CHINE AFRIQUE

POUR DES RELATIONS RESPECTUEUSES, AMICALES, FRANCHES ET FRATERNELLES

mardi 7 août 2012

Grioo.com : Livre : « La Chine en Afrique» de Julien Bokilo

Grioo.com : Livre : « La Chine en Afrique» de Julien Bokilo
Les tenants et les aboutissements de la concurrence Chine Occident en Afrique
 
Par Noel Kodia
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La relation entre l’Afrique et la Chine consitue un sujet d’actualité depuis que cette dernière est devenue la deuxième puissance économique du monde. "La Chine en Afrique" de Julien Bokilo, aux éditions L’Harmattan (Mars 2012) nous éclaire sur les tenants et les aboutissements de la concurrence entre Chinois et Occidentaux en Afrique. Il révèle aussi l’intérêt des pays émergents comme l’Inde, le Brésil et l’Afrique du sud pour le continent.
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L’Afrique convoitée par les Chinois et les Occidentaux

Dans leur quête des ressources naturelles au meilleurs prix, les Occidentaux, les Chinois et certains pays émergents, se livrent une bataille sans merci en Afrique. La Chine s’y est implantée massivement, les ex-colonisateurs y ayant perdu leur monopole. En ce XXIe siècle, le continent africain est devenu un enjeu géostratégique de la planète, convoité surtout par les deux grandes puissances du moment : les USA et la Chine.
Course aux matières premières entre Américains et Chinois
''La Chine en Afrique'' de Julien Bokilo 
''La Chine en Afrique'' de Julien Bokilo  

Dans cette lutte acharnée pour « s’accaparer » des matières premières du continent, la Chine est devenue le premier partenaire commercial du continent et le premier fournisseur devant la France et l’Allemagne. Le volume des échanges entre la Chine et l’Afrique progresse d’une façon exponentielle, la diaspora chinoise devient de plus en plus importante. Les Américains rivalisent avec les Chinois dans l’achat des matières premières des Africains ; aussi ces derniers peuvent améliorer leur taux de croissance en proposant leurs produits aux plus offrants.

Malgré cette course aux matières premières sur le continent depuis que la Chine s’est intéressée aux « richesses africaines », Américains et Chinois « ne franchissent pas la ligne rouge », ce qui mettrait en péril l’interdépendance de leur économie. Cette course aux matières premières a été provoquée par la diminution des réserves de pétrole du côté américain et la nationalisation du pétrole vénézuélien ; ce qui a poussé les Américains à s’intéresser davantage aux pays africains producteurs de matières premières pour répondre à leurs préoccupations énergétiques.

Ils peuvent y associer la bonne gouvernance comme au Ghana. De leur côté, les Chinois adhèrent au principe gagnant-gagnant, ne s’occupant pas de la gouvernance des pays africains. Peu importe les régimes (démocratiques ou tyranniques) en place.

Occidentaux, Chinois et pays émergents se livrent une bataille sans merci en Afrique
Noël Kodia


Le pétrole devient l’objet principal des échanges commerciaux entre les USA, La Chine et l’Afrique avec 12,6% de la production mondiale depuis 2008. Américains et Chinois sont en concurrence dans presque tous les pays du golfe de Guinée. Avec le premier forum Chine-Afrique tenu en2000 et qui a favorisé l’entrée massive des commerçants chinois sur le continent, les Occidentaux sentent leur position privilégiée menacée. Et l’auteur d’illustrer cette situation par l’exemple de la République démocratique du Congo, un pays riche en ressources minières qui a signé de gros contrats avec la Chine à hauteur de plus de 15 milliards de dollars.

