substituer au devoir des Africains de surmonter leurs défis, c'est faire l'impasse sur ceux qui interpellent la Chine, elle-même. En vrac, on peut relever, d'abord, que des centaines de millions de Chinois continuent de vivre dans une pauvreté abjecte. Les bas salaires ne suffisent plus aux ouvriers des grandes conurbations de l'Est du pays où la prospérité devient inégalement répartie. Des milliers de revendications sociales se produisent dans les villes et villages de la Chine chaque année. Dans ses provinces de l'Ouest, secouées par des menées irrédentistes, et toujours pauvres, elle doit faire face à des problèmes affectant la stabilité de son intégrité physique. Ceci intervient alors qu'une transition politique, à la tête du pays, toujours délicate, est  en cours, cette année, et que la compression de la demande des pays Occidentaux affecte l'économie chinoise dont le taux de croissance, situé à moins de 8 pour cent, est le plus bas depuis des années.
Certains en arrivent à prédire un atterrissage brutal de l'avion chinois... Les turbulences sont nombreuses. N'oublions pas qu'elles sont amplifiées par le redéploiement américain en Asie qui est directement destiné à contenir la montée en puissance de la Chine. Les polémologues n'hésitent pas à rappeler que l'avenir de cette Asie pourrait être le passé de l'Europe, celle des guerres ayant traumatisé le vieux continent au siècle dernier. Déjà, en son sein, l'observateur attentif ne peut manquer de noter les conflits et rivalités sous-jacents qui vont déterminer si elle deviendra ou non une région démocratisée, selon la version indienne et américaine, ou si elle va suivre les voies du modèle de développement autoritaire ayant réussi jusqu'à présent à des pays comme la Chine, Singapour, et, hier, Taiwan, la Corée du Sud pour ne citer que ceux-là. Dans ce contexte, et malgré les immenses perspectives qu'offre la coopération sino-africaine, l'exigence d'une approche sereine, transparente et ouverte pour déterminer les bases de la relation avec Pékin s'impose à l'Afrique. La réalité doit maintenant prendre le dessus sur les rêves, sur l'onirisme.
Le nouveau leadership de l'Union africaine devrait être l'instance la mieux indiquée pour ouvrir un chantier aussi urgent. Pour d'abord définir des règles à suivre par tous. Cette réponse collective africaine listerait les normes de la coopération. Son premier objectif devrait être d'encadrer les acteurs africains, véritables adeptes du capitalisme oligarchique, qui tapent aux portes de Pékin en lui offrant la possibilité de tout faire en Afrique. Brider leurs ambitions est une exigence. Parce qu'ils ne sont rien d'autre que les versions modernes des «collabos» d'antan ayant facilité l'esclavage et le colonialisme en Afrique. Exiger que l'agenda sino-africain ne soit pas dirigé et contrôlé par Pékin, insister sur le juste partage des revenus dans les business des firmes chinoises en Afrique, revendiquer la fin des comportements frisant le racisme de la part de certains opérateurs chinois, militer pour un vrai transfert de technologies et l'emploi des Africains sur les sites chinois, réduire les investissements liés à l'achat de produits chinois ou encore, d'abord, se dire que les ressources financières pour le développement de l'Afrique seront endogènes, clarifier les termes des contrats, sous forme de troc, qui met en hypothèque les ressources naturelles des pays africains contre des financements chinois, sont autant d'aspects à intégrer dans le dialogue franc, mais amical, que l'Afrique doit avoir avec la Chine. La première étape est de mettre fin aux cachotteries qui englobent le cadre des rencontres sino-africaines. Sans cela, impossible de pouvoir en faire autant avec les «deals» souterrains, accords secrets de défense et coups de pouces aux firmes occidentales, qui reviennent en force maintenant, dans un regain de néo-colonialisme, au détriment des intérêts essentiels du continent.
Parce que j'ai toujours été un adepte du rapprochement sino-africain, parce que je pense que l'Afrique a beaucoup à apprendre de la Chine, notamment son redressement spectaculaire et son indépendance toute patriotique, je suis aussi à l'aise pour mettre en garde contre la prostitution de certains acteurs africains, publics et privés de haut rang, qui risquent de détruire les atouts dont dispose le continent au moment où il n'a jamais été en aussi bonne posture pour négocier avec la Chine, pas seulement parce que celle-ci a besoin de ses ressources naturelles, de son marché et de ses voix politiques. Il faut briser les percées solitaires de ces acteurs qui prétendent parler au nom de l'Afrique. Souvent, ils n'agissent que pour leurs intérêts personnels ou privés, par la privatisation du secteur public ou privé africain, si besoin. Ce sont des prostitués. Mais qui peut refréner les ardeurs d'une personne prête à vendre son âme pour des peccadilles ?
La vraie alternative consiste à se poser avantageusement en diagnostiquant les avantages et inconvénients portés par les discours durs et doux de l'Occident et de la Chine (incarnant ici l'Asie), ayant les mêmes ambitions de pouvoir, pour définir une voie africaine du développement. Loin des cycles de rêves et réalités nourris par des attentes exogènes, sources des réveils douloureux si habituels sur ce continent ! Un débat en plein jour s'impose que ni la raison d'Etat ni les secrets des négociations entre entreprises privées ne doivent empêcher si l'Afrique veut être véritablement gagnante dans sa relation avec ce grand pays, à l'histoire multimillénaire, que reste la Chine.
Adama GAYE
Journaliste sénégalais vient de compléter une étude sur la diplomatie pétrolière de la Chine en Afrique.
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