De la rivalité pour les ressources énergétiques du continent, Américains et Chinois s’affrontent aussi politiquement : on l’a remarqué dans le conflit soudanais quand la Chine, exploitant le pétrole dans ce pays, s’est opposée contre l’envoi d’une force de maintien de paix au Darfour, comme le préconisaient les Américains au Conseil de sécurité.
Rivalités entre Américains et Chinois : les uns voulant ralentir la progression des autres en Afrique
Concurrence entre Chine et Etats-Unis sur le continent africain 
Concurrence entre Chine et Etats-Unis sur le continent africain  

Pour ralentir l’avancée des Chinois en Afrique, les Américains préconisent d’aider les pays africains dans le domaine agricole, et surtout économique. Des entrepreneurs afro américains et politiciens « enthousiastes et militants » veulent investir dans le secteur bancaire où les Chinois ne sont pas encore très présents. Aussi, l’enjeu de leur retour sur le continent apparaît manifeste surtout à la fin de l’année 1990 quand ils commencent à y investir.

Ils sont largement présents dans la diplomatie comme on le constate au Congo-Brazzaville. Les lobbies évangéliques apparaissent aussi comme un atout chez les Américains pour ralentir l’implantation des Chinois en Afrique. Les USA mettent en exergue l’importance de la prière vis-à-vis de la politique et profitent des réseaux religieux pour obtenir la faveur des gouvernants et des populations.

Aussi, se remarque chez les Américains une prolifération d’œuvres caritatives au service des plus démunis moralement et matériellement en se fondant sur la foi religieuse. Mais sur ce plan, la Chine ne s’avoue pas vaincue : elle s’intéresse, à son tour, à la construction des églises à bas prix et imprime la plupart des bibles utilisées sur le continent.
Rivalité USA/Chine : la conquête du continent par les pays Brics

Devant cette lutte entre Occidentaux et Chinois sur le marché africain, les pays émergents s’implantent aussi sur le continent avec des échanges commerciaux et des investissements. Les autres BRIC imitent la Chine dans sa politique économique avec le continent.

Aussi, devant le caractère on ne peut plus asymétrique des échanges économiques entre Chinois et Africains, se développe chez ces derniers la volonté de coopérer économiquement avec d’autres pays émergents (Inde, Brésil et Afrique du sud). Mais se remarque une différenciation dans les échanges : si la Chine s’appuie sur l’idéologie et les entreprises publiques avec importation de sa main d’œuvre, les autres pays Brics, (Brésil et Afrique du sud), privilégient les entreprises privées sur le continent.

Noël Kodia est un essayiste et critique littéraire congolais.
Publié en collaboration avec www.UnMondeLibre.org

BBC Afrique - Afrique - Des mineurs tuent un manager chinois

BBC Afrique - Afrique - Des mineurs tuent un manager chinois
Une mine de charbon en Zambie
Une mine de charbon en Zambie
L'incident s'est produit lors d'un conflit sur les salaires dans une mine de charbon à Sinazongwe, à 235 km au sud de Lusaka en Zambie. Selon la police locale, Wu Shengzai a été tué par un chariot lancé sur lui par des mineurs, alors qu'il tentait de se réfugier dans la mine.
Il est mort sur le coup. L'un de ses collègues, blessé, aussi un Chinois, a été hospitalisé.
Plusieurs zambiens sont également blessés.
Samedi les mineurs se sont révoltés pour protester contre le retard pris par la société Collum Coal, contrôlée par des intérêts chinois à aligner leurs paies sur le nouveau salaire minimum, passé à 220 dollars par mois.
Le ministre du Travail, Fackson Shamenda, s'est rendu sur place pour diligenter l'enquête.
"Qu'il y ait eu mort d'homme est regrettable", a-t-il déclaré, ajoutant: "je ne comprends pas pourquoi il y a toujours de la tension entre les investisseurs chinois et les travailleurs à Collum".
En 2010 deux manageurs chinois avaient été inculpés de tentative de meurtre pour avoir tiré sur des mineurs en grève, faisant onze blessés.
Plusieurs mines de la Zambie, notamment de charbon et de cuivre, sont contrôlés par des capitaux chinois.
Le total des investissements chinois en Zambie s'élevait à plus d'un milliard de dollars en 2010

L'agence Xinhua dénonce le discours anti-chinois d'Hillary Clinton | Atlantico

L'agence Xinhua dénonce le discours anti-chinois d'Hillary Clinton | Atlantico
En tournée diplomatique de 11 jours en Afrique, Hillary Clinton, la secrétaire d’Etat américaine a critiqué la politique chinoise en Afrique.
Fallait pas dire ça ! Hillary Clinton a critiqué la politique chinoise en Afrique dans un discours prononcé au Sénégal.
« Les investissements chinois en Afrique ne visent qu’à profiter des ressources naturelles et les entreprises chinoises négligent la protection de l’environnement et de développement local », a-t-elle déclaré.
La déclaration a heurté l’agence chinoise de presse Xinhua qui a estimé que cette attitude n’allait pas servir les intérêts des Etat-Unis en Afrique.
La secrétaire d'Etat américaine aurait peut-être mieux fait de s’abstenir... L’agence Xinhua a rappelé que le mois dernier, la Chine avait annoncé un programme de prêts de 20 milliards de dollars aux pays africains pour développer les infrastructures, soutenir les PME et des projets dans l’agriculture...

Interview : Washington ne veut pas "perdre du terrain" face à l'influence croissante de la Chine en Afrique (expert)

Interview : Washington ne veut pas "perdre du terrain" face à l'influence croissante de la Chine en Afrique (expert)
La tournée marathon de la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton en Afrique montre que Washington ne souhaite pas "perdre du terrain" face à l'influence croissante de la Chine sur le continent, a déclaré lundi un professeur d'université et analyste politique sud-africain.
Il est clair que la présence croissante de la Chine en Afrique a le potentiel de modifier les relations entre l'Afrique et l'occident, notamment Washington, a déclaré Ralph Mathekga, directeur de Clear Content Research and Consulting.
"Je ne dirai pas que les Etats-Unis veulent contrer la Chine, mais comptent plutôt ne pas perdre de terrain face à l'augmentation rapide de la présence de la Chine sur le continent", a expliqué M. Mathegka à Xinhua dans une interview.
Actuellement en Afrique du Sud pour une visite de quatre jours, Mme Clinton a entamé son séjour diplomatique dans les pays africains, y compris dans l'Etat le plus jeune du continent, le Soudan du Sud, afin de renforcer les relations diplomatiques et économiques avec l'Afrique.
L'analyste a poursuivi que la dépendance de l'Afrique vis-à-vis des institutions financières occidentales comme la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI) pourrait changer avec la présence croissante de la Chine en Afrique.
Par ailleurs, M. Mathekga a déclaré que Washington s'intéressait de plus en plus au continent car de nombreux pays africains devenaient plus stables politiquement.
"La visite (de Mme Clinton) en Afrique a pour but de démontrer l'engagement américain vis-à-vis des relations commerciales avec l'Afrique, cette dernière étant destinée à connaître une croissance économique rapide au cours des prochaines années.

La tournée en Afrique de Hillary Clinton ne va pas affecter les relations sino-africaines, selon un expert sud-africain | Chine Informations

La tournée en Afrique de Hillary Clinton ne va pas affecter les relations sino-africaines, selon un expert sud-africain | Chine Informations
La tournée en Afrique de la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton ne va pas affecter les relations sino-africaines, a indiqué un expert sud-africain à l'agence Xinhua.
La visite de Mme Clinton en Afrique du Sud fait partie d'une tournée africaine de 11 jours couvrant le Sénégal, le Soudan du Sud, l'Ouganda, le Kenya, le Malawi et l'Afrique du Sud, selon un communiqué publié par le département d'Etat américain.
Les Etats-Unis cherchent à réaffirmer les statégies de sa politique africaine lors de cette visite, a noté le professeur sud-africain des relations politique et internationales Sabelo Ndlovu Gatsheni dimanche.
L'Afrique du Sud, à l'instar d'autres pays africains, souhaite tirer le meilleur parti de ses relations avec les Etats-Unis et la Chine, a déclaré M. Gatsheni.
Cependant, la Chine a plus de chances en Afrique que les Etats-Unis, a souligné M. Gatsheni.
"L'avantage de la Chine, c'est que son aide à l'Afrique n'a aucune condition et la plupart des pays africains ont tendance à préférer l'aide chinoise, car elle ne vient pas avec des conditions sur les droits de l'homme ou la démocratie, et ne tente pas d'influencer la culture du pays comme le fait l'Occident", a-t-il souligné.
La Chine est un pays d'industrialisation et une puissance mondiale émergeant rapidement, qui a besoin de matières premières en provenance d'Afrique, mais elle investit aussi dans le développement d'infrastructures, dont bénéficient les Africains, a-t-il affirmé.
M. Gatsheni croit que Washington a l'intention manifeste de contrer l'influence de la Chine sur le continent africain.
M. Gatsheni a noté que la Chine et les Etats-Unis rivalisaient pour créer des liens plus étroits avec les Etats africains.
"L'Orient est en hausse, non seulement la Chine mais aussi d'autres pays, et ils sont maintenant une menace pour la domination historique de l'Occident. Il semble que les Etats-Unis ne veulent pas laisser la Chine occuper leur position dominante sur le continent africain," a-t-il dit.
Le professeur a déclaré que Washington pourrait être préoccupé par la récente Conférence ministérielle du Forum sur la Coopération Chine-Afrique tenue à Beijing, où environ 50 pays africains se sont engagés à développer un nouveau partenariat stratégique avec la Chine.
"Les Etats-Unis sont préoccupés par l'influence de la Chine sur l'Afrique et utilisent la force tranquille, au nom des droits de l'homme et de la démocratie, pour persuader les pays africains d'être de leur côté. Il n'est pas encore clair si les Etats-Unis réussiront à cet égard", a noté M. Gatsheni.
"Ce qui est clair est que les Etats africains veulent se développer et que la Chine offre une aide qui développe les infrastructures et c'est ce que veut l'Afrique," a-t-il ajouté.
L'expert a également noté que la présence de la Chine en Afrique a changé la relation traditionnelle donateur-receveur où le donneur a souvent l'intention de dicter tout.
"La Chine dit je vais obtenir ce que je veux et vous en tirerez également un bénéfice, et je pense que l'Afrique ira avec la Chine plutôt qu'avec les anciennes puissances impérialistes," a déclaré M. Gatsheni.

vendredi 3 août 2012

L'agence Xinhua dénonce le discours anti-chinois de Mme Hillary Clinton - china radio international

L'agence Xinhua dénonce le discours anti-chinois de Mme Hillary Clinton - china radio international

Inside :La milice d’autodéfense Ganda Koy | MaliActu

Inside :La milice d’autodéfense Ganda Koy | MaliActu
Occupé par les intégristes, disputé par la rebéllion touareg, investi de trafics criminels, le nord du Mali est une poudrière. C’est l’occasion pour les milices d’autodéfense de réinvestir le terrain. Le quotidien malien L’Essor a rencontré les combattants de la plus célèbre de ces milices.


Camp entrainement Ganda Koy près de Sévaré (Région de Mopti)
Ganda Koy, « Les maîtres de la terre » ou encore « Les propriétaires terriens » en songhaï, est une milice d’autodéfense créée dans les années 1990.
 A l’époque, elle avait largement bénéficié du soutien de populations très diverses : riziculteurs songhaïs, éleveurs peuls, pêcheurs bozos, ouvriers bellas et même de quelques pasteurs touaregs. Très rapidement , Ganda Koy s’était dotée d’un comité des sages à Gao [deuxième ville du nord] et d’un comité d’appui à Bamako, la capitale. Elle  bénéficiait également du soutien indirect de l’armée, des services de sécurité ainsi que du ralliement de jeunes Songhaïs issus de pays voisins (Ghana, Nigeria, Bénin, Togo, etc.).
Aujourd’hui, face aux séparatistes du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) et à leurs ex-alliés islamistes, une nouvelle version de Ganda Koy est née et a pris ses quartiers à Mopti [ville sur le fleuve Niger au sud-ouest de Gao]. Ses combattants volontaires sont en pleine formation pour participer à la reconquête des territoires occupés.
Elle est dirigée par Abdoulaye Nadjim Maïga, qui fait partie des 12 membres fondateurs de la milice. Il est chef d’état-major adjoint et chef des opérations de Ganda Koy.
« Dans les années 1990, j’étais le plus jeune, explique Abdoulaye Maïga. « Aujourd’hui, ceux de ma génération ne sont que des colonels-majors dans l’armée malienne. L’intégration au sein de l’armée nous a été refusée tant qu’on ne passait pas par le recrutement. Mais au même moment, les ex-combattants touaregs [de la rébellion des années 1990] ont été intégrés par centaines sans passer par la voie du recrutement. Et pourtant, la majorité de ces intégrés se sont retournés contre l’Etat avec les moyens logistiques de l’armée. »
Assis sur un tapis, les jambes croisées, il est entouré de ses lieutenants les plus proches. Il assure que sa troupe est forte de plus de « 2 000 hommes » et compte 37 femmes. « La rébellion de cette année est la conséquence de l’injustice des autorités d’alors », accuse-t-il. « La majorité sont des jeunes. Mais on croise aussi des quadragénaires et même des quinquagénaires. Tous n’ont qu’un seul objectif : libérer les terres ancestrales aujourd’hui occupées. »
La plupart de ces combattants savaient déjà manier une arme automatique. Ils comptent sur le soutien logistique de sympathisants pour renforcer le peu de moyens dont ils disposent. A l’heure du rassemblement, ils se mettent en rang dans une discipline toute militaire. Pourtant seuls quelques-uns arborent le treillis et les rangers réglementaires. La plupart sont en tenue civile. Quelques-uns, dont des femmes, arborent fièrement des kalachnikovs. Ces combattants volontaires ne viennent pas que des régions nord du Mali.  « Il n’est pas question de nordistes ou de sudistes, mais seulement de Maliens, car c’est le Mali, notre pays, qui est menacé et coupé en deux par des envahisseurs, confie l’un d’entre eux. Je suis élève-enseignant mais j’ai toujours rêvé du métier des armes, et c’est la bonne occasion pour moi?”
Comme lui, la plupart des combattants volontaires escomptent intégrer les rangs de l’armée après la guerre de libération des régions occupées. « La plupart de ces jeunes se voient déjà militaires, mais reste à savoir si les recruteurs ont abordé cette question avec les autorités de l’état-major. Mieux vaudrait trouver la réponse dès maintenant pour éviter une situation compliquée plus tard, s’inquiète avec raison un haut fonctionnaire de Mopti dont les locaux sont devenus l’un des camps d’entraînement de Ganday Koy. « Un jeune qui sait manipuler les armes et se retrouve au chômage risque d’être tenté par la vie facile”, prévient-il.
Source: L’Essor

MALI • Plongée dans la milice d'autodéfense Ganda Koy | Courrier international

MALI • Plongée dans la milice d'autodéfense Ganda Koy | Courrier international

Plongée dans la milice d'autodéfense Ganda Koy

Occupé par les intégristes, disputé par la rebéllion touareg, investi de trafics criminels, le nord du Mali est une poudrière. C'est l'occasion pour les milices d'autodéfense de réinvestir le terrain. Le quotidien malien L'Essor a rencontré les combattants de la plus célèbre de ces milices.
02.08.2012 | Adama Diarra | L'Essor


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Dessin de Ares
 Ganda Koy, "Les maîtres de la terre" ou encore "Les propriétaires terriens" en songhaï, est une milice d’autodéfense créée dans les années 1990.
A l’époque, elle avait largement bénéficié du soutien de populations très diverses : riziculteurs songhaïs, éleveurs peuls, pêcheurs bozos, ouvriers bellas et même de quelques pasteurs touaregs. Très rapidement , Ganda Koy s’était dotée d’un comité des sages à Gao [deuxième ville du nord] et d’un comité d’appui à Bamako, la capitale. Elle  bénéficiait également du soutien indirect de l’armée, des services de sécurité ainsi que du ralliement de jeunes Songhaïs issus de pays voisins (Ghana, Nigeria, Bénin, Togo, etc.).
Aujourd’hui, face aux séparatistes du Mouvement national de libération de l’Azawad (MNLA) et à leurs ex-alliés islamistes, une nouvelle version de Ganda Koy est née et a pris ses quartiers à Mopti [ville sur le fleuve Niger au sud-ouest de Gao]. Ses combattants volontaires sont en pleine formation pour participer à la reconquête des territoires occupés.
Elle est dirigée par Abdoulaye Nadjim Maïga, qui fait partie des 12 membres fondateurs de la milice. Il est chef d'état-major adjoint et chef des opérations de Ganda Koy.
"Dans les années 1990, j'étais le plus jeune, explique Abdoulaye Maïga. "Aujourd’hui, ceux de ma génération ne sont que des colonels-majors dans l’armée malienne. L’intégration au sein de l’armée nous a été refusée tant qu’on ne passait pas par le recrutement. Mais au même moment, les ex-combattants touaregs [de la rébellion des années 1990] ont été intégrés par centaines sans passer par la voie du recrutement. Et pourtant, la majorité de ces intégrés se sont retournés contre l’Etat avec les moyens logistiques de l’armée."
Assis sur un tapis, les jambes croisées, il est entouré de ses lieutenants les plus proches. Il assure que sa troupe est forte de plus de "2 000 hommes" et compte 37 femmes. "La rébellion de cette année est la conséquence de l’injustice des autorités d’alors", accuse-t-il. "La majorité sont des jeunes. Mais on croise aussi des quadragénaires et même des quinquagénaires. Tous n’ont qu’un seul objectif : libérer les terres ancestrales aujourd’hui occupées."
La plupart de ces combattants savaient déjà manier une arme automatique. Ils comptent sur le soutien logistique de sympathisants pour renforcer le peu de moyens dont ils disposent. A l’heure du rassemblement, ils se mettent en rang dans une discipline toute militaire. Pourtant seuls quelques-uns arborent le treillis et les rangers réglementaires. La plupart sont en tenue civile. Quelques-uns, dont des femmes, arborent fièrement des kalachnikovs. Ces combattants volontaires ne viennent pas que des régions nord du Mali.  "Il n'est pas question de nordistes ou de sudistes, mais seulement de Maliens, car c’est le Mali, notre pays, qui est menacé et coupé en deux par des envahisseurs, confie l'un d'entre eux. Je suis élève-enseignant mais j’ai toujours rêvé du métier des armes, et c’est la bonne occasion pour moi?”
Comme lui, la plupart des combattants volontaires escomptent intégrer les rangs de l’armée après la guerre de libération des régions occupées. "La plupart de ces jeunes se voient déjà militaires, mais reste à savoir si les recruteurs ont abordé cette question avec les autorités de l'état-major. Mieux vaudrait trouver la réponse dès maintenant pour éviter une situation compliquée plus tard, s'inquiète avec raison un haut fonctionnaire de Mopti dont les locaux sont devenus l'un des camps d'entraînement de Ganday Koy. "Un jeune qui sait manipuler les armes et se retrouve au chômage risque d’être tenté par la vie facile”, prévient-il.

